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Zurich ....
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Fri bourg . . .
I9 3(fô
1 Bàle-Ville . .
Bâle-Campagne.
Schaffhouse . .
Appenzell R.-E.
Appenzell R.-I. .
Samt-Gall . .
Grisons . . .
5ia55
Arjîovie . . .
Thurgovie . .
-/oO
Yaud ....
Valais ....
Xeuchâtel . .
Genève . . .
Augmentation
Vo
Vo
Ce tableau montre combien les confessions se mêlent par suite de Timmigration intérieure et extérieure. Si Ton prend les chiffres absolus, on voit que les protestants sont en progrès partout, sauf à Glaris; les catholiques de même, sauf dans le canton d'Ârgovie : ce dernier canton est aussi le seul qui ait vu diminuer le nombre des juifs par suite d'une émicration dans les autres cantons, après la revision partiel le de la Constitution fédérale de 1848 en 1866. Partout ailleurs, la confession en minorité a progressé au.\ dépens de celle qui est en majorité. Dans le canton de Genève la majorité s'est déplacée. Les plus fortes augmentations protestantes sont celles de Soleure (de 12 à 31 %), Lucerne (del à 8 %). Les plus fortes augmentations catholiques se remarquent à Zurich (3 à 19%), Glaris (13 à 25%), Bàle-Ville(18à33yo), Scha!rhouse(4à 180/J, Vaud (3 à 13%), Neuchâtel (8 à 14%) et Genève (4<>à 517,,). L'immigration italienne entre pour une bonne part dans le progrès des catholiques depuis 1888.
La pénétration d'une confession par l'autre se remarque aussi bien dans les communes et les districts que dans les cantons. Les juifs qui ont quadruplé pendant les cin- (|uante dernières années sesontQzés presque exclusivement dans les villes importantes Us abandonnent la campagne. Ainsi les deux communes argoviennes d'Ober Kndingen et de LenKnau(districtdeZur7ach) qui, en 1850, compta ient9.i0 et 525 juifs n'en comptaient plus en 1900 c|ue 263 et MO. De même Avenches qui en avait 233 est tombé à 96. Quant au der-
Chaque commune était censée ne parler qu'une seule langue et on ne tenait pas compte des immigrés parlant un autre idiome que celui du canton où ils avaient leur doraicile. Cette façon de compter, moins exacte certainement, était cependant assez logique, chaaue langue pouvant considérer comme perdus pour elle les émigrés fixés dans un territoire d'une autre langue. Le855 OOO personnes de langue allemande qui habitent les cantons de Vaud. Neuchâtel et Genève sont en fait perdus pour la langue allemande. Si l'on tenait compte de cette circonstance on obtiendrait une proportion plus considérable de francophones, le nombre desSuissesde langue allemande fixés en pays romand étant beaucoup plus élevé que celui des Romandsétablisenterreallemande. Remarauons qu'en ce qui concerne la répartition deslangues, les résultats de la statistique fédérale nedoi vent ètreconsultés qu'avec précaution. Les idées particuliéresdes recenseurs, agenlsd'occasion, les réponses inexactes provenant d'erreurs d'interprétation de la question posée, le fait que tous ceux qui sont fixés depuis trois mois seulement dans une localité et dont beaucoup ne sont que vatupès, sont comptés dans la population de résidence ordinaire, ne permettent pas d accorder une confiance absolue aux données dites ofticiellcs.
Les comparaisons ne sont même pas possibles^, entre les divers recensements. Si en 1850, on a simplement reparti les communes d'après la langue des formulaires dont elles firent nsit^'e, en 1860 et en 1870, on s'enquit de
SUl
SUI
la langue parlée dans chaaue ménage ; en 1880, en 1888 et en 19lK), on s'informa de la langue malernellf de chaque personne, avec celle réserve qu'en 1880, les résullats furent calculés sur la population de fait. Les recensements de 1888 et de 1900 sont donc seuls comparables au point de vue linguistique. Malgré l'apparence, il nous est impossible (le considérer comme allemandes des communes telles que Romont, Belprahon, Cliâtelat, Courrendlin (Jura bernois), Meyriez (Fribourg). Cette dernière commune qui, d'après le recensement de 1900, aurait une majorité allemande est frant^'aise dans toutes ses manifestations sociales : église, école, bibliothèque scolaire, i*xamens de recrues, procès-verbal de rassemblée communale, cartes de convocation des électeurs paroissiaux. Pour déterminer le caractère linguistique d'une localité le chiffre brut des personnes parlant, par exemple, l'allemand ou le français ne suflit pas ; il faut tenir compte d'autres facteurs tels que langue des bourgeois (le 1 endroit, répartition sociale de la population, organes publics, etc. .
L'élément italien n'a pas non plus l'importance oue Bemble lui attribuer le recensement de 19(10. Les 13 ÔOO Italiens des vallées méridionales des Grisons et les 135000
en Thurgovie, de 10 à 38 Vaud, de 10 à 48 Valais, de 22 à 55 Sur tOOO habitanU parlaient en 1900 :
h) La limité des langues. Le recensement de 1850 donnait au point de vue des langues quelques renseiRnements qu'il est intéressant de comparer avec les résultats de 1900.
Berne. « Dans le Jura bernois, disait-il, le français est la langue du district de Courtelary ; Delémont (sauf les deux communes d'Ederswiler et Koggenbourg) ; Franches- Montagnes ; Moutier (excepté les deux communes de Schelten et Seehof); Porrentruy; Neuveville et la commune d'Évilani dans le district de Bienne, en tout, la langue française est dominante dans i32 communes de l'ancien évêché de Bâio, c'est-à-dire dans toutes, sauf 20, savoir: les 4 susmentionnées, les 13 communes du district de Laufon (aujourd'hui réduites à 12) et 2 de Bienne. Le district de Laufon n'a |>as changé de langue. Dans celui de Delémont, la situation est la même. Ederswiler et Roggen bourg sont toujours allemands. Plus au sud.
RÉPARTITION DE LA POPULATION DES CANTONS D'APRÈS LA LANGUE, DÉ 1888-1900.
a) Résultats absolus.
Cantons.
Zurich
Berne
Lucerne
Uri
Schwyz
Obwald
Nidwald
Glaris
Zoug
Fribourg
Soleure
Bâie-Campagne . . .
Schaflhouse . , . .
Appenzell R)i.-Ext. . .
Appenzell Rh.-lnt.
Saint-Gall
Grisons
Argovie
Thurgovie
Tessin
Vaud
Valais
Neuchâtel
Genève
Suisse .
Augmentation 1888-1900
Allemand.
Aatr. lang.
20828552312 949634 fô5730 11%
Tetjsinois représentent seuls en réalité l'importance de ce groupe en Suisse. Les 74 000 autres répartis en territoire allcmundou français sont destinés à se germaniser ou à se franciser pour autant qu'ils formeront un élément stable de la population, ce qui devient de plus en plus le cas, beaucoup d'Italiens émigranl avec ftmimes cl enfan Is.
Les conditions dans lesquelles se trouvait le canton d'Uri au moment des travaux de la ligne du (îolhard donnent à la proportion des langues de ce canton •22% d'Italiens en 1880 contre 57o aujourd'hui. Presque partout ailleurs, l'italien a une avance plus apparente que réelle : il passe de 4 à 26 pour ^'/mà Zurich, ne 2 à 15 à Lucerne, de 10 à 33 à Zoug, de 5 à 21 à Bàle-Ville, de 1 à 22 à Schaflliouse, de 4 à 21 à Saint-Gall. de 1 à 17
nous arrivons au district de Moutier. Ici, il y a de> changements. La Scheulte et Seehof ne cessent pa> d'être allemands. Dans d'autres communes, quoique tout ce qui est officiel soit français, la langue allemande paraît prédominer sur le français : Belprahon (106 contre 81), Châtelat (100 contra 73), Courrendlin (8λ8 contre 841), Eschert (148 contre 147). Mais, nou< le répétons, ce changement est plus apparent que réel; les bourgeois de ces communes n'ont pas cesse de parler le français ; vu leur faible population (sauf Courrendlin où les mines de Chorndez ont attiré bru$(juement une formidable invasion d'ouvriers allemands), ils n'ont pas encore absorbé complètement la population de langue allemande qui s'y est fixée.
Dans le district de Courtelary, Mont-Tramelan seul
SUI
est allemand (anabaptiste) : 34 contre 114. Dans le reste <iu district, il y a au contraire depuis 1880 une avance* trè$i sensible du français.
Valais. Les Quctuations linguistiques se sont produites dans la vallée principale, les vallées latérales étant restées fidèles à leur idiome. Le long du Rhône, c est le français
RÉPARTITION DE IJi POPULATION DES CANTONS D'APRÈS LA LANGUE, DE 1888-1900.
fi) Résultats relatifs.
Canton.
Sur 1000 habitants de la population totale parlaient:
Allemand.
Zurich ....
Berne
Lucerne ....
Uri
Schwyz ....
Obwald ....
Nidwald ....
Glaris ....
Zoug
Fri bourg . . .
Soleure ....
Bâle- Ville . . .
Bâle-Campagne .
Schaflhouse . .
Appenzell Rh.-Ext.
Appenzell Rh.-Int.
Saint-Gall . . .
Grisons ....
Argovie ....
Thurgovie . . .
Teshin ....
Neuchâtel . . .
Genève ....
Suisse . . .
aT8
Fraoçais.
Itulien.
Roniancbc».
Autres laug.
En continuant de suivre la frontière linguistique, nous arrivons au district de Bienne. Évilard(Leubringen) est la Simule commune de ce district <]uï soit de langue française.
La limite des langues contmue ensuite par le lac de Bienne et la Thiéle, qui sépare deux districlss bien tranchés, Neuchâtel et Ertach (Cerlier).
Fribourg. Voici ce que dit à ce sujet le recensement de I85t) : « Le français est usité dans dix-sept communes du district du Lac : Chandossel, Corménod, Corsalettes, Courgevaud, Courlevon, Coumillens, Courtepin, Courtion, Coussiberlé, Cressier, Greng, Meyriez, Misery, Villarepos, Vully-le-Haut, VuUy-le-Bas, Wallenried. » Le recensement commet quelques erreurs: depuis longtemps Courlevon et Coussiberlé n'étaient plus de langue trançaise. Dans cette partie de la frontière des langues, l'allemand gagne du terrain ; à Greng, à Meyriez en particulier.
Aux communes où la majorité est française, il faut ajouter Barberèche, non indiquée en 1850 et qui avait, en 1900, 284 habitants de langue française contr(> 223 <ie langue allemande, et où, depuis 1860, Técole est de langue française. A Courtaman *il y a 76 Français pour 9i) Allemands. Le progrès de rallemand semble cependant arrêté dans le district du Lac, si Ton en juge par le chiffre d'ensemble : français 1888 : 4651 ; 1900, 4969 ; allemand 10477 et 10364 (chiffres rectifiés, Misery étant compté comme français et non allemand). La frontière passe ensuite à Fribourg, qui conserve à peu près la même proportion pour les deux éléments (1888 allemand, 4523, 1900, 55%; n*ançais 7556 et 9701); elle sépare le district de la Singme de celui de la Sarine ; la Gruyère est entièrement française sauf la commune de Jaun (Bellegarde). La limite cantonale qui sépare les cantons de Berne et de Vaud est en même temps la frontière des langues jusqu'à la barrière des hautes Alpes bernoises; de là, celle-ci suit la crête des montagnes pour redescendre dans la vallée du Rhône et suivre la ligne divisoire entre les districts de Sierre et de Loèche.
qui a gagné du terrain, remontant peu à peu la vallée, refaisant ainsi en s«^ns inverse le chemin parcouru il y a
auelques siècles. Le recensement de 1850 disait à propos u Valais :
M Le français prédomine dans la partie centrale, districts de Sion et Hérens. Il en est de même du district de Sierre, sauf le chef-lieu. Il est à observer toutefois que (faorès une communication de la Chancellerie d'État : 1») les deux langues se parlent dans les cinq communes du district de Sierre (Chalais, Granges, Mollens, Saint-Léonard et Veiras) ; 2«) dans deux communes du district de Sion (Sion et Bramois), le peuple parle en général allemand ; 3») dans les dites communes, les publications officielles et le service divin se font dans les deux langues. » Cinquante ans après, qu'en est-il ? L'allemand a disparu des cinq communes du district de Sierre : elles sont entièrement francisées. Sierre est également devenu en majorité français, de même Bramois, et à Sion le nombre des personnes parlant allemand diminue.
Sion et Bramois, qui étaient pour ainsi dire des îlots germanophones, ont disparu comme tels, et la frontière des langues est désormais reportée à Sierre.
Tessin. Rien de changé en ce qui concerne ce canton : il reste italien, à la seule exception de la commune allemande de Bosco, dans la Valle Maggia, qui reste compacte avec 260 habitants de cette langue contre 2 italiens ; il est bon toutefois de remarquer que l'italien est de plus en plus connu dans cette commune ; les nom« de famille ont une double forme, allemande et italienne.
Grisons. Nous avons vu dans notre tableau général C(msacré à la i*épartition des langues en Suisse que le romanche a maintenu le chiffre de ses adeptes en Suisse à quelques dizaines près ; mais ce résultat n'est obtenu
3ue par l'appoint de 2200 Romanches dispersés dans 'autres cantons et qui certainement n'ont guère l'occasion de .parler cette langue ; ceux qui demeurent dans les montagnes natales sont en recul : 37 039, 36 472 aux deuxderniera recensements. Si nous examinons les résiil-
ian|ua
e les vi
el du haul Rhin supérieur offrent
(le l'allemanil au N. et île l'ilalien au S. Mais
cette résiatancc il n'y a atière que li's diatricts Bi
eilrëmitéB du pays, le Gif nner et le Vorderrhein
Mûnslf rthal et 1 Inn à
majorité de Romanches, liet^i */, poui
Dans l'Albula, l'allemaod a conqui» Mutten, Schmitlen et Wieaen, dans le Maloja, Pontreiînal?). De touiex les langues parlées en Suisse, l'italien est resté le plub stable : il n a perdu que les deux communes de (iiviu et Marmorera.
L'italien, qui atait en 1850 le district de Moesa, relui de liernina, 3 communes de l'Albula { Rivio et Harmorera) et 6 du district de Haloja. cercle de Bregaglia. comptait
Districts.
Jmbodi^n Heinzenl>«re Hinlerrhein Glenner . .
\tbula . .
Maloja . . .
^m^ 1900 ^efs 1900 I8H8 1900
it de 1^) donnait ri
l'alle-
'S JiHtricU d'Ôbcr <l Ônlir I.anilquart, de PIr
s du district de Glenner : Neukïrch, Oberhsien, Vaiendas, A'als et Versa m. Cp n'est plus vrai pour la commune de Neukïrch (Surcuoim) nHlem^nt romanche. En outre, il y avait en It^l. 6 communes allemandes dans le dîslricl de Heinienberg (Almens, Masein. SaHen, Tenna, Tliusis. Tschappina). Il faut y joindre aujourd'hui Fiirstenau, Sila im Damlcschg, Caxis. Tartar. Urmein. aoit presçiue la moitié des communes du district et 59 % des habitants. T^s sept communes de l'H in terri lein, allemandes en It^, Avers. Hinlerrhein. Medels, NufeneD, Rongellen. Splûgen et Siifers sont restées allemandes : ce sont tes deux arrondisse menis d'Avers et de Hheinwald : celui de Schams t«t demeuré romanche. Tamins et Kelsberg restent aussi les doui seules communes allemandes de l'Imboden. La commtme de Tarasp. iiuoique le recensement de 1850 l'indique comme seule commune allemande de l'Iiin. e^t romanche: par contre Sam naun est allemund.
en outre en 1!«0 dans le district de l'Albula, Ber^ûn ot Filisur. (mais il avait perdu les deux rommunes indiquées plus haut), dans le district de Maloja, en outre, il a la majorité à Revers et â Saint-.Morit/.. Celte dernière commune est éminemment polvelotte (504 Italiens. 475 Allemands, 433 Romanches, llll parlant d'autres langues^, conséquence des hâtes d'hiver. louterois ce gain momentané de l'itdiien n'était qu'apparent, il était dd à la présence des ouvriers ilatiens qui travaillaient au tunnel de l'Albula; la population de Kilisur avait triplé, celle de Uergiin quadruplé, grâce aux 1330 Italiens travaillant au tunnel, celle de Bevers triplé pour la même raison.
III. Mouvement DE LA pupuijltion. Mahuges, naissances. DÉCÈS, ETC. 1. Nuptialité, a} Mariage. Jusqu'en iSSi, les renseignements que nous possédons sur les mariages en Suisse sont fragmenta ires. Le mouvement démographique est enregistré depuis 1760 dans le canlon de NeuchàtPl. et cela sous l'induence du roi de Prusse Frédéric 11 ; il y eut aussi des recherches de ce ^■enre dans les cantons de Berne (ancien canton et pa^-s sujets), Vaud, Râle. Appeniell. Zurich, Glaris et Genève, mais ces données ne concernent souvent qu'une région du canton — ordinairement la capitale — et une période de temps limitée. ' Sous 1 influence de Rengger. ministre de l'Intérieur, la République helvétique tenta une recherche plus générale, mais les circonstances empêchèrent celle-ci d'aboutir. Au début du siècle dernier, Neuchâtel était toujours seul à fiire les relevés dé-
« il vHlt < M pnpunii.
SUI
SUI
mographiques ; une douzaine de cantons suivirent son exemple; en 1848 treize cantons procédèrent à des tableaux
!\i«>mbre annuel
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Hommes
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Année* d'âge révoliies
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K4tii/yer se
Fréquence des mariages poar 1000 h. d'aprèa les annéea d'Age (1S81-1890.)
récapitulatifs du mouvement de la population. Franscini lança l'idée dans le domaine fédéral, mais l'essai tenté ne dura pas.
Le Bureau fédéral de statistique créé en 1860 reprit cette idéts mais elle n'aboutit que sur la demande réitérée du gouvernement de Glaris qui demanda et fmitpar obtenir un formulaire commun à tous les cantons. C'est en 1867 seulement que les derniers cantons réfractaires à cette idée se rallièrent à l'innovation. Dés lors les résultats en unt été publiés chaque année et le Bureau fédéral de statistique en a tiré pour la période 1871 à 1890 un très important travail auquel nous emprunterons la plupart des données qui vont suivre : NaissaneeSy décès et mariaffes t*ii Suisse 1867-71 ainsi que Mariages , têaissofèces et décès en Suisse 1871-1890 en 3 parties. De 1867 à 1875 ces publications portèrent le titre de Xaissances, décès et mariages en Suisse 1867-1875 et depuis 1876 elles portent celui de Mouvement de la populatiftn en Suisse 1876-1905.
Se marÎH-t-on aujourd'hui plus qu'autrefois '? 1^ statistique montre que les fluctuations de la nuptialité sont assez, importantes.
Nombre de mariages en Suisse de 1871 à 1905 avec les moyennes annuelles quinquennales :
.Miiv nnniieUe Mov. annuelle Mov. annuelle
Moy. annuelle
Moy. annuelle
19(fô
Moy. annuelle Moy. annuelle
1896/1900 24960 19ai/1905 25495
Le très gros chiffre de 1875, qui ne fut atteint de nouveau que 22 ans plus tard, est attribué à laperspective de la mise en vigueur, pour le 1" janvier 1876, du mariage civil. Lucerne, par exemple, qui avait eu 1114 mariages en 1873 en eut 1661 et 1,>87 les années suivantes, puis
tomba à 1094, 941, 914, etc., sans jamais arriver aux chiffres de 1874 et 1875. Pour l'ensemble de la Suisse, le chiffre des mariages proportionnellement a la population totale a été de 7,3 par 1000 habitants en 1871, 7,9, 7,6, 8,3 et 9,0 pour les années suivantes ; le chiffre de 1875 n'a plus été atteint depuis. Il tombait à 8,1 et 7,9 en 1876-77, puis 7,4 en 1878. De 1880 à 1882, il se maintint au chiflVe minimum de 6,8 ^Voo et à 6,9 les quatre années suivantes. Dès lors, il s'est tenu constamment entre 7 et 7,8 «'/,)o; le dernier chiffre, celui de 1905, est 7,6. En faisant abstraction du chiffre exceptionnel de 1875, les chiffres extrêmes sont 6,6 et 8,3. La moyenne pour la période 1870 à 1904, soit 35 ans, est de 7,4 mariages pour 10(K) habitants. C'est exactement la moyenne de la période 1871-1890, pour laquelle les résultats ont été calculés par cantons.'
Les mariages par cantons. Proportion par 1000 habitants de population totale (1871-1890) :
Bâle-Ville .... 9,1
Genève 8,8
Zurich 8,5
Appenzell Rh.-Ext. 8,5
Neuchâtel .... 8,1
Glaris 7,9
Appenzell Rh.-Int. 7,8
Saint-Gall. ... 7,8
Schwyz .
Vaud . .
Lucerne .
Nidwald .
Schaffhouse Ar^ovie .
Fribourg Grisons .
Tessin .
Uri. . .
Obwald .
Thurgovie .... 7,5
Soleure 7,4
Bâle-Campagne . 7,4
Zoug 7,3
Berne 7,2
L'immigration venant grossir démesurément dans les villes le chiffre de la population adulte et, par conséquent, le nombre des mariables proportionnellement au total des habitants, il est plus normal de déduire la proportion relative des mariages du nombre des personnes en état de contracter une union.
La statistique fédérale a dressé la liste suivante pour les années 1871 à 1890.
Moyenne annuelle des mariages sur 1000 hommes non maries ayant l'âge requis pour contracter mariage :
Glaris 77
Appenzell Rh.-Ext. 72
Zurich 64
Appenzell Rh.-ïnt. 62
SchatlTiousc ... 61
Neuchâtel ... 61
Genève 59
Bàle-Campagne . 56
Saint-Gall ... 56
Thurgovie ... 54
Soleure .... 53
Tessin 53
Berne 51
Schwyz .... 50
Argovie .... 49
Vaud 49
Zoug 445
Nidwald .... 44
Grisons .... 42
Lucerne . . . . SS
Fribourg. ... 38
Obwald .... 37
Valais 37
Uri ... . . ^ 34
Suibse . . ^
On voit que, entre les deux extrêmes, la diflérence est énorme, du simple au double, et môme davantage : pour 1(X) hommes qui prennent femme à Glaris. il n'y en a nue 44 dans le canton dl'ri. Sur les 182 districts (Soleure était divisé à cette époque en 5 districts et non en 10 comme aujourd'hui), il y en avait 92 au-dessous de ,50 ma-
SUI
SUI
riages annuels pour 1000 hommes mariables (avec, comme minimum, 27 Léventine), 3i) districts avaient une fré> quence moyenne (50 à 5o) et 51 une fréquence considérable (au-dessus de 55) : maximum 79 Bienne, 85 Hinterland appenzellois. La répartition suivant les conditions économiques des districts donne (>5 districts industriels (moyenne 59). 69 districts agricolo-industriels (47) et 48 districts agricoles (42). Les districts agricoles ont beaucoup moins de mariages que les industriels : le fait est constant pour chacune des périodes quinquennales et nullement accidentel. La confession exerce aussi son influence directe sur le nombre des mariages ; les catholiques se marient moins que les protestants. Le fait se retrouve dans les trois genres de districts : Mariages par 1000 h.
Districts Confession Districts agricolo- Districts
prédominante industriels industriels agricoles
Protestantisme ... 62 49 47
Catholicisme .... 51 45 39
Au point de vue de la langue, la ditîérence est moins sensible. Les districts catholiques, de langue italienne, ont une assez forte nuptialité : 54 pour les districts agricolo-industriels et 51 pour les agricoles ; il en est de même pour les districts romanches protestants (51 et 50 contre 37 pour les districts agricoles catholiques). Quant aux deux langues principales, il y a prédominance des districts allemands pour le mariage, sauf pour les districts industriels protestants, oîi il y a parité.
Districts agricolo-
Langue prédominante Allemand Français
Districts industriels
industriels
protest, cathol. protest. cathol.
Langue pré- Districts agricoles
dominante protest, cathol.
Allemand 48 37
Français 44 37
Le nombre des femmes dépas.sant celui des hommes, celles-là se marient dans une proportion moindre. Pour la période de vingt ans étudiée parla statistique fédérale, il y a chaque année 52 hommes non mariés, sur 1000 ayant l'âge requis, qui se sont mariés et seulement 40 femmes sur 1000. Plus le nombre de femmes est considérable, plus la différence s'accentue (Bâle -Ville 66 hommes et 38 femmes); elle est d'ailleurs encore
f grossie du fait que pour es femmes l'âge de nuptialité est de seize ans et pour les hommes de dixhuit, soit les femmes mariables pour deux classes d'âge de plus, ce qui représentait alors 55 000 personnes. Il y avait au total 132 femmes mariables pour 100 hommes; cette prédominance numérique explique tout naturellement le nombre plus grand des vieilles filles^ comparé à celui des célibataires hommes.
L'âge moyen du mariage, celui où il est le plus fréquent, est 28 ans pour les hommes et 26 ans pour les femmes ; au delà de 28 ans plus de la moitié des hommes de la Suisse sont mariés.
Nombre annuel des mariages sur 1000 personnes non
Les mariages d'hommes jeunes — avant 20 ans — variant entre 1d et 11 ^/(^, à Claris et Appenzell Rh.-Ext.. 5à7^/,y„à Berne et Appenzell Rh.-Int.,r}euchâtel, Soleure et Vaud. Partout ailleurs ils sont égaux ou inférieurs à In moyenne de la Suisse, soit 4 ^/qu. Ce sont les districts industriels qui ont le plus grand nombre de mariages précoces. Les districts protestants sont également plus favorisés à ce point de vue que les districts catholiques. Par contre, sous le rapport de la précocité des mariages, la Suisse romande l'emporte sur la Suisse allemande. On s'y marie plus tôt. Peut-être le développement physique > est-il plus rapide ? Les cantons où les hommes se marient tard, où les mariages de 30 à 34 ans sont plus nombreux que ceux de 25 à 29 ans sont : Bâle- Ville, Thurgovie, Schw^'z. Grisons, Nidwald, Fribourg, Obwald, Luceme et tri. qui tous, sauf le premier, sont plutôt agricoles. En somme, dans la jeunesse, le mariage est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. A partir de 27 ans, les rôles sont intervertis et la différence va s*accentuant. Vers l'âge de 42 ans, il se marie 4 hommes pour 3 femmes, et vers la cinquantaine deux hommes pour une femme. De i881 à 1890, la statistique a enregistré 14 mariages d'hommes de 80 ans et au delà.
On a souvent remarqué que le nombre des veufs est très inférieur à celui des veuves. Voici les chifTres du recensement de 1900 :
Suisses Etrangers Total
Mariés 476951 65166 542117
Mariées 480768 58830 539598
Veufs 56679 4386 61065
Veuves 132838 11694 144532
Divorcés .... 4881 276 5157
Divorcées .... 8670 597 9267
On ne compte que 2 veufs pour 5 veuves en chiffres ronds, et un divorce pour deux divorcées. Cela vient en grande partie de ce que les veufs se remarient beaucoup plus
3ue les veuves. De 1881 à 1890, il y a eu 26666 mariages e veufs et 14667 de veuves. Sur 1000 veufs, la moyenne annuelle des mariages a été de 47, et sur 1000 veuves de 1 1 seulement. Pour les quinze années de 1876 à 1890, la proportion est de 48 pour 10(X) veufs et de 12 pour 1000 veuves. Elle est beaucoup plus forte, 105 et 55, pour les di-