partie du mot Philippe, Nous avons donc là
une imitation gauloise des monnaies du roi
Philippe de Macédoine.
.\u Dickehof près de Schlatt, canton de Thurgovie. on a découvert le tombeau d'un de la période de la Tène. A côté du
la période moyenne de
[s'orne ;'eîlla"'i't fourreau de fer el également en for ; large de la Tène, Lest
e de k
et de Schlatt.
le Plateau on Un (les mieu
mbiabtes i
IX de Iforgen
irés cal celui du boule- Ëpeeilrouvard Sainl-Martm â Vevey. Il renfermait en- '' ,'„î^' " viron 30 tombeaux appartenant aux deux pre- iie gchlilt mières périodes de la Tene. Les morts qui y nr«i Diaiavaient élé enterrés appartenaient au type leahDlgD dolichocéphale a visage long el étroit; la iC 'Tburgolaillt! moyenne des hommes a été évaluée à ^'■)- 167 cm., celle dea femmes à 156 cm.
Un tombeau |n° H) renfermait le cadavre d'une jeune femme placé en pleine terre dans la direction N.-N.-E.— S.-S.-O. Sur l'épaule on trouva une fibule, prés des ban-
SUl
chet UDC chatnette de ceinture en bronze, au bras gauche un auaeiu de bronze et deux bracelets de verre, au brat droit un anneau de fer La main droite portail un aDoeau dor en spirale, la main gauche un anneau d'argent. Entre lea pambes se trouvaient fi Gbules de la période mojenne de la Tène.
Le tombeau n° 17, orienté du N.-N.-E. au S.-S.-O-, renfermait un squelette d'enfiint dans un cercueil de bois quadniQEulaire. Une fibule en Ter de la Tène reposait sur l'^aule gauche; on y trouva en outre un bracelet de verre comme dans le tombeau a' 6.
Le n> S6 était le tombeau très bien conservé d'un guerrier de la période moyenne de la Téne. Dans un cercueil quadrangulaire reposait un homme dont la partie inférieure avait été recouverte du bouclier. Sur le bras droit SB trouvait l'épée, avec le porte-glaive enroulé autour de la lame. La lance était à côté, la pointe tournée du côlé des pieds du mort. Sur chaque épaule on découvrit une fibule de Fer, qui servait probablement i tenir le linceul.
Dans d'autres tombeaux ona rencontré des fibules incrus-
SUI
conservées ; ce sont des pièces d'argent de Hissilia (Marseille),
Une autre collection de monnaies antérieures à l'époque romaine a été trouvée à côté du bâtiment de la Bourse de Zurich ; environ 100 k^. de monnaie (de billoo i Tondues ensemble. 11 semble qu'il existait déjà une sorte de bourse en cet endroit il y a plus de 3000 ans.
De nombreuses pièces d'or de l'époque dont nous nons occupons proviennent du Preiamt. de la région de Windisch, Aarau et Schônenwerd.
Pendant l'hiver de 1839-40 un pajsan de Bats thaï (canlott de Soleure) en transportant du bois sur un traîneau troura plusieurs monnaies oui avaient sans doute été frap-
Cie» parles tribus gauloises des Séquaniens et des Ëduens. a trouvaille de Nunningen, dans le même canton, est encore plus importante; elle fournit des pièces d'argent petites et épaisses portant une tête surmontée d'un casque et d'un cheval bondissant. Plusieurs de ces • pois de Nunningen « portent même des noms de chefs gaulois. On a fait des trouvailles semblables au Mont
__ j delà Tène
on a retrouvé des morceaux d'or en forme de fèves qui doivent avoir été des mesures de valeur, soit des monnaies. On y a trouvé aussi des pièces d'or grecques (de Philippe) mais surtout des monnaies de billon. De* pièces d'or et d'électron (alliage d'or et d'argent) or ~ '"'
> dans ta régioi
(Avenchesl si
ixcherdes
iivées jusqu'à présent que nceonentslelp.50O. llg.Ti.
tées d'émail, des perles de verre et d'ambre ; on a trouvé même une monnaie d'argent massaliote.
On a aussi découvert des cimetières de la Téne à Champagny, à Berne, à Spiei, à Steinhausen, tout récemment une necro|>ote considérable n Mûnsingen. etc.; on croit même avoir découvert un champ de bataille du temps des Helvètes à la Tiefeuau près de Berne.
Le plus grand cimetière de cette époque connu jusqu'à
— 1 — . .. .i..- j ""--jngen qui n'a été fouillé tout
- -'-s de 200 tombeaui
présent est celui de récemment et qui rt a trouvé des orneme mais peu d'objets en été ensevelis en pleii la plupart étendus- Il paraissent porter i'
t inléi
squelettes gisaient pour
int dénoter que 3 crânes
de trépanation. Ces trouvailles ' publiée ont
a description doit être prochainei été déposées au Musée historique de Jim
5. Les plus anciennes monnaies et inscriptions. En i766 un voiturier descendant du Julier dans la direction de Coire vil soudain briller quelque chose dans la terre près de la mélairie de Burwein non loin île Conlers; il creusa le sol et trouva deux marmites placées l'une dans l'autre et renfermant des bracelets d'argent et d'or, un petit vase, du brome grec et surtout des monnaies (p. 500. Tig. 6) ; toutes ces richesses furent plus tard fondues par un orfèvre; quelques monnaies ont seules été
ible bien été la capitale de l'IIelvétie.
déjà du temps des Helvètes, comme le dit l'historien Tacite ; on ; a retrouvé un balancier pour la frappe des monnaies (p. 500. %. 5). Il est remarquable de constater que les pièces qu'Orgétorii.raœbiiie ■-- '
Helvètes, avait fait frapper
dans la France orients le I p Les pièces de monnaie a retrouvées au Grand- Saint- Bernard août très nombreuses. Ce sont, pour la plupart, des monnaies des Salasses qui habitaient la Tallé« d'Aoste (p. âOO, llg. 8). Ou a découvert en outre des piècesde monnaie de divers peuples gaulois et de divers chefs, des monnaies de Massilia.
ird. etc., dans le sanctuaire que les Ve-
rs grès, habitants du versant N. avaient élevé non loin de l'hospice acluel.
Les monnaies pré-romaines isolées sont fréquentes en Suisse ; les trésors importants ne sont pas trop rares ; par contre, les inscriptions antérieuresà l'ère chrétienne sont très clairsemées. Seuls le val Mesoccoel le canton du Tessin en ont fourni. Des mots isolés et des lettres sont gravéa sur les casaues. les libules et les vases trouvés dans les tombeaux dont nous avons parlé. Les inscriptions sur
Sierre sont presque toutes conservées au musée rhétique e Coire. A Mesoeco un a découvert deux inscriptions. L'une d'elles porte quelques caractères latins; Vautre contient les mots «VALAVNAL RANKNIi. A Davesco, non loin de Lugano, on a découvert une plaque de granit de 170 cm. de long qui doit avoir servi de pierre tombale et qui portait la laconique inscription suivante, en caractères lépontiens(nord-étrusquef: Le tombeau de • SLANIA VKRKALA.et le tombeau de .TISIOS PIVOTIALOS ., Deux inscriptions semblables ont été découvertes à Men~ drisio. L'une d'elles est lisible et renferme les mots: .ALKOMINOS. (fils) de . ASCONETES». Ces deux pierres semblent toutes deux avoir servi de pierres tombales. ii. LES PLUS ANCIENS RENSEIGNEMENTS HISTO- RIQUES SUR LA SUISSE (Périodes romaine et alamaneburgonde-franque). Les première* trace s d'écriture sont. presque contemporaines des premières monnaies et inscriptions. Les prêtres desHelvètes, c'esl-à-dire di
sm
de l'ëpoque de la TèDei qui habiUieDi notre pajs au dernier Biècle avant l'ère cbrétJeDne, semblent avoir coDnu l'art d'écrire. Le peuple helvéte était préciBémeot sur le point de paater au rang deanalioni civilisées quand survinrent les Romains.
Les Helvètes «jui habitaient entre le Rhin, le Jura et les Alpes dËsira)ent s'établir dans un pajps nouveau et plua beau. La rudetae du climat de leur pays, sou étroitesse et la voisinage des Germaine qui les serraient de près lea engageaient à chereher dans le Sud de la Gaule un pajrs tel qu'ils le souhaitaient. C'est cette contrée qu'indiqua leur cher Orgétorir ou Orcilirix comme il s'appelle sur les pièces de monnaie. Les vieo» guerriers helvêtes T étaient parvenus une fois dans une eipéditîon guerrière et ils en disaient beaucoup de bien. Ils y avaient même battu une armée romaine. On résolut de rasaembler des provisions ))endaDt trois ans, puis d'émigrer. Entre temps, on apprit qu'Orgèlorii cherchait à devenir roi : crime puni de mort. On voulait le juger, mais on n'y rénasit pas, Orgétorix disparut; il se donna sans doute la mort pour échapper au châtiment, mais l'émigration
En 58 av. J.-C. de lourds convois d'hommes et d'animaux se mirent en marche du câté du Léman. C'étaient les Helvètes et leurs voisins qui se rendaient dans le S. de la Gaule en auivant le Rhône, en tout 368000 personnes. Les Helvètes brûlèrent leurs 13 villes et leura tOO villages alin de s'ôter tout espoir de retour. Les malades, lea provisions, les parures et les armes étaient portés sur des chariots traint^s par des bcpuTs. A la tète de l'eipédition se trouvait le vieux cherDivicon, Il avait directement sous ses ordres M 000 guerriers exercés au combat et bien armés.
Celte énorme cara>ane s'avançait vers Genève. Là elle rencontra les Romains commandés par César. Les Helvètes demandèrent qu'on les laissât passer en paii, Sromeltant d'observer une discipline sévère. César demana le temps de réflexion; il voulait compléter les fortilications de Genève. Quand les messagers helvèlea revinrent il refusa net d'accéder à leur demande. Divicon chereha à Turcer le passage, mais il trouva un adverîaire supérieur. Bon gré mal gré il dut se résoudre à traverser le Jura.
Entre temps. César se rendit en toutehâtedansla Haute- Italie; il nt abandonner aux légions leurs quartiers d hi< ver, leva de nouvelles troupes et repassa rapidement les Alpes pour concentrer son armée a Lyon, Là il apprit que les Helvètes se préparaient à traverser la Saône, Il y courut, battit leur arrière-garde formée des Tigurins et suivit l'armée hetvète. Il évita d'engager un grand combat et chercha à harasser l'ennemi par de petites attaques. Ce n'est qu'à quelques kilomètres de Bibracle{aujourd'bui Mont-Beuvray), dans la France centrale, aux environs de la ville d'Autun, qu'il leur livra une bataille décisive. On combattit vaillamment toute la jouniée, La fougueuse bravoure des Helvètes habitués a la victoire se mesura avec la discipline des Homains habiles au maniement des armes. Vers le soir arrivèrent de nouvelles troupes : c'était l'avant-garde des Helvètes qui avait été rappelée. Le combat recommença. Les Helvètes furent repousses dans leur retranchement de chariots. Même des femmes prirent part A la bataille. Le sort se prononça contre lea émignints ; les Romains remportèrent la victoire. Des 3SS 000 personnes qui avaient quitté leur pa^ il n'en restait plus que 110 Ou), pour la plupart des vieillards, des femmes et des enfants.
César renvoya cea débris du peuple helvète dans leur patrie. Ces survivanta durent rebâtir lea localités détruites et repeupler leur pays. Ce dut être un triste spectacle que le retour des épaves de ce vaillant peuple : l'élite de la nation gisait sur le champ de bataille de Itibracte. Et les survivants? Ce n'est pas en hommes libres qu'ils revinrent mais comme sujets ; derrière eux le sol tremblait sous les pas des légionnaires de Rome, maltresse du monde.
t. Époque romainr. aj Occupation du payi par les Homaini. Un an déjà après l'assujettissement des Helvètes, César envoyait son lieutenant Galba dans le Valais pour s'emparer du passage du Grand-Saint- Rernard. Malgré la victoire des Romains à Martigny. le Valais ne semble pas leur avoir été soumis en 57 avant J.-C. ; il n'a probablement pasié en leur possession que sous le règne
SUI
d'Auguste. En l'an 15 avant J.-C. Drusus et Tibérius conquirent encore ia Rhétie de sorte qu'à partir de cette date toute la Suisse actuelle était sous le sceptre de Rome. Genève, l'ancienne Genava, et le pays des Al I obroges bi salent Çartie de la Provincia (Provence), le canton actuel du essin du district de Como (Comum).
11 s'agissait d'assurer délinitivement les frontières de l'Empire. Auguste proclama le Rhin et le Danube lleuvesfrontiere. De son embouchure au Bodan le Bhtn devint la limite seplentilïmale de Rome. Du Dodan la ligne frontière rejoignait lea sources du Danube pour suivre ce lleuve jusqu'à son embouchure. L'Helvétie devint ainsi une terre de conSns; elle fut reliée à Rome par un admirable système de routes militaires.
Deux roules principales conduisaient de Milan (Mediolanum) vera le Nord : l'une par Côme, l'autre par Aoste (Augusta Pnetona). En ce dernier endroit la roule se diviraLt ; une voie conduisait à Lyon par le Petit- Saint-Bernard, l'autre à Martigny (Oclodurum) par le Grand-Saint- Bernard. Déjà bien avant les Romains, les Véragrea avaient élevé un sanctuaire au sommet du col, au Summus-PenninuB. On a trouvé les vestiges du temple romain près du Mont-Joux (Mons Jovis), dans une situation quelque peu abritée contre les tempêtes du vent du N. auxquelles est exposé l'bospice actuel, A Marligny la route du Grand Saint-Rernard atteignait la vallée du Rhène et -'-■— ^' là. du moins au III- aièele, à celle que les Ro-
De Vevey, la route principale gravissait lea limitent le' Léman au Nord et conduisait pa (Bromagua) et Muudon (Hinnodunum; à la capitalede l'Helvélie, Aventicum. l'Avenches d 'aujourd'hui ; là aboutissait aussi la route d'Yverdon (Eburoilunum).
A partir d'Avenches. la route militaire suivait les bords du lac de Morat puis traversait le Grand Marais pour ga-
lirèe dn MilUll. dtr Anliq. aeintltchaft Zurich. Bd. XVI).
gner Petinesca. dont les ruines ont été découvertes au Studenberg (Jensberg). au S.-K. de Bienne. A Petinesca. la roule se bifurquait de nouveau ; un embranchement
condnicait à la vallée de la Birae par Pierre-Perluis ; U voie principale se dirigeait sur Soleure (Salodurum) et Œngineea; un aouvel embranchement passait parle Haut-llauen-
. . , , ,. e camp de» légions.
Comme la route de VO.. celle de Milan à Côme se divi- MÎI auggi, en amont de ctUe dernière ville, en pluiieura embranche me nia ; on a trouvé des vestiges de routes romaines sur le Bernardin, le Splilf^cn le Septtmer et le Julier. La Table de Peutinger. carte militaire de l'ancienne Rome, indique, entre Côme et Coîre, où ces routes a bout jasaient, les stations de Summus lacus (Samolaco), Clavenna (Chiavennn), Murus (Caatelmur ■.'), Tinnetio (TiDzen), Tanessede (Madesimo? .Cunusaureus (sommet du col du Splûgen ?] et Lapidaria.
De Cotre (Curial. la route militaire des Romains conduisait à HaienTeld (Magia?). d'où un embranchement longeait les rives des lacs de Walenstadt et de Zurich ; cet embranchement se subdivisait lui-même en deu^i ; une route conduisait à Irgenhausen et Ober Wintertliur, l'autre à Zurich (Turicum), place de péage ; elle rejoignait
la grande routi (te Alaienfeld p
tium (Rregi'oi
sui
A Brigantium. la route romaine se subdivisait ; un bras
se dirigeait sur Augabourg (Augusla Viadelieorum), l'autre
PiBsait par Ad Renum rRheinecli). Arbon (Arbor Felitl. fyn (Ad Fines], Ober Winterthur [Vitoduruml et liaden (Aquu.'), pour gagner Viadonisaa. la place militaire cen-
Plusleurs routes parlaient de cet endroit si important au point de vue militaire : l'une passait par Zunacn, [Tenedo), Schleitheim (Juliomagus| pour atteindre le Danube; une autre traversait le Botzberg, Daselaugsl (Augusla Baurica), Bfile (Dasilea). et cundui&ait à Stras-
Les routes reliant le Léman au Bodan représentent une ligne de défense protégée par de forts casleU : elle était rattachée à la capitale de rtmpire par plusieurs routes alpestres et servait de base d'opération contre les Girmatns. Mais en avant de cptte ligne itratégique excellente s'en trouvait une seconde : la chaîne des avantpostes le long du Ithin.
En elTel, de Bâle à Steîn-s.-Bh.. on a trouvé, le lon^
fédérale est en train de les étudier. Ces tours d'observation ou snerute étaient établies de telle sorte qu'elles pouvaient communiquer entre elles au moven de signaux optiques. Les castels de Ilâle, Augst. Zuriach, Stein-s.-Bh. renforçaient celte ligne avancée ; ils éUicnt en
Sous le régne de Domilien {ou de Trajan), la frontière du Rhin fut abandonnée et l'on établit une frontière artilicielle. le Limes ; cette ligni> pénétrait en pleine Uermanic ; elle était défendue par des castels, des tour^ d'observation, des fossés. Derrière ces défenses l'Helvétie Jouit longtemps de la tranquillité et de la paix.
6/ Civiliialion de l'Helvèlie Bimiainr.
La civilisation romaine pénétra dans notre pars en même temps que les légions. Les villes surtout devinrent le centre de la vie élégante et du luie. Mais on peut aussi constater les progrès matériels et intellectuels de cette époque par tes centaines de villas romaines dont on a retrouvé les rentes sur le Plateau. On s'habillait et on se parait à la mode romaine ; les instruments et les outils étaient confectionnés d'après des modèles italiens ; on cultiva de nouvelles espèces d'arbres fruitiers et de légumes et la vigne fut plantée sur les bords du Léman. Le commerce prit un nouvel essor ; on exportait dans le Midi des fourrures, des fromages. de la cire, du miel, des poissons du Rhin et probablement aussi iics esclaves ; en échange le Midi fournissait ses lins pro-
Comme dans tout l'empire romain le latin devint la langue dominante ; on adopta aussi l'écriture latine. On adora les divinités romaines et l'on donna des noms romains aux anciens dieux. L'inlluence romaine se fait sentir jusque dans les tombeaux. Les cadavres ne lurent plus déposés entre des murets de pierres sèches ou ensevelis dans la terre; ils firent incinérés. L'art et la science deviennent romains. Dans toutes les villas ae trouvent des statuettes de bronze; dans les édifices publics se dressent des colonnes et de superbes statues de marbre. Les villes dont quelques-unes renfermaient des colonies de vétérans et dont d'autres jouissaient du 1 des théâtres, des amphithéâtres.
de triomphe. Le long des routes se lilliaires ; des ponts de pierre furent
ji!téB sur les rivières; on consiruisit des aqueducs. Aventicum était le aièee d'une école supériejre. C'est de cetle école qu'est peut-être sorti Claudius Cossus lequel, après 1.1 révolte des Helvètes en 69, réussit, par son éloquence si persuasive, à ^fiierà sa cause les soldats même du général Cecina qui réclamaient la mort des révoltés mais qui Unirent par implorer la pitié de leur chef.
Si l'on compare les restes de l'époque romaine qui sont conservés dans les musées on peut aaaei facilement délerininer les principau:
l'Ouest, Avenches,
richo ville de province; la société Pro Ave lionnée par la Confédération, fait chaque année ue nouvelles découvertes, surtout en inscriptions et en tom-
DaoB la Suisse allemande la ville principale est naturellement Vindonissa, la résidence des légions, au eonlluent de l'Aar. de la Reusa et de la Limmat; elle avait un amphithéâtre, des casernes, des thermes, des temples, des arcs de triomphe, etc. Une sociélésubventîonnéeaussi par la Confédération y fait faire de nombreuses fouilles.
cl Histoire de l'Hetvètie li la fin de t'ëpoque romaine. Le développement de l'Helvélie romaine devait être brusquement arrêté par les Germains. Ceux-ci avançaient de plus en plus du celé sud; de fréquents combats étaient livrés sur le Limes. Après la mort oe l'empereur Maximln les Alamans parvinrent à franchir la frontière de l'empire; en 264 ifs ravagèrent l'Helvélie. Aventicum fut ruinée. Quoique la ligne frontière du Limes put être maintenue encore un certain temps, il ne régnait plus aucune sécurité; les attaques et les incursions devenaient toujours plus nombreuses. Après la mort de l'empereur l'robus en 3ëO le Limes fut complètement abandonné. Le TthiD redevint la frontière de l'empire, l'Helvètie un pays frontière. Il s'agissait de reconstruire les castels el les tours le lonic de ce lleuve, de rebitir les fortifica lions tombées en ruine. Sur l'emplacement de Baselaugst s'éleva Kaiserauest (Castnim llauracense), i la place de Vindonissa le C^strum Vindonissense (AJtenburg). »iein s/Rh. et Ober W'inlerthur furent fortiliés à nouveau comme nous l'apprennent certaines inscriptions. Valenlinien éleva rncore de nouve»ui caslcls le long du Rhin. En 370 on fonda Basilea (Itâle). Malgré tout, une grande insécurité régnait dans les pavs Frontières, c'est ee que prouvent les nombreux vaees de' monnaies eDle^ré^^ au l\' siècle. Il n'est pas rare du tout de trouver, en faisant des fouilles, des vases pleins de monnaies romaines qui ont été cachées à la lin du III' ou au commencement du IV' siècle et dont les propriétaires ne purent plus rentrer en possession, peut-èlre parce qu'obligés de Tuir rapidement il leur fut impossible de rentrer dans leur pays.
Ouelaues empereurs cherchèrent à reconquérir la rive droite du Rhin. Julien poussa même jusqu'au Limes (359) mais il ne flillaît pas songer à une occupalion durable. Le dernier empereur romain qui entra victorieux en Germanie fut Gratien. Aux guerres continuelles des districts Iroatiéres vint encore s'ajouter une nouvelle division du pays; cette mesure prise sous le règne de Dioctétien plaçait l'Helvélie dans la Maxima Sequanorum. Après la mort de l'empereur Théodose 1". 3%, les Alamans attaquèrent leurs ennemis avec plus d'énergie et les rejetèrent enlin au delà des Alpes. A partir de iOl les Germains s'établirent sur les ruines de la civilisation romaine. Les mipurs et la langue allemande dominèrent dans le paj's ; en Rhétie et dans la Suisse romande seulement la civilisation romaine parvint à se maintenir un peu plus longtemps.
2. Période ALAMk^E-BuBco^DE-PitA^(tl!E. (Ivpoque des migrations des peu|>leB.{ a) Données hiiloriquen. Quand, BU commencement du V* siècle, les Alamans pénétrèrent dans la Suisse septentrionale et en prirent délinitivement possession, ils n étaient pas les seuls Germains qui montaient à l'assaut de l'empire, A la même époque une foule d'autres tribus franchissaient le Rhin et envahissaient la Gaule, eertainespénétrèrentmémejusqu'en Italie; c'étaient les Vandales, les Suèvee. les Jutes, les Burgondes. Celte migration des peuples dura des siècles ; ce n'est que peu speuqi
En Gaule le > dernier graijd Romain • , une digue à la marée montante des Ger Lit lesJuleB qui se mélao-
. Aètius, et peu de . après lui les Huns 1 par Attila dèvasen 435 et "•- ' ! a ue les Ru itiluéai Worms. Le poème des Nibelungen raconte tout au long les terribles combats qui se livrèrent dans celle contrée. En 443. 1rs débris des Burgondes s'établirent dans la France orientale (Savoie) et la Suisse occidentale el s'y mSIèrenlà la Eoputation gallo- romaine, 'est ainsi que se fonda le royaume de Bourgogne qui reçut plus tard une forte organisation de son arand législateur Gondebaud. Entre temps, les Alamans s'étaient délinitivement établis dans la Suisse allemande ; il surgit plus d'un conflit avec les Burgondes à propos de contestations des frooticres. .Mais en 4SW les Alamans furent battus
par
s Franc
; pays
queurs.
En 532 les petils-fils de
Clovii
AÎâmâns," flrenl" la ' coii- ^j''r''°''r'''"'id 'zilrch™ quête du royaume des Bur- musée dbiqp» b i
gondes. En o:)6 un traité lit autsi entrer la Rhétie dans le roiaume de" Francs de sorte que toute la Suisse actuelle se trouvait de nouveau réunie sous le même sceptre.
On put croireun moment que le royaume des Alamans allait recouvrer son indépendance. Sous les derniers Mérovingiens qui étaient de plus en plus faibles, le duc d'Alamanie devint presque aussi puissant que son su /.erain. Le peuple tenait aussi très fort â se* us et coutumes qui déjà furent réunis en partie au VI' siècle daii* l'iiiuvre intitulée Lex Alantannoitmi. Le duc Gotefrid. mort en 709, et son lils Untfrid, mort en 730, régnèrent en princes indépendants. Leurs successeurs durent, il est
mans conservèrent une partie de leurs' droits, Hilde-
Ferde, la fille d'une arrière-petite-fille de Gotefrid devint épouse de Charlcmagne ; son frère Gérold était un grand guerrier. Après la mort de Charlemagne les Alamans furent de nouveau contraints à l'obéissance. Louisle-Germanique, qui avait battu les Alam.ins. Til de leur
Elis le centre de son empire; ta paix s'établit enfin, es anciennes coutumts s étaient modillées en partie ; des conditions nouvelles exigeaient une nouvelle orga-
velle division du pays mais les anciennes divisions germaniques se sont conservées jusqu'à présent dans certaines contrées de la Suisse.
bj La ciiiilijo/ion pendant la période qej'nianigve. Lors de la conquête de notre pays par les Alamans le sol tout entier devint propriété des nouveaux occupants, tandis que les Durgoodes, par suile de leur établissement forcé, durent se contentera l'origine du tiers environ du sol. Chez les Alamans nous troutons donc nellement les conditions de propriété primitives des anciens Germains, Tout le sol était propriété commune. .1 finie» il, Crs conditions se xoni maintenues jusqu'à présent dans les cantons de Sehwyi et d'Un. Aujourd hui encore l'Oberallmend-GenoBsenschafl de Schwvi possède presque tout le lerriloire compris entre le Kossberfi et le l'ragel ; encore actuellement Urseren est une véritable communauté foncière (Markgenossenschaft) et les elTorts des IGcom-
SOI
munes de l'ancten district d'Uri pour substituer la prt>-
iiriété individuelle à la propriél^ colleclive des pâluriges, oréts, alpages et champs ont eu peu de succès. On trouve doDC encore dans la Suisse primitive raocienne communauté foncière alamane du fait de la propriété collective des champ', pâturages, alpages et forêts.
Déjà du temps des Romains des domaines privés avaient été doonéa à des vélérani. Après la victoire des Francs, la propriété individuelle «'inlroduigït de plus en plus chez les Alamans du Plateau, La constitution agraire prit la place des anciennes conditions d'existence. La ferme devint l'unité territoriale. Des fermes voisines formaient le village qui était entouré d'une haie, l' u Kttero; avec le temps le village devînt une nouvelle unïtë poli-
sui
colonies germanique!. Mais il est compréhensible, pour deux raisons: 1° des constructions nouvelles se sont élevées dans le cours des siècles à la place des
bois ou étaient des bâtisses de pierre très simple* dont lea restes sont à peine reconnaissables. Cependant nous possédons de nombreui documenta du Vl-au ViU* aiècles qui nous parlent de ces habitations ou qui donnent au moine leurs noms. Les tombeaux de celte époque sont en revanche d'autant plus nombreux. On en trouve presque autour de chaque grande localité comme on peut s en rendre compte en jetant les jeux sur une carte archéologique. Parfois ce sont de vraies nécropoles, telles celles de Belair prés de Cheseaui sur Lausanne, de Fétigny dans le canton de Fribourg, d'Elisried dans le canton de Berne. d'Ober Buchsiten daos le canlon de Soleure, de Kaiaeraugst à la frontière de Bàle et d'Argovie.
if)cytt«ocï3ï^<neCTS6occi-j
,r ds Lun
n <Ztlri<
lière des cultures d'hiver, des cultures d'été et des ja- (hères permettait de ne pas épuiser le sol.
Cette culture trisannuelle dura encore longtemps après que les champs furent devenus, en partie ou totalement, propriété individuelle. Mais les forêts, l'eau et les pâturages reslèrenl propriété commune ; aujourd'hui encore le nom d' e AUmend >, qu'an trouve partout dans la Suisse allemande, rappelle les anciennes conditions de la propriétii. Chaque citoyen avait droit à l'usage de l'Allmend, même dans les endroits où les champs et les pS tarages étaient devenus propriété piivée, les haies devaient être ouvertes en automne aftn que le bétail pût aller partout. Ce n'est qu'au cours des siècles que la propriété priiée réussit à accaparer le sol et à renverser 1 ancienne urgaoisalion germanirjue de la propriété. Aujourd'hui la victoire est à la propriété privée.
Celui qui étudie les noms de nos localités d'sprès les documents est étonné du peu de noms romains qu'il rencontre et de la quantité de noms alamans-burgondes que renferme la carte de la Suisse. Ce fait est d'autant plus étonnant que l'archéologue trouve rarement des restes
iton de SchaHhouse.
e quant ai
de Zurich et de Sel [1 y a en outre u des tombeaux; u plupart des cas, d'après les objets déposés, s'il s'agit d'un tombeau alaman, burgonde, franc ou lombard- Dans tous ces lorobeaui reposent des squelettes rangés en lignes plus ou moins régulières. Les guerriers ont avec eux la spaths, l'épée à deux tranchants qu'îla ma-
saxe. épée à deui mains et à un seul tranchant.
Dans les tombeaux de femmes on trouve des parures en perles de verre, d'émsil ou d'ambre. Ça et là apparaissent aussi d'autres parures, par exemple des agrafes, des boucles de ceinture, des ardillons et des amulettes. Lea armes non plus ne sont pas uniquement celles indiquées ci-dessus ; on voit aussi des pointes de llèches et de javelots, des haches, des couteaux, des bouchera et même des casques.
Si l'on considère spécialement la paru — — —
marque que certaines formes et <
spéciales aux Alamans, d'autres
SUI
est ÎDt^reauQl de comparer à ce aujet les fouillea du cantou de Soleure. Dans les IM tombeaux avec panire» d'Uber Buchailen on n'a retrouve
3u'une seule de ces lartiea houclea
Granges, par eiemple. Tandis que les boucles de ceintures d'Ober liuchsi* tea ou de Seengeu ont Mé obteauea en incrustant dev lileta d'argent dans la masse de fer, il semble, pour celles de WeiBsenhOhI (Eterne), qu'on a découpe les ornementa dans une couche dareent qui recouvrait la boucle de Ter. Si on compare les tombeaux lombards, par exemple ceui de Caatione (Tessin), on reconnaît Tacilement que chei les Alamans et les Ourgondes les entrelacements des lileta sont encore nettement visiblea dans les derniers temps, tandis que chez les Lombards tout cela apparaît morcelé en traGments. l'ans certains tombeaux bur^jondes nous admirons la reproduction de scènes bibliques, par exemple Daoiel dans la Tosso aux lions; dans les tombeaux francs se trouve l'arme préffrée de ce peuple, la hache de jet, la * francisque i. C'est ainsi que partout la divt^rsil^ apparaît dans l'unité.
A l'époque romaine le christianisme avait déjà pénétré dans notre pajs et de nombreuses légendes ont cours à ce sujet : le massacre de la légion tliébéenne à Saint-Maurice, la mort d'Ursus et Victor à Soleure. de Félix et Hni^ula à Zurich. Quelques communautés chrétiennes se maintinrent au milieu des troubles des invasions, telles Genève, Ober Winterthur et Bregeni. Les liureondes étaient déii chrétiens quand ils envahirent le Puisse occidentale, mais ils appartenaient à la lecte des Ariens. Il en résulta de violentes luttes religieuBei jusqu'à ce qu'ils eussent adoptéla doctrine orthodoxe. Les Alamans étaient païens quand ils se Axèrent dans notre pays. En l'an 600 seulement on voit des prédicateurs chrétiens ré-
Sandre chez les Alamans la doctrine u Christ, Le piua célàbre de ces missionnaires fut l'Irlandais Gallus qui fonda le couvent de Saint-Gall. A t'é^ poque carolingienne, cet établissement devait l'emporter pn réputation, sur les monastères célèbre* d'Agaonum (Saint-Maurice) et de Romainmotier en Dourgosoe; t'école di
vent de Sainl-Gall fut le cent . . „^. ..
culture le plus important de toute IidI Uanial dans 1
la Germanie méridionale. C'est aux documents conservés dans ce couvent que nous devons en grande partie ce que nous savons de la colonisation alainane dans notre pavs. lU'i. Hiiutu.i
C. HISTOIRE DE LA SUISSE A PARTIR DE CHAR- I.EMAGNE. L Les Origines. 1. LHelm^tie totit lei Carolingient. L'humeur remuante des Alamans et l'invasion des Arabes avaient mis un moment en danger la suprématie des Francs, mais tea grands succès reinporlés par Charies Martel rétablirent leur prestige. Charlemagne créa un système de gouvernement qui est un essai de conciliation entre la civiliaalion romaine et le régime plus libéral de la Germanie. Le peuple était convoqué chaque année dans de grandes assemblées appelées Ctiamps-de mai ou Plaida généraux. aSn de donner sa sanction aux lois. Pour la rédaction de sp s décrets, connues sous te nom de capitulaires. Charlemagne consullslt les fonctionnaires civils et ecclésiastiques, ainsi que les grands du royaume. L'empereur était le vrai lé|iiBlaleur, en même temps
Epoqoa
- 9. Boucle d» c.
que district {gau) un comte commandait au nom du roi.
Au IX* siècle, le territoire qui devait s'appeler plus tard Suisse et auquel noua donnons par anticipation ce nom, avait été divise en plus de quinze dislrlcls.qui portaient les noms de Thurgau, Zurichgau, Kletigau, Aargau, Frickgau, Sissgau, Qaselgau. le comté de Bargau (Bienne, NeucliMel, etc.). le comté de Vaud, l'Aufgau (FrîtKturg et OberUnd), le cumté des Ëauestres, le Genevois, le Valais, les comtés de Coire. de uellinzone, de Hesocco et de Chiavenna.
La principale fonction du comte était l'administration de la justice, qu'il rendait devant l'assemblée da peuple réunie en plein air. Les nombreuses campagnes de Charleraagne furent une lourde charge pour les peuples; pourtant, en diminuant le nombre des hommes libres, elles hâtèrent l'avènement du régime féodal,
L'Ëglise s'efforçait de réagir contre la rudesse des mœurs, Charlemsgne lui assura des ressources parl'insti-
s 11 jur:d.c-
labliaye Je
Fondation t
eUani
TtGri.
Saiol-Mauricr ; c'est à lui que l'on attribue ta TaDdalion du chapitre du ftlrineler de Zurich ainsi que la création de Vérole connue euus le nom de Carolinum.
2. Élabliiienient du régime féiidal. dêvûlojipiiHenl dits inglitutions ntonatlii/uei. A Charlemagne succéda, en 81 i, Louis-le-Débonnaire. Après la mort de ce roi. en 843, ses fil» se parlagèrent l'empire (traira de Verdun). Louisle-Uermaniaue eut pour m part t'Alamanie. Chirles-le- Lhauve, la Wance ; Lotbaire, l'Italie, la Bouritoftne, la Lorrainp et lel Pays-lJaa. L'Ilelvétie fut partagée, les coml^»de l'Kst et du Centre furent adjugés au rojaume d'Atamanie. ceux de l'Ouest furent reunis au royaume de Lolharineie. pltislard à celui de F'rance.
En S53. Louis- le- Ger[nani<]ue lit don du pajs d'L'ri au couvent de Saint-Kêlix et Sa in te- Ridule à Zurich, qu'il avait fondé ou ^igrandi pour sa lille Ilildegarde, Trois ans plus tard, il ajoutait encore à sa donalion les cliapelles de Itùrglen et de Silcm n.
Au lempsdc Charles m. dit le Gros, un édit arraché à sa faiblesse, déclare les comtés liéréditaires (877). Dés lors, l'ambition des grands ne connaît plus de bornes. Le pouvoir royal, ruiné au dedans par Inoblease naissante, est exposé, d'at tre part, aui invasions des Sarra sina. des Normands et des Hou groit. La monarchie burgonde e reconstitue et clioisit comme roi I comie Rodolphe, gouverneur de 1 Transjurane (888): quelques an nées plus tard, le roi d'Allemagn Conrad 1" rétablit la dignité de du d'Alamanic. en faveur de Burkhar.
comte de Coire 11)17). Durant le coui du IX-'ct du X* siècle, de nou>c les grandes familles apparaissent
voie, les Lenibourg. lai
lel.lesKibourg, etlcdZ
L'autorité des es
tés qu'acquièrent l^s g
i Sa-
j immuni- Peiniure'
fies font des dons an clergé pour le salut de leurs âmes. beaucoup d Nommes et de femmes renoncent à la vie bruyante et agilée du monde pour se retirer à l'ombre des cloîtres.
Les fondations monasliaues ae multiplient. Au X* et au XI' tiècle se fondent les abbayes ou prieurés de Payeroe. du Saint-Bernard, d'Einsiedelo. de Stein sur le Rhin, de Mûri, de SchalThouse, de Rougemont et bien d'autres
3. Absarjilion du dvchf d'Alanianie et du roi/aunte lie Bourgogne par VEiiipire. Après l'effondrement des Carolingiens, t msécurité devient générale. Les Hongrois envahissent la Suisse eu 917. Les Sarrasins occupent les passages des Alpes, s'élablissent à Coire (936-940), incendient Saint-Uaurice et dévastent le pays de Vaud. A ce moment critique apparaiasent deux grands monarques. Henri 1" de Saxo, dit l'Oiseteur. et non lils. lUhon-le- Grand qui, par Irurs victoires sar les Slaves, les Hongrois et les Normands, relèvent le prestige de la royauté.
Le duc d'Alamanie Burkhard 1" s'allie avec le roi Rodolphe II de Bourgogne, pour faire front contre les Hongrois et. comme gage de paix, lui donne sa lille Bertlie en mariage. I* souvenir de ce raine pst resté cher au cœur des Vaudois.
En 920. Burlihard I" reconnut la suprématie d'Henri l'Oiseleur; en 973, son fils Burkhard II étant mort sans enfant son duché, après diveraca péripélies, retourna à l'empire. En 1(132, le royaume de bourgogne eut un sort pareil. Rodolphe 111 (petit-lils de la reine Berthe), choisit l'empereur pour tiéritier. Dès lora, la Transjurane fut considérée comme la propriété de la famille impériale ; après cent quarante-cmq ans d'indépendance, le pays romand devint une province de l'Empire germanique.
4. Proclamation de la Tri^e-Dieu. Micurt, vie religieute el cultui-e inletiectuelte aux X' et XI' tiècieg. .Le pouvoir impérial n'était pas en mesure d'assurer l'ordre public et de proléfier eflicacement les feibles. Les exactions, le pillage, l'anarchie étaient devenus chroni-
3ues. Pour mettre fin à ces troubles, les archevéï^ues e Besancon, de Tarentaise et de Vienne en Dauphiné, les évéques de B.lle, Belley. Genève, Saint-Jean-de Maurienne, Aoste et Sion. répondant à l'jppel de l'évëque Hugues, de Uusanne, se réunirent en 1036 (ou 37) au pied de la colline de Montriond el proclamèrent solennellemeni la Trève-Dieu. Sous peine d'excommuni il fut défendu de faire la guerre du mercredi lundi matin, pendant la semaine sainte el pendant
le gracieuse s(
De son coté, l'empereur visitt el tenait des diètes à Zurich, i villages el les hameaux délruiti été reconstruits, Lee maisons, a du reste, étaient en bois, re côté de ces pauvres masures sommet d'une colline, tantôt ai enceintes fortifiées, llanquées c
ties
ïligieuses.
Bàle. Les par les Hongrois avaient
couvertes de chaume. A
s'élevaient, tantôt sur le . milieu des champs, des c tours en pierre. lA se
I trou>aiI la demeure du seigneur,
I lier, ou du justicier préposé par le couveni vois
I tait deiriére ces remparts qu'en cas de danger
■ R Dnrnr.
baron, cheva-
SUI
l-G>ll*>
oolplur.
a IX'UMa. (Bibi
cesuire à leur dévelopfiement. La plupsr la Suisse eiïstaienl déjà au XI' ou au ' sëparatiun entre les nobles et le peuple i plus eu plus. C'est alors que commence pour tes chevtliera et les couvents une existence plus facile; quant au paysan, vivant dans la misère, il perd sa liberté, devient censitaire au serr et tombe sous la dépendance d'uD seigneur ecclésiastique ou laïque, se voit traiter avec dureté et contemple avec amertume ces chiteaui et ces monastères construits en pierre qui sont les signes du joug qui pèse sur lui. La nourriture était très simple et consistait en pain, soupe, lait et rromase et contrastait singulièrement avec celle des seiRneurs. Cependant, dans nos contrées, le peuple était ilans une situation meilleure qu'ailleurs; les gens de condition libre y étaient
Malheureusement. les seigneurs aussi bien que les
Eajsans ne cultivaient et ne produisaient que pour les esoins de leur consommation, Une mauvaise récolte amenait immédiatement la famine.
Les couvents qui avaient des possessions éloignées les unes des autres faisaieat des échanges de maison à maison oa avec d'autres institutions religieuses. Les seicneurs. dont les fonds de terre étaient parfois assez
avaient aussi iulérêt à échanger leurs produits, mais le commuD peuple n'était pas en situation de le faire. On transportait des tonneaux de vin ou d'autres denrées alimentaires sur des chars attelés de plusieurs bipuls ou
Le commerce enlre l'Italie. l'Allemagne et la France
tai( pas encore fréquenté.
lès cols les plus usités ét-iient le Lukmanier. le Bei-nardin et surtout le Grand Saint- Bernard et le Septimer, Ce dernier passage, efâce à son péage, était une source de revenus importants pour les évêques de Coire. Il n'était pas rare alors de voir de paisibles voyageurs, d'honnêtes commerçants, attaqués violemment et rançonnés. L'insécurité des routes était générale ; tes mirurs grossières, les plus mauvaises passions se donnaient carrière, les églises, les couvents et les fermes étaient souvent pillés et incendiés.
La culture intellectuelle s'était réfugiée dans les cloîtres. Mieux que tout autre, le monastère de Sainl-Gall peut en donner une idée. Au dixième siècle cette célèbre abbaye était parvenue à undeuré de prospérité qu'elle ne devait pas dépasser. Des maîtres réputés, les Èkkehard et les Nfolker personailient cntte période.
Le christianisme du peuple était encore grossier, du
I I moins dans les milieux où l'Évangile é>ait arrivé tardive- I ment, par eiemple en Germanie. A côté des croyances chrétiennes, on conservait asseï souvent des superstitions dont l'origine remontait, sans qu'on s'en doutit. au paganisme. Les conciles s'occupèrent presque sans interruption de ces abus ; mais ils ne réussirent pas A les extirper entièrement. Des missionnaires essayèrent de les corri- !;er en substituant des fêtes chrétiennes aux êtes païennes. Mainte pratique fort en vogue au moyen âge avait son origine dans les usages idolâtres des anciens barbares : par exemple on croyait couramment à l'inEluence des astres et des météores. L'irrégularité dans l'élection des dignitaires ecclésiastiques et la décadence qui s'ensuivit, les excès des grands, la détresse économique, impriment à ces siècles un caractère triste.
Le sentiment religieux donnecependant naissance à un nouvel ordre monastique, celui deCluny. lesquels par sa sévère discipline, devait prendre une grande importance au diiième et au onzième siècle. Le couvent de Cluny, près Mâcon. fondé en 910, s'efforça de réagir contre le relâchement de la règle de saint Uenoît ; il rétablit dans toute son austérité la sévère discipline jadis en vogue au HontCafsin et prit l'initiative d'une réforme. Cette rérornie s'étendit bientôt à d'autres maisons, 5. Doftiinalion des Rheinfelden en Alatiianie le Sl-Gai:.) gi ^ Bourgogne. La Transjnraoe et l'Alamanie devaient naturellement subir le conli-e-coup des compétitions auxquelles donnait impériale. ^- """ -
. En 1036,
t d'Henri 111, le
enl
Ils se liguèrent contre lui. A la tète de celte opposition figurent Rodolphe de Rheinfelden et son gendre Berchtold II de Zâhringen. Henri IV fut dépose et la
parti pour le pspe Grégoire Vil et son champion Rodol- 1 cuire. Les ZâtirineeD aasarent celle eiisleoce, en leur phe de Rheinielden. Le pauvre peuple, lémoin des que- donnant des rraQclii»as(Haiidre>lG). Ils créent de nouvelles relies des grande, élsil lorl à plaindre ; des bandes ar- 1 ciléa, qui devaienl briser la résistance de la nobleise et
SUI
devenir ua ferme appui pour leur domiDation. A l'exem-
f>le de Berthold 1[ qui avait fondé Fribourg eu Brîuiau, terUiold IV «lève, en 1178. sur len bords de la Sarine, la cilé de Fribourg en Uechiland. Sous son régne et Bout celui de BDQ lils Berlhold V, Moudon. Yvprdon. Laupen, Morat. Thoune et Berlhoud Furent entourég de remparis. La fondation de Berne en 1191 par Berthold V fut le ditoe couronnement de l'œuvre des Zâhringen. Conrad de Zâhringen, fils de Berthold 11, avait été investi par Lo- Ihaire de Saie, de la dignité de recteur det deux Bourgol^nes ; mais le comte Raymond 111 de la Bourgogne Ciijumne lui contesta le pouvoir que lui avait donné l'empereur : les deux compétiteur! prirent les armes e[ les troupes de Ravmond 111, commandéespar le comte de Savoie. furent vaincues par Conrad de Zâhringeo à Payeme en 1133. Raymond réussit cependant â conserver la Bourgopie Cisjurane, qui dès lora prit le nom de Franche- Comté, tandis que le titre de recteur de Bourgogne se Iransmettait de Conrad de Zâhringen à son DU uerthold IV i-t à son pelit-lils Berthold V. Ce dernier jouissait d'une telle considération que. lorsqu'à la mort d'Henri VI éclata la lutte des Guelfes et des Gibelins, ces derniers lui ufTrirent la digniLé impériale, mais il la refusa.
Une nouvelle famille fait alors son entrée sur la scène de l'histoire, c'est la maison de Savoie : originaire de Uaurienne, elle avait acquis le Chablais. le Bas-Valais et la rive droite du Léman jusqu'à la Veveyse. A l'appel du comte Thomas 1" les gentilshommes romands s'empareol de Chillon. de Moudon et de Romont, ou la croix de Savoie remplace le lion de Zâhringen. Au soir de la vie le vieux duc Berthold V tente encore une fois la fortune des armes ; il pénétre en Valais par le Grimsel; mais c'est pour être battu à Ulrichen en 1311 ; las de la lutte, il fait^ la paix avec le comte de Savoie et se retire dans Bon château de Zâhringen : dernier de sa race il mourut en 1318.
La maison de Zâhringen avait été un point d'appui pour les villes dans leurs luttes contre la noblesse' si elle s'était perpétuée, il est probable qu'il se serait formé, entre les Alpes, le Rhin et le Jura, ud élat monarchique comme la Savoie ou la Bavière ; l'eitinclion des Zâhringen arrive à point pour Eavoriser le développement des liberlés hel-
T. OrganUatum de ta lociété au /enijii de la féodalité. D'apréi les anciennes idées germaDiquea, très difrôrente* en cela du point de vue romain. l'Élat avait i>eulemenl pour mission d'assurer la paix et la sécurité
s. SilDt-Gali. Dèf<Di liothèqus de Saint-O ! les Zâhringen et les Savoie. Si l'oi
règne de Charlemagne, a
vite des rois s'exercer
des Francs avait créé une organisation politique
des empereurs romains de la belle époque : à la fln du
a aucune époque l'actiâ l'inal
Si-saux de Bsrihold IV At Znhriagan.
(Muiée Dulioad dolZurlch.)
publique : le soin de la prospérité nationale et de la 'cul- 1 des fonctionnaires, dans te sens romain ou moderne du ture intellectuelle ne lui incombait pas. Aussi ie dévelop- mol. c'est-à-dire des organes du pouvoir ; ils deviennent pemenl social, durant le cours du moyen Age. est-il à peu ' des intermédiaires ou vassaux, qui prêtent s
SUi
SUl
fidélité et forment la suite du roi en temps de guerre ; les avantages dont ils jouissent se transmettent par succession comme la propriété. La puissance politique se fractionne ; à leur tour les grands vassaux ont des arrièrevassaux. Les partages entre les membres des familles comtales et les immunités que T glise et les communes purent acquérir diminuèrent graduellement l'importance des grands vassaux de la couronne ; les comtes ne pouvaient pas pénétrer dans les couvents et dans les évéchés; lorsque l'exercice de leurs fonctions les y appelait, ils devaient recourir à l'intermédiaire des abbés et des prélats ; il en résulta que les seigneurs ecclésiastiques s'attribuèrent peu à peu dans leurs domaines les fonctions politiques incombant dans la règle au pouvoir civil. Mais les évêques et les abbés ne rendant pas
gneurs revêtus de cet emploi un moyen d'accroître leur importance territoriale, et ils ne se" faisaient pas faute d'empiéter sur les libertés des vassaux du roi Pour échapper à ce danger, les gens d'empire, c'est ainsi que Ton appelait les nabitants des domaines impériaux, chercnaient à obtenir «l'immédiateté», par une lettre formelle du souverain ; ils étaient alors gouvernés par des baillis qui étaient de simples préfets. L'histoire des origines de la Confédération fournit le type classique de ce genre de gouvernement. Les comtes avaient sous leur juridiction des centeniers ou juffes inférieurs. Ces fonctions, devenues elles aussi héréditaires, étaient l'apanage de la petite noblesse, des simples chevaliers ; elles s exerçaient sur quelques villages et changeaient souvent de mains par succession, vente ou donation. Ces petites sei-
GÉNÉALOGIE DES ZiEHRINGEN ET DES KIBOURG.
Berthold I de Villingen, prend en 1078 le nom de ZflhriDgen.
Berthold II
(1077-1111) épouse Aguês de Rheinfelden.
Herhânn
ancêtre de la maison régnante de Bade.
Berthold III f 1127
Conrad f 1152,
recteur de Bourgogne.
Berthold IV f 1186,
recteur de Bourgogne, fonde Fribourg en Uechtland en 1176.
Berthold V f 1218
Je dernier du nom, fonde Berne en 1191.
Anna f 1231
épou!«e Cirich de Kibourg.
Hartmann l'ancien f 1264
comte de Kibourg, épouse Marguerite de Savoie.
Werner t ^228
Hartmann le Jeune f 1263 comte de Kibourg
Anna de Kibourg,
épouse Eberbard de Habsi)ourg-
Laufenbourg.
Hedvige
ép. Albert, comte de Habsbourg.
Rodolphe de Habsbourg
élu empereur en 1273.
Albert de Habsbourg
duc d'Autriche, élu empereur en 129S.
eux-mêmes la justice, ils en remettaient l'administration à des seigneurs laïques, qui prenaient le titre d'avoués (advocatus, Vogt) ; ils étaient les défenseurs des intérêts temporels de leurs supérieurs. Les avoueries étaient souvent néréditaires chez les familles nobles ; c'est ainsi que les Lenzbourg étaient les avoués de Schânnis, de Beromûnster et de Sàckingen, que les Habsbourg possédaient l'avouerie de Mûri, ainsi que celles de Rapperswil et d'Einsiedeln.
A côté des avoueries ecclésiastiques, on vit se constituer des avoueries impériales, auxquelles était confiée l'administration des terres d'empire, soustraites à la juridiction des comtes ; c'est dans cette catégorie que rentraient la ville et le comté de Zurich, la vallée d'Uri et le Hasli, que les empereurs faisaient gouverner par leurs baillis (Heichsvogt). La situation des habitants des villes impériales était généralement enviée parce aue l'empereur les protégeait contre l'oppression des grands. Mais les avoueries impériales étant néréditaires et parfois vendues par le souverain à prix d'argent, elles devenaient, pour les sei-
gneuries avec droit de basse justice furent fréquemment acquises vers la fin du moyen Age par des bourgeois on par des villes ; un certain nombre subsistèrent jusqu'à la révolution de 1798. Les seigneurs avaient le devoir de protéger les manants^) habitant leur terre; en échange de cette protection, ils touchaient des redevances et des impôts en nature: ils exigeaient des prestations personnelles ou corvées, et aes droits de mutation en cas de vente (lods). Tandis que les comtes et les sei^eurs ecclésiastiques s'étaient emparés des droits régaliens, droit de battre monnaie, droit de tenir marche, qui étaient considérés comme des prérogatives du fisc royal, les simples sei-
§neurs avaient des droits de taverne, de moulin, ae foyer, e pêche, de chasse, etc.
Avec le développement des institutions que nous venons de décrire, s'accomplissait une évolution économique. La
*) Le mot de u manant », qui depuis lors a pris une f&cbeu«t6 acception, vient de l'ancien verbe manotr, en latin manere, ui (lignifie demeurer ; d'où l'on a tiré lo substantif manoir, nom onné à la résidence du seigneur.
SUI
I péniitroot sur les terres des puissaDls comtes de Lenz- I bourg, dont BU XII"' siècle une branche endette prend le titre de Baden : l'extinction des Lenzbourg fait ia fortune des HabsiMure, qui hérileot d'une partie de leurs biens. En Tliur^ovie dominait i'opulenlc famille des Kibourg, Mentionnons encore les barons de Regenaberg sur les bords de la Limmat. les Sellenbùren, les BoRBtetten, les W.ïdenswil, les Rapperswil et les Toggenbourg. Les seigneurs, tant ecclésiastiques que laïques, exploitèrent le pouvoir politique à leur profit sans se soucier des intérêts de leurs administrés jusqu'au jour jou|{. parvmrer Cesoulêvementdes ci
isolé; il se produit en Italie, où il aboutit a Ja constitution de plusieurs républiques; en Allemagne, où les cit^ émancipées de leurs seîl^ptirs obtiennent la protection de l'empereur et
iciperdele
iD ds Fribourg). Fondali
la libre propriété en mains du cultivateui mieux dans nos vallées que dans les pays environnants ; la féodalité y prit moins complètement racine; c'est grice i cette circonstance que les Suisses ont devancé le reste de l'Europe dans la voie de l'indépendance.
Grâce à l'importance de leurs possessions territoriales, ■me vingtaine de grandes familles féodales, auiquelles il faut joindre quelques seigneuries ecclésiastiques, ont exercé une grande iniluence sur les destinées de notre pays. C'él:iient, en commençant par le pays romand, les omtes de Maurienne. dont la piiiBianee s'étendait sur le Bas-Valals. Le premier membre de
luji Blanch'e''Bll1ains"llapparaIteni(Ôl,à"la tête de la noblesse bou^uignonne. dans une lutte
prirent le titre de comtes de Savoie. Par une suite de mariages opulents, ils acquirent de riches posseasions en Faucignv, en Piémont, en Valais, dans le Pays de Vaud; ils élevèrent également des prétentions sur Genève : Lausanne ne tomba jamais sous leur domination. Plusieurs baronnies* s'étaient constituées dans le pays romand ; elles avaient pour chefs les sires de Grandson, Flstavayer. La Sarrai. Cossonay, Blonay, Goumoens, Vuniens, Divonne, etc.
A l'extrémité occidentale du Léman étaient l(^ comtes du Genevois ; dans la vallée supérieure de la Sarine. les comtes de Gruyère*, Srimitivement appelés comtes d'Ogo: au N.-O. u Pays de Vaud les comtes de NeuchAlel, auxquels ae rattachaient les maisons de Slrassberg, de Nidau, d'Aarberg et de Bargen. Si. poursui- — . — ... j ;..:. ,;..„„. ^n Argovie, nous
page dans les Flandres f
ce dernier pays, le roi, après avoir souienu les villes dans leurs luttes contre la noblesse, parvient à les asservir.
En Suisse, l'émancipation des communes, tant rurales qu'urbaines, est le produit d'une évolution lente et continue ; la nature montagneuse du sol la favorise et le caractère prudent et tenace
Îropre aux montagnards lui assure la victoire, amais dans nos contrées la noblesse n'est parvenue à se rendre aussi complètement maîtresse du pays qu'en France ou en Allemagne.
Jadis, au temps des Grecs et des Romain*. l'infanterie jouait le rôle principal dans les bail l'invasion des Uarbares une transformation s'opère. Lea fiurgondes et les Alamans sont obligés, pour lutter efflcacement contre les Sarrasins, les Hon-
5 rois et Isa Francs, de leur emprunter leur lactique ; 3 prennent alors l'habitude de combattre à cheval, ce qui assure une plus grande mobilité a leurs armées. Or l'usage du cheval favorise certains instincts d'indolence, de paresse, de flânerie, de grossièreté et de brutale combativité. Monté sur un coursier, la télé ornée d'un casque protecteur, le corps, les bras et
tailles.
e énumération, i
Il D'.prè» QuiH
bouclier de l'autre, aimait à errer dans les camp^
aventure. Suivant les cas, il i
geur ou défiaii quelque rival que le hasard li contrer sur sa route. Il allait de château en château cherchant l'occasion de batailler et d'exercer ses talents dans les jeux d'adresse.
le armure, la lance d'tine
chevalier du moyen âge
;nes à la recherche d'une
t le pauvre voya-
Will
:. d« Rud
Bibl. d
SiinUOBLl
9 meDrtrière
sui
t n'juit éclairée
placée à i .
mojen d'une échelle de bois qui s'enlevait en cm n|;er. Elle donnait dans une grande aalle qui séria fois de cuisine et de liwement. Plus tard, cette est abandonnée à la Taletaille. des appartements spéeoDt affectés à l'usage du seigneur et de sa ramillc e salle dite des chevaliers ou des gnrdea. où se réuliôtes et les vassaux du seigneur, complète l'édillce. La partie supérieure liu château était fréquemment construite en surplomb aur des mâchicoulis et flanquée à chaque angle d'une tourelle destinée à en faciliter la dêfenBe, Au sommet du donjon était placé un veilleur chargé d'unDODcer lea hôtes attendus et de donner l'a larme en cas de danger.
Ces demeures incommodes ne devaient pas indéfini' ment satisfaire les personnes appelées à les occuper. Let besoins se développant, l'on en vint à construire des habi' tations plus conrortables autour de la tour mattrease, transformée en geôle et en magasins et i^ui co utilité comme moyen de défense. Les chateaui □ent alors dans l'enceinte de leurs murailles crénelées, munies de chemins de ronde, plusieurs cours et tout un ensemble de bâtiments. Les plus considérables de ces châteaui. que l'on peut visiter pour se bire une idée des micura du temps, sont ceux de Kibourg, Estavayer, VufilenSi Lucens. Gruyère, Chillon, etc.
Ce dernier peut être considéré comme un modèle Je la forteresse féodale. Son origine remonte au débat du moyen âge. 11 consistait primitivement en ud simple donjon ; BU douzième et au treizième siècle il fut successivement agrandi par les comtes de Savoie.
Les abus de la force dont les seigneurs (éodaui se rendaient parfoiti coupables, durèrent jusqu'au moment où un nouvel élément social, la bourgeoisie, entrant en lice, parvint heureusement à tenir en échec la noblesse et où l'invention de la pondre permit de s'emparer de,ces forteresses, longtemps réputées imprenables.
La chevalerie ne laissait pas cependant d'avoir un idéal plus élevé ; elle s'était donné pour mission de répandre le christianisme parmi les inlldèlea, de venir en aide aux faibles en combattant les oppresseurs, de protéger les femmes et de se mettre au service de la beauté et de la vertu.
Les sentiments d'honneur dont lea chevaliers fai-
sants destriera ..
veK que les yeu:
l'autre cherchant à se désarçonner. Celui qui remportait la victoire recevait des mains d'une belle et noble dame des armes précieuses comme prii de son adresse. Les tournois étaient l'occasion de fêtes splendides. La visière du casque cachait la ligure des cheva-
liersj aussi, pour se faire connaître, dé- -, ■ —
coraient-ils leurs écus de signes parti- i culîere ; ces marques distinctives, qui > prirent le nom d'armoiries, consistaient | en ligures symboliques. Chacune des j couleurs avait sa aigniflcation propre.
Comme leurs costumes, les habitations des seigneurs étaient appropriées aux nécessités de la guerre. C'étaient de solides tours, parfois entourées d'écuries et de granges, bâlies généralement sur les hauteurs, protégées par des murs et des fossés.
Le caslel était un lieu de refuge où les vassaux venaient en cas d'alerte se mettre en silreté, d'où le nom de bourg qui, en passant en français, a pris une acception un peu différente et sert à désigner dans notre langue une petite ville fortiliée. Au Xll"' et au Xlll— siècle, on voit s'élever, sur presque toutes les collines, des châteaux de formes et de dimensions variées ; plusieurs occupent l'emplacement d'anciennes fortiUcalions romaines. Ce n'étaient pas seulement les famillea seigneuriales qui demeuraient dans tes châteaux, mais encore leurs vassaux et leurs serviteurs; toute celle suite manseait à la table du châtelain et
en portait le nom. A l'origine, le château ÀDgeattalD |Juri bsrnois). Tjpe d'*Del*D danjon.
consistait essentiellement en une tour lai tresse qu'on appelait donjon; la paKie inférieure i salent profession engendraient chei eux an orgueil
SCI
chevalier» accomplir des choses ÏDoales poar acquérir les fsveun de la dame de leura pensées.
Comme type de poésie du moïen ige romand, citons quoiqu'elle appartienne au XIV' siècle, la strophe Buivaate d'Othon de Graudson :
QdIi'tob
r>".EVda toil latîé'imir,'^'"
Va autre trait caractéristique du moyen âge, ce Ait l'union inUme de l'esprit guerrier des cheraliers et des aspirations religieuses. Les croisades donnèreot une satisbction au goût d'aventures des chevaliers et leur roumirent l'occasion de se signaler par des actions d'éclat. Lea motifs qui déterminaient ces vocations n'étaient pas tous religieux. Quelque importante qu'ait été la part lie la foi dans les croisades, ce mouvement avait aussi pour cause un malaise social. Sî beaucoup suivaient avec un pieui désintéressement la bsnnière di! l'Église, d'autres, animés de mobiles plus mondains, comptaient y trouver une occasion d'améliorer leur sort ; les [grinces sans apanage, les chevaliers snos fortune, aspiraient â acquérir dCH seigoeuriea ; le pauvre y voyait une source d'aventures profitables et, s'il était retenu dans les liens (lu servage, un moyen d'obtenir la liberté. La chevalerie épura lea mœurs et contribua au développement esthétiq^ue des classes priviléciées. Les vêtements et le mobilier portent la trace de cette influence. Les gentilshommes se vêtirent dés lors de riches étoffes aux couleurs éclatantes, ils se ceignirent la tâte de couronnes et de diadèmes. Au pantalon prêt, le costume des femmes se rapprochait de celui des hommes ; il consistait en une chemise, une robe, une tunique et un manteau Qottant. Plus tard, elles adoptèrent des vétementa moins amples pour mieux làire ressortir leur beauté ; le penchant à l'élégance s'accrut avec les honneurs dont elles étaient l'objet.
Au douzième et au treizième siècles, plusieurs couvents de Bénédictins se fondent i [lerïogenbuchsee, Engelberg, l'ahr, Fiachingen, etc. Après s'être réformées sous l'intluence de la congrégation de Cluny, les mœurs des couvents d&[énérèrent de nouveau. Comme lea Bénédictins, les Cluniaciens s'enrichissent, ils s'abandonnent au bienêtre et se relâchent de leur discipline. De nouveaux ordres, les Cisterciens, lea Chartreux et les PrémODtrés apparaissent alors et se répandent dans nos contrées. Les Cisterciens créèrent des maisons à Liitzel, Bonmont, llaut-Crêt, Hontheron, Hauterive, Saint-Urbain, Coppet, Weltingeo, etc. ; les Chartreux s'établirent k La Lance, à Oujon, B la Valsainte et à la Part-Dieu ; les Préntontrés se tiièreot sur les bords solitaires du lac de Joui, â Humilimont, â Bellelaj, Churwalden, â Riitï, â Klosters, dans le Prâtigau, etc.
Au XIII' siècle, lorsque l'enthousiasma qu'avait inspiré les croisades vint à décliner, l'incrédolité et l'hérésie apparurent.
Pour les combattre, de nouveaux ordres sont fondés : ce sont les Dominicains et les Franciscsins. Ces moines d'un nouveau genre, frères mendiants, vivent au jour le jour d'aumAnes; ils ne s'occupent ni de science comme les Bénédictins, ni de travaux manuels comme les Cisterciens, les Prémontrés ou lea Chartreux ; ils se vouent à la Srédication et, loin de rechercher la solitude, construisent lors couvents dans les contrées populeuses. On les voit se fixer à Zurich, à Bâie, â Berne, â SchaOhouse, Lucerne, Fribourg, Solenre, Coire, Lausanne, Genève, etc. De leur cdlé, les femmes s'adonnent en grand nombre à la vie monastique: de nombreux couvents de nonnes se fondent, des Bénédictines s'établissent à Fahr (Ar- SDviel, des Cisterciennes à Kalchrain (Thnrgovie), â Magenau (Sainl-Gall), à Fraubrunnen (Berne), Frsoenthal (Zougl, Wurmspach près Rapperawil. à Steioen près Schwy^, Dânikon, GnadeDthat. Bellevaux près Lausanne, Val de Sainte-Catherine, à Munster (Grisons),
Au XllI' siècle, on comptait en Suisse environ trois cents couvent*.
Les Croiaadea amenèrent la création d'ordres chargés
ments chrétiens contre les infldèles. Ce sont les chevaliers de Saint-Jean, les Templiers et les Chevaliers de l'Ordre teutonique. Ces moines guerriers avaient aussi leurs maisons en Suisse, les chevaliers de Saint-Jean à Uiinchenbuchsee, â Hohenrain, à Bubikon. Bâle, Tobel, Kûsnacht, Kliognau, Wàdenswil ; les chenliers de l'Ordre teutonique à Sumiswaid, HitzLirch, Bâle, etc. Deux autres ordres encore remontent aux Croisades; ils se vouèrent spécialement aux soins des blessés ; ce sont les Frères Hospitaliers qui fondent des maisons i Berne, Neuchâtel, Fribourg, Trachselwald, Lausanne et tes Lazaritee qui ouvrent des asiles â Seedorf et Gfenn.
L'attrait de la vie contemplative était tel que les couvents ne pouvaient recevoir tous les postulants qui venaient se présenter â leurs portes. l)es gens, hommes ou femmes, qui n'avsient pu y trouver place, ou qui, sans s'astreindre à la vie monastique, voulaient se retirer dumonde.se groupaient dans les villages, soua la direction d'un prêtre, faisaient vœu de célibat et s'adonnaienta des
Eratiôuas religieuses actives. C'étaient le* Bégards et tt Béguines, sortes de francs -tireurs de l'armée monastique.
Le XI' siècle est une époque décisive ; le sentiment national s'affîrme dans le domaine de l'art comme dans le* tendances individualistes preo-
t essor et donnent
n architecture a de*
correspondent à deux périodes diflérentes. Le passage de l'une a l'autre se (kit insensiblement, le style ogival ou gothique n'est du reste que le dernier terme d'une évolution dont le roman était l'acheminement.
L'ordre de Citeaux, qui, déjà au XII* siècle, avait atteint un haut degré de prospérité, contribue particulièrement à répandre l'usage de l'ogive dans nos contrées. La peinture joue un grand râle à cette époque ; il n'était
pas d'église, si modeste fùt-elle, oii l'ornement'*^
rilt polychrome. Lare en plein cintre de l'époque exigeait de fortes murailles et des portées rr ' ~ donnaient aux constructions monastiques un aspect grave et pesant. Dans le style ogival le poids de la voûte repose sur l'ossature formée psr l'entrecroisement des arcades, les arcades reposent elles-mêmes sur des piliers ou colonnes; l'intervalle entre les colonnes peut n'être qu'une mince cloison ou même une large baie. Le problème de statiaue ainsi résolu, il devenait possible de donner aux édifices destinés au culte de beaucoup plus vastes di- 2M - D. O. S. V - 33
sui
menaioDt ; cett« ëvolation ae produit préeiiénent an moment où le clergé aëcutier, toogtempa laservi par lea ordres moaaaliqiies, prend ta revanche, tandis que les conseila élèvent des holela de ville pour lea beaoiQB nouveaux des communes ; pour réunir leurs troupeaux devenus plus nombreux, les éviques construisent de gomplueuses cathédrales.
Le développement de rarchitecture dépend en une certaine mfsure des circonscriptions ecclésiastiques : dans un mSme diocèse ou dans un même groupe de diocèses règne volontiers un même sentiment artistique. Les courants artistiques procèdent à l'inverse des rivières; au lieu de descendre Tes vallées, ils les remontent, si bien qne c'est dans lea villes situées en aval qu'il faut rechercher l'origine du style qui a prévelu dans telle ou telle région. Un coup d'ceil Jeté sur la carte de la Suisse moD- Ire que dans les évèchés rhénans, IBâle. Constance et Coire) le styla- roman a peraislé plus longtemps que daDS le groupe des évéches rhadaaiques (Genève, Lausanne et Sion).
Parmi les moDuments dignes de notre attention et où les deux styles se marièrent dans des proporliona très variables, signalons, dans l'ancien royaume de Bourgogne, l'église de RomainmAtier, celles de Saint-Pierre de Clage en Valais, de Saint-Sulpice près Lausanne, de SaiIl^ Jean-Baptiste à Grandson, les églises abbatiales de Pa-
RaKafi da IX* alMl*. Âgli** d* a»HDaD*t« (Zoriib).
ysme et de Boamont, le clocher de Saint-Haurice en Valais, l'église de Va 1ère k Sion, l'église d'Amsoldingen et celle de Spiei près de Thoune, enlin les belles cathédrales de Genève et de Lausanne. Dana l'ancien duché de Souabe ou Alamanie ajoutons également la cathédrale de Coire, un des rares éditlces religieux de la Suisse renlérmaDt une crypte, l'église du couvent de Mûri, celle de Tous-lea-Saints à SchaUnouse. le Miinster de Zurich, la cathédrale de Bâle pour ne mentionner que les monuments les plus inponanta.
8. État dea mœurs avx XII' et Xllh tirclei. Les longs débats entre le trdne et l'autel avaient aibibli l'autoritédea empereurs, l'iuaieurs duchés, comtés, seignenriea. évéchés et villes avaient conquis leur souverameté.
L'Eglise protégea l'enrance des peuples chrétiens. Les membres du clergé avaient seuls rinstruction voulue pour rédiger des lois et juger des différends, aussi élait-ce parmi eux que princes et seigneurs allaient chercher leun conseillers.
La vie monastique fait d'immenses progrès. L'ascétisme intense de cette époque a. dans les cloîtres, comme un domaine propre, où il se manifeste librement. Les donations alUuent, les religieux aussi. Outre les adultes qui se présentent d'eux-mêmes, ou reçoit encore au couvent des enhnts que leurs parents i offrent à Dieu >, ou des cadets de famille auxquels l'accès des carrières lucratives serait trop diflicile. Une multitude de pauvres viennent chercher a la porte des monastères leur pain quotidian.
Toutefois les abus persistaient. Certains abbés laïques et grands seigneurs songeaient davantage à augmenter leura revenus qu'à maintenir la discipline. Des évéques belliqueux et mondains, que les menaces de Rome ne
SOI
parvenaient paa à corriger, et que les e naient pour s'en faire des appuis, ne . . compte de leur mandat sacré. Les prédécesseors de Grégoire VII n'avaient obtenu qu'un demî-snccès dans leurs efforts pour faire respecter la loi du célibat ecclésiastique. Ce pape célèbre montra encore plus de vigueur. San seulement i! conlirma les anciennes ordonnances, mais il en promulgua de nouvelles. H était impossible que sea volontés fussent immédiatement et complètement exécutées. Les plaintes continuelles qui suivirent alors prouvent bien qu'il y eut des récalcitrants. Le XII< concile général et plusieurs autres Synodes menacent les supérieurs ecclésiaatiqufs qui. par des motifs Intéressés, montreraient de rindulaenee pour les désordn^s des clercs.
Le XI* et le XII' siècles oifrentde singuliers contr«at«s. L'histoire doit y enregistrer des traits nombreux de brutalité et d'immoralité, les désordres n'étant guère réprimés par un pouvoir trop Faible, dans un temps oii la^ deux puissances spirituelle et temporelle étaient en lutte. D'autre part, ces mêmes temps sont plus fertiles qu'aucun autre en personnages d'une aaiDtetééclataate et en pieuses entreprises- Deux hommes qui se distinguent par les qualités du cieur et l'élan intellectuel, personninent en ce temps les préoccupations mystique*, mais avec des tendances opposées. C'est, d'une part, l'ascète Bernard de Clairvaui. le liU docile de l'Eglise; de l'autre, le lier Abélard qui revendiquait hautement lea droits de l'intelligence en matière de foi et dont lea doctrines lurent condamnées par le concile de Sens (lltO) et par le pape Innocent II à la requête de saint Bernard.
Les intellectuels n'étaient pas seuls à discuter. Il se dessina au XII> aiècle un mouvement po-
Sulaire important. L'un des principaux tribuns it alors Arnaud de Brescia. Il l'en prit sartoul au pouvoir temporel et aux richesses de l'Ëglise. Condamné par un S^ode en 1139, il s'enfuit en France, puis en Suisse, à Zurich, où il trouva des partisans, entre autres le comte Ulrich de Lenibourg. Mais l'^véque de Constance réussit à l'eipulser, avec l'appui de Bernard de Clairvaux. Comme Arnaud était tenu pour un homme dangereux au point de vue politique autant qu'au point de vue religieux, l'empereur Frédéric BarberouBse intervint lui-même pour le faire livrer an bourreau. Il périt sur le bOcheri Rome (11%). Les croisades ipii, politiquement, n'obtinrent pas le résultat que l'on avait espéré, ouvrirent par contre aux occidentaui des horiions nouveaux. Socialement, elles produisirent des résultats qui, pour être indirects, n'en forent pas moins positifs ; nombre de seigneurs à conrt d'argent vendaient, avant leur départ pour la Terre- Sainte, des droits aux communes : nombr>- de serfs en se croisant obtinrent la liberté ; la ctaase des homme* libres. supprimée par la féodalité, renait et reconstitue ainsi la petite propriété.
La hiérarchie féodale assignait aux ressortissants de l'empire les rangs suivants: en tête iigurait le roi, puiit venaient les princes, les évèques, ensuits les abbés mitres. les seigneurs, les vassaux et les ministériaui, enfin les hommes libres. Les princes (ducs et comtes) et les seigneurs (barons) constituaient la haute noblesse ou la noblesse d'empire ; les membres de ce corps avaient le privilèged'ètre jugea immédiatement par l'empereur ou par leurs pairs en cour impériale. Les vaasaui, qualiGéa de miles ou de chevaliers et les hauts ministériaox formaient Is petite noblesse ou noblesse territoriale. Les membres de la grande et de la petite noblesse constituaient la première classe des hommes libres ; dans une seconde classe se rangeaient les paysans libres et les libres arriére-vassaux ou censitaires ; c'étaient des hommes anciennement libres, qui s'étaient placés sous la protection d'un seigneur laïque ou ecclésiastique et lenr payaient un tribut. La troisième classe était celle des demi-libre* (lètes) ; la quatrième classa était celle dea serfs. Lorsque, au XIII' siècle, les villes commencent â se déve~ lopper, un nouvel ordre apparaît, celui des bourgeois, qui prend rang entre les chevaliers et les paysans. A leur tour. les bourgeois se constituent en classes aietinctea ; en lëte.
SUI
but. ils occupent seuls tes i^mploia publics ; a partir du XIV' siècle, leur* familleg sont quslitléeo de patriciennes et adoptent dea armoiries ; de leur côté, les gens de métiers se eoDstïtoetit en tribus ou corporations et jouissent de privilèges qui leur assurent uds poaitioa supérieure à celle des psjsaDs.
Au moYen ige. l'argent était plus que rare, les produits s'échaugeaient contre dea produits ; le taux de t'iolérét était trois fois plus élevé que de nos jours ; les renies comme les impâts el les amendes se payaient en nalure. Quand l'Église et le seigneur avaient elTectné leurs prélèvements sur tes récoltes, la part de l'agriculteur se trouvait tris amoindrie et lorsque survenait une année de disette les arrérages s'accumulaient ; c'était la détresse. Jusqu'au moment où les villes commencèrent à se développer, ce qui n'était pas consommé des produits du sol ne tronvaitque difUcdemenl acquéreur. Le commerce était nnl, le brigandage lui diail toute sécurité ; la division du travail était choae inconnue, chaque famille devait s'habiller elle-même et bire un peu tous les
11 n'y avait pas de marchand dans les villages, de temps en temps apparaissait quelque colporteur, juif la plupart du temps, qui vendait du sel, des épicéa, des parures, des tisaus et d'autres articles venant du dehors. De correspond a oce ëpistolaire il n'était pas question ; l'art de l'écriture n'était pas répandu, des échangea de lettres n'étaient possible qu'entre gens de distinction qui, eux-mêmes recouraient aux clercs pour rédiger leurs missives et les faisaient parvenir à destination par des messagers spéciaux, [lans les villages, on n'était informé des nouvelles que par les passants, ou des ménétriers ambulants que le hasard des circonstances v amenait.
l'ne famine on une épidémie venait-elle à éclater, les malheureux campagnards n'avaient que dea privations et une mort lamentable en perspective, car les arrivagea d'approvisionnement étaient difflciles, et les soins médicaux nuls, aussi la mortalité était-elle grande et l'aecroissemenl de la population insensible au moyen âge.
L'inégalité des conditlona socialea était moins accusée dans le* valléet de l'Helvétie que daoa le reste de l'Europe. Habitant des métairies isolées, les hommes libres y jouitisaient d'une indépendance relative, les formea du vieux droit L'a )li carolingien s'étaient perpétuées chez eux ; ils ne relevaient que des comtes ; leurs tribunaux, choisis par eux-mêmes, étaient présidés par un délégué du comte, portant le titre d'amman. élu avec leur concours, sorti de leun rangs et revélu de pouvoirs soigneusement déterminés. Ces hommes libres formaient des corporations où l'on n'entrait que par la naissance ; ils avaient le droit de porter les armes, comme dans les anciens âges, et Ite pouvaient être mis aur la même ligne que les vassaux d'un seigneur ou d'un couvent.
Des corporations d'hommes libres se trouvaient enclavées dans diverses contrées du comté de Kibonrs. dans les seignenries de (jreifénse«, des Regensberg à Atroltern, Willisan et Weggis, dans diverses parties de l'Argovie, de la Thurgovie et de la Rhétie. ainsi que dans le pays de Schwyi, L'nterwald et le Haaii. Ce sont ces (Idélea gardiens de l'antique liberté germanique qui ont formé le noyau du peuple suisse. Les hommes libres étalent perpétuellement en butte aux attaqnes des comtes, qui cherchaient à les priver de lenr indépendance. Pour conserver leur liberté, us durent plus d'une fois recourir aux armes. Ils formaient desassociatiunsd'nn caractère économique au débnt. puis politique dans la suite. Ces associations, qui dataient de I établissementdes Alamans, avaient pour but la posaeseion de terres communes, de prés et de forêts on de pâturages; elles étaient composées d'un certain nombre de hanoeaux ou de métairies situées dans le voisinsge les unes des antres. Ces communautés de biens constituaient
AUmends se prêtaient mutuellement secours et s eu cas de détresse. Ces communautés avaient une veadance à étendre leurs domaines; il n'était pas rare de les voir racheter des droits seigneuriaux. Par le rachat des droits dont elles étaient grevées, une série de communes se transforment en républiques indépendantes. Les habitants des villages ou des hameaux d'une mâme vallée possédant des prérogatives analogues, sont amenés i se réunir chaque année en assemblée générale pour la discussion ou la défense de leurs intérêts généraux. Ces assemblées prennent le nom de Landsgemeinde ; elles sont présidées par l'Amman (ou chef) de l'une ou de l'autre des communes Fédérées, lequel reçoitdecefaitle titre de landamman. Cette institution, qui a subsisté jusqu'à nos jours dans les can-
I ID Xlli> sitoi», (CbmaiqDa d« Rud. v. En». Bibl. da S«ÏDl-Oatl|.
tons d'Un, d'Unterwald, de Glaris et d'AppenxelI, existait d^â en germe au XI' siècle. Comme expression de leur souveraineté, les communes adoptèrent des sceaux, s'attribuèrent des droits régaliens, jouèrent le râle de seigneur et, une fois reconnues comme corps politique, eurent à leur tour des sujets.
A cdté des communes rurales se développent les communes urtiaines ; la différence entre ces institutions parallèles était plus marquée alors aue de nos jours. Ce n'était pas seulement une agglomération de population plus considérable et une culture intellectuelle plus Intense qui distinguaient les villes, c'était surtout le tail qu'elles étaient entourées de remparts et jouissaient du privilège de pouvoir tenir des marchés et des foires ; ce privilège était considéré comme un droit régalien. Nombre de cités durent leur existence ou leur accroissement i bi
Protection d'un évéque, d'un abbé ou d'un comte ; il en it ainsi à Bâie, Lausanne, Genève. Sion. Coire, où rési' daient dea évéques ; à Zurich, Saint-Gall, SchalThouse, Lucerne, Soleure. Saint-Maurice, Payerne, où d'importants monastères attiraient et retenaient les populations ; de Fribourg, de Berthoud, de Berne, Diessenhofen.Frauenfeld. Moudon. etc.. que fondentou protègent les comtes de Zâhringen, de Kïbourg, de Savoie ou de Habsbourg. Ces seigneurs s'appuient sur les ville* dans les luttes
., rronll
la Ailmc
SUl
it coDtre leurs rivaux ; ili trouvent, dani i
les marché», de niojeiis d'écouler les produits de leurs I
domsineB et ils accordent successivement divers privilèges
aux bourgeuis; ils leur
octroient le droit de
rendre justice, le droit
de péage, le droit de
hsttre monuaie. Ils ea-
tourent les villea de
murs à l'abri desquels
les ^eni de la contrée avoisinanU; viennent
cliercher la sécurité ((ui lanquailj <
le développe ; l'iodustrie prend
' bourgeois >.
Au XIll* siècle, il se produisit daos les villes une évolution qui fut le
Srélude de la fondation eUConfédéralion suisse. On est frappé, quand on observe le cours des choses, de voircommentles grands événements se prépa-
I li[. Cl
une solidarité iutime unit les génératione i Dation et les fait concourir inconsciemment, s
d'une force supérieure irrésistible, à un butco ,
moment donné, un certain courant d'idées s'impose l'homme apparat comme l'instrument d'uue destinée dont il réalise les arrêts sans même e'en rendre compte.
La constiCulLon des bourgeoisies et raffranchissement gradael des communes préparèrent en Suisse les voies à un nouvel ordre de choses. Ce mouvement commença par les villes placées sous la déj>endance des prélats, et hénéricia de l'antagonisme eiistant entre te Saint-Siège et l'empereur. I
La souveraineté ecclésiastique avait un caractère hj>- i bride. L'éïêtjue et l'abbé, en tant que princes éleclift, te- ' naient le milieu entre le fonclionnaire et le propriétaire ' à titre privé. Tenant leurs principautés de l'empire, c'est au nom de l'empire qu'ils rendaient la justice; mais, en vertu des lois canoniques, le seigneur ecclésiastique ne pouvait exercer lui-même la justice ; il était obligé d'en abandonner le soin à un ofAcier laïque, qui portait le titre d'avoué ou avoyer, pour la baaae justice, et au comte ou au protecteur de sa prineioauté pour l'administration de la haute justice ; cette dernière charge devenue héréditaire était en fait exercée par un bailli. Pour les questions importantes, les seigneurs ecclésiastiques avaient l'habitude de prendre l'avis des boureeois les plus en vue ; c'est ainsi que se constituèrent les Conseils que l'on trouve déjà en fonctions vers la fin du Xn< siècle, a Bâte et à Zu ~
(Ml
de 11
, a Biie et à Zurich. Dans la conquête de a
'., i::.-^ j Joréci '
e allemande. Ces Conseils i
ment composés. A Berne, on voit siéger au Xllh siècle, dans les ■ Deux Cents >. des prêtres à câté des laïques : il I avait en outre un Petit Conseil des Seiie. A Zurich, le Conseil était primitivement fermé aux artisans ; à Bâie, au contraire, le conseil se composait, en 1274. du bourgmestre, de quatre chevaliers, de huit anciens bourgeoison patriciens et de quinze artisans, représentant les corps de métiers. Des bannerets' sont établis à Berne, à Pribourg. A Lausanne ; en temps de guerre, ils marchent, bannière en main, à la tête des hommes de leur quartier.
Le paysan, qui venait résidera la vil le. n'abandonnait pas toujours pour cela ses occupations agricoles. Lescitadins, comme c est encore le cas dans nos bourgs campagnards, l>09»édaient dus champs en dehors de l'enceinte de leur i-ité; ils entretenaient du bétail même dans les villes, h'autres préoccupations Tinirenl cependant par l'era-
l| PorM-biBni^rel, functIoDi qai «ituivalaiaal k cellsx de ca-
naissance. Les toiles de Saint-Gall, les étoffes de laine et de Zurich, lea draps de Berne et de Fribourg, les . les de BÂIe acquièrent de la réputation. Genève devient l'entrepôt des êpices de l'Orielkt et des fruits du Midi. Le commerce de !'ar«ent fait ses débuts entre lea mains des banquiers juib. lombards ou cahorsiens. que les empereurs protègent et dont ils tirent des taxes. Les artisans s'organisent en corps de métier, qui prennent le nom de tribus, d'abbayes ou de conFrériea.
L'accroissement de l'aisance réagit aor l'art de la bâtisse. Primitivement, les maisons, même dans les villes, étalent presque toutes en bois et composées d'un seul étage ; de fréquents incendies ayant eu lieu à Berne, à Bàle. à Zurich, à Lausanne, etc., quelques particuliers commencent, au Xlll* siècle, à élever des demeures en pierre ; maïs ce n'est ((u'au aiècle suivant que l'emploi de la pierre se généralise. Les maisons des bourgeois n'étaient ai spacieuses, ni commodes ; les chambres basses et étroites laissaient à peine pénétrer le jour par de petites fenêtres aux carreaux de toile. L'ameublementétait rudiraenLaire ; il consistait en une longue table, un banc Qxé à la paroi, quelques escabeaux et un bahut servant de garde-robe. Le luxe des lits était inconnu: les bons bourgeois du XIll' siècle s'étendaient, pour aormir, sur une peau de mouton ou sur une paillasse grossière, placée directement sur ieplancher. Leur toile ttedevait être plus que sommaire. Le costume des hommes consistait en une jaquette aux plis fermés par une ceinture et arrêtée sur la poitrine par uneaarafe. Pour les personnes d'un rang supérieur, les manches étai«it ornées de broderies et l'étoOe était de qualité plus )ine. Un manleau et un chapeau complétaient le costume des nobles et det riches bourgeois. Pour le combat, le noble était protégé par une cuirasse et portait un bouclier, ainsi qu'une lance ; tes fantassins combattaient avec la hache d'armes ou le glaive. Les Confédérés des cantons primitifs avaient une prédilection mar- 3uée pour la massue, surnommée ironiquement étoile u matin {Horgenetem). et pour la halletûrde. sorte de hache de bûcheron ajustée au bout d'un long manche et terminée par une pointe.
Au XII* aiècle. on constate l'apparition des noms de bmille. Cet usage se répandit d'abord dans les villes. Les
firemiers noms sont tantôt des noms de baptême transarmés en termes patronymiques, tantôt des vocables er pruntés à des particularités physiques emplois, à dea professione, à des noms u auimaui uu uc plantes, ou encore à des lieux d'origine. La particule ■ de!, précédant un nom de terre ou d'origine, n'est point nécessairement un indice de noblesse, comme on le croit souvent ; c'est un hommage à un préjugé qui a poussé
> ides
ÂMËDÉB IV,
9b* comte de Savoie
en 1233.