‹ Dictionnaire héraldiqueChapitre 48 sur 236 · COT · texte numérisé non relu

COT

s.-iblo , bccquOe vl iiicmbrét' du gueules, tlu^enne ettiascoi^iie.

Du Lin — écaitelé aux 1 et 4 d'or, h la corneille de sable, beciiuée et iiienibrée de gueules ; aux 2 et 3 d'azur, à une épéo d'argent, la pointe en bas ; sénestrée d'un écusson d'or. Guyenne et (îaseognc.

La Rochcnegltj — d'arj^ent, à une corneille de sable, [«ercliée sur un tertre du môme. Auveigne.

Carheil — d'argent, à deux corneilles effarées et alTrontées de sable , membrées et bec(iuées d'or, accouiiiagnées d'une molelle de sable en j)ointe. Bretagne.

Supenne — d'argent, à deux corneilles affrontées de sable, posées sur un roclier du même ; à trois barres d'azur, brochantes sur le tout, (iuyenne et Gascogne,

Durund — d'azur, à une alliance d'argent en fasce, au chef de même, chargé de deux corneilles atfrontées de sable. Berrj.

La Hoclière — de sable, à trois corneilles d'argent. Bretagne.

(iallard — d'or, à trois corneilles de sable, membrées et beciiuées de gueules. Ile do

Cornillau de la Btraudière — d'argent, à trois corneilles de sable, membrées el becquées d'or. Maine.

Bccijurt de Meyille — écnrtelé aux 1 et 4- <rargent à trois corneilles de sable, becquées et membrées de gueules; l)risé en cœur d"un(^ croi.sette [latlée et ticliée de sable ; aux 2 et :i d'azur, à trois tours d'or ébréchées à uextic. Flandre.

(iatard — d'or, à trois corneilles de sable becquées et membrées de gueules, posées 2 et 1. (iascogue.

Du Four — d'or, h trois corneilles de sable. Guyenne et (iascogne.

Lary —d'argent, à trois corneilles de sab'e , becquées el membrées de gueules.

Guyenne et Gascogne.

La Jiroue — d'or, îi trois corneilles de sable , bc((piées et membrées de gueules.

Guyeiint' et (iascogne.

Jleanticu d'Abzac — d'or, à trois corneilles de sable, becquées et membrées de gueules, l'rovcfice.

Conseil — d'or, à trois corneilles de .sible, bi'ciiuées el membrées de gueules. Langueduc.

Corncillan — d'or, à trois corneilles de sable, 2 et 1. Languedoc.

Maillur — d'argent, à trois corneilles sur trois roi iiris d'azur. Languedoc.

COUMLKF. iMenble d'armoiries , ainsi Uiiinmé de ce (|u'il représente une anse ou iiirne, ipi'on metlait anciennement aux antjles des tables, des collres, pour en faciliter le lrans|r(»i t.

Kn France, on n'en voit (]ue dans les armes di's Villiers de l'Ile-Adam où elle est cil brisure.

COTICE. Pièce d'armoiries, (|ui n'a (|uc la moitié de la largeur de la bande.

Il peut y avoir une, deux, trois , ipialre "niices dans l'écu; il v en a le plus souvent ù»q.

Les coliccs, ainsi nommées de ce qu'elles sont posées de côté , se placent indilléremment dans le sens de la bande el de la barre ; on n'exprime leur position que dans ce dernier sens. Elles sont souvent seules ; quelquefois elles chargent et accompagnent des [lièces honorables.

Tliézan — écartelé, d'or et de gueules, à la cotice d'azur brochant sur le tout. Comtat Venaissin.

Talaru — parti d'or cl d'azur, ,\ la cotice

de gueules brochant sur b- tout. Lyonnais.

liaillct —d'azur, à une cotire de pourpre,

accoiniiagnée de deux ampbislères d'or. Ile

de France.

Cup — d'azur, à la cotice d'argent accompagnée de trois étoiles de même. Languedoc.

Annequln — écartelé d'or et de sable, à la cotice engrêlée de gueules. Artois.

Challciit — d'argent , au chef d'azur et une cotice de gueules en bande brochant sur le tout. Nivernais.

Lennare — d'argent, à deux colices de sable. Cham|iagne.

Mouray — d'argent , à deux cotices d'azur, au canton sénestre de sable, chargé de deux aniieirts d'or. Lorraine.

Bcllct — d'azur, à deux cotices engrêlées d'argent, la sénestre chargée d'une belette d'or, accolée de gueules et darinée d'argent. Bresse el I5ugey.

Merle — d'or, à deux cotices de sable, accompagnées de six merlelles du même. Lira osin.

Crux — écartelé, aux 1 et k d'azur, à deux colices d'argent accompagnées de sept coquilles de même, 1 en chef, 3 en bande posées entre les deux cotices , et .'J en pointe posées 1 et 2; aux 2 cl 3 d'ai'gent, à trois chevrons de gueules. Poitou.

Jlimbert — d'azur, à trois colices d'argent accompagnées d'une étoile du même. Champagne.

Coslc — de gueules, à trois cotices d'argent. Dauphiné.

Saint-Loup — d'or, à trois cotices de gueules. Lorraine.

Jivlloy — d'or, à quatre colices de gueules. Normandie.

Gimel — d'azur , h qualro cotices d'argent en barres et une cotice de gueules en bande, biochante sur le tout. Guyenne et Gasco-

liescnjrul — d'azur , à cinq cotices d'or. Noimaiidie.

Cousiuinr — d'azur , à cinq colices d'or. Niirniandie.

Muulrvluix — d'or, à cinq colices d'azur. Brelagne.

Dcshtndfs — de gueules , à ciiuj colices d'argent. Oi'léanais.

Toriyny — d'or et de gueules, à la cotice dentelée d azur brochant sur le tout.

La Itochc Guyon — d'or, à cinq cotices d'azur.

Souvré — d'azur, à cinq cotices d'or. Perche.

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DlCTION?tAlRE UEKiaDlQlIE.

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Berton de Crillon — d'or , à cinq cotices d'azur. Comtat Veiiaissin.

Thorel — d'azur , à cinq cotices d or , au chef cousu de gueules, chargé d'un taureau du second éiuail. Normandie.

La Roche-Guyon — d'or, à six cotices d azur et une bordure de gueules. Ile de France. La Panouse — d'argent , à six cotices de gueules. Guyenne et Gascogne.

Taillefer — d'azur , à six cotices en feuilles de scie d'argent. Normandie.

Torchard — colicé de gueules et d or de dix pièces ; au franc quartier d'argent chargé d'un sanglier de sable. Orléanais.

Turenne — coticé d'or et de gueules de dix pièces. Quercy.

Limoges — coticé d'or et de gueules de dix pièces. Limosin.

Lescours — colicé d'or et d'azur. Limosin. COUPÉ. — C'est une des quatre partitions de l'écu. On l'obtient par une ligne horizontale qui divise l'écu en deux moitiés égales. Uoutteville — coupé do sable et d'or. Normandie.

Sacco — Coupé d'argent et do sable. Provence.

Bolde — Couiié d'or et d'azur. Languedoc. fgrrus - parti, au 1 d'argent coupé sur sinople, au 2 de gueules. Dauiihiné.

COUPE. — Tasse ronde sur un jiied, qui était en usage chez les anciens, daus les sacrifices et libations.

On nomme toujie couverte celle qui a un couvercle. , ,,

Raidet d'Ambly — d'azur, à la coupe d or. Lorraine. ,, , ,

Kermadec du Monstouer — dazur, à la coupe d'or, accompagnée en chef d'un trèfle (lu môme. Bretagne.

Daniel — d'azur, à deux coupes couvertes d'or. Bretagne. , , . x

SainC-Fuscien — de gueules, seine de trèfles d'or, à trois coupes couvertes de même. Berrmjer — d'azur, à trois coupes couvertes d'or. Touraine.

Rousseau de Villei-ussien — d'azur, h. trois coupes d'or, 2 et 1. Orléanais.

Gerbonville — Fascé d'argent et d'azur de six pièces, à six coupes de gueules sur argent, posées 3, 2 et 1.

COUPLE-DE-CHIEN. — Meuble qui représente un petit bâton avec deux liens, dont on se sert [lour couiiler les chiens de chisse. Les liens ne s'ex|)riment en blasonnant que lorsqu'ils sont d'un autre émail.

Biviile de Saint-Lucian— d'argtml, à trois étaies de gueules, surmontées de deux couples-de-chien de sable. Normandie.

Beaupoil de Sainl-Aulaire — de gueules, à trois cou[iles-de-chien d'argent en pals, les liens d'azur, tournés en fasces. Bretagne.

COURONNES. — Les couronnes sont entrées dans les armoiries de quatre manières : ou pour en composer le corps, ou comme figure accessoire , ou pour couronner le casque, ou pour être mises sur l'écu comme marque de souveraineté ou de dijjnilé.

Il y a quantité d'exemples du premier usage. La maison d'Etampes a trois couronnes en chef; Lacepède, en Espagne et à Marseille, porte parti de sinople et de gueules à une couronne d'or; Du Faure, en Dauphiné, en porte trois, enfilées d'une coticé.

Les couronnes accessoires en armoiries sont celles qui n'y servent qu'à couronner d'autres figures ; un grand nombre de lions sont couronnés dans les écus.

Les couronnes sont d'un usage fort ancien sur les casques : on en portait dans les tournois, et particulièrement en Allemagne, où la couronne sur le casque était marque do chevalerie. Au sv' siècle, les gentilshommes do nom et d'armes mettaient fréquemment des couronnes sur leur casque, et l'on en tiouve sur un grand nombre de sceaux. Ces couronnes sont, ou à pointes comme les anciennes couronnes des empereurs romains, ou à fleurons d'ache ou de persil; quelquesunes sont à fleurs de lis.

Les couronnes ne parurent que plus tar'l sur les écussoiis, et il semble que l'usage eisoit venu par les monnaies: on commença sous Philipi)e VI à faire des gros, dont le revers portait une couronne avec trois fleurs de lis au-dessous; sous Charles VU on mit la couronne sur l'écusson de trois fleurs de lis dans les écus d'or, et depuis on a toujours continué. Il n'y eut d'abord que les rois qui missent des couronnes sur leurs armoiries, et ces couronnes étaient ouvertes et à bas fleurons; mais les ducs, les marquis et les comtes, qui se regardaient dans leurs terres comme maîtres et seigneurs, quoique dépendants des rois, commencèrent non-.'eulement à les placer dans leurs armoiries, mais en firent les marques de leurs dignités, par la différence de ces couronnes ; les uns les portant h fleurons, les autres ornées de perles, et les autres mêlées de perles et do fleurons. On comi)te aujourd'hui deux espèces de couronnes en armoiries : les couronnes des souverains et les couronnes des degrés de noblesse ou des dignités.

Toutes les couronnes. des souverains se ressemblaient autrefois; c'étaient des courdunes ouvertes, à feuilles d'ache, comme sont présentement celles des ducs : mais der puis on en a introduit de différentes sortes. Le roi do France portait une couronne faite d'un cercle do huit fleurs de lis et do six cintres qui le ferment et portent au sommet une autre fleur de lis. La forme de cette couronne dos rois de France a varié plus d'une fois : sans parler des rois des deux premières races, dont les temps sont antérieurs au blason; ceux de la troisième ont porté la couronne ouverte et à bas fleurons jusqu'à Charles VIU, qui, le premier, la prit fermée, à cause sans doute du titre d'empereur d'Orient qu'il se donna lois de son expédition d'Italie. On a de lui quelques médailles, où il est représenté à cheval avec la couronne fermée en tète, et cette légende : Carolo Imp. Orientis victori, semper Aufjitsto. François l"a la couronne fermée sur

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niCTIONNAlUE

ses armoiries, un quelques emlroils.pailiculièreraenl au sceau du conci^rdat passé avec Léon X. Il ne uiet que la couronne ouverte sur la [dupart de ses monnaies et sur jilusieurs autres monuments. Henri 11 est celui qui a pris détinilivenient la couronne l'ermée que tous ses successeurs ont retenue.

La couronne du daupliin est un cercle de liuit fleurs de lis , fermé de quatre dijuphins en demi-cercles, dont les queues soutiennent une double fleur de lis. Ce n'est que depuis le règne de Louis XiV qu'ils la portent fermée.

La couronne des enfants de France est un cercle surmonté de huit fleurs de lis; la couronne des princes du sanj^ est semblable.

La couronne ducale est un cercle à huit grands fleurons refendus. La plupart de ceux qui portent celte couronne la mettent sur une toipic de velours de gueules, terminée par une perle , à cause de leur titre de prince, ou de ce qu'ils prétendent descendre de maison souveraine.

La couronne de marquis est de quatre fleurons et de trois perles en manière do trèfle entre chaque fleuron.

La couronne de comte est un cercle d'or, à seize grosses perles au-dessus.

La couronne de vicomte est un cercle d'or à quatre grosses perles au-dessus.

La couronne do baron est un cercle sur lequel se trouvent, en six espaces égaux, des rangs de peiles, trois à trois en bande.

La couroMiie des vidâmes est un cercle sur lequel il y a quatre croix pattées, pour désigner qu'ils ont été établis alin de soutenir les droits de l'Eglise.

Aucunes couronnes de barons, comtes ou marquis , ne pouvaient être mises sur les armes sans y être autorisées par lettres patentes en due forme, sous neino de loOO francs d'amende. (Arrêt du iiarlement, août IGliG.)

Le pape porte sur son écu une tiare, espèce de mitre environnée de trois couronnes à fleurons l'une sur l'autre, la troisième teiiiiinée |iar un globe surmonté d'une croix, le tout d'or ; sur le derrière et au bas de la mitre il y a deux pendants.

L'empereur a sur ses armoiries une loque en forme de tiare, avec un demi-cercle (fui soutient un gIol;e cintré, sommé d'une croix, le tout d'or; il y a en bas deux pendants ou fanons.

Le roi d'Espagne [lOite sur l'écu de ses armes une couronne dont la forme est semblable à celle do France, excepté qu'au lieu de fleurs de lis il y a des fleurons et un globe terminé par une croix jiuur cimier.

Les couronnes des autres rois de l'Europe «ont assez semblables à celle du roi d'Es- I ogne.

La couronne du giand-duc e>l un cercle à une fleur de lis éiianouie à chaque face, et nombre de rayons aigus.

La couronne de l'archiduc est un cercle cl liuit fleurons autour d'une toque il'écarlate, et un demi-cercle dessus, do dextre à sénes- I Ire, garni de perles, qui porte un globe cintré surmonté d'une croisette.

UicTioNN. UÉnAi.niyiE.

IIF.RALDIQL'E. COU 194

Les couronnes des électeurs de l'empire sont en manière de toque écarlate, rebrasséo d'hermine, diadémée d'un demi-cercle couvert de [.elles, surmonté d'un globe terminé pur une croisette.

Le doge de \eniso portail sur ses armes et sur sa tète, les jours de cérémonies, une toque ducale d'étofl'e d'or, avec quelques ra igs de perles. On la nomme le corne.

En France, tous les prélats qui avaient titre dodues, princes ou comtes, mettaient la couronne sur leurs armoiries.

Les trois pairs ecclésiastiques ducs , Reims, Langres et Laon, mettaient la couronne ducale; les trois comtes pairs, Noyon, Cli.iloMS et Beauvais, celle de comte.

Les archevêques d'Embrun, d'Arles et do Tarentaise, et les évêques de Grenoble, de Genève et de Viviers, pr( riaient le litre de princes et mettaient la couronne ducale.

Les archevêques de Lyon, de Vienne, et les évêques de Valence, Die, Gaji, CliAlons, Le Puy, Alel, Lisieux, Monde, Dol, Cahors, et qui avaient litre de comte, oortaient la couronne de comte.

Du reste les prélats, en France, môme les princes, n'ont commencé à mettre des couronnes sur leurs armoiries qu'à la fln du xvi' siècle.

DES COURONNES DES ROIS DE FRANCt

De la première, seconde et troisième race , de celle des empereurs d'Orient et d'Occident , des ducs , des comtes de France, et des (jrunds seigneurs de l'empire de Constantinoplc.

(1) Je vais traiter des couronnes que nos rois ont portées. Pour commencer par celles dont nos rois de la première race ornoienl leurs lestes sacrées , j'en trouve particulièrement de quatre sortes. La première est le diadème de perles fait en forme de bandeau avec les lambeaux, qui penddit au derrière de la leste : ce diadème est semblable à celui qui se rencontre dans la plus- ]>arl des médailles des empereurs romains d'où nos rois l'ont emprunté. Jules César refusa de porter h; diadème. Caligula lit le même iv.iun par le conseil de ses courtisans. (k'fulHelagabalequi [)oilale premier un rang de perles sur la teste pour diailéme. .Mais il ne le jiMita que dans sdii palais. Aurelian parut ensuite dans le public avec le diadème. Depuisle temps du grand Constantin celui do perles a esté fort en usag(% cl les mon noyés de nos rois de la première ra( e nous les représentent pour I ordinaire avec le diadème d'un seul rang de [lerles.

Quelquefois ces mêmes monnoyes les font voir avec la couronne d(; rayons (2). Les rois de la plus grande antiquité ont orné leurs lestes de cette couronne pour se rendre [ilus augustes et pour iiaioilre aux veux de leurs peuples, ainsi ipie le soleil, pleins d'éclat et de lumière. Les historiens romains remarquent qu'on présenta en plein Ihéatic

(1) Du Caiige, Disscrl. 23.

li) .M. BoiiUToiic !.. 2(IG, 207, 200, 212, 221.

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nif/riONNAlKE HKR.VLDIQUE.

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à Jules Ccsar une courunne touto (^'clalanlc de rayons , et que celle que Caligula prit , lorsqu'il voulut s'arroger la divinité, estoit semblable.

Le diadème dont la teste de Theodebert est couverte, est le même que celui dont les empereurs de Constantinople de son temps se servoient. Cette espèce de couronne dont Constantin introduisit l'usage n'estoit pas tant une couronne qu'un espèce de couvre chef ou de bonnet , appelle cumelauque par les Grecs de son temps, dont il se seryoit ordinairement , lequel ayant esté enrichi dans la suite du temps de perles et de pierreries passa pour le princi|ial diadème des empereurs. Cette couronne est composée du diadème de perles d'un ou de deux rangs qui ceint le front et estliè parlederriere de deux lambeaux aussi de perles qui y pendent. De ce diadème part une espèce de bonnet enrichi de pierreries, au dessus duquel il paroît un cercle de perles rehaussé encore (i'u:i autre ornement en forme de plumes, ce cercle commençant au derrière de la teste, et finissant à l'endroit du front, en forme de creste de casque , d'oîi ces couronnes sont appellées cr!«^a/(P . Cet ornement qui paroît au dessus deces diadèmes est une espèce de houppe , d'aigrette , ou de bouquet de plumes dont les casques des soldats BStoient ornez pour l'ordinaire. Dans la suite les empereurs, voulant donner des marques extérieures de leur pieté firent mettre au dessus de ces diadèmes une croix, au lieu de ces toffes ou houppes. Je ne doute pas que la couronne que l'emiiereur Anastase envoya hClovis avec le brevet de consul n'ait esté de la forme des camelauques , c'est-à-dire des couronnes fermées (1).

La troisième sorte de couronne, dont les rois de la première race ont usé, est le mortier, tel que les grands presidensdu Parlement le portent à présent. M. Bouterouë (2) nous représente deux monnoyes de ces rois avec cet affublement. Il est constant (jue nos rois l'ont encore emprunté des empereurs de Constantinople, qui eu avoient un semblable : ce que l'on recueille d'une vieille peinture à la mosaïque, qui se voit en la ville de Uavenne, et que le docte Alaman a représentée en ses Observations sur l'Histoire cachée de Procope (3), où l'empereur Ju.-.tinian paroît avec ce mortierqui est couronné |)ar lebas.àl'endroit du front, d'un rang de perles, et parle haut d'un pareil rang de perles. A l'endroit des oreilles pendent de chaque côté deux lambeaux, au bas desquels sont de grosses perles. Cette espèce de diadème a passé dans la seconde et dans la troisième race de nos rois. M. Petau W nous a représenté une vieille peinture, qu'il dit avoir tirée d'un ancien Ms. où Charlemagne est figuré avec le mortier. Aux vitresde la Sainte-ChapelledeParis, saint Louys y paroît aussi avec le même ornement.

(I) Viu S. Remig. 1. 1 Hist. Fr. p. 530. (2l Bouterouë p. 349, 354.

(5) Alaman. ad Procop. Hist. Arcan.

(i) Paul. Pet. in Giioiism. vêler, nuuiiu.

ElChilllet(l)écritque<lans les vieux tab'eaux, ou les comtes de Flandres et de Hainault sont représentez avec leurs pairs, ils y paroissenl avec le mortier. L'on tient même par une traditive que nos rois, ayant abandonné le palais de Paris, pour en dresser un temple à la justice, communiquèrent en même tem[>s leurs ornemens royaux à ceux qui y dévoient présider, afin que les jugemens qui sortiroient de leurs bouches, eussent pi us de poids et d'autorité, et fussent reçus des peuples, comme s'ils estùieut émanez de la bouche même du prince. C'est donc à ces concessions qu'il faut rapporter (2) les mortiers, les écarlattes, les hermines aes chanceliers de France, des prèsidens du parlement, dont les manteaux ou les epiloges sont encore à présent faits à l'antique, estant troussez sur le bras gauche et attachez à l'épaule avec une agiatfe d'or, tels que furent les manteaux de nos rois. Le mortier du chancelier est de diap d'or, etceluy des présidens de velours noir, a un bord de'drap d'or par en haut (3). Le nom de mortier est donné à ce diadème, parce qu'il est fait comme des mortiers, qui serventàpiicr quelquechose qui sont plus larges en haut qu'en bas.

La quatrième sorte de diadème, ou plutôt de couvrechef, que j'observe dans les mmiuoyes de nos rois, est en forme de chapeau pyramidal (k), qui finit en une pointe, surmontée d'une grosse perle. En d'autres, le diadème et le rang de perles se rencontrent sur le front, avec les lambeaux. Ce qui peut faire présumer qu'en ceux-ci, ce qui couvre la teste est pour un second ornement, ou pour la commodité du prince qui desiroit avoir la teste couverte. Le bonnet royal dont la teste de Theodahat roy d'Italie est ornée dans une de ses monnoyes de cuivre, a quelque rapport pour la forme à celuy de nos rois. On peut dire encore que ce chapeau pyramidal estoit l'alfublement de teste ordinaire de nos premiers rois, estant fait X guise d'une ombelle, pour se défendre du soleil, et de la pluye , tels que furent les chapeaux des derniers empereurs de Constantinople, qu'ils appelloient ombelle, parce qu'ils estoient faits pour donner de l'ombre au visage, et pour le garantir des ardeurs du soleil.

L'ombelle ou sciade a esté en usage chez les empereurs de Constantinoide, comme j'ay avancé : de sorte qu'il est incertain si nos rois l'ont empruntée d'eux ou les empereurs de nos rois; ce qui est plus probable. Car Nicetas dit en termes exiirès que cette sorte de chapeau avoit esté empruntée des barbares, c'est-fi-dire des étrangers, par les Grecs. Les vieilles peintures, et les vignettes qui sont aux impressions des historiens byzantins du Louvre, représentent la forme de ces sciades, qui ne dilfere qu'au bord d'avec ceux de nos rois de la première

II) CliilTlet 61 Child. p. 139.

(i) D'Orléans en ses ouvert, des Pari. La Roclieflavyn en ses Pari. 1. x, c. 5.

(3) Cercin. de Fiance. Cliidlel in Child. p. 139.

(4) M. Bouter, p. 2i8, 231, 255.

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|)1ct;o.nnaike

race, OÙ il ne paroisl |)as : ce bord faisant une esi'éce de bec. Ce qui me l'ait croire (1) que le chapeau que Charles V roy de France avoit sur la teste, lorsqu'il alla au di'vant de l'empereur Charles IV qui venoit à Paris, estoit de la même l'orme, que les sciades des em[)ereurs de Constanlinople : comme on peut recueillir des termes de l'auteur, ijui a écrit l'histoire de cette entreveuë, « et avoil sur sa teste un chapeau à bec, de la l^'uise ancienne, brodé et couvert de perles Irès-richemeiit. «Car les sciades estoienl laits et ornez de cette manière.

Enfin le dernier ati'ublement de teste, que i'ay observé dans les monnoyes des rois de France de la première race, est l'aumuce : c'est ainsi que j'appelle ce que M. Bouterouë (2) nomme chajjeron. Les aumuces ne se portoient pas comme à présent sur le bras; elles servoient à couvrir la teste, et n'estoient pas particulières aux chanoines, mais tous les hommes les portoient indill'i!remment. La chronique de Flandres nous a[)prend que le chai)eau se mettoit sur l'aumuce, lorsqu'elle parle de Charles V qui alla au devant de Charles IV qui venoit en France : « Or issirent-ils hors de Paris, et cncontra le roy l'empereur son oncle assez près de la Cha[)elle, entre S. -Denys et Paris, à leur assemblée l'empereur osta aumusse et cha[)eron tout jus : et le roy osta son chapel tant seulement. » Le continuateur de Nangis dit que « l'empereur osta sa baretle et son chaperon, et aussi le roy (3). » De sorte qu'une barette qui est le birreto des Italiens, est la même chose que l'aumuce. Nos rois même mettoient l'aumuce, avant que de mettre la couronne, ce que nous apprenons du compte Estienne de la Fontaine argentier du roy, de l'an 1351 que m'a communiqué M. d'Herouval, qui au chapitre de VOrfaverie met ces mots, « 99 grosses jierles rondes baillées à Cuillaume île Vauilelar pour mettre en l'aumuce qui soutint la couronne du roy, à la feste de i'Estoille. »

Les premiers roys et les premiers empereurs do la seconde race paroissent dans leurs monnoyes, la leste ceinte d'un double rang de perles. Dans leurs seaux, leurs lestes y sont de piolil couromiées d'une couronne do lauriei-. Le P. ChilUet nous a représenté de cette sorte celuy de Louys le Débonnaire : à l'entour du quel sont ces

mois : Xl'E. PROTEGE. HLUDOVVICLM IMPliBA-

roKEU. Les Annales de France (h) tirées du monastère ilu Fulde, nous apprennent que Charles le Chauve, après s'eslre l'ait couronner empereur, quitta les couronnes et les habits di's rovs de France ses prédécesseurs, et |irit les diadèmes et les vélemens dos em|M-reiirs grecs, s'estant couvert d'iiabits qui luy battoient jus(]ues aux talons, et [lar cossus d'un grand baudrier, <|ui venoit jus-

(\) V. .\ciopol. Edit. U.;g. p. 303.

(2) M. Iloulero.ie p. 203. 33(!.

(3) Aiilii|. (If Vienne de J. le Lii'vre i\\. 20. (i) .Xnnal. Kr. Fui. A. 876. Sg^'li.

liKHALOlÛl!:. COU 198

qiics aux [lieds, se couvrant la teste d'un all'ublement de soye, sur lequel il mettoit sa couronne.

Il ne faut |)as douter que les autres empereurs d'Occident qui ont succédé aux empereurs françois, n'ayer't continué déporter le même diadème que Charles le Chauve, et d'autant plus ([u'AJam de Brème écrit qu'ils ont toii.sjours alfecté d'imiter les Grecs dans leurs habits et dans leurs ornemens impériaux. Suger (Ij dit que celuy de l'empereur Lothaire estoit comjiosé d'une mitre et environné par le haut d un cercle d'or en guise de casque : de sorte que ce cercle d'or, qui donnoit la forme d'un casi]ue à ce diadème, prenoit du front, et tinissoit au derrière de la teste. L'ancienne chronique de Flandres (2) parlant du couronnement de l'empereur Henry de Luxembourg, tient ce discours : « Le légat avec tous les barons lui mit le diadème en son chef, qui estoit fait en guise de couronne, [tuis couvert par dessus en aguisant contremont : et par dessus sied une fleur pleine de pierres précieuses en segnitiance, (juc sa couronne surmonte toutes les autres. Car entre celles des autres roys, elle est seule rouverte par dessus. » Cette description est défectueuse, n'exjiriraant pas nettement la forme et la ligure; de ce diadème, quoyqu'elle remarque la ditlérence de la couronne impériale d'avec celles de nos roys.

Dans la troisième race de nos roys , yi n'observe qu'une même sorte de couronne dans leurs monnoyes, et dans leurs seaux, sçavoir un cercle d'or, enrichy de pierreries, et rehaussé de tleurs de lys. Dominicy nous a représenté les seaux de Robert et do Henri I, roys de France, avec celte espèce de couronne, où les tleurs de lys sont assez mal figurées. Les monnoyes de Philippes lo Jk'l, et des roys qui luy ont succéilé, ont la tigiire de ces [irinces avec celle même couronne. Quelques auteurs ont avancé que ce fut Fiançois 1 ijui connnenç.a 5 la norter fermée, pour contrecarrer à ce i^u'ils uisent, Charles V. roy d'Espagne, qui avoit esté élu empereur, et pour moustrer qu'il estoit roy d'un royaume, qui ne relevoit que de Dieu.

Ouoyquo cette opinion ait quelque fondement, neantmoins nous lisons (ju'à l'entrée de Louys Xll dans Paris, l'an li98, le grand escuyer porta « son heaume et tyiiibre sur lequel y avoit une couronne de fines pierres précieuses, et au dessus du heaume, au milieu do ladite couroniif, y avoit une llfur de lys d'or, comme empeieur. " Ce sont les termes du Cérémonial de Franco (3), qui semblent inanjuer (|ue celle couronne estoil fermée, ayant au sonmiet une Heur de lys. El aux joustes ipii se firent à l'occasion do cette entrée, nous lisons encore dans le même Cérémonial, « qu'il y fut planté un lys au milieu des lisses, en la grande rue S. \n

(DSngcrinLiKl. VI.

(■2)(;hi-. de t''l3iMl. rlr. 51.

(3) Cercni. de l'ranco.

COU

DICTIONNAIRE UKRALDIQIE,

COU

ioine duquel sorloieiit six fleurons, el au dessus d'yceux un sion vert, au haut duquel estoit posé un escu de France, à trois Heurs de lys d'or, richement bordé tout autour d'un collier de l'ordre de S. Michel, semé de coquilles, et par dessus ledit escu estoit une riche couronne tymhrée en forme d'empereur. » Il faut neantmoins demeurer d'act nord que d.ins les monnoyes de ce prince (1) la couronne n'est qu'un cercle rehaussé de fleurs de lys, comme en la monnoye d'or, qu'il fit battre au sujet du pape Jules II, qui a pour inscription, du côté de la figure du roy, LUDo. FRANC, regm. neap. r. et de l'autre, où est un escu de France couronné, PERDAM BABiLOMSNOMEN. Lc même roy, dans les testons qu'il fit forger à Milan, est représenté avec un bonnet retroussé, et une couronne de fleurs de lys sur Je retroussis. François I est pareillement figuré dans quelques testons avec ce même bonnet : mais il y a cette différence, que la couronne de ileurs de lys est au-dessus du retroussis. 11 paroît encore en quelques-uns avec une couronne entremeslée de Heurs de lys et de rayons : et enfin il est représenté eu d'autres avec une couronne rehaussée de fleurs de lys et de fleurons, et fermée par en haut, ce qui a esté continué par ses successeurs.

Il est constant que les roys n'ont porté la couronne fermée, que dans les derniers siècles : ce qui a donné sujet à l'auteur de l'ancienne Chronique de Flandres de dire, qu'entre les couronnes des roys, celle de l'empereur est seule couverte par dessus. Mais je ne sçay si l'on doit ajouter créance à ceux qui ont écrit que François I prit la couronne fermée |iour contrecarrer Charles V. Car j'estimerois plutôt que ce qu'il en fit, fût parce qu'd s'apperçût que les roys d'Angleterre, qui lui estoient inférieurs en dignité, la portoient de la sorte il y avoit long-temps.

Il se peut faire encore que François I prit la couronne fermée pour se distinguer des princes non souverains, des ducs et des comtes qui avoient aussi le droit de porter la couronne, et qui la faisoient empreindre dans leurs monnoyes. Le sçavant Selden, en ses Titres d'honneur, a avancé que cette espèce de couronne est d'une invention nouvelle, et qu'en l'an 1200, les ducs et les comtes n'en avoient point. Ce qu'il prouve par un passage de l'histoire de Geoffroy de Ville-Hardoiiin (2) , qui fait parler ainsi le duc de Venise aux députez du marquis de Monteferrat, des comtes de Flandres, de Blois, de Saint-Paul, de Brienne, et autres : « Bien avons quenu que vostre seigneurs sont li plus hauts homes, que soient sans couronne. » Ce discours semble estre formel, pour induire que le marquis de Montferrat et les autres comtes ne portoient pas alors de couronnes. En etfet la couronne n'appartient qu'aux rois.

Je ne doute pas que les ducs et les comtes

(!) Paul. Fetau in Gnorisin. Vêler, iiumin. (i) Yillchard. n. 12.

de nôtre France n'ayent paru avec leurs couronnes dans les occasions de cér<^monies, et particulièrement dans les Cours plenieres, ou solennelles de nos roys : du moins il est constant qu'à leurs sacres les ducs et les comtes, qui avoient la qualité de pairs de France, ou ceux qui les ont représentez, s'y sont trouvez avec la couronne sur la leste. Le Cérémonial François (1) dit qu'au sacre de Charles VIII, les pairs séculiers y estoient « vestus de manteaux, ou socques de pairie, renversez sur les épaules, comme un epitoge, ou chappede docteur, et fourrez d'hermines, ayans sur leurs testesdes cerclesd'or, les ducs à deux fleurons, et les comtes tout simples. » Il fait la même remarque, lorsqu'il traite des sacres des roys Henry IV, et Louys XIII ; mais ce qui me confirme dans la créance que les ducs et les comtes se trouvoient avec la couronne sur la teste dans les grandes solennitez, est que dans la recherche des biens et des meubles du comte d'Eu, connétable de France , qui fut faite après qu'il ei:it esté décapité, on fit la description de toute « sa vaisselle, des couronnes, des chappeaux, des anneaux, des pierreries, des joyaux, et d'autres biens, » comme on voit dans les inventaires faits le dernier de février l'an 1350, et le 18 mars l'an 1353, qui sont en la Chambre des Comptes de Paris. Car il est probable que ces couronnes estoient des cercles d'or, qui appartesoient à ce connétable en qualité de comte. Il serableméme que non seulement les ducs et les comtes avoient Je privilège d'en porter, mais encore les simples gentilshommes. Ce qui le pourroit faire présumer est, que parmi un grand nombre de seaux, que j'ay veus attachez à des lettres originales qui m'ont esté communiquées par M. d'Hérouval, il s'en rencontre plusieurs qui représentent les armoiries des gentilshommes qui n'avoient aucune dignité de duc ou de comte, avec le casque couronné d'une couronne ducale, de laquelle sort un cimier. Ce que j'ay remarqué particulièrement aux seaux de Louys vicomte de Thoiiars, attachez à des lettres de l'an 1340, d'Aymar sire d'Archiac de 13i3, de Jean de Corberon Viguier chevalier caiiitaino de Pierraguers de 134-9, de Jean d'Ogier de Montant sire de Saint-Front de 13i9, d'Arnaud d'Espagne chevalier seigneur de Montespan sénéchal de Perigord, de 1351, de Jean de Chauvignet seigneur de Blot escuyerde 1380, de Jean de Saqueville chevalier sire de Blaru de 1380, de Uaymone sire d'Aubelerre chevalier de 1395 , de Guichard Dauphin clievalier, conseiller e! grand maître d'hôtel du roi de 1413, e* enfin de Renaut du Chastelet conseiller e: chambellan du roy, bailly de Sens, de 14-79. Ce qui sert à justifier que c'est sans raison que quelques gentilshommes ont crû avoir droit de porter la couronne sur leurs armes, parce qu'ils les ont veuës empreintes et figurées dans les tombeaux de leurs ancêtres; ce que j'ay ouy autrefois remarquer au sujet

(I) Gérera. Fr. t. l,p. 193, 389, 407.

201 en A niCTio.wvMiu-:

(if 1.1 maison de Halluin originairo de Flan- (tres : d'autaul (juo ces couronnes estoient alors usuriiées indifféremment i)ar les gentilshommes, qui n'avoient aucune dignité qui leur en donnât le privilège, et ce par un abus de ces siécles-là, qui a passé jusques à nous, où la plupart de la noblesse s'est arrogée des litres imaginaires de comtes et de marquis, el des couronnes sur leurs armes, sans autre droit que celuv que la licence des ininoritez de nos princes leur a soutl'ert.

Il est probable que Charles le Chauve a esté le premier de nos roys, (jui a accordé la couronne aux ducs: et mêmes j'ose avancer que comme il seconformaaux cotltumes des empereurs grecs, dont il prit les habits et les ornomens, il suivit aussi en cela leur exemple. D'autant (jue les empereurs d'Orii nt accordoient ordinairement la couronne aux Césars, et aux principales dignitez de TEmpire, ce qui a eu lieu avant le grand Constantin : car Conslantiiis Chlorus, son piTe, n'estant revêtu que du titre de Nobilissiinus Cœsar, paroit avec la couronne do rnjons, dans une médaille de cuivre, qui a iiour inscription : constastiuô nou. c. et à l'autre revers, virtls augg.

C'a esté encore à l'exemple des princes et (lodignitez de Constantinople que les dauphins, Uls aînez de nos roys, portent desemlilables couronnes, ayant remarqué dans le Cérémonial de France (1), qu'à l'enterrement de Fran(;ois, dauphin de Viennois, fils aîné de Fran(;ois I , l'eftigie de ce prince « avoit |iar dessus le bonnet de veloux cramoisy une couronne d'or, plus éminente que celle d'un duc, comme déjà préjiaré à succéder au royaume, et porter la tleur de lys entière. » Cusson — d'azur, à une couronne fermée d'or. Velay.

La Cépède — parti de sinonle et de gueules , h une couronne d'or à l'antique posée en abîme. Comtat Venaissin.

Malboze — d'azur, à trois couronnes d'argent. Languedoc.

Lu Gri/fonniêre — d'argent, à trois couronnes de sinonle. Bresse et IJourgogne.

i'hmupredonde — d'azur, à trois couronnes de chêne d'or. Auvergne.

Surde froyaume de) — d'azur, à trois couronnes d or.

Heine fort la Grillière — d'nzur, à trois couronnes antiijues d or.

Itazin — d'azur, h trois couronnes ducales d'(ir. Ile de France

Laiour — d'argent, h trois couronnes duc<iles d'or. Cllinais.

Hurosse — écartelé, aux 1 et 4 d'or, h une (luiroiiiie d'épines de sable, aux 2 et 3 d'azur à liois li.sants d'or. Cuyeime et Cascogne. col IKI.AS. — Meuble rare en armoiries. Uu Buis de la h reslunnière — de gueules .'i trois coutelas d'argent en pal, la i^ointe eu bas. Br( tagiie.

ClCV.Ml'ON. — Instrument assez semblable h un Z aiguisé aux deux extrémités, (pio les gens de guerre portaient lorsriu'ils

(I) Ccréiu. de France.

IIEUALDIQIE. CRI 204

allaient escalader quelques places ; ils les iilanlaient dans la muraille, et y attachaient leurs échelles de corde.

Rom de Wichen — écartelé, aux 1 et 4 do gueules, à trois pals de vair; au chef d'or, chargé d'un chevron du champ, qui est de Ch.Uillon ; aux 2 et 3 de gueules, au crampon d'argent ; au marteau de sable, emmanché et couronné d'or ; le manche brochant sur le crampon, qui est de Wichen ; sur le tout do gueules, à la bande d'argent, qui est de Roye. Pays-Bas.

CUANCELIN. — Portion de couronne à fleurons, posée en bande et mouvante de l'angle dextre à l'angle sénestre.

L'origine en vient de ce (pie Bernard, comte d'Anhalt, fut investi du duché de Saxe vers l'an 1130; il portait, fasvé d'or H de sable, de huit pièces, et ajouta à ses armes le cranceUn de sinople,en mémoire de ce que l'empereur Frédéric, surnommé Barberousse, lui mit sur la tète un chapeau de rue dont il était couronné, lorsqu'il lui donna cette investiture.

Le terme de crancelin est dérivé de l'allemand kranslin, qui signifie une couronuo do tleurs.

De Sagatj — d'azur, au crancelin d'argent, accosté d'une jialme et d'une branche d'olivier d'or ; à la montagne de trois coupeaux du second émail, ombrée de sinople, mouvante de la pointe de l'écu. Lorraine.

CRÉQUIER. — Meuble d'armoiries qui représente un cerisier sauvage ayant quelque ressemblance à un chandelier à sept branches, et des racines à sa lige.

Dom du Plessis, dans sa Des(!;ription géographique el historiqu(! de la Haute-Normandie, tome I, page 172, prétend que le mot créijuier vient du teut(jni(iue kerch, (jui signilie une église, et ajoute (juc eréipjier signilie un chandelier h sept branches, tel qu'on en voit dans la plupart des églises gothiques ; mais l'oiiinion la |)lus généralement re(;uo est que créquier signilie un cerisier sauvage dont le fruit se nomme crcqurs en patois picard.

Créquij — d'or, au créquier de gueules. Artois.

Le Jeune de la Fuyonnière — de gueules, au créquier d'argent; la première feuille dVi ctéipiier à dextre chargée d'un petit écusson d'argent, à deux fasces de sable. Artois et Anjou.

Lespault — d'or, au créquier de gueules. Picar(Jie.

Le Coiiite — d'argent , au créquier do gueules. Ile do France.

Drancourl -, d'argent , au créiiuier du guiMdes.

CIUI5LE. — Meuble de l'écu qui représenlc (.ne espècede tamis, fait en l'orme cyhii(lri(jue. Celte ligure n'est pas conuuune en armoiries.

(iurhsnliousrn — de gueules, au criblo d'ai^cnl. Lorraine.

'/'(imisier — cfKqié, au I d'or, à la rose dj gueules ; au 2 de gueules, au crd.'le d'or ; 5 li

cno

fasce d'azur, chargée de trois étoiles d'argent, brochante sur le coupé. Provence.

CROC. — Meuble rare en armoiries.

Guermange — de gueules, à un croc d'or. Lorraine.

Cambray — de gueules, à trois crocs d'or. Berry.

CROISSANT. — Meuble fréquent en armoiries.-Sa position ordinaire est d'être montant, c'est-à-dire que ses cornes regardent le chef de l'écu. Quand il est placé différemment, on l'exprime en disant : versé, quand les cornes regardent la pointe de l'écu ; tourné, lorsqu'elles regardent le liane dextre; contourné, si elles regardent le flanc sénestre.

UN CROISSàNT.

Kerangar — d'azur, à un croissant d'argent. Bretagne.

Monlaigu — de gueules , au croissant d'argent. Franche-Comté.

Maumj-Miniac — d'argent, au croissant de

Gouriault de Passac — de gueules, à un croissant d'argent. Poitou.

Mordelles — de gueules, à un croissant d'or. Bretagne.

Le vicomte— d'azur, à un croissant d'or. Bretagne.

Guiny — d'azur, à un croissant d'or. Bretagne.

Bourgeois — d'hermine, au croissant de gueules. Normandie.

Garsalcr de la Yaquerie — d'argent, au croissant de gueules. Normandie.

Mauny — d'argent, au croissant de gueules. Bretagne.

Pontchdteau — fie vair, à un croissant de gueules. Bretagne.

Yerquigneul — d'hermine , au croissant de sable. Artois.

Maure — de gueules, au croissant de vair. Bretagne.

Gaze — de gueules, à un croissant d'argent, accompagné de sept billetles du même, en orle. Bourgogne.

Bochart — d'azur, à un croissant d'or abaissé sous une étoile de même. Bourgogne.

Aage — d'azur, au croissant d'argent surmonté d'une étoile d'or. Poitou.

Zannin — d'azur, au croissant d'argent surmonté d'une flamme d'or. Bourgogne.

Mesines — écartelé : au 1 d'or, au croissant de sable, aux 2 et 3 d'argent à deux lions léopardés de gueules posés l'un sur l'autre; au k d'or k une étoile de sable, au chef de gueules et en pointe coupé et onde d'azur. Guyenne.

Lenfant — d'azur, à un croissant d'or, au lambel d'argent. Normandie.

Lentrin — de gueules, au croissant d'or, au lambel d'argent. Normandie.

Jouffrey — d'azur, au croissant montant d'argent, au chef d or, chargé de trois étoiles de sable. Daupliiné.

Andeycr — d'argent, à un croissant de gueules, au chef d'azur, chargé de trois étoifçs en fasce d'or. Dannhiné.

HERALDIQUE. CRO 204

Allorgi — d'or, au croissant d'azur, au chef de sable chargé d'une étoile du champ. Normandie.

Mena — d'azur, au croissant d'argent parsemé de cinq hermines, au chef cousu de gueules, chargé de cinq étoiles d'or. Provence.

Jassand — d'azur, au croissant d'argent, au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d'or. Provence.

Vesoul ( V. ) — de gueules, au croissant d'argent, au chef cousu d'azur, semé de billettes d'or , chargé d'un lion issant de même.

AUamont — de gueules, au croissant d'argent, au chef de même, chargé d'un lambel de trois pièces d'azur. Lorraine.

Yarin — d'or, à un croissant de gueules et un chef d'azur chargé de trois étoiles d'or.

Tillia — d'azur, au croissant d'argent et un chef de même, chargé de trois croix potencécs de sable. Comtat Venaissin.

Jannin — d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'une flamme d'or. Bourgogne.

Jassand — d'azur, au croissant d'argent, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or. Ile de France.

LaChassagne — d'azur, au croissant d'argent, au chef cousu de gueules, chargé de deux étoiles d'or. Ile de France.

Perelles — d'azur, au croissant montant d'argent, au chef d'or, chargé de trois tourteaux de gueules. Berry.

Du Bois — d'azur, au croissant d'argent, abaissé sous deux étoiles de même. Normandie.

Leshitory ou Leshildry — d'azur, à un croissant d'argent accompagné de trois besants de même, 2 en chef et 1 en pointe. Bretagne.

Baile — d'or, à un croissant d'azur, accompagné de trois roses de gueules. Dauphiné.

Hennot — de gueules, au croissant d'argent, accompagné de trois étoiles d'or. Normandie.

Fort — d'argent, au croissant de gueules, accompagné de trois merlettes de sable.

Normandie.

Chesne — d'azur, au croissant d'argent, accompagné de trois molettes d'éperon, alias, de trois étoiles d'or. Normandie.

Truc — d'azur, au croissant d'argent surmonté d'une étoile d'or, accompagné de trois palmes de même. Champagne.

Keinmerch — d'argent, au croissant montant de gueules, surmonté d'un écu d'or à trois tourteaux de gueules. Bretagne.

Vay — de gueules, au croissant d'hermine, surmonté d'une croisette d'argent. Bretagne. Assalene la Gardctte — d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'une étoile ou comète à sept rais, le plus longaboutitdansie centre du croissant. Dauphiné.

Gourmont — d'argent, au croissant de sable, au chef de gueules, chargé da trois roses d'or. Normandie.

Fnrc — d'.ïzin-, au croissant d'argent,

20r. CUO DICTIONNAUŒ

iiinntfili^ d'or, chargé de deux ombres de soleil de gueules. Normandie.

Berceur — d'azur, au croissant d'argent, abaissé sous une fleur de lis d'or. Normandie.

Le lilanc — écartelé : aux 1 et 4 d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'une massue de môme, accostée de deux palmes d'or; aux

2 et 3 de sinople à la bande d'argent. Proveni:e.

Bothéon — de gueules, au croissant d'argent, au chef d'or. Forez.

Marion — d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'une étoile d'or. Nivernais.

Lange. — d'azur , au croissant d'argent, sunnonlé d'une étoile de même. Nivernais et Lyonnais.

Chevoir — de gueules, au croissant d'argi'iit, surmonté de trois macles de môme. Hrctagne.

Sorbey — d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'une étoile de même. Lorraine.

Vnuchaussade — d'azur, à un croissant et une étoile d'argent en pal. Auvergne.

Ancel — d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'une étoile de môme. Ile de France.

Cudoule — de gueules, au croissant renversé d'argent en chef et une étole d'or en pointe. Languedoc.

Lespinay — d'argent , au croissant de gueules , accompagné de six billettes de sable. Bretagne.

Bueil — d'azur, au croissant d'argent, accompagné de six croix recroisettées au jiied liché d'or ; trois en chef, trois en ponile. Touraine.

Tertre — d'azur, à un croissant d'or, soulignant deux colombes, et surmonté de trois étoiles, le tout du môme. Normandie

llemery — do sable , au croissant d'or, posé au point d'honneur, et accompagné do cin(| croissants du môme. Normandie.

Cauchoix — d'azur, au croissant d'or, ac- (■om|>agné de six étoiles du môme. Normandie.

k'mcry — de sable, au croissant d'or, accouijiagné de cinq molettes d'é|)eron du môme, 2 en chef, 2 en flancs, et 1 en pointe. Normandie.

Courtois — d'argent , au croissant do gueules, surmonté de cinq mouchetures de sable. Normandie.

ISaudre — d'argent, au croissant de gueules, accompagné de six merlettes du môme,

3 (Ml ciief, 2 en lianes, et 1 en |iointe. Normandie.

Ileautieu — d'argent, au croissant de sable, arcoiiipagné do six ci'oiseltes ancrées du môme, rangées 3 en clu'f et 3 en iioinle. Noi-niandie.

Dinei — d'argent , au cioissanl abaissé d'azui-,;i(l(Mixlleursd(! (pjinlefeuilles de gueules, tig('es et fouillées de sinople, mouvantes en chevron renversé des doux pointes du croissant; au chef d'azur cliiugé d'un lion iéopardé d'argent. Lyonnais.

tiotty— de gueules, au croissant d'argent, ai compagne de (rois lurmes du mùme ; uu

HERALDIQUE. CKO 2n0

chef cousu d'azur , chargé d'un soleil d'or. GuyetHie et Gascogne.

Ammei'dl — d'azur, au croissant d'argent, accompagné de trois molettes d'éperon d'or. Normandie.

Bar — parti au 1 de gueules, au croissant d'argent, accompagné de huit étoiles de môme en orle ; au 2 d'or, an chevron d'azur, chargé de trois étoiles d'argent. Au-

La Fonlenelle — d'azur, h un croissant d'argent, contourné de ([ualre étoiles d'or, et surmonté d'une cinciuième étoile do môme. Poitou.

Sailtans — d'argent, au croissant tourné de gui ules, accompagné de trois étoiles du môme. Auvergne.

La Ribe — d'azur, au croissant d'argent, accom[)agné do trois molettes d'éperon du môme. Auvergne.

Hoguet — d'azur, à un croissant d'argent, accompagné do trois coquilles d'or, deux en chef et une en pointe. Poitou.

Gandin — de gueules, h un croissant d'argent, acconqiagné de trois roses de môme, 2 en chef et 1 en pointe. Bretagne.

Gallois — de gueules, à un croissant montant d'or, accompagné de six roses do môme, trois en chef et tro;s en jiointe. Bretagne.

Barde Vifsac — parti, au 1 de gueules, au croissant contourné d'argent, accompagné de huit étoiles du môme, mises en orle; au 2 d'or, au chevron d'azur chargé de trois étoiles d'argent. Devise •.Inler sidéra crescet. Auvergne et Berry.

Didol — d'azur, au croissant d'argent, accompagné en flanc et en [lointe de trois billettes, et en chef à dextre d'une étoile, et à sénestre d'une molette d'éperon, le tout d'or. Lorraine.

Trumeau — d'azur, au croissant d'argcnl, ayant h son centre une rose de môme, et accompagné do trois étoiles d'or. Ile de France.

Rourray — de gueules, au croissant d'argent, accompagné de sept billeltesde môme, trois en chet, deux en fascc et deux en |)ointe.

La Haye MontbauU — d'or, à un croissant de gueules, aecomi agné de six étoiles de môme, trois en chef, deux en flanc et une eu pointe, et une boninre d'azur chargée de iiuit besants d'argent. Poitou.

Aubcry — de gueules, l'i \ni croissant d'or, accom|)agné de trois trèfles d'argent, posé,-' 2 et I. Ile de France.

Moiitmult — de gueules, au croissant d'ar genl, uccouipagné de six étoiles du môme , trois en chef et trois en pointe.

Bocharl de Champigny — d'azur, au croissant d'or, surmonté d'une étoile de môme.

Barthiiriiii/ - d'argent, au crcjissanl r<iiversé do .sable, couiié d'a/.ur, à uno croix alésée d'or.

La Porte la Meilleraye — do gueules , au croissant d'argent, chargj do cinq mouchetures d'hermines.

Leulrade — d'azur, au croissant renversé

207 CRO DICTIONiSAIRE

d'argent , au chef cousu de gueules, chargé d'une étoile d'or.

D'Iïeauville — d'hermines, au croissant de gueules.

DEDX CROISSANTS.

Vguet — d'argent, à deux croissants adossés de gueules. Bretagne.

Garadeur — d'azur , à deux croissants adossés d'argent. Beaujolais.

Perrot — d'azur, à deux croissants acculés d'argent, l'un montant, l'autre versé, au chef d'or , chargé de trois aiglettes de sable. Ile de France.

Ronchaut — d'azur , à deux croissants adossés d'argent, accompagnés de quatre besants d'or, uu eu chef, deux en fasce, et un en pointe.

Le Fèvre — d'azur , à deux chicots posés en sautoir d'or, accompagnés en chef de deux croissants affrontés, et en pointe d'une étoile de même.

Livrée — do gueules, à deux croissants d'argent et une Heur de lys d"or en pointe. Normandie.

Bonchaux. — d'azur, h deux croissants acculés d'argent, accompagnés de quatre besants en croix d'or. Bourgogne.

Lepuray — d'argent, à deux croissants de gueules, celui en pointe supportant un rameau de deux branches de laurier de sinople, posées en pointe. Normandie.

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