PAYS DE LUXEMBOURG
S 1" Temps antérieurs à la domination romaine.
Il n'existe sur ces temps que des notions vagues et incomplètes; les peuples que César trouva dans les Gaules n'étaient pas la race primitive; c'est l'époque la plus obscure de l'histoire des races qui se sont établies dans l'Europe occidentale (2).
(1) Sériels , HistoriaLuxemhurgensis. Cologne, 1605, 1 vol. in-4°.
Beriholei, HUtoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg et comté de Coin y ,
8 toI. tn-4». Luxembourg, 1741—43.
Vigner, HUtoîre de la maison de Luxembourg. Paris, 1619. 1 vol. in-4». Schannat, Eyflia lllustrata. 2 vol. in-8» publiés par Baerscb.
Devez, Histoire particulière des provinces belgiques. 3 vol. in-8». Bruxelles, 1816. Christiani, Précis historique et chronologique du pays do Luxembourg. 1 volume in-12, 1805.
Maeytiy Chronologiscbe ueberischt der stadt und des grosze herzoglhums. Luxem-
burg, 1819. 1 petit vol. in-18.
Clveling, Tableau analytique et chronologique des principaux faits de l'histoire du
grand-duché et de la ville de Luxembourg. 1 petit vol. in-8», 1832.
Deuxième édition.
Recueil des anciennes ordonnances, in-folio. (Collections ducs aux soins des particuliers. Le nombre des volumes varie.) Pour l'histoire du Luxembourg français, voyez : Teitsier , Histoire de ThionviUe. 1 vol. in-8». Metz, 1 828. Yiville, Dictionnaire du département de la Moselle. 2 vol. in-8». Metz, 1817. Audenelle, Essai statistique sur les frontières N.-E. de la France. 1 vol. in-8» en deux livraisons. Metz, 1827.
Pour les textes des traités, voyez le Corps diplomatique de Dumoni, et le recueil de Mariens.
(2) Deux auteurs réunis nous offrent ensemble sept lignes pour constater les limites des Trevlriet de leurs citons : Post mediomairicos.... Treriri juxta Rbenum habitant. Strabon , liv. iv. Hacc civitas Rhcnum tangit. Ccesar, liv. v. Treviris cohabitant Nervii. Strabon, liv. i> . Segui Condnwique ex 6ente et rumero Cermanorum qui sunt inter Eburone* Trevirosqut.
Un fait qu'on peut regarder comme constant, c'est que les Treviri s'étendaient au delà du pays de Trêves proprement dit, et qu'ils occupaient ainsi la partie méridionale du territoire désigné par la suite sous le nom de Luxembourg; les rives de la Moselle appartiennent sans doute aux contrées les plus anciennement habitées et cultivées. On peut avec moins de certitude s'exprimer sur la partie septentrionale, où manque une grande rivière, et qui formait en quelque sorte le centre de l'immense forêt d'Ardenne; on assigne généralement cette partie à l'un ou à l'autre des quatre petits peuples cliens des Treviri; on s'accorde à placer les Condrusi dans le Condros, les Poemani en Famame; on n'est point d'accord sur le siège des Segni ni des Cœresi, que quelques auteurs placent, les premiers dans les environs de Salm, et les seconds sur la rivière de la Chiers (Chorus); ceux-ci se trouveraient ainsi dans la partie méridionale du pays de Luxembourg. L'opinion la plus générale attribue à ces deux peuplades des positions hors du Luxembourg (4).
Les Treviri seuls restèrent étrangers à la première confédération contre César; il se forma parmi eux deux partis, l'un en faveur des Romains, l'autre national; ce dernier l'ayant emporté, les Treviri s'allièrent contre César avec les Éburons; c'est à cette occasion qu'eut lieu la grande réunion au centre de la forêt d'Ardenne , selon Browerus , dans l'endroit où se trouve aujourd'hui le village d'Amberhup (2). Suivant que l'un ou l'autre parti dominait , les Treviri se rapprochaient des Romains ou s'éloignaient d'eux; dans la huitième campague, qui consomma la conquête, on les retrouve hostiles, et ils se soumirent presque les derniers.
§ 2. Période romaine.
Il s'est fait deux divisions des Gaules durant la période romaine, la première sous Auguste (l'an 27 après J.-C.) ; la second*; sous Constantin (l'an 535).
D'après la division faite sous Auguste , le territoire qui comprend aujourd'hui le pays de Luxembourg appartenait à la première Belgique. D'après la division faite sous Constantin, ce territoire fut partagé entre
Cœsar, U>. vi. Condrusos, Eburoncs, Caere&os, Poemanosqui uno Domine Germani appellantur. Cwsar, Ht. ii.
Le travail le plus judicieux que nous possédions sur l'histoire des races en Belgique, est le premier volume du grand ouvrage projeté par Desroches, et resté malheureusement inachevé.
(1) Pour plus de détails, voyez ks mois Treviri, Arienne, Fomenne, Chien.
(2) Voyez le mol Âmberloup.
deux provinces, la 13», qui conserva le nom de première Belgique, avec une circonscription moindre, et la 15" appelée la seconde Germanique.
Il est peu de pays où la domination romaine ait laissé plus de traces que dans le Luxembourg ; les Romains s'y étaient en quelque sorte fortifiés contre les irruptions des peuples d'Outre-Rhin, ce fleuve ne constituant pas une barrière suffisante. Le Luxembourg n'a été qu'une position militaire, et non un objet de civilisation et d'administration civile. Vers l'an 260, selon Eutrope, Gallien fit construire de distance en distance des forts sur le Rhin, et dans le pays des T reririens pour résister aux barbares ; on conjecture qu'il faut reporter à cette époque la fondation de plusieurs château x-forts du pays de Luxembourg, et peut-être celle de Luxembourg même (1 ). C'est cependant à tort queBertels soutient que Luxembourg est YAugusta Veromamluorvxn. qui ne peut être que S1. Quentin. Deux grandes chaussées se croisaient dans le Luxembourg, à Meduantum, qui est peut-être le village de Mente-Sl.-Étierme (2). Il y existait plusieurs camps fortifiés, dont le plus remarquable est celui de Titelberg , dû probablement à l'empereur Tetricus qui régna de 268 à 274 (3). Enfin, à côté des établissemens militaires, il avait dû nécessairement se former des habitations, même au milieu de la forêt d'Àrdenne; quatre lois de Valentinien (an 372) sont datées de Nassonocum, qui n'esltmltequc Nassogne (4); vers 385, Sr. Martin, évoque de Tours, après avoir quitté Trêves, s'arrêta non loin du Viens Ândethannelis, que l'on a cru être Echtemach, et qui plus probablement était situé dans les environs de Nitder-Antwm. Enfin plusieurs endroits désignés dans les trois documens géographiques et topographiques qui nous restent de la période romaine appartiennent au territoire luxembourgeois:
1° L'itinéraire dit d'Ântonin, qui se rapporte au règne de Marc-Aurèle (a. 161-180) indique Beda Vicus, Biedbourg; Epoissum, Jvoix ; Orolaumeni, Arlon; Andethannalis Vicus, Nieder-Antwen (5).
Ptolémée, d'Alexandrie, qui écrivait également sous le règne de Marc- Aurèle, ne fait mention d'aucun endroit que l'on puisse retrouver dans le pays de Luxembourg ; on croit seulement qu'il a voulu désigner la Moselle sous le nom d'Obringa,
2° L'itinéraire dit de Peutinger, dont la date n'est pas connue, fait
(1) Voyez le mot Borné (la).
(2) Voyez le mot Mente- St. -É tienne.
(3) Voyei le mot TUeUmg.
l«) Voyez le mol Nauogif.
(5) Voyez les art. Arlon, Bchternach et JS'feder-Antwcn.
Ivoto et, depuis le traité des Pjréuees (1659). hors du Luxembourg
COUP D'OKIL
mention de Bcda, Biedbourg, sur la route de Trêves à Cologne, de Meduantum Mente S*. Etienne, sur la route de Cologne à Rheims, et indique la Moselle sous le nom de Musalla.
3° La notice de l'Empire d'Orient et d'Occident (Notitiaimperiiorientis et occidentix) que l'on rapporte à l'année 487, et qui contient une liste de toutes les fonctions civiles et militaires dans les provinces, place une colonie de Laeti à Ivoix, in Epuso (1).
Il existe encore de cette période un document d'un genre particulier, le poème d'Ausone sur la Moselle; l'itinéraire du poëte se restreint malheureusement entre l'embouchure de cette rivière et celle de la Sure; quelques écrivains néanmoins ont cru qu'il avait voulu désigner sous le nom d'Alisuntia l'Aizette qui n'est point un affluent de la Moselle (2).
Un savant luxembourgeois, Alexandre Wiltheim, avait fait une étude spéciale de la période romaine ; il a laissé un manuscrit dont il existe plusieurs copies et qui a pour titre : Luciliburgensia, sive Luxemburgum romanum. Ce travail a été mis à profit par beaucoup d'écrivains, et entre autres par Bertbolet qui en a extrait la carte du Luxembourg romain, et la liste des rivières, peuples, villes, bourgs et villages du Luxembourg, mentionnés dans les cartes des chaussées romaines (3); on trouvera cette liste parmi les documens (4). L'ouvrage qu'on peut consulter avec le plus de fruit sur cette époque est le livre de Boucher, ou Bucherius, belgium romanum.
§ 3. Période Franke, jusquàï établissement du Comté de Luxembourg.
La période franke, après la mort de Clovis, et après celle du successeur de Charlemagne, a été marquée par de grandes divisions territoriales; le pays de Luxembourg a successivement appartenu à l'Austrasie et à la Lotharingie; la première dénomination se rapporte au règne des Mérovingiens et au commencement de celui des Carlovingiens ; la seconde se rapporte exclusivement à celui des Carlovingiens. En mettant le pays de Luxembourg en rapport avec ces divisions, nous dirons aussi un mot de la transplantation des Saxons sous Charlemagne et du comté d'Ardenne.
(1) Le* Loti formaient de* colonie* militaire* et agricoles, (V. Raepsaet, Analyse de l'origine et des progrès des droits des Bslges et des Gaulois, vol. i, part. 1, Met. 3, $ 50—33.
(2) On trouvera à l'art. Moselle uoe analyse de ce poeue. (8) Biographie universelle, art. Wiltheim, par M. Weiss. (4) Documens, n° II.