‹ Dictionnaire géographiqueChapitre 6 sur 278 · II. Sur la route de Namur à Marche- en-Famb ne · texte numérisé non relu

II. Sur la route de Namur à Marche- en-Famb ne

a. A Asses, oh le calcaire est très-puissant , il est suivi

b. Par la grauwacke ; et à une demi-lieue plus loin, on rencpntre de nouveau

c. Le calcaire auquel succèdent

d. Du psammite sablonneux etdupsammite commun ou grès houiller versNatoie. A TE. de ce village on traverse

e. Une couche de calcaire de transition, suivie

f. Par la grauwacke, vient

g. Une couche de calcaire d'une très-grande puissance ; ensuite

K Du psammite sablonneux; et à Emptineson traverse encore une fois ». Le calcaire.

k. C'est enfin à Marche qu'on rencontre les dernières couches du calcaire.

Toutes ces notices sont indispensables à eelui qui entreprendra de dresser une carte minéralogique du district de Namur; elles lui serviront de points d'au

tache qu'il combinera, d'après la direction observée des couches, avec d'autres points ou il aura rencontré lui-même d'autres couches de calcaire. Par rapport au gisement de ce calcaire, M. Steininger hasarde une opinion que les observations elles-mêmes semblent provoquer, et qui jetterait un nouveau jour sur les faits allégués, en cas quelle se trouvât confirmée.

C'est d'abord aux environs de Durbuy qu'il faut étudier le gisement des roches dans les Àrdennes; car on voit à Barvaux-sur-Ourte la superposition du calcaire de transition sur le terrain de grauwacke inférieur plus clairement qu'ailleurs, et à Durbuy les bancs du calcaire supportant la grauwacke plus moderne, et tout le système des couches plissé en zigtags. Quand on a finit bien attention à la disposition des plis de ces zigzags, on voit que la direction apparente des couches n'est proprement que celle des arêtes supérieures de leurs zigzags, et que le pendage ou l'inclinaison des couches varie nécessairement selon que l'on observe lun ou 1 autre pan des zigzags.

Si l'on suppose en outre que le sommet d'un zigzag, dont l'arête n'est pas horizontale, ait été détruit, on comprendra que les directions de ses pans ne sont plus les mêmes que celle de la projection de l'arête sur le plan horizontal, de sorte que si cette dernière était, par exemple, dirigée de l'E. vers l'O., l'un des pans du zigzag devrait avoir une direction de S. 0. vers N. E. , tandis que l'autre se dirigerait de N. 0. vers S. E. ; ajoutons que les pendages de ces deux pans doivent être en sens contraire. Les différentes couches des Ar-

dennes ayant un gisement généralement concordant , il est vraisemblable quelles sont plissées de la même manière , et que leur direction, qui va en général de TO. vers FE., dépend de la direction de ces plis, ^opinion assez répandue que les couches penchent en général vers le S., paraît provenir de ce qu'on n'observe que rarement les pans des zigzags qui penchent en sens contraire , ou de ce qu'en effet la force mécanique qui a produit ces plis a si fortement comprimé les couches, que les zigzags sont déchirés vers leurs arêtes, et que leurs pans devenus parallèles se sont couchés sur leur côté septentrional.

De la disposition des couches , qu'on observe à Durbuy , on peut tirer la conclusion qu'après que les couches . des Àrdennes ont été déposées , il y a eu une force qui les a également comprimées des deux côtés pour produire leurs zigzags et leur direction générale. Aussi M. Steininger a entendu dire par M. De Buch, qu'un naturaliste anglais , ayant eu les mêmes idées sur l'origine de la direction et de l'inclinaison des couches dans les terrains schisteux, avait tâché de les constater par l'expérience, en prenant des draps de différentes couleurs, les superposant d'une manière régulière et les soumettant d'abord à une très-forte pression de haut en bas; dans cet état, il les comprimait latéralement et les voyait alors, par les plis qu'ils prenaient , imiter la disposition des couches dans les montagnes schisteuses. M. De Buch ajoutait que cette expérience curieuse n'avait pas été assez appréciée ; M. Steininger lui-même n'y avait plus pensé que lors de ses observations dans les Ardennes.

Ce n'est pas seulement la différence de direction et d'inclinaison des couches qui s'explique sans la moindre difficulté par la disposition plus ou moins horizontale des arêtes des zigzags ou des pli s qui se rencontrent dans le terrain schisteux, mais cette théorie offre une conséquence non moins intéressante, en montrant comment il faut distinguer la direction des couches de Té tendue et de la distribution géographique des terrains.

Prenons pour exemple la bande de calcaire qui passe par Givet, Tellin, Marche, DurbuyetTheux, en formant un grand arc concave vers la Meuse, tandis que toutes ses couches sont à peu près dirigées vers E. 1/4 N.-E. , de sorte que leur prolongement passe par les hautes Ardennes. Or, ici il est évident qu'il ne faut pas considérer cette bande de calcaire comme un système de couches subordonnées au terrain de transition des Ardennes , et dont la direction coïnciderait avec la ligne de la plus grande étendue ; mais c'est plutôt le bord d'un calcaire immense qui, s étendant comme une grande nappe vers la Meuse , couvre le terrain de transition plus ancien; pendant qu'il est couvert lui-même par le . terrain de transition supérieur ou par le terrain houiller du côté de Liège et de Gharleroi; et ces trois systèmes de couches superposées étant plissés de la même manière, et les couches supérieures ayant été souvent emportées par les eaux , on voit non-seulement des arêtes de zigzags du calcaire paraître au jour dans tout le pays entre Bare, Durbuy et la Meuse, mais même de grands espaces de terrain calcaire mis à nus, par exemple, entre Dinant et Namur; peut-être qu'emporté lui-même dans beau-

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coup d'endroits, il y a laissé le terrain inférieur former la surface du sol. D'après cela, on peut bien comprendre la manière singulière dont les différentes parties du terrain calcaire se trouvent distribuées parmi les psammites et les phyllades qui les entourent; et il faut trouver très-naturel que ce n'est que dans les bassins profonds du terrain calcaire que les couches supérieures du terrain houiller, c'est-à-dire les houilles alternant avec des phyllades et des psammites, se sont conservées intactes ; on voit aussi combien les conjectures de M. de Raumer, sur l'âge relatif du terrain houiller de la Sambre et de la Meuse, sont peu conformes aux observations qu'on fait dans les Ardennes elles-mêmes, et aux conséquences qu'on peut en tirer.

De la richesse minérale des Ardennes.

On sait que les montagnes schisteuses inférieures au calcaire de transition et composées principalement de phyllade paillette et quartzeux, de schiste argileux, de quartzite et de psammite sablonneux, sont souvent traversées par des filons de quartz et de sulfate de baryte , dont les premiers contiennent quelquefois des sulfures de cuivre et de plomb ; quoique dans les Ardennes on n'a observé aucun filon de sulfate de baryte,M.Steininger a cependant dit en avoir trouvé un à Wiltz , dans lequel on prétend même avoir vu des cristaux de carbonate de baryte. Les filons de quartz son infiniment plus nombreux , mais il n'y a pas longtemps qu'on n'en connaissait de métallifère qu'à Stolzembourg (canton

SUR LÀ PROVINCE DE LUXEMBOURG. Il

de Vianden) , où la seule mine dans les Ardennes, dont M. Omalius avait connaissance quand il a composé son Essai sur la Géologie du N. de la France , fournissait dans une gangue de quartz . des sulfures de cuivre et de fer, de l'oxide de cuivre rouge, de l'oxide de fer, de l'hydroxide de fer et du carbonate de fer e t de cuivre (1); aujourd'hui cette mine est abandonnée. Retrouvée â Goésdorf près d'Esch-aur-Surr. Mais le filon de sulfure de plomb dont on a recommencé à travailler dans une ancienne mine de plomb dont on a récemment commencé l'exploitation à Longvrily, près de Bastogne, paraît être plus important. M. Steininger n'a pu l'observer lui-même, parce qu'on défend aux voyageurs de descendre dans le puits; et peut-être que le simple mineur confond la richesse du minerai, qui est le sulfure de plomb très-pur à 0,87 de plomb, avec la richesse et la continuité du filon, dont M. Steininger n'a pas de notices certaines» mais dans lesquelles on paraît mettre une grande confiance.

Sans doute, qu'il ne faut juger de la richesse minérale d'un pays d'après le seul aspect de ses roches et l'affleurement des filons qui s y trouvent, et qu'il faut au contraire pour cela des travaux d'essai bien diriges et exe'cutés moyennant des puits et des galeries ; mais il n'est pas inutile de faire la remarque que dans le Hundsruck et dans l'Eifel, on rencontre partout des mines de sulfure de cuivre et de plomb abandonnées, et que Ton observe même assez souvent l'affleurement

(1) Essais géoçnostiques de Raumer, p. 30. Journal des mines, n°» 53 et 92.

de filons de ces substances; cependant il n'existe nulle part dans ces contrées une mine considérable , quoique - la main-d'œuvre y soit à un prix très-médiocre. Ne faut-il pas en conclure que les filons dont on avait entrepris l'exploitation, n'avaient pas été assez riches ou assez continus? En effet, les mines de Bercastel sur la Moselle et celles de Bleialf (canton de Prum), ne sont plus d'aucune importance ; et l'on voit à Duppenweiler, près de Sar-Louis , ce que Ton peut attendre des mines abandonnées dont on veut reprendre l'exploitation , puisque des sommes très-considérables y ont été dépensées sans aucun résultat. De même, on ne pourra juger de l'utilité des travaux de Longwily qu'après avoir pu reconnaître la continuité du filon par une exploitation de quelques années ; et lorsqu'on reviendra aux mines de Stolzembourg et de Goesdorf, on ne saura prendre trop de précautions, sans lesquelles, en engageant les capitalistes dans les entreprises ruineuses, on ne ferait qu'entraver l'industrie nationale.

On a encore fait des fouilles pour examiner un filon de manganèse que Ton avait découvert dans le terrain de schiste diallagique à Bihain près d'Ottré. Sa direction est E. 1/4 S. £., son pendage vers le JS., et il consiste principalement en hydroxide de manganèse, mêlé d'hydroxide de fer, auxquels est associé un peu de peroxide de manganèse. Mais l'hydroxide de manganèse (schwarzbraunsteinerz et schwarzeisenstein) ne servant pas aux mêmes usages que le peroxide du même métal ( graubraunsteinerz ) , qui seul est employé pour le blanchiment des toiles, les fumigations, dans les

verreries, etc. (1); on ne pourra retirer aucun profit de ce filon, à moins que des recherches ultérieures et mieux dirigées n'y fassent découvrir le peroxide de manganèse en quantité suffisante pour être exploit».

Outre ce qu'on vient de dire, il faut mentionner encore le fer oligiste lamellaire que Ton trouve dans les filons de quartz, à Vieil-Salm. M. Steininger ne Fa pas observé en place, mais il en a vu un beau morceau chez M. Seeliger, à Durbuy, et il ne paraît pas, d'après ce qu'en dit M. de Dechen, qu'il pourra être l'objet d'une exploitation (2).

Le calcaire de transition ou le second système des couches dont les Ardennes se composent, est presque partout traversé par des filons d'hydroxide de fer compacte, que Ton exploite dans les champs des environs de Rochefort et de Durbuy, par des puits en gradins sans boisage, de vingt à trente pieds de profondeur.

Le minerai de fer se trouvant partout très-près de la surface du sol, cette exploitation irréguiière est moins coûteuse et préférable à une exploitation régulière , qui ne serait peut-être pas même possible, parce que les filons irréguliers ne se trouvant que dans le terrain calcaire très-fendillé et corrodé, ne paraissent atteindre une plus grande profondeur que celle des petits puits creusés par les paysans, et toutes ces circonstances semblent indiquer que ces filons doivent leur origine à des infiltrations d'hydroxide de fer dans les fentes

(1 1 Voyez la Chimie de Bcrzélius.

(3 RheinUmd-We4tphalen,ro\.itt,9. 187.

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superficielles du terrain calcaire. Dans l'Eifel, on exploite le même minerai de fer dans la même formation et de la même manière ; et ce n'est qu'à Lommersdorf où il existe un grand amas composé de filons entrelacés, que le conseil des mines prussien avait fait creuser une galerie d'extraction, pour alimenter une fonderie de fer que le gouvernement y possédait.

Outre les filons de fer, le terrain calcaire de transition de Rochefort et de Durbuy contient des amas et des filons de sulfure de plomb. A Tellin, on avait rencontré dans les fentes du terrain de grauwacke argileuse et schisteuse qui avoisine le calcaire de transition des amas de sulfure de plomb d'un poids considérable; mais les recherches ultérieures qu'on y a faites, furent infructueuses. On m'a dit que les fentes dans lesquelles on avait rencontré le minerai, avaient peu de profondeur, et qu'en creusant plus loin, on n'avait plus rien trouvé. On a de même abandonné les travaux qu'on avait entrepris sur un filon de sulfure de plomb qui traverse le calcaire de transition près de Bornai à l'E. de Durbuy ; et on ne sait pas encore quels seront les résultats des recherches qu'on fait maintenant sur la mine de plomb qui fut autrefois exploitée à la Bouverie, près de Rochefort. On dit que cette mine, qui appartenait aux moines de St-Remy, ne fut abandonnée au commencement de la révolution qu'à cause des troubles, et qu'ainsi on peut espérer du profit en re prenant l'exploitation.

Les recherches de houille qu'on avait faites dans les environs de Vaux-Chavanne, à l'E. de Durbuy ,

étaient d'autant plus hasardées que le terrain houiller est superposé au calcaire de transition , pendant que le terrain des environs de Vaux-Chavanne lui est inférieur.

Terrain secondaire du Luxembourg.

Une bande étroite de grès rouge et argileux longe le pied oriental des Àrdennes.depuis Vianden jusqu'à Ettelbruck, Platten et Roedange sur l'Àttert. Plus loin, vers le S., il serait difficile ou même impossible de bien distinguer ce grès du grès de Luxembourg et d'Arlon, et de bien reconnaître son gisement; mais au N. . on peut le suivre par l'Eifel jusqu'à Feulsdorf , dans les environs de Hillesheim et sur le bord de la Kill et de la Salm, jusqu'à Wittich et Trêves. Ce grès est composé de petits grains de quartz agglutinés entre eux par de l'argile colorée en rouge par le tritoxide de fer; il contient des paillettes de Mica et quelquefois de petits modules d'argile colorée comme ci-dessus, ou bien en vert, probablement par l'hydrate de deutoxide de fer (1).

En général , l'oxide de fer est très-abondant dans ce grès, que l'on voit fréquemment traversé par des veines d'hydroxide de fer brun et compacte , plus ou moins mêlé de sable quartzeux. Ces veines, qui ont quelquefois plusieurs pouces d'épaisseur, sontplus dures que la roche environnante et résistent mieux qu'elle à l'action de l'atmosphère ; d'oîi il vient qu'on rencontre souvent

(I) Tbénard, Traité rf« Chimie, tome n, p. 33.

des masses considérables de cette mine de fer à la surface de ce terrain. Dans les environs de Trêves et de Geislautern, près de Sarbruck,on ramasse ces morceaux de mine de fer et on lès mêle avec d'autres plus fusibles pour les fondre.

Les bancs inférieurs de ce terrain de grès sont composés de poudingue psammitique ou de psépbite rougeâtre, et ce ne sont que les bancs supérieurs auxquels convient la description que Ton vient de donner, c est-àdire qu'eux seuls sont composés de psammite rougeâtre (Brongn.). Il faut faire cette remarque surtout par rapport aux endroits où le terrain de ce grès rouge a une très-grande puissance, ou à ceux dans lesquels on ne voit pas ses parties supérieures ; car alors on pourrait être induit en erreur sur la formation à laquelle ce poudingue psammitique et ce pséphite rougeâtre doivent appartenir.

Ordinairement ce terrain de grès rouge est divisé en bancs très-puissans et inclinés du côté opposé à celui où il borde le terrain schisteux, auquel il est immédiatement superposé. Depuis Trêves , la bande de ce grès s'étend vers Sar-Louis et Sarbruck jusqu'à Kaiserslautern; il compose les montagnes de la Hardt etles Vosges . jusqu'au delà de Saverne; et il fallait l'étudier sur toute cette étendue pour parvenir à un résultat définitif, par rapport au rang qu'il occupe dans la série des formations. C'est M. Schmidt, directeur du conseil des mines de Siegen, qui, le premier, en a fait une élude spéciale et la déclaré pour le grès bigarré des géognostes allemands.

Ce qui précède suffit pour faire connaître la com-

position du terrain de gypse inférieur au calcaire coquillier; mais à 1*0. de la zone de ce calcaire qui a été signalée il existe un autre terrain de gypse et d'argile bigarrée , qui s'étend depuis Messerich au N. d'Echternach jusqu'au delà de Lunéville, en formant une bande de terrain parallèle à celle du calcaire dont elle est bordée vers TE., et qui contient les grands dépôts de sel gemme de Vie en Lorraine. Dans le Luxembourg ce terrain est limité du côté de la Moselle et séparé du calcaire coquillier par une ligne qui passe par Remich, Berg, près de Grevenmachern et Echternach, tandis que sa limite occidentale, formée parle grès de Luxembourg, passe par Dalheim, Kiederanweiler et Echternach.

La composition de ce terrain de gypse diffère peu de celle qui a été reconnue au terrain de gypse inférieur au calcaire coquillier. En effet, à Nierderanwei,ler et k Remich,de même qu'à Château-Salins et à Vie, on ne voit â la surface du sol que des couches d'argile bigarrée contenant quelquefois des couches minces de calcaire compacte et des dépôts de gypse, entre lesquels celui de Mont fort près de Remich est remarquable comme appartenant à la variété granulaire (albâtre) de gypse Liane et rosâtre , dont on pourrait fabriquer des vases et autres ornements.

A Echternach, le même terrain est composé des couches suivantes : d'abord on voit à côté de la Sure, audessous d'Echternach, le calcaire coquillier s'enfonçant en bancs très-puissans dans le sol, l'inclinaison des couches étant occidentale, de sorte que leur prolongement

doit passer au-dessous des argiles que Ton voit sur le côté vis-à-vis d'Echternach, immédiatement au-dessus du niveau de la rivière, et qui y sont couvertes d'une couche de calcaire compacte, gris-jaunâtre,de peu depaisseur, au-dessous de laquelle l'argile bigarrée alterne avec des couches de gypse compacte et de gypse fibreux jusqu'au milieu de la côte, où ces couches supportent une assise de grès rouge et argileux, qui a jusqu'à vingt pieds d'épaisseur, et sur laquelle repose une couche très-épaisse de marnes terreuses, grises, couverte par des bancs trèspuissans de grès de Luxembourg, dont il sera question plus bas.

Au S. d'Echternach , on ne retrouve plus l'assise de grès rouge intercalée entre les couches d'argile et de gypse, dont on vient de parler, de sorte qu'elle paraît avoir très-peu d'étendue; mais c'est là qu'on a rencontré la couche mince de schiste carburé, qui a fait croire qu'on y trouverait des houilles, quoiqu'il eût été très-simple de penser que dans ce cas la position presque horizontale des couches aurait dû de tout temps en montrer les tranches à découvert sur le penchant des côtes (1).

(1) Dans les environs de Brecht, Huttingen et Mellendorf , an N. d'Echternach, on exploite quelques couches minces d'hydroxlde de fer compacte qui se trouvent dans le terrain d'argile, entre le grès bigarré et le grès de Luxembourg. Le calcaire coquillier ne se trouvant pas anx endroit» où M. Steininger a vu cette exploitation , il est difficile d'assigner exactement le rang des couches d'argile qui contiennent le minerai de fer ; cependant, d'après quelques traces de couches calcaires qui se trouvent dans les puits creusés dans les champs, comme à Rochefort, M. Steininger a des raisons pour croire que ce sont les argiles inférieures au calcaire coquillier, qui contiennent le minérai de fer sur le territoire de Prusse, aux environs de Vianden.

A Igfl et à Reroich, on prétend avoir quelquefois trouvé des morceaux de sulfure de plomb dans le terrain calcaire coquillier; mais on n'a jamais connu dans ce terrain ni filon métallifère, ni amas assez considérable pour donner lieu k aucune exploitation. Ainsi les terrains de gypse et de calcaire coquillier ne fournirent jamais au Luxembourg d'autres richesses minérales que le plâtre, les pierres à chaux et des argiles. '

SLR LA PROVINCE DE LUXEMBOL'RC. 39

Avant Centrer dan» la discussion ultérieure des différentes opinions sur le gisement du calcaire coquillier,il convient de continuer l'indication des diiTërens terrains secondaires dans la partie méridionale du Luxembourg.

Une ligne tirée par Hettange, Rodemacher, Dalheim, Sandweiler , Niederanweiler , Zittich , Echternach 7 Dockendorf, Bisdorf, Wallendorf, Cruchten, Mersch , Ansembourg, Ober-Pallen, Tintigny , Florenville, Virton , Messanly , Strassen , Frisange et Hettange , forme la limite du plateau du grès de Luxembourg, ou d'un banc très-puissant de grès pour la plupart blanc ou jaune à grains très-fins, tantôt sans ciment sensible , tantôt a ciment argileux, coloré par l'hydroxide de fer, qui s'y trouve quelquefois en grande abondance, jusqu'à rendre le grès très-friable et d'un brun jaunâtre. Dans les banc3 supérieurs , le ciment est calcaire et le grès passe au calcaire compacte dont il est couvert.

Il est rare de rencontrer dans ce giès des bancs de poudingue psammitique; mais quand on en trouve (par exemple à Luxembourg, à Gemavy et à Berchiouve, près deMeix, aux environs de Virton), on les voit toujours remplis de débris de pétrifications, surtout de bivalves, qui manquent aux autres couches, excepté aux supérieures , à ciment calcaire , où on les voit en grande quantité et assez bien conservées.

On croit communément que les veines d'hydroxide de fer compacte, mêlé de graines de quartz, caractérisent en quelque sorte le grès bigarré; cependant M. Steininger en a observé à Arlon dans le grès de Luxembourg, de 1 épaisseur d'un pied à peu près ; au

reste , cette formation ne paraît pas contenir des minerais.

Enfin la manière dont ce grès se décompose à l'air, est encore remarquable, car on ne rencontre nulle part dans le terrain de grès bigarré, mêmes dans les Vosges, ces rochers imitant d'anciennes ruines ou formant par leur amas menaçant des aspects si pittoresques, comme on le voit dans le terrain de grès de Luxembourg t surtout dans la vallée de l'Erns et dans celle de la Sure. Les montagnes de grès bigarré ont ordinairement des formes plus douces et plus arrondies , sans doute parce que ses roches sont plus uniformément argileuses et par là résistent plus uniformément à l'influence de l'atmosphère que le grès de Luxembourg. Ce terrain repose tantôt immédiatement sur le calcaire coquiller (comme à Reisdorf, Wallendorf et Bollendorf ) , tantôt sur le terrain d'argile bigarré et de gypse (connu depuis Dalheim jusqu'à Echternach , et, dans la vallée de l'Alzette, depuis Gruchten jusqu'à Luxembourg), où il est immédiatement superposé au terrain de transition des Àrdennes (à Florenville et à Tintigny); il a été décrit sous le nom quadersand-

1 il

Je

il n'appartient pas à la formation du quadersandslein des géognostes allemands, et il est plutôt le keupersandatein de MM. d'Oeynhausen et Keferstein dont il sera question plus bas.

Les hauteurs de presque tout le plateau du grès de Luxembourg sont couvertes par une formation de calcaire compacte, gris-bleuâtre, dispose en couches d'un

ou de deux pieds d'épaisseur, alternant avec des marnes grises, terreuses et qui donne une chaux excellente qu'on emploie de préférence pour les constructions sous l'eau. Cette formation calcaire contient une grande quantité de pétrifications, par exemple des terebratulites lacunosus, et des ammonites annulatus (Schlotheim), le gryphœa arcuala et le plagiostoma seminularis (Lamarck) , qui ne sont pas encore parfaitement connues , et elle acquiert une puissance considérable entre Rodemacher, Mondorf et la Moselle, surtout aux environs de Gandern et de Haut-Conz, où elle repose immédiatement sur le terrain d'argile bigarrée , comme à Château-Salins, Vie et Luneville , jusqu'où elle s'étend en laissant entre elle et le calcaire coquillier la bande de terrain d*argile dont il a été parlé plushaut.Tous les géognostes admettent que cette formation calcaire appartient au calcaire à gryphées arquées ou au lias des Anglais , qui forme les bancs inférieurs de la formation jurassique ; mais ce qu'il faut remarquer particulièrement c'est qu'elle est intérieurement liée au grès de Luxembourg tant par l'identité des pétrifications que par les passages de Tune de ces roches à l'autre, aux endroits où les bancs supérieurs du grès deviennent calcaires et bleus. Par cette liaison, le grès de Luxembourg appartient au système de couches dont la formation jurassique est composée, et est absolument indépendant du système des formations secondaires inférieures, sur lesquelles il repose à gisement transgressif , et qui est composé du grès bigarré , du calcaire coquillier et des terrains de gypse et d'argile

bigarrée. Entre Dudelange , Mauvais-Esch, Longwy et Ruette d'un côté ; et Virton , Mesancy , Garnich et Luxembourg de l'autre côté , le calcaire à gryphées arquées est recouvert de marnes grises dont les couches supérieures renferment une sorte de grès marneux à Halanzy(l), recouvertes elles-mêmes de grès ferrugineux à Bas-Chérange et près de Longwy. Les marnes grises plus ou moins compactes et schisteuses , n ont rien de remarquable, mais le grès marneux et le grès ferrugineux offrent beaucoup d'intérêt. Le premier est marno-calcaire gris ou gris jaunâtre; les parties extérieures de ses couchessont pour la plupart brunes, couleur dérouille, pendant que l'intérieur est gris bleuâtre ; le second est d'un rouge sombre et contient une très-grande quantité de fragmens de coquilles blanches et comme calcinées; souvent la masse en est entièrement composée de tritoxide de fer arénacé ou terreux, et traversée de veines d'hydroxide de fer compacte; d'autres fois il se rapproche du grès marneux , de sorte qu'on pourrait le nommer grès marno-ferrugineux.

Entre Aubange et Ualanzy, ce grès marno-ferrugineux contient une quantité immense de bélemnites et de coquilles bivalves , en partie si bien conservées qu'on croirait se trouver dans un terrain tertiaire. Les bivalves appartiennent en grande partie au genre des placuna, dont M. Steininger a recueilli l'espèce pl. pecti-

(I) k Dahlea, on trouve de* couche* d'un grès jaunâtre friable, semblable an grèt de Luxembourg, couvrant les marnes grises des environs de Dahlcm et de Garnich, et appartenant au véritable grès du calcaire à gryphées des géognostei.

noïdes , . décrite par Laraarck dans ses animaux sans vertèbres, t. vi, première partie, p. 224; d'autres à celui des manteaux (pecten) et ont à peu près la grandeur du pecten maximus ; d'autres à celui des ostrea. M. Steininger a trouvé ces dernières en grand nombre, cependant elles n étaient pas assez bien conservées pour se prêter à une détermination exacte des espèces.

Enfin il n'est peut-être pas sans intérêt de remarquer que le grès marneux et les marnes grises contiennent quelquefois à Aubange, des masses de lignitepiciforme, qui , bien quelles ne se trouvent nulle part en assez grande quantité pour être exploitées , contribuent cependant à caractériser le terrain dans lequel elles se trouvent.

Le grès ferrugineux est recouvert de la formation du calcaire oolitique , qui s étend du Jura , par Vesoul , # Nancy et Metz , jusqu'à la frontière du Luxembourg , qu elle longe dans la direction de Dudelange , Mauvais- Esch , Longwy et Montquentin près de Virton. Pour faire connaître la composition de cette formation et son rapport avec les terrains inférieurs, il suffit de donner une description de la montagne sur laquelle est bâtie la ville de Longwy.

Les couches supérieuresde cette montagne consistent en dalles horizontales de calcaire sablonneux et degrés calcaire ; les couches intermédiaires sont composées de calcaire oolitique, qu'on peut regarder comme un amas de parcelles de calcaire spathique jaune, dont la coupe transversale est circulaire , luisante , et marquée d'un creux au milieu , de sorte qu'on pourrait le prendre

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pour des articulations cTencrines pétrifiées. Au pied de la montagne et près de St. Martin, on voit des couches de grès ferrugineux d'un brun sombre et de tritoxide de fer hydraté arénacé , ayant à peu près 200 pieds d'épaisseur. Près d'Aubange , enfin on rencontre dans la vallée, les marnes grises du lias. Le grès ferrugineux et le fer hydraté arénacé sont composés de petits grains bruns d'hydroxide de fer compacte, agglutinés entre eux par un hydroxide de fer d une couleur plus claire , de sorte qu'ils forment une roche friable et assez semblable au grès. On observe la même composition des roches et le même gisement à Hayange, et ce n'est que dans les endroits ou il ne paraît pas exister de calcaire à grypbées , comme à Saint-Mard , près de Virton , que le grès ferrugineux et le calcaire oolitique reposent immédiatement sur le grès de Luxembourg. Dans ce cas les couches supérieures du grès de Luxembourg deviennent très-ferrugineuses et friables, et se rapprochent du véritable iron sand. Mais d'après M. Steininger , ce n'est qu'à Hayange qu'on exploite du minerai de fer dans des couches de grès ferrugineux, semblables à celles deLongwy.

Voilà en général l'ordre de superposition des terrains secondaires qui composent le Luxembourg ; mais pour déterminer avec plus d'exactitude le rang de ces terrains dans la série des formations admises aujourd'hui par les géognostes, il est nécessaire d'ajouter quelques remarques sur la différence entre les opinions des géognostes qui en font mention dans leurs écrits.

MM. d'Oeynhausen et de Dechen, s'appuyant sur ce qu'ils crurent avoir observé dans le Wurtemberg, admettent que le terrain salifére de la Lorraine, et par conséquent le terrain d'argile bigarrée et de gypse à l'O. de Remiçh et de Grevenmacher , reposent sur le calcaire coquillier, ou que celui-ci s'enfonce sous le terrain d'argile bigarrée dont il est bordé vers l'O. M. d'Oeynhausen en particulier décrit le terrain salifére des environs de Sultz sur le Necker ainsi qu'il suit :

1*Le terrain sur lequel repose la formation salifére, est un grés rouge à grains fins (ou le grès bigarré à l'E. de la Forêt Noire) qui, quoiqu'il ne se montre pas à la surface, a été reconnu dans le ^lus profond des puits creusés à cet effet.

2° Au-dessus de ce grès sont des couches d'argile rouge schisteuse, dont l'ensemble a une épaisseur de vingt pieds, et dans lesquelles il y a de minces raies de gypse fibreux. Elles ne sont pas visibles à la surface ; elles se trouvent à 354 pieds au-dessous du niveau du Necker, à 985 pieds au-dessus de la mer.

3° Au-dessus de l'argile rouge schisteuse est un lit de calcaire, gris-de-fumée, de 226 pieds d'épaisseur. Ce calcaire se divise en couches très-minces, souvent ondulées, forme des rognons, et contient rarement des pétrifications. Dans ce terrain il y a des sources un peu salées.

4° Sur ce calcaire repose un système de couches composé des assises suivantes :

a Assise de gypse blanc ou gris , ordinairement compacte, de quatre pieds d'épaisseur.

b. Assise d'argile salifère, contenant des couches minces de sulfate de chaux anhydre, de gypse et de petits amas de sel gemme , formant un ensemble de cent pieds d'épaisseur.

c. Assise de gypse compacte gris et blanc, de vingt, quatre pieds d'épaisseur.

Ces assises qui font un ensemble de cent vingthuit pieds d'épaisseur, sont plus ou moins mêlées de parties de sel gemme, et composent ce qu'on appelle formation salifhre. Mais cette formation qui renferme très-peu de sel gemme, s'élève jusqu'au niveau du Necker.

5° On aperçoit sur ce système de couches une seconde masse de calcaire gris-de-fumée de deux cent quarante pieds d'épaisseur, qui est semblable au calcaire décrit n° 3, à cela près, qu'il est moins divisé en couches. Les bancs de ce calcaire sont poreux ou compactes ; il y en a qui sont remplis de pétrifications ; mais en général, les pétrifications y sont rares. Dans les couches supérieures et inférieures, on rencontre des raies minces et des rognons de silex pyromaque.

6° Au— dessus de ce calcaire, dont toutes les couches sont coupées par la vallée profonde du Necker, on trouve un grès tendre, gris jaunâtre, à grains lins , qui contient quantité d'empreintes végétales. Il n'est recouvert d aucune autre formation et n'a que quinze pieds d'épaisseur. Mais à l'E. de Sultz, cette

roche devient très-puissante et forme un terrain qui consiste en différentes couches de marne argileuse et bigarrée, de couleur rouge, brune, violette, verte ou grise, la couleur rouge étant prédominante ; enfin en couches de grès à grains fins, de couleur rouge , grise ou blanche ; en couches de calcaire marneux, gris et blanc jaunâtre, et en couches irrégulières de gypse blanc ou rouge, rarement gris. Dans ces dernières couches , le gypse fibreux est très-commun, et on y rencontre quelquefois du sulfate de soude : dans les environs de Sultz, cette formation n'est qu'indiquée ; c'est plus à TE. qu'elle est mieux développée. Elle y forme une chaîne de collines parallèles à la rauhe alpes , et acquiert une trèsgrande étendue dans les environs de Tubingue et de Stuttgard.

7" Après la formation des marnes bigarrées vient un calcaire un peu granuleux, d'un gris sombre et bleuâtre, qui est très -bien caractérisé, et peut être reconnu à l'instant par la grande quantité de gryphées (gryphœa ar ouata) qu'il contient. En Allemagne méridionale, on connaît ce calcaire sous le nom de calcaire à gryphées.

L'épaisseur de ses assises ne surpasse guère cinquante pieds; elles sont remplies d'ammonites, de nautilites, de chamites, de bélemnites, et répandues sur une très-grande surface, de sorte qu'on ne peut pas les méconnaître.

Le calcaire à gryphées avec ses marnes, constitue rarement la base de la formation jurassique.

8° Cette formation supporte un grès fin, blancjaunâtre, à lits subordonnés d'hydroxide de fer granulaire , qui , bien que sur plusieurs points il ne soit qu'indiqué, devient dans d'autres lieux d une épaisseur considérable, par exemple, à Aulen et à Wasseralfingen. Plusieurs géognostes allemands considèrent ce grès comme remplaçant le quader-

9° Sur ces couches, dont l'épaisseur est ordinairement peu considérable , repose la grande masse de calcaire jurassique, qui atteint même dans l'alpe de Souabe la hauteur de 3000 pieds. C'est une roche compacte et blanche, rarement oolitique (1).

M. d'Oeynhausen pense que le grès des Vosges est identique avec le grès rouge ou bigarré, à l'E. de la Forêt-Noire ; le calcaire qui couvre le grès des Vosges, depuis Blamont jusqu' à Bittbourg, appartient à la même formation que le calcaire coquillier du Necker ; dans le terrain d argile bigarrée et de gypse de Vie, auquel le sel gemme est subordonné, il croit reconnaître la formation des marnes bigarrées décrites n* 6; et dans le calcaire gris qui couvre les argiles bigarrées de Vie et de Château-Salins, il reconnaît le calcaire à gryphées des géognostes de l'Allemagne méridionale. Le gypse de Rahlingen et d'Igel , celui que l'on voit dans la vallée de la Moselle jusqu'à Remich , et dans celle de la Blies à Bliesschweigen , près de Sarguemine, et qui est

(1) Voyei Kanteos archir. ftlr Berçbao und HUUenwcscn, t. yik, p. 54.

couvert par le calcaire coquillier, lui tient lieu du gypse inférieur du Necker. Enfin MM. dOeynhausen et de Dechen, en admettant que le terrain d'argile bigarrée et de gypse entre Grevenmacher et Niederanweiler, de même que le terrain de Vie avec lequel il est en liaison immédiate , appartient à la formation des marnes irisées, qui reposent sur le calcaire coquillier , déclarent . que la formation salifère n'existe point dans le district de F administration de Trêves puisque l'extrémité septentrionale du terrain salifère de la Lorraine , se trouve entièrement sur la rive gauche de la Moselle, dans le Luxembourg, et que le terrain salifère du Wurtemberg, qui est intercalé au calcaire coquillier dont il (orme le système de couches intermédiaires , ne se rencontre aucunement sur les bords de la Moselle et de la Sure ; pour prouver l'opinion contraire, d'après laquelle le terrain salifère de la Lorraine ne repose pas sur le calcaire coquillier, mais se trouve au-dessus comme sur le Mecker, M. Steininger s'est appuyé surtout sur le profil des montagnes , prés de Haut-Conz sur la Moselle, et sur la présence du sulfate de chaux anhydre et du sel gemme dans la formation de gypse à Igel ; savoir : sur la rive gauche d'un ruisseau , qui vient de Berg et se jette dans la Moselle à Haut-Conz , on voit le calcaire coquillier recouvrir la formation de gypse , et couronner la montagne qui s'étend vers Sierk et Schengen. Les carrières a plâtre de Bas - Conz sont

au-dessus du calcaire coquillier, sur le milieu de la pente orientale de la montagne ; sous le terrain de gypse , on voit le grès bigarré sortir près de Sierk et couvrir le quartzite entre Sierk et Àpach. Mais sur la rive droite du même ruisseau, à Haut-Gonz , les marnes irisées sont couvertes immédiatement par le calcaire à gryphées, de sorte que celui-ci et le calcaire coquillier sont coordonnés l'un à l'autre au-dessus du même terrain de gypse et que l'identité de la formation d'argile bigarré de Niederanweiler , et de la formation salifère de Vie, avec la formation du gypse au— dessous du calcaire coquillier sur la Blies, la Sure et la Moselle, ne peut être révoquée en doute; et non-seulement le banc de sulfate de chaux anhydre d'Igel , contenant du sel gemme, en est une nouvelle preuve, mais il démontre encore l'existence du terrain salifère dans une grande partie du district de Trêves.

Du reste M, d'Oeynhausen paraît lui-même admettre que l'argile bigarrée de Miederanweiler se trouve au-dessous du calcaire coquillier, parce qu'il dit entre autre, dans le nivellement barométrique qu'il a exécuté dans son voyage : « Pente de la montagne à » l'O. de Grevenmacher, à l'endroit où les marnes » irisées r essor tent ait-dessous du calcaire coquillier, » 985 pieds au-dessus de la mer » .

M. Bouéqui d'abord s'était aussi déclaré contre l'opinion de M. d'Oeynhausen , admettait que le calcaire ondulé de Sultz , est une assise surbordonnée au teirain de gypse, telle qu'on les rencontre

dans ce terrain à Ein ville, près de Lunéville, à Vie et à Château-Salins (nommés crapaud par M. Voltz , dans le journal de minéralogie de M. Leonhardt, 1823, p. 730), à Haut-Conz, à Niederanweiler et à Echternach. Il croyait qu'il serait difficile d'admettre avec M. d'Oeynhausen que le dépôt de sel gemme soit dans la Lorraine, au-dessus du calcaire coquillier, pendant qu'il se trouve au-dessous de lui dans le Wurtemberg , puisqu'une telle oscillation serait tout à lait nouvelle, et qu'il faudrait du moins de nouvelles et plus sures observations , pour pouvoir souscrire à l'opinion de M. d'Oyenhausen.

Cependant MM. Hansmann et Keferstein, qui admettent avec M. d'Oeynhausen la superposition du terrain d'argile bigarrée de Vie et de Tubingue au calcaire coquillier, ont appelé ce terrain keuper formation, d'après une dénomination usitée dans la Saxe-Cobourg, et ont cru que le grès de Luxembourg n'en était qu'une couche subordonnée (1).

Mais d'après les observations multipliées de M. Steininger, le grès de Luxembourg est indépendant des formations sur lesquelles il repose et est lié au calcaire à grypbées, pendant que la formation du keuper (des marnes irisées) se rattache au calcaire coquillier et au grès bigarré, même d'après l'aveu de M. d'Oeynhausen.

M. Keferstein ne se sert plus du nom de qua-

(1) Mémoire géologique sur les N.du Danube, p. 8, 539.

du S.O, de l'Allemagne, au

dersandstein dans ses tables comparatives de géognosie, publiées, à Halle, en Saxe, 1825, puisque le quadersandstein du S. de l'Allemagne est superposé au calcaire à giypbées arquées, et appartient au grès ferrugineux, et que le quadersandstein du N. de l'Allemagne est identique avec le grès vert (green sand) et avec la craie chloritée , qui reposent sur la formation du calcaire jurassique (1). M. Boué lui-même s'est rangé de l'opinion de M. Referstein, dans ses tables synoptiques de géognosie (2); etM.L.De Bucb admet du moins la formation des marnes irisées (keuper formation) au-dessus du calcaire coquillier, quoiqu'il ne considère pas le grès de Luxembourg comme une couche subordonnée à cette formation (3). Enfin, M. de Humboldt retient le nom de quadersandstein pour désigner la formation de grès qui se trouve entre le calcaire coquillier et le calcaire à gryphées arquées, sans admettre Tindépendance de la formation des marnes irisées ou du keuper (4).

Vu cette diversité d'opinions et l'équivoque des synonymes, on ne saurait mieux faire, d'après l'autorité de M. Steininger, que de se servir du nom géographique de grès de Luxembourg, en parlant du grès qui se trouve au-dessus du calcaire coquillier, et de rapporter les observations qu'on a faites

(I) Description giognottique de rAlUmagnt; par Kefcrstein, vol. ui, p. 549. Weimar. l2) Journal de MinéraXgit ; par M. de Leoabardt ; août 1827.

(3) Carte géographique de l'Allemagne, en 42 fcuiHe*, publiée à Berlio, 1826.

(4) Voyage de M. de Humboldt, toI. p. 562, édition allemande, 1826.

jusqu'ici sur le gisement du calcaire coquillier et des terrains d'argile bigarrée et de gypse, sans vouloir décider des questions, par rapport auxquelles ' les géognostes ne sont pas d'accord entre eux.

D après M. Steininger le calcaire coquillier pourrait être encore considéré comme une couche su- j bordonnée au terrain d'argile bigarrée et de gypse , qui se trouve entre le grès bigarré et le grès de Luxembourg, parce qu'on ne le voit pas ressortir entre les deux terrains de grès des environs de Mer se h , qu'en couches très-minces.

Allumons anciennes dans le pays de Luxembourg. j

Parmi les alluvions anciennes, c'est-à-dire qui n'ont aucun rapport avec le cours actuel des eaux sur la surface du globe, et qui seules méritent l'attention du géonoste, il n'y a que celles de minerai de fer qui soient remarquables dans le grand Duché de Luxembourg ; car , depuis les environs de Mersch jusqu'à la frontière de la France, il y a des couches alluviales de fragmens roulés de minerai de fer, brun sombre, qui sont exploitées dans différents endroits et qui seules alimentent, à peu d'exception près, les nombreuses fonderies de fer et les forges du grand Duché.

Au N. de Mersch, entre l'Alzette et l'Attert, il y a un plateau peu élevé de sable ferrugineux qui couvre les argiles bigarrées des environs de Mersch.

Ces sables contiennent dans quelques endroits une» et dans d'autres deux couches horizontales de minerai, ayant jusqu'à cinq pieds d'épaisseur.

Le minerai consiste en morceaux angulaires et roulés, qui ont tantôt la grosseur d'un pois, tantôt celle d'une noisette. Sous la loupe, on en reconnaît facilement deux variétés dont l'une consiste en hydroxide de fer compacte, mêlée de grains de quartz , et semblable à celui qui traverse le grès bigarré en veines de quelques pouces d'épaisseur ; l'autre est une veine de fer oolitique , dont on peut distinguer deux sous -variétés : la première consiste en morceaux lisses et luisans, de couleur brun noirâtre, composés de petits grains indiscernables à l'œil nu, dont la cassure est unpeuconchoïde, tantôt terne, tantôt d'un éclat submétallique. Les grains sont agglutinés' entre eux sans ciment . visible, et on reconnaît quelques petits grains de quartz, mêlés avec eux. La seconde sous variété consiste en morceaux rudes au toucher, et composés de grains d'une veine de fer semblable à celle dont on vient de parler, mais agglutinés par une pâte ferrugineuse, d'un brun plus clair, et qui paraît être de l'hydroxide de fer presque pur. Cette seconde sous variété de minerai de fer oolitique est semblable à l'hydroxide de fer arénaré ou au grès ferrugineux de Longwy dont il a été question.

Pour connaître la composition des minerais de fer en grains , il faut consulter le mémoire déjà cité de M. Berthier ; cependant il a paru intéressant à M. Steininger de soumettre la première sous variété de ceux

de Mersch à des essais dont voici le résultat : 1° Quand on expose le minerai, mêlé de sousborate de soude, sur un charbon, à Faction de la flamme de réduction , on le fond assez facilement au moyen du chalumeau, et on obtient une scorie noire, du fer, et du titane métallique, de couleur rouge de cuivre, et indissoluble dans l'acide hydro chlorique froid.

2° Traité par l'acide hydrochlorique bouillant, le minérai se dissout, en laissant un résidu de petits grains de quartz et de quelques flocons siliceux; la dissolution se précipite par l'ammoniaque caustique, de sorte qu'après la filtration elle ne contient que l'hydrochlorate d'ammoniaque, formé pendant l'opération. Le précipité, composé principalement d'hydroxide de fer et, d'après l'essai rapporté n° 1 , d'oxide de titane , contient de l'alumine et du deutoxide de manganèse que Ton peut en séparer par des opérations décrites dans tous les ouvrages de chimie.

On n'a trouvé dans le minerai ni de l'acide phosphorique, ni de la chaux ou de la magnésie; et quoique le titane se soit manifesté d'une manière si inattendue, et que le fer titane agisse sur l'aiguille aimantée, on n'a pu découvrir dans le minerai trituré aucun grain de fer titané attirable à l'aimant. Le minerai des environs de Mersch est exploité de temps immémorial,au moyen de puits à gradins et sans boisage de 25 à 30 piedsde profondeur. Sur les pentes du plateau, la couche du minerai esta fleur déterre; l'exploitation s'étend jusqu'aux environs de Miesdorf et

de Cruchten ; le lavage a lieu à Mersch. Une exploitation régulière serait impossible , puisqu'il reste peu d'endroits où le minerai ne soit pas exploité, et que c'est un pur effet du hasard, lorsque le mineur rencontre avec son puits la couche vierge et exploitable.

On s'occupe d'une exploitation semblable entre Marner et Holzen , et dans les communes de Garnich, de Kinzing et de Hohn, à l'O. de Luxembourg. Entre Marner et Holzen , les morceaux de minerai de fer sont plus gros qu'à Mersch; souvent ils atteignent la grosseur d'un œuf de poule. M. Steininger a trouvé des traces de ces couches alluviales de minerai de fer à la surface du sol jusqu'aux environs de Schouweiler; à Rodange près de Messancy et à Musson près d'Halancy , il y a encore des exploitations de ce genre, mais, à ce qu'il paraît, moins considérables.

La mine de fer la plus remarquable dans le Luxembourg est celle de Ruette près de Virton. Le calcaire oolitique couronne les hauteurs au S. de ces localités; et c'est dans le bois sur la montagne qui domine Ruette que le calcaire oolitique est traversé d'une large fente remplie d'alluvions semblables à celles dont on vient de parler. On peut admettre que la fente a 50 ou 60 pieds de largeur à la surface du sol, et 100 pieds environ de profondeur. Les alluvions dont cette fente est remplie, consistent en grandes masses angulaires de calcaire oolitique et de calcaire jurassique compacte, contenant des madrépores mal conservés, et en grandes masses angu-

laires, mais roulées d'hydroxide de fer compacte, d'un brun foncé, et traversé quelquefois de veines de quartz hyalin cristallisé , dont le poids comporte jusqu'à 80 livres et davantage. Les interstices de ces masses sont remplies de terre argilo-calcaire, colorée par le tritoxide ou par l'hydroxide de fer ; la direction de la fente étant H. 0. 1f4 0. , et passant par Saint- Pancré , on ne peut pas douter que ce ne soit le même gîte de minerai qu'on exploite auprès de ce dernier endroit. Les travaux d'exploitation se font à ciel ouvert. Au reste on ramasse de la mine de fer alluviale en petits morceaux , semblable à celle de Musson et de Marner, dans les cbamps qui couvrent les flancs de la même montagne vers Ruette.

Relativement à la fente que l'on vient de décrire, il est bon de remarquer, 1° que ce n'est pas un filon ; c'est plutôt une large crevasse de peu de profondeur, remplie de masses alluviales et en grande partie roulées ; 2° que la direction de cette fente est parallèle à la direction de la vallée entre Ha lancy et Virton; 3° que le minerai de fer y provient de la destruction d'anciens filons. Il est à remarquer en même temps que le minerai de fer, dont on vient de parler, quoiqu alluvial, diffère de celui des couches alluviales de Mersch et peut-être de toutes les couches semblables qui s'étendent depuis Mersch jusqu'à la frontière de France, en ce qu'il est compacte et n'appartient pas aux minerais de fer en grains. Enfin il n'est pas sans intérêt d'observer que la grosseur des fragmens de ces alluvions diminue à

mesure que Ton avance vers le nord ; c'est pourquoi M. Steininger croit qu'on peut admettre qu'il y a eu anciennement un courant d'eau dirigé du S. au N. qui a charié le minerai de fer dispersé actuelle* ment sur une grande partie de la surface du Luxembourg au midi desArdennes.

La fente de la Ruette étant parallèle à la vallée qui s'étend d'Halancy à Virton, on peut présumer que son origine a des rapports avec la formation de cette vallée. Peut-être que d'anciens courans d'eau douce ont charié les minerais, provenant en partie de la de struction du grès bigarré et du grès ferrugineux, avant que les eaux de la Moselle et de la Meuse se fussent creusé leurs lits. Mais cette recherche sortant du domaine de l'observation , doit rester étrangère à la description minéral ogi que du Luxembourg qui ne saurait être mieux terminée que par le résumé général des observations discutées dans cet ouvrage.

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