‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 162 sur 225 · I.es morts avaient été placés dans · texte numérisé non relu

I.es morts avaient été placés dans

des compartiments distincts. Le

tombeau était construit de la ma'

nière suivante : deux rangées

verticales de 3 dalles disposées

parallèlement; l'intervalle qui

les séparai! était divisé en trois | talj-g . A- ■

compartiment* par deux pla-

ques transversales; un compartiment venait encore s'adosser

de chaque côté de sorte que le tombeau était formé de 5comparliments ou chambres. Les oasements bumainsse trouvaient presque tous dans la chambre centrale, Lea crâne» devaient être appuyéa contre les parois. Le mobilier funéraire était composé de patvrea et d'outils. Les pendeloques étaient surtout nombreuses. Il y avait des dents de loups, d'ours et de sangliers perforées, des boucle* d'oreilles en çierre, un disque en os, des perles de bronze, puis une épingle de bronze avec un cou renflé et perforé, des ;inneaui, des bracelets, de* boutons et des couteaux de bronze. Un sltex detait aana doute servir à faire du feu. Non loin de ce tombeau multiple se trouvait une tombe d'enfant; mais le squelette gisait en pleine terre; il était accompagné de deu< paires de bracelets "~ ' — " "" ~

bouton de bronze et d^une perle d'ambre.

Enfermé entre de hautes montagnes, le Valais également très peuplé à l'âge d ' ~

été

.....s de Sion. On croit avoir relevé des traces d'une colonie de l'âge du bronze entre les collines de Valère et de Tourbillon. On y a découvert aussi des tombeaux. Ils Honi surtout nombreux à I.ens, Ayent, Savièse et Conlhev, Eu défonçant des vignes plusieurs tombeaux de l'âge du bronze ont été découverts récemment dans le» environs de cette dernière localité. Parmi les objets trorivés mentiannon* des épingle* artistiquement ornementées et dont la tête est en forme de disque (p, 491, lig 21!, puis desdiadèmea, des pendeloques en bronze, des parures en coquillages. Des trouvailles analogues ont été fnites dans le canton de Vaud, 1 Verschiez près d'Ullon, à Villeneuve, etc. D'autres tombeaux de l'âge du bronze ont été découverts au Itoiron, près de Morges.non loin des stations lacustre*. L'Oherlaod bernois était, comme nous l'avons vu, déjà à l'âge du bronze en communication avec le Valais par laGemmi. On V trouve la même forme de tombeau que dans la vallée du Rhône ; à Benienbùhl, parexemple. prèsdeStrâltligen, au bord du lac de Thoune. les squelettes, déposés dans de* tombeaux identiques à ceux du Valais, sont aussi accompagné* de diadèmes de bronze, d'une espèce d'épingle plate elde poignards trianeuUires, Une agrafe de forme italienne et une hache plate de bronze avec incrustations en or sont particulièrement intéressantes.

ment* humains carbonisés, des agrafes â extrémités reniées, de* épingles à cheveux, à lète subdiviséf, des anneaux, des chaînes, un couteau à manche plat et une boucle de ceinture en or repoussé.

En construisant la gare de Glattfelden, sur ta ligne Zurich-Schaffhouae, on mit au jour une urne d'argile remplie d'ossements humains carbonisés. Le mobilier funéraire se composait d'agrafes à renflements avec ornements en creux entourés d'un ovale et d'une épingle à tète de pavot (p,49t, lia, S3etS5l,

Un Tit de* trouvailles identique* à Thalheim, (canton de Zurich], où le* restes des cadavres incinérés étaient accompagnés d'agrafes à renllemenls avec ornement* en creux, d'épingles à lèle de pavot, plus une agrafe de ceinture en forme de 8, à extrémités enroulées (p. 191, fig. 34).

Un autre champ d'urnes funéraire* a été découvert â Mels, dans t'Oberland saint-gallois. Des urne* avec des ossements humains carbonisés ont été trouvées dans le hameau de Heiligkreuz (nommé jadis TscherRngen), à côté du 0 Heidenkirchlein °, au pied du Gonzen (Sainl- Gall), Le mobilier funéraire consistait en épingles à léle de pavot, en anneaux et agrafes ornementé], en petit? couteaux accompagnés d'un poignard en bronza.

Mai*, outre ces (ombeaui à urnes qui sontasiez nombreux, la Suisse orientale renferme encore d'autres tombeaux de 1','ige du bronze. Quand le bûcher sur lequrl gi»ait le cadavre était consumé, il n'était pas nécessaire de rassembler les débris humain* et de les déposer dans une urne ; on pouvait simplement jeter de la terre sur les cendres. Il se formait ainsi une colline, un tertre funéraire, comme on en rencontre par centaines dans les différi'nts pays de l'Europe. Peu de personnes savaient où se trouvaient lea tombeaux à urnes, tandis que les tertres élaient visiblss pour chncun. Quand, par exemple, un puissant chef de iribu était mort, on voulait pouvoir montrer aux descendants la place où reposaient si>s restes ; on voulait peut-être même offrir de* *acririres au mort; pour cela, il fallait «avoir exactement où il était enterré. En Suisse, les tertre* funéruires de t'âue du bronze ne sont

Ea* fréquent* ; cet uwigé no devint général qu'à l'âge du ir. Il existait quelques lerties de ce (;enre à l'Alteuherg,

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Srès de GoBsau, dans le canton de Zurich. Dans l'un 'eux, on trouva deux pierres aiguisées, plusieurs bracelets de bronze et une épingle du même métal. L'aspect de ces objets révèle déjà l'incinération des cadavres. Des agrafes de bronze, des épingles et un poignard de bronze ont aussi été découverts (uins les tertres ftinéraires du Hard, prés de Weiach, non loin de Kaiserstuhl. Ils accompagnaient des ossements brûlés et étaient protégés Sar un amas de pierres. L'Oberholz, près de Rickenbach, ans les environs de Winterthour, renferme un groupe de tertres funéraires de l'âge du fer. Entre ces tertres s'intercalent quelques autres plus petits et plus anciens. Dans l'un des plus petits on a trouvé, sous un amas de pierres, des traces de corps incinérés, 'un fragment de poterie, des agrafes en bronze, une épingle, des fragments de garnitures avec boutons, une spirale en bronze et une perle d'ambre.

D'où provient cette différence des tombeaux de l'âge du bronze dans la Suisse orientale et dans la Suisse occidentale ? Notre pays a-t-il peut-être été alors habité par des peuples de race et de religion différentes ? On ne pourra répondre à ces questions qu'après de nouvelles et minutieuses recherches.

III. ÂGE DU FER. Dans les stations lacustres les plus récentes, par exemple à Môrigen, au bord du lac de Bienne, on a trouvé, à côté du bronze, du plomb et de l'or, parfois du fer, mais très rarement. On y a trouvé entre autres, une épée à lame en forme de feuille de saule. La poignée était en bronze massif, mais la lame en fer et la poignée étaient ornées de minces lamelles de fer incrustées dans le bronze. Le tout s'était parfaitement conservé dans le limon lacustre. Ceci prouve combien on a eu tort de prétendre que le fer était déjà connu à l'époque du bronze proprement dite, mais qu'il aurait été détruit par la rouille, ce qui expliquerait sa disparition. Les minces lamelles de fer de l'épée de Môrigen se sont conservées près de 3000 ans et des haches de fer aunaient disparu sans laisser de traces ? C'est impossible. Un bracelet de bronze de Môrigen porte également des incrustations de fer d'une grande finesse. Ce métal devait donc être cher ; sans cela on ne l'eût pas employé pour l'ornementation. Il était cher à cause de sa rareté.

Le fer paraît donc avoir été d'abord un métal rare. Peu à peu il devint plus commun. On apprit à exploiter le minerai de fer de notre pays, et Ton ne fit plus venir la matière première de l'étranffer. Au Gonzen, au-dessus de Sargans, on a dû exploiter le fer de très bonne heure ; il en est de même de la mine de fer en grains du

» Haut-foarneau du Jura bernois.

Jura. Mais comment le minerai était-il détaché de la roche ? au Gonzen, on voit de très anciennes galeries faites au ciseau et au pic. Quelquefois on entassait du

bois contre la paroi de rocher, on faisait un grand feu puis on refroidissait rapidement avec de l'eau fraîche ta roche surchauffée. Celle-ci était par là rendue friable et cédait facilement aux coups de pic.

Quand on avait extrait le minerai, il fallait le fondre. On construisait dans cette intention une sorte de four en argile (four à fondre le fer, d'après Quiquerez); ce four était garni de pierres réfractaires et entouré d'un épais revêtement de terre. La cavité de ce four à fondre s'étendait horizontalement depuis l'embouchure, de la « porte » jusqu'au milieu du four, puis montait verticalement, mais non en ligne absolument droite. Quand on voulait fondre du minerai, on versait par l'ouverture supérieure une couche de charbon puis une couche de opinerai broyé, de nouveau une couche de charbon, puis du minerai, et ainsi de suite. Enfin, on allumait le feu. Un fort courant s'établissait par l'embouchure et le charbon prenait feu. Les scories étaient retirées par l'embouchure et il restait une masse de fer, qui, forgée, donnait un métal semblable à l'acier. Un excellent fer est encore aujourd'hui produit de la même façon dans plusieurs contrées de 1 Afrique.

De plus en plus le fer remplaça le bronze. Il l'avait complètement supplanté en Suisse vers l'an 800 avant J.-C. Les armes et les instruments étaient généralement en fer ; on continua à utiliser le bronze pour des objets de parure.

i. Habitationê de Vâge du fer. Au commencement de l'âge du fer les palafittes étaient presque tous abandonnés. Les habitants vivaient sur la terre ferme, dans de petits villages bien protégés par des remparts et des fossés, des

Salissades et des naies d'épines. Les refuges situés sur es hauteurs ou des rochers difficilement accessibles étaient encore occupés, surtout en temps de guerre.

Nous avons déjà parlé du grand refuge de l'Uetliberg ; il fut aussi occupé à l'âge du fer comme le prouve un cimetière du IV"** siècle avant J.-C, situé près de l'enceinte Srincipale. Un village plus considérable, également fortié, s'étendait au pied de la montagne, au centre de la ville actuelle de Zurich. Cette ville est traversée par un rempart morainique qui, actuellement, n'est plus reconnaissable partout ; le Lindenhof, colline qui s'élève bruaquement sur la rive gauche de la Limmat, en est un tronçon. Des hommes sont déjà venus se fixer sur cette colline à l'époque du bronze ; lors de l'abandon des palafittes, les habitations s'y multiplièrent. Cette colonie s'accrut encore à l'âge du fer. Plus d'une cabane sise au pied de la moraine fut détruite par les crues de la Sihl ; le mobilier de ces cabanes était emporté par les eaux, c'est ce qui explique qu'au confluent de la Sihl et de la Limmat on ait retrouvé de nombreux objets des deux âges du bronze et du fer. Les plus anciens sont des épées de bronze, des haches, des épingles identiques à celles

3u'on a retirées des palafittes. Mais on y a trouvé aussi es haches, des épées et des objets de parure en fer. Le Lindenhof a donc déjà été habité à l'âge du bronze et l'est resté pendant plusieurs siècles. Zurich était certainement une des 12 villes ou l'un des 400 villages que les Helvètes brûlèrent avant de partir pour les Gaules.

Une station de l'âge du fer encore plus importante est celle de la Tène, au bord du lac de IVeuchâtel, à 2 kilomètres de Marin, à la sortie de la Thièle du lac de Neuchâtel. En cet endroit on soupçonnait la présence d'un palafitte, ce que prouvaient les nombreux objets préhistoriques qu'on y a retrouvés, en particulier des fibules en bronze et en, fer, ainsi que des épées en fer. On voit aussi à la Tène des pilotis et des traces de ponts. Mais les objets étaient tout différents de ceux des palafittes. Ils ressemblaient plutôt à ceux qu'on a retrouvés en France sur les champs de bataille de l'époque de Jules César. Peu à peu on arriva à déterminer le vrai caractère de cette station. La Tène était une place fortifiée de la dernière époque de l'âge du fer, bâtie pour protéger la route qui conduisait de l'Helvétie en Gaule par le Jura ; c'était en même temps un poste frontière. Les fortifications s'élevaient sur un îlot de gravier de la Thièle ; elles étaient reliées à la terre ferme par des ponts. Ce fort était occupé par des guerriers de l'âge du fer. C'est pourquoi on retrouve surtout des armes, mais peu d'outils, peu de parures, presque pas de vases, de graines ou de

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