‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du JuraChapitre 26 sur 33 · SCIENCES ET ARTS · texte numérisé non relu

SCIENCES ET ARTS

Bibliothèque publique. Pendant plusieurs siècles, il n'a existé à Lonsle-Saunier d'autres bibliothèques que celles des Corde lier s et des Capucins. Les livres donnés en 1696 par M. Euvrard , curé de Sirod , et en 1717 par M. le chanoine Couthaud , devaient rester fermés dans une armoire à l'hôtel-de-ville , et n'être communiqués au public que sur récépissés. Ce dépôt s'augmenta en 1791 des bibliothèques provenant des établissements religieux supprimés. Le P. Thélesphore Jousserandot, deMacornay, ancien gardien du couvent des Capucins de Besançon, en fit le catalogue en 1795.

11 y avait à cette époque 2800 volumes. Un certain nombre des meilleurs furent réclamés en 1797 par l'abbé Rouhier, bibliothécaire de l'école centrale du département, à Dole, et sont restés à la bibliothèque de cette ville. La bibliothèque de Lons-le-Saunier, transférée en 1847 d'une salle du collège dans l'ancienne chambre du conseil du palais de justice , à Phôtel-de-ville , occupe depuis 1851 une des grandes salles du bâtiment neuf qui a été ajouté à cet hôtel en 1849. La bibliothèque de la ville, réunie à celle de la société

d'Emulation, se compose d'environ 8000 volâmes. Dans ce nombre, outre beaucoup de bons ouvrages de théologie et d'histoire sacrée , se trouvent la collection des documents inédits sur l'histoire de France, celle des classiques latins et grecs, les monuments de Ninivc , le grand ouvrage de Cuvier , l'encyclopédie de Diderot , l'ouvrage sur l'Egypte, de nombreuses collections de mémoires des différentes sociétés savantes de France, un magnifique exemplaire des fables de La Fontaine, en h volumes in-folio, dorés sur tranche, avec reliure en maroquin et gravures d'Oudry, les dictionnaires de Moreri, Baille, de Trévoux, de la Martinière, etc.

Ce dépôt manque encore d'une foule d'ouvrages utiles, dont on regrette chaque jour l'absence. L'histoire , les belles - lettres réclament beaucoup d'acquisitions.

La bibliothèque est ouverte au public, le dimanche , le mardi et le jeudi, de une heure et demie à quatre heures. Elle occupe une grande salle parfaitement éclairée et précédée d'une salle de lecture. Le conservateur est M. F. Guillermet, littérateur et philologue, dont le zèle et l'amour de l'ordre égalent l'obligeance. Lors de son entrée en fonctions , la bibliothèque ne comptait que 3700 volumes. Elle prend sous son administration un développement rapide.

Il en a dressé un catalogue, qui rend les recherches très faciles.

Musée départemental. Le musée de Lons-le-Saunier, créé en 1817, par M. Piard , conservateur actuel , dont l'activité, le désintéressement, la complaisance , sont depuis longlcmps apprécies, occupe dès 185t , deux salles à côté de la bibliothèque. La sallo centrale est consacrée à la collection des tableaux

et des statues. On y remarque surtout V enlèvement d'Europe , par Jupiter, attribué à Lucas de Jordane, une halte de voyageurs, par Théodore Gides, un camée entouré de fleurs , par Mme Bertrand , le Massacre des Innocents, attribué à Breughel , un beau portrait par N.

de Largillière , Louis XV, copie de Vanloo , deux esquisses du Parocel, saint Siméon par M. Maurice Buchin, de Conliége , tableau admis à l'exposition de 1849, Vamour maternel, les illusions du soir de la vie, les trois Muses, d'après Lesueur, par M. Lobrichon, de Moirans, etc.; le buste en marbre de Charles Nodier, par Chambard, de Saint-Amour; le buste en albâtre d'Antide Janvier, par Huguenin, de Dole ; une sculpture sur bois de Landry, etc. La grande salle, qui suit la précédente, renferme une belle collection minéralogique , classée 'par le frère Oggérien, directeur des écoles chrétiennes de Lons-le-Saunier, géologue aussi savant que modeste et zélé; des collections de géologie, d'ornithologie, de coquillages, de monnaies romaines, baronnales et de médailles modernes ; de meubles , armes et étoffes de Chine, d'Afrique, etc.; des modèles de machines, des antiquités égyptiennes et' romaines, etc. On se propose de réunir dans ce musée tous les objets qui appartiennent à l'histoire naturelle du département, tels qu'oiseaux, animaux , poissons , coquilles vivantes, insectes, reptiles, fleurs , fruits et des échantillons de toutes les natures d'industries exercées dans le département. L'utilité de cette entreprise nous en fait désirer la prompte réalisation.

Théâtre. Le 18 février 1845, le conseil municipal adopta les plans et les propositions du sieur Belle-

ville, de Chalon-sur-Saône , pour la construction d'une salle de spectacle entourée de magasins, sur l'emplacement et avec les matériaux de l'église neuve. Ce projet ayant rencontré une vive opposition parmi les habitants et une partie du conseil , le gouvernement refusa son autorisation. D'après de nouvelles conditions, proposées le 23 juin 184», l'adjudication du théâtre fut tranchée au profit de M. Piot, architecte à Màcon. L'adjudicataire s'engagea à construire à ses frais ce monument , à condition qu'il jouirait pendant 85 ans de la location du café, des magasins , et qu'ensuite le tout appartiendrait à la ville. Les travaux commencés le 7 juillet 1845, furent terminés le 21 novembre 1847. Le théâtre fait face à la grande place.

Il a la forme d'un parallélogramme rectangle, avec saillie de la partie centrale de la façade principale. Il se compose au rez-de-chaussée d'un café, d'un passage couvert, d'un vaste bazar et de nombreuses boutiques autour du bazar , et au premier étage, de la salle de spectacle, du foyer, de plusieurs chambres pour les autorités et les acteurs. Ses faces latérales et postérieures sont bordées d'un portique ouvert. La façade principale est décorée au rezde-chaussée de pilastres et colonnes engagées, de l'ordre dorique. Au premier étage sont des pilastres et colonnes de l'ordre ionique, couronnés par un attique et un cadran d'horloge. Les autres côtés de l'édifice sont ornés de 34 colonnes et de 6 pilastres, de l'ordre dorique , sans bases. Un entablement sans architrave les couronne. Tout, dans ce monument, est confus et sans proportions. On y voit des ouvertures rectangulaires à côté et au même étage que des ouvertures cir-

culaires , des colonnes avec renflement, des pilastres isolés à côté des colonnes, des parties du bâtiment très élevées , et d'autres très basses, qui semblent avoir été ajoutées après coup. Les travaux ont été exécutés avec si peu de soin, qu'ils nécessitent chaque jour de nouvelles réparations. Les décors de la salle de spectacle seuls ont été parfaitement exécutés et sont d'un bon effet.

Société d'Emulation. Cette société a été autorisée par décision du gouvernement, du 8 août 1817, et sa première séance a eu lieu le 15 avril 1818, jour de son installation.

Le but de son institution est d'encourager les talents dans tous les genres , de favoriser l'essor et les progrès des arts libéraux, mécaniques et industriels ; de populariser leurs découvertes et de perfectionner les pratiques agricoles. Elle accueille et publie dans ses comptes-rendus annuels , les Mémoires historiques , archéologiques , etc. , ainsi que les morceaux de littérature et de poésie qui lui ont été adressés et qu'elle a jugés dignes de cet honneur. Elle propose des questions d'économie rurale, industrielle, d'histoire, etc., et récompense les vainqueurs par des prix délivrés en séance générale et publique. Une commission d'agriculture , choisie dans son sein , fait les fonctions de Société d'agriculture de l'arrondissement de Lonsle-Saunier, et correspond, à ce titre, avec les sociétés semblables établies dans les autres arrondissements du département. La Société tient des séances particulières plusieurs fois dans Tannée et une séance publique annuelle. Le nombre de ses membres est illimité. Il y en a actuellement 70, résidant dans le déparlement, et 122 ayant le litre démembres correspondants, résidant hors

de

du département. Elle correspond avec 60 Sociétés savantes de France, dont elle reçoit les Mémoires.

Librairie , journaux. Un arrêt du conseil du roi, du 1 7 juillet 1715, permit à Didier-Hyacinte Griffon , de s'établir à Lons-le-Saunier, comme imprimeur-libraire. Les imprimeries se multiplièrent tellement au commencement du xvni€ siècle, que pour s'occuper, elles firent des contrefaçons à l'infini. Un arrêt du conseil, du 31 mars 1739, en supprima un grand nombre. Celle de Lonsle-Saunier devait cesser d'exister , mais par tolérance , on la maintint provisoirement. Griffon étant mort en 1747, sa veuve continua. Etrangère à sa profession, le magistrat de la. ville lui imposa l'obligation de s'adjoindre comme associé, Jean- Antoine Barrai, qui travaillait à Salins. La mort deMme Griffon, arrivée en 175b, fit tomber l'imprimerie.

Sur les instances des habitants , le roi, par arrêt de son conseil, du 12 mars 1759, la rétablit en faveur de Barrai , et supprima celle de Saint- Claude, que le sieur Delhorme avait cessé depuis peu de faire valoir, faute d'ouvrage. Barrai vendit son brevet à Pierre Delhorme , qui imprima en 1767 , les Mémoires historiques sur la ville dePoligny, par Chevalier. Claude-André Delhorme remplaça son père, et céda son imprimerie vers 1815, au sieur Delavaux , son gendre , qui la vendit peu de temps après à M. Jean-Etienne Gauthier. M. Jean-Anloine-Frédéric Gauthier, fils du précédent, obtint un brevet en son nom , le 20 juin 1826. M. Allialin Courbet reprit, le 2 février 1830, une imprimerie déjà existante. M. Antoine-Adolphe Robert obtint un brevet d'imprimeur, le 2 juin 1848. L'imprimerie

. Gresset , ouverte en 1848, a été fermée en 1851 . La lithographie de M. Gauthier remonte à 1829, et celle de M. Robert à 1831. Parmi les feuilles périodiques qui ont paru à Lons-le-Saunier, nous citerons le Tribun du Jura, par Innocenti, dont il n'y eut que quelques numéros publiés , en 1790 ; le Journal d'affiches, fondé par M. Bruand, vers 1810, et continué par M. Gauthier; le Recueil des actes de la Préfecture, qui paraît depuis 1802 ; VMmanach du Jura, fondé en 1793, et qui s'est continué sous le titre A'Almanach ou Annuaire de la Préfecture, et ensuite sous celui d'Annuaire du Jura; la Sentinelle du Jura, journal politique, fondé en 1830, par M.

Fréd. Gauthier, et qui se continue; le Patriote Jurassien, journal politique, fondé par M. Courbet, en 1 837, et qui se continue sous le titre de Nouvelliste; le Républicain du Jura , fondé en 1848 , et qui s'est continué jusqu'au 2 décembre 1 85 1 , sous le titre de Tribune du Jura et de Tribune de l'Est; la Revue de Franche-Comté, publiée en 1838 et 1859, par M. Thiboudet, et imprimée par M. Gauthier; le Messager du Jura , journal politique hebdomadaire , publié par M. Gauthier, depuis 1848. Ce journal a cessé de paraître.

Société philharmonique. Il existe depuis longtemps une société de musique à Lons-le-Saunier ; cependant, ce n'est que depuis 1814 qu'elle a pris du développement. Le corps de musique se compose d'environ quarante membres. Il n'exécute que de la musique militaire, où les instruments en cuivre dominent.

On compte dans la ville plusieurs artistes de mérite, comme chanteurs et comme exécutants.

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