‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 176 sur 329 · AMBASSADEURS SUISSES A L'ÉTRANGER · texte numérisé non relu

AMBASSADEURS SUISSES A L'ÉTRANGER

Aucun des agents diplomatiques qui représentent aujourd'hui la Suisse à l'étranger n'a rang d'ambassadeur. De même que notre armée démocratique ignore, du moins en temps de paix, le titre de général, ainsi notre diplomatie ne possède pas d'ambassadeurs, c'està-dire d'envoyés de la première classe, au sens d'une hiérarchie déjà quelque peu surannée qui remonte au Congrès de Vienne. D'après les notions admises à cette époque, notions qu'un avenir assez proche pourrait bien bouleverser, l'ambassadeur représente la personne même de son souverain, tandis que les envoyés des autres classes représentent seulement l'État dont ils tiennent leur mandat. II n'en faut pas conclure que seuls les pays monarchiques puissent conférer à leurs agents le rang d'ambassadeur. La France et les États- Unis d'Amérique, pays républicains, ont des ambassades. La Suisse pourrait en avoir elle aussi, puisqu'une tradition déjà ancienne lui reconnaît les « honneurs royaux », privilège qui, dans l'esprit de ses inventeurs, donne aux républiques souveraines le droit d'avoir à l'étranger des envoyés de la première classe.

Si aucun citoyen suisse n'est, à l'heure actuelle, investi du titre et des fonctions d'ambassadeur, il n'en a pas toujours été de même dans !e passé, au temps où la représentation diplomatique de la Suisse n'avait pas un caractère permanent et où le terme n'était pas pris dans le sens limité qu'il revêtit plus tard.

Au point de vue du droit international, on ne saurait guère parler pour la Suisse de l'exercice du .jus legationis avant le traité de Westphalie qui fut la première sanction officielle de son indépendance. En fait, bien avant 1648, la Diète, au nom du Corps helvétique, les cantons pour leur compte personnel, recevaient et envoyaient des missions diplomatiques. Mais, tandis que, dès le milieu du XVe siècle, la cour de France, par exemple, était représentée d'une manière quasi permanente auprès des cantons suisses et de leurs alliés, ceux-ci ne déléguaient aux princes étrangers que des députations temporaires, chargées de négocier certaines affaires déterminées conformément aux instructions de leurs mandants

Il arrivait parfois que des missions diplomatiques décrétées par la Diète ne représentassent pas tous les cantons, lesquels d'ailleurs exerçaient aussi, isolément ou par groupes, le droit d'ambassade.

Jusqu'en 1798, l'alliance des XIII cantons dans son ensemble ne réussit pas à se donner une représentation extérieure permanente, bien qu'elle constituât depuis assez longtemps, aux yeux de l'Europe, un État doué d'une certaine personnalité juridique.

Les ambassades extraordinaires, investies d'un mandat déterminé, étaient le seul instrument dont usât, sous l'Ancien Régime, la diplomatie de nos ancêtres, lorsqu'il s'agissait de défendre à l'étranger les intérêts communs de leur alliance. « Les cantons suisses, écrivait Wicquefort en 1680, n'ont point d'ambassadeurs, ni de ministres résidents ou ordinaires, à Rome, en France, en Espagne, ni ailleurs... Les avantages qu'ils remportèrent des trois batailles qu'ils donnèrent à Charles, dernier duc de Bourgogne, et les expéditions qu'ils firent en Italie pour et contre la France, sous les

AMBAUEN

A.MKILLY

règnes de Charles VI 1 1 . de Louis Xll el de i rani ni s I ' r, leur acquirenl une si haute rûpu i ;< t iun <!■- valeur, que les princes voisins crurenl devoir rechercher leur alliance, ils se sont maintenus en cette possession depuis ce lemps-la, cl reçoivent des ambassadeurs chez eux sans en envoyer ailleurs sinon pour des occasions fort extraordinaires. »

La première mission diplomatique permanente instituée par la Suisse fut une légation à Paris, ou le Directoire Helvétique nomma, le 27 avril 1798, un ministre plénipotentiaire près le Directoire de la République Française, eu la personne du SoleurOlS Zellner.

Dès lors, le titre d'ambassadeur ne lui plus porté — et pendant un temps l'oit courl que par un seul représentant oïliciel de la Confédération accrédité en 1801 à Vienne, en qualité d'ambassadeur, Bernard- Gottlieb-lsaac de Diesbach. Cel homme semble avoir été quelque peu ébloui ]iar l'éclal de sa position : il coula l'orl cher à la Suisse, si l'on en croit les documents de l'époque. Aussi ne tarda-t-on pas à le réduire au rang de ministre, pour le rappeler définitivement le 26 mai 1802. — Voir aussi REPRÉSENTATION DIPLO- MATIQUE. | H. de Weck.I

AMBAUEN, am BAUEN, am BAWEN, am BAUWEN. Ancienne famille de paysans il l'nlerwald,

h geoiae de Beckenried et d'Emmetten. ('ne branche

qui acquit en 160i la bourgeoisie de Stans est éteinte. Le lieu d'origine est Emmetten Armoiries: d'azur à une croix cramponnée d'argent. Variante;: d'argent à un trépied de sable. — 1. Jakob a.m Bawen, de Beckenried, se distingua à la bataille de Novare (1513). De 1522 à 1523 ]uiis de nouveau de 1534 à 1535, il est bailli de Bollenz (Blenio), en 1529, juge, ensuite membre du conseil; il vivait encore en 1564. — 2. Jakois am Bawen, fils <lu n° I. et souvent député à la Diète (1582- , * 1796, vicaire, puis curé de I lecken- — Voir collections du chapelain A.

de Stans. — AS I. [H. Di krkr.1 ANBEILER. Voir OHMGELD.

membre du consei 1608). — 3. Andréas ried de 1830 à 187-2.

Odermatt au musée AMBEILER ou

AM BERG. Grande corporation du canton de Lucerne ayant sa propre juridiction, sur la montagne entre Adelwil et Hochdorf. Voir Berghof.

AMBERG, nom de famille répandu dans les cantons de Lucerne, de Schwyz et de Zurich.

A. Canton de Lucerne. Famille de Alberswil, Buchs, Buron, Lucerne, etc. En 1289. Konrad, dit a-dem Berge, avait quelques possessions à Adelwil ; Johann fui reçu bourgeois de Lucerne en 1361. — 1. Bernard, de Buron, 1803-1880: curé de Hickenbach en 1833, doyen de la paroisse (Regiunkelj de Sursee, chanoine à Munster en 1874.

— 2. Johann, de Buron, 1830-18S7, avocat à Buron et Lucerne, rédacteur du Wahrheilsfreund, juge d'instruction, rédacteur de la hw.erner Zeitang, greffier de tribunal à Sursee 1867, grand conseil 'er, conseiller national I873, sous-préfet 1875. — 3. Anton, — 4. Bernhart et — 5. Joseph- Robert, tous trois peintres et — 6. Johann, sculpteur, vers 1850. — Voir SKL. — 7. Bernhahd peintre et sculpteur. — 8. Johann, * 30 mars 1843, | 30 mars 1915, professeur à Zoug, Hitzkirch, recteur puis en 1899 conseiller municipal à Lucerne. — Voir Monatsrosen 1909.

— Gfr. 43, 70. — SKL. — Jahresbericht der Uôheren Lehranstalt, Luzern 1914. [P.-X. w.] LB. Canton de Schwyz. Famille éteinte de Schwyz.

Armoiries : coupé de gueules à un lion léopardé d'or et d'argent à trois monts de sinople. - 1. Joseph, landammann.

■J- 24 a 'ût 1545 à Iberg. Il fut d'abord partisan de la Réforme, et était connu -ou- le nom de Montamts. Mais lorsqu'on s'attaqua aux dogmes, il prit énergiquement le parti de l'ancienne foi. Dès 1522 il représenta le canton île Schwyz à la Diète el en 1">24 il fut élu bailli de Thurgovie. C'est sous son administration qu'eut lieu l'incendie île la chartreuse d'Ittingen et la guerre des paysans illemands. Comme dé' pu té à la Diète. Amberg fut du nombre de ceux qui condamnèrent à mort les Wirth c'est-àdire le bailli de Stammheim et ses fils. Il fut bailli à Einsiedelnen1526età Bellinzone. I532-1533. En 1532, il reçut au nom de Louis II Blarér d'Einsiedeln, l'investiture de

Charles Quint, avec les droite régalien - et prêta serment comme fondé de pouvoirs de l'abbé. En 1537 il se rendit à la cour pontificale et, à cette occasion, le pape Paul III lui conféra le titre de chevalier romain. Amberg l'ut landammann de Schwyz en 1534, 1530. 1540 el 1543. Il était à la tête du parti impérial a -ebwyz et avait pnur rival Dielrich [nderhalden, le chef des partisans de la France. En 1544, vmberg, avancé en âge, se démit de Bea fonctions publiques, i in a fait de Joseph Amberg le héros d'une légende qui a été admise par plusieurs historiens Selon ciite légende, un fils d'Aniberfi avant commis un inceste

avec sa sœur aurait été pi le mort par son propre

pi ii en qualité de landammann: en réalité cette histoire estsans l'ondement Amberg n'était pas marié et n'avait point d'enfants ni légitimes ni illégitimes. Il fit son testament le 6 février 1545; son héritier naturel était son frère Adrien. — Voir Th. v. Liebenau: Landammann Jonef Amberg von Schwyz dans ASG 18^7, p. 10, 56, 2os. Meyerv. Knonau : Il ist.-geograph.stalist. Gcmâtde der Schweiz, Kt. Schwyz. ■■< >■■

C. Canton de Zurich. Ancienne famille des districts zuricois de Rulach el de Dielsdorf; elle tire probablement son nom du Zurichberg. — I Konrad am Berg obtint en 1380 la ferme du couvent de Saint-Biaise à Windlach. — 2 ll.ws. de Glattfelden, prit part à la campagne de Lombardie en 1512 et en 1515 à celle de Milan. — 3. ANDREAS, de Glattfelden, devint bourgeois de Zurich en 1553. — 4. Stephan. sous-bailli à Glattfelden en 1613. Vers 1850, puis de 1885 à 1890, des Amberg émigrèrent pu Amérique-: a autres se fis, Vent à Olten et à Bâle-Ville. — 5. Heinrich 1876-1916, de Glattfelden, bourgeois de Zurich 1885. pro» p gateur de la sténographie en Suisse, président de la Soc- été de Sténographie de Zurich et membre du comité de l'Union sténographique suisse. — ZWCtir 1910 p. 351, avec portrait. J K.

AMBERGER, bourgeois de Làngendorf iSoleure) en 1851, Bàle 1,862 et Zurich 1891. Armoiries : d'azur à un mur surmonté d'une tour crénelée d'argent à senestre contre laquelle s'appuie un cerf du même accompagné de quatre étoiles d'or, le tout sur une terrasse de sinople. — 1. Fi;n> drich-Hermann (18-23-1903), * à Soline;en, où il devint libraire : à la suite de troubles révolutionnaires il se réfugia en Suisse en 1849; libraire à Râle et fondateur de la Schweizer Grenzposi qui cessa de paraître vers 1880 ; de 1884-1888. directeur du Frankfurter Journal à Francfort s/Main; 1889-1896, directeur commercial de l'imprimerie David Hûrkli à Zurich. — 2. Frikdrich-Hermann-Theodor (1855-1916), fils du nu 1, sous-directeur du Bankverein à Zurich en I890, et dès 1902 président de la bourse des valeurs de Zurich (NZZ 1916. n- 1442. - ZWChr. 1903. p. 59, avec portrait ; 1916, p. 310, avec portrait). — 3. Fried- RICH-Gustav, * à lîâle le 24 avril 1869. frère du n° 2. jusqu'en 1919 propriétaire de l'imprimerie et de la maison d'édition Fritz Amberger, successeur de Davul Biirkli, depuis [904 membre du Conseil général de Zurich. Il a publié .- Buchdruckerei Fritz Amberger, Zurich, vormals David Bùrkli Eine hixtorische und technische Skizze. — Généalogie der Famitie Amberger. — [F. H.]. — 5. Olga, femme de lettres. * 8 août 1882 à Zurich, fille du n° 2 ; fit des études d'art à Zurich, puis à Genève, mais elle se voua ensuite aux lettres et publia: Alt-Zûrcher Bilderbuch, Zurich 1911 ; Bilder aus Alt-Zârich, Zurich 1912 [illustré par Bollmann); In der Glûcksschaukel, nouvelles (dans Schweizer. Erzâhlèr, t. V: Narrenstùcke, nouvelles. Elle collabora à la collection: Ans Zû ichs Vergangenhe.it, t. I-IH, 1911-1913. - Voir Schweizerisches Snhriftsteller-Lexikon 1918. p. 24. — ZWChr 1910. p. 511, avec portrait. [A. Sch^sr.1

AM8IEL. Voir A.MBUHL.

AMBILLY. L'ancienne commune sarde d'Ambilly était divisée en deux parties par le Foron. Cette rivière devint en 1810 cours d'eau frontière et toute la partie d'Ambilly qui se trouvait sur la rive droite devint genevoise. Ce territoire fut réuni à la commune de Cliène- Thonex. Ambilly est connu par la découverte de tombes antiques. Son nom est déjà mentionné, en 859 : Lothaire,

AMBL.ETTEN

AMBROSIENNES (VALLÉES)

roi de Lorraine, restitua à Isaac, évèque de Langres et à l'église de celui-ci, la villa d'Ambilly qui lui avait été injustement enlevée. L'évêque de Langres donna Ambilly à titre précaire à Humbert aux Blanches-Mains comte de Maurienne (1022). A la lin du XIIIe siècle, c'est l'évêque de Genève qui possède Ambilly. L'abbaye cistercienne de Bellerive et les Templiers y tenaient des terres en tief, ainsi qu'à Annemasse. Voir Arcb. d'Etat Genève : Fief de Bellerive, grosse I. — Regeste genevois n05 92, 165, 1333, 1641. - Galitïe: Genève. — MDG, Mémorial I, p. 126. — Cramer : Correspondance diplomatique de Pictet de Rochemont et de François d'Ivemois. [L- Blondbl.] AMBL/ETTEN, am BLATTEN. Voir Bl.kttler.

AMBLER. Voir E.MBLER.

AMBOISE, d'. Cette famille française a donné deux ambassadeurs extraordinaires en Suisse . en 1478 Louis, évêque d'Albi, qui fut l'année suivante lieutenant du roi en Bourgogne ; en 1491 Georges, évèque de Narbonne, plus tard cardinal, premier ministre de Louis XII et légat du Saint-Siège. — Voir Rott : Inr. sommaire I. 33, 50, 68. 83. — Art. Ambassadeurs du DHBS. [M. R.]

AMBKESANE. Monnaie d'argent portant l'effigie assise de saint Ambroise, évêque de Milan (ambresane = Ambrosienne) elle avait cours en Suisse aux XIVe et XVe siècles. On appelait généralement de ce nom les grossi ou plapparts de Milan et même de plus grandes et plus petites monnaies, ainsi que des frappes en or. — Zïircher Stadtbùcher, p. 135, année 1343. — Gnecchi, Ercole e Fr. : Le monete di Milano. — Ed. Martinori : La moneta. [H]

AMBREVILLA, THOMAS d', chanoine de Liège, chapelain du pape, accompagna comme auditeur le cardinal Philippe d'Alençon, légat du pape, en Suisse. Il s'arrêta notamment le 11 octobre 1387 au couvent des franciscains à Zurich, d'où il procéda à l'érection de la paroisse de Sisikon, canton d'Uri. — Voir Gfr. IX, 16-22, 42, 30, 47, 134. [P.-X. w.]

AMBRÎ SOPRA et SOTTQ (C. Tessin, D. Léventine, Com. Quinto. V. DGS). Aussi Umbrio, Umbry, Ombri. Deux hameaux de la paroisse de Quinto, mentionnés pour la première fois en 1227. Sous le gouvernement des chanoines du Dôme de Milan, Ambri forma sans doute, avec Bedretto, Airolo, Quinto et Prato, un arrondissement fiscal, la rodaria de inlus montem. Avec Prato, Quinto et Airolo il payait la dîme à l'église prévôtale de Biasca. Le 28 octobre 1682 eut lieu la fondation d'une chapellenie scolaire; aujourd'hui Ambri a une école secondaire mixte. La population était en 1227 de 15 ménages; en 1900 elle était pour Ambri- Sopra de 46 ménages et 256 habitants, pour Ambrî-Sotto de 22 ménages et 93 habitants. — Meyer : Blenio u. Levenlina. — BSlor. 1888. — Popolo e Libéria du 14 février 1911. [C. T.]

AMBRIACUM. Voir Embrach.

AMBROGIO de Figino. Voir de Figino Giovanni Ambrogio.

AMBROGIO, Lica, DE Coldrerio. A fait, en collaboration avec d'autres artistes, des constructions au palais du Vatican sous le pontificat d'Innocent IX en 1591. - BStor. 1885. [C. T.]

AMBROGIO, da Muralto. Peintre, en 1487 il travaillait dans l'église de Saint-Laurent de Lugano, aujourd'hui église cathédrale, qui lui doit deux fresques, encore assez grossières, représentant l'Annonciation de Marie et Saint-Roch et Saint-Sébastien. — SKL. — ALBK. — Kahn : / Monument't artislici del Medio Evo nel c.antnne Ticino. [C. T.]

AMBROISE I. Abbé de Saint-Maurice (Valais) ; était déjà abbé de l'Ile Barbe près Lyon lorsque, à la demande de saint Hymnemodus, il fut appelé à Saint- Maurice pour collaborer à l'érection du couvent fondé par le roi Sigismond. A la mort de Hymnemodus survenue le 3 janvier 516, il devint 2e abbé du couvent, et mena à bien l'œuvre d'agrandissement et d'embellissement de l'église, ainsi que du psalmisonum adsiduum, commencée par son prédécesseur. L'année de sa mort est inconnue. — Besson : Monasterium Agaun. — AMBROISE H, abbé de Saint-Maurice, vers 574. — Gallia Christ. XII. [D. I.]

AMBRONICUS PAGUS. Suivant Jules-César,

l'Helvétie avait été divisée en quatre cantons fpagij dont il ne nomme cependant que deux, ceux des Tigurins et des Verbigènes. Plusieurs auteurs, Cluver le premier, en cherchant à lever le voile qui recouvre encore les deux autres cantons, ont imaginé d'en nommer un Pagus Ambrqnicus du nom d'une peuplade, les Ambrones, détruits dans la guerre des Cimbres et dont les restes se seraient établis en Helvétie. Ils placent ce pagus dans la région de l'Argovie, mais rien ne confirme cette hypothèse et les renseignements sur l'origine et les destinées voire même sur l'établissement des Ambrones en Helvétie, sont si vagues et contradictoires qu'on ne peut faire aucun fond sur l'existence supposée d'un Pagus Ambronicus. — Voir : LL I. — W. Gisi : Quellenbuch fur Schweizergeschichte, p. 37. L<l. fît.]

AMBROSIEN (RITE). Le rite ambrosien, du nom de saint Ambroise, archevêque de Milan (374-397), est une ancienne liturgie, encore en usage dans la presque totalité de l'archevêché de Milan, dans quelques paroisses des diocèses de Novare et de Bergame, et jusqu'en 1884 dans les régions du Tessin qui dépendirent de Milan. Ces régions sont : la Léventine, le Val Blenio, la Riviera (qui embrasse, outre le district du même nom, les paroisses de Moleno, Preonzo et Gnosca), brissago et la piere de Capriasca, en tout 55 paroisses. Le rite milanais dillere du rite romain par quelques détails dans l'office et le cérémonial. C'est ainsi que, dans le rite ambrosien, le baptême par immersion est encore en usage; l'Avent compte six dimanches au lieu de quatre que compte le rite romain ; l'année liturgique commence à la Saint-Martin au lieu du 4e dimanche avant Nord (entre le 27 nov. et le 3 déc); le carême commence à quadragésime et non au mercredi des cendres; aux messes pontificales de l'archevêque dans le Dôme de Milan, les vieillards de Vécole de Saint- Ambroise, quatre de chaque sexe, font l'offrande du pain et du vin. Ce rite a des affinités avec l'ancien rite gallican. L'église milanaise possède aussi un chant liturgique particulier, les mélodies diffèrent sensiblement de celles de l'église romaine. Il y a une vingtaine d'années, elles furent soumises à une refonte d'après les vieux codes liturgiques. — Voir Hergenrôther-Kirsch-Rosa : Storia universale délia Chiesa. — Kraus-Godet-Verschall'el : Histoire de l'église. — Duchesne : Origines du culte chrétien. — Plaine : De vera aetate lilurgiarum ambi'osianae, gallicae et goticae. — Magistretti : Cenni sul rito ambrosiano. — Magani : Anticaliturgia Romana . — Meyer: Blenio und Levenlina. — Cabrol : Diclionnah e d'archéologie chrétienne et de liturgie. [C Trezzini]

AMBROSIENNES (VALLÉES). Sous cette dénomination on comprend au point de vue géographique la Léventine, le val Blenio et la Riviera. Cette dernière comprenait le district actuel du même nom et les communes de Moleno, Preonzo et Gnosca du D. de Bellinzone. Jusqu'au XVe siècle le terme Riviera est inconnu et tout le territoire du Xufenen jusqu'à la Moesa et à Gorduno est compris dans les documents sous la dénomination de Léventine. Au Gothard la Léventine s'étendait, jusqu'en 1331, au delà des limites actuelles et embrassait le vaste alpage d'Antella, comprenant aujourd'hui les alpes de Gamshoden, Blumenhùtten, Eisenmann, Wyttenwassern et. Caggiola.

Au point de vue religieux les vallées 'dépendirent de l'archevêché de Milan jusqu'à la constitution du Tessin en diocèse autonome (1 sept. 1888). On ignore les origines de cette dépendance. Les noms des églises les plus anciennes que les documents nous fassent connaître (Saint-Pierre de Biasca, Saint-Martin d'Olivone et Saint-Sirus de Faido- Mairengo) n'ont aucun rapport avec les saints de l'Eglise milanaise; d'autre part il ne semble pas que les vallées aient appartenu au diocèse de Côme : auraient-elles appartenu dans les premiers siècles au diocèse de Novare, qui, suivant Hidber, aurai! étendu autrefois sa juridiction sur tout le Tessin actuel? En tout cas, il faut dire que, bien que les documents qui parlent d'une façon explicite ne remontent qu'à la dernière moitié du XII'' siècle, la dépendance spirituelle de Milan est très ancienne, car la Bibliothèque ambrosienne de Milan possède un missel dit de Biasca qui date du Xe siècle et un autre dit de Lodrino du XI' siècle. Dès la lin du XIIe siècle, la juridiction spirituelle sur les trois vallées était

294 WIimosiKNNKS (VALLEES)

dans l' mains du chapitre des chanoines (ordinarii), qui y avaient un jus i/imsi episciipulr. Ces ordinarii administraienl les vallées soi! directement, soil par des envoyés extraordinaires, soit surtout par leurs vicaires généraux, An début, chaque vallée en possédait un, plus tard il n s en eut plus qu'un pour les trois vallées, qui résida ordinairement à Biasca, parfois aussi au séminaire de Pollegio. Ces vicaires généraux avaient, entre autres, le droit de collation des bénéfices, d'excommunication et il interdit. Lorsque le chapitre céda à Ori Bes droits h mporels sur la Le ventine (1403-1441) et lorsqu'il perdit les

AMBROSIENNES (VALLEES)

Olivom deux /

Les vallées ambre-siennes. (Le « grisé » représente les vallées en question et les deux enclaves de Brissago et de Ponte-Capriascat.

anti-us vallées (1500-1516), il se réserva la juridiction spirituelle, n'accordant aux nouveaux seigneurs quelle droit de présentation aux bénéfices, ce qui fut considéré comme une spoliation par les vicinanze, auxquelles il ne resta plus que le droit d'élection. Pour la confirmation de chaque élection les chanoines percevaient un tlorin du Rhin. En 1487 déjà les ordinarii se plaignaient du canton d'Uri, qui demandait la confirmation à l'archevêque et non plus à eux. On pourvoyait, dés 1(322, à la formation du jeune clergé, par le petit séminaire de Pollegio et par les grands séminaires milanais et le beminaire helvétique (Collegium Helveticum). Quant aux divisions ecclésiastiques du territoire, il n'est pas impossible qu'au Xlb siècle les trois vallées aient forme aillant de pieoi ayant pour chef lieu ISiasca, Faido et

Il parait certain qu'au XIII BÎècle il existait celles de Biasca et d Olivone. On ignon puis quand les vallée- ne forment qu'une seule pieve, celle de Biasca ; il en était déjà ainsi au XVI Biècli Le nombre des paroisses était de 28 au XIII siècle et augmenta dans la Buite jusqu'à cinquante-quatre.

Les trois vallées ont une histoire politique distincte de celle du reste du Tessin. Jusqu'à la domination définitive des Visconti leurs destinées sont communes, dès lors elles se séparent presque complètement : on en parlera dans l'article concernant chaque vallée en particulier. £ Pour.leuis affaires intérieures les vallées jouirent d'une véritable autonomie, plus ou moins grande suivant les époques et les Beigneurs, depuis la pluhaute antiquité jusqu'à la fin de la domination suisse. Elles avaient des landsgememde, des conseils généraux et, dans le val lîlenio. et à Biasca, la credencia (voir ce nom), institutions aux larges compétences, dont la principale était d'assister le podestat dans l'administration de la justice; ] nanze et les degagne (voir ces noms) avec leurs assemblées, leurs consuls, leurs jurés, leurs administrateurs, leur autonomie, leurs statuts particuliers qu elles pouvaient se donner librement, leurs impôts, leur monopole des transports, leur droit de nomination aux bénéfices ecclésiastiques, etc.

Il y eut des seigneurs fonciers: le chapitre des chanoines de Milan, dont la seigneurie remonte peut-être au haut Moyen Age et fut considérablement accrue par les donations d'Atto de Verceil et de l'archevêque Arnulf noir ees noms et par des achats (jusqu'en 1120); Y abbaye de San Pielro in Cielo d'oro de Pavie, dont la seigneurie remonte probablement à l'époque lombarde et dura jusque vers 1200; l'abbaye de Disentis; les nobles Orelli de Locarno ; les nobles de Ginrnico, de Lodrino et de Torre. Les seigneurs fonciers jouissaient aussi, dans leurs possessions, de certains droits de juridiction. Ces seigneuries disparurent, par violence et par rachat, dans la lutte qu'elles eurent à soutenir, surtout aux Xb et Xlb siècles contre les populations des vallées qui voyaient dans les seigneurs un danger pour leurs franchises.

La souveraineté sur tout le territoire des trois vallées était dans les mains des chanoines de Milan. C'était un véritable comté ; les seigneurs étaient appelés comtes; ils avaient la haute et la basse justice, connaissant ainsi de toutes les causes civiles et criminelles. On ne connaît pas l'origine de cette souveraineté du chapitre. Au XII" siècle on la faisait remonter à la donation d'Atto de Verceil ; mais cette donation en est, tout au plus, le point de départ. Jusqu'au Xlb siècle (1120), la souveraineté était dans les mains du grand et du petit chapitre, des decumani et des •ordinarii ou chanoines; dans la seconde moitié du Xlb siècle, les droits des decumani disparaissent et jusqu aux premières années du XIIL siècle, un seul chanoine est investi de la seigneurie et porte le nom de comte de Blenio et de la Léventine. Parmi ces comtes on trouve Obert Crivelli, qui devint en tl&S archevêque de Milan puis pape sous le nom d'Urbain III. Dès le milieu du XIII" siècle, on a quatre comtes au lieu d'un seul qui généralement gouvernent ensemble les vallées, sauf pour certaines affaires qui sont réglées à tour de rôle.

Les comtes gouvernaient les vallées par 1 intermédiaire iesavogadri ou avoué- (un par vallée) qui, a la dillerence

AMBROSIENNES (VALLÉES)

AMBUI1L

du bailli allemand, n'étaient pas juges, mais seulement les défenseurs des droits du chapitre ; des podestù ou podestats (d'abord probablement un seul pour toutes les vallées, vers 1230 et dans la suite un pour chaque vallée), aussi appelés recteurs ou vicaires, véritables gouverneurs au nom des comtes, qui rendaient la justice, surtout la criminelle, en communauté avec les représentants des vallées et les juges nommés par les comtes. Leurs compétences étaient cependant limitées par les franchises des vallées. En présence de tout le peuple, les comtes tenaient en outre dans chaque vallée leurs cours de justice ou placita donnegaria (dominicaliaj pour les affaires civiles seulement : deux fois par an (en mai et novembre) pour la Léventine, sous un vieux mélèze à Bodio ; une fois par an (en novembre) à Sala près de Semione pour Blenio, et à Biasca. Les plaids duraient trois jours ; une cour de justice supplémentaire était tenue immédiatement après, à Giornico pour la Léventine et à Malvaglia pour Blenio, dans le cas où les plaids n'avaient pas liquidé toutes les affaires. C'est à l'occasion des plaids d'automne que les comtes percevaient les impôts : celui de la fictaritia (500 livres de nouvelle monnaie pour la Léventine et 2C0 pour Blenio), le fictum ou redevance que les podestats avaient à payer (500 livres celui de la Léventine, 200 celui de Blenio, celui de Biasca ne payait probablement aucun fiction), l'impôt des rodarie (6 en Léventine et 6 en Blenio) ou de la castaldia (intendance) de Claro : en tout un revenu d'environ 2000 livres par an.

Dans leurs visées sur l'Italie, les empereurs d'Allemagne convoitèrent les Vallées Ambrosiennes qui étaient d'une importance exceptionnelle à cause des passages alpestres. Déjà Conrad III avait investi des trois vallées le comte Werner de Lenzbourg ; mais ce n'est qu'à la destruction de Milan par Frédéric Ier (1162) que la puissante famille de Lenzbourg put s'imposer dans les vallées et y plaça comme baillis Bernard de Giornico pour la Léventine et Alchérius de Torre pour Blenio. A l'extinction des Lenzbourg (1173), les deux baillis restèrent probablement dans la dépendance immédiate de Frédéric Ier avec des pouvoirs plus étendus. Le chapitre, qui avait dû céder à la violence, mais n'avait pas renoncé à ses droits sur les vallées et se les était fait confirmer par le pape Alexandre III (1162), rentra dans ses droits après la victoire de Legnano (1176). Les populations des vallées soutinrent leurs droits: Bernard de Giornico et Alchérius de Torre se soumirent. Mais les enfants de ce dernier, Arthur et Guido, continuèrent la résistance ; Arthur fut assiégé dans son château de Curtero, près de Torre. C'est pendant ce siège que, en février 1182, les gens de Blenio et de la Léventine signèrent une alliance offensive et défensive (dit Serment de Torre) contre tout seigneur qui oserait élever des forteresses dans les vallées. — En 1212 Henri de Sax, petit-fils d'Alchérius, dut recevoir de Frédéric II l'investiture du val Blenio et, probablement, de la Léventine. Le chapitre de Milan vit dans ce fait une menace pour ses possessions et en 1213 le comte Guillaume Balbus investit de tous ses droits le noble Rodolphe de Locarno. La Léventine accepta ce seigneur; dans le val Blenio les gens d'Aquila et d'Olivone se révoltèrent, croyant leurs franchises menacées par Rodolphe ; mais ils furent battus et durent se soumettre. En 1224 un grand procès fut intenté au chapitre par Henri de Sax qui avait dû recevoir une nouvelle investiture par diplôme du 26 novembre 1220 et niait les droits souverains du chapitre sur les vallées pour les attribuer à l'empereur, qui les lui avait données en fief. La sentence ne nous a pas été conservée, mais elle dut être favorable au chapitre, qui resta propriétaire des terres contestées. En 1239 les vallées sont conquises par Frédéric 11. qui y place Gui de Gano comme podestat impérial, et emploie les impots tirés des vallées surtout aux travaux de défense de Bellinzone. Mais en 1242 déjà, à la suite de la prise de Bellinzone par les partisans de Milan, les vallées reviennent au chapitre.

A la chute des Hohenstaufen (1250-1268), s'établit à Milan et à Côme le régime des signorie, qui constitua une menai ■■ continuelle pour la souveraineté des chanoines sur les vallées. De nom, ces signorie remplacent simplement les podestats, sous la suzeraineté des chanoines-comtes;

mais de fait les droits de ces derniers restent à l'arrièreplan et les signorie finissent par gouverner en maîtres sans trop se soucier des droits du chapitre. De 1270 à 1273 le val Blenio, et probablement la Léventine, passe sous l'autorité des Torriani de Milan, guelfes, qui chassent le podestat Matteo Orelli. En 1273, Matteo avec l'aide des populations réussit à expulser les vicaires des Torriani et est reconnu podestat des vallées par les chanoines gibelins. Avec la défaite des Torriani à Desio (1277) les Visconti montent au pouvoir avec l'archevêque Othon, le fondateur de la puissance de cette famille. Othon se fit investir par les comtes de tous les droits de souveraineté temporelle et, spirituelle contre la redevance annuelle de 200 livres impériales. C'est l'origine de la domination des Visconti dans le haut Tessin, laquelle, après une interruption de cinquante à soixante ans (dès 1292) reprendra ensuite presque sans discontinuer jusqu'à la conquête suisse. C'est aussi l'origine des luttes entreprises par les populations pour leur indépendance. La Léventine, toujours jalouse de ses franchises augmentées progressivement jusqu'à une indépendance presque complète, se révolta sous le bailli Alberto Cerro d'Airolo (voir ce nom), qui essaya de briser la seigneurie des Visconti et mêmes les liens avec les chanoines pour avoir cédé les vallées aux Visconti (vers 1290-1291). La tentative échoua devant l'excommunication et l'interdit lancés par Othon et la vallée fut condamnée à payer une amende de 2000 livres. Mais en 1292 la Léventine échappa aux mains des Visconti pour rentrer dans celles des chanoines. — Vers la même époque une révolte éclate à Biasca contre le podestat Henri Orelli, qui dut tenir son pouvoir exclusivement du peuple (1291)! En 1292 et 1293, à deux reprises, nouvelles révoltes partiellesdesLéventinais sous la conduite de Gui Orelli, recteur de Blenio. Vers 1300 les comtes investirent de leurs droits sur la vallée la communauté de Léventine qui les conserva jusqu'en 1302. En 1307-1309 nouvelle rébellion du val Blenio. Avec la descente d'Henri VII de Luxembourg en Italie (1313), la domination des chanoines-comtes courut un danger plus sérieux. L'empereur s'empara de la Léventine, qu'il confia au comte Werner de Homberg. La malheureuse tentative de révolte faite par Jacques Annexia (voir ce nom) en 1309 et un grand procès entre l'empire et les chanoines-comtes sur la légitimité de la possession de la Léventine se rapporte à cet épisode. La sentence du 3 avril 1311 reconnut pleinement les droits des chanoines.

L'assujettissement définitif de Côme à Milan (1335) eut une grave répercussion sur les libertés et le sort des Vallées Ambrosiennes. Du temps de la république de Côme les vallées formaient une enclave vis-à-vis de Milan. Côme assujettie, cet isolement providentiel cessa et les vallées tombèrent définitivement sous la domination des Visconti et furent incorporées au duché de Milan, au plus grand détriment de leur autonomie. Les Visconti, pour réussir, n'employèrent point la violence, mais par le détour de la tota fictaritia, ou investiture pleine et entière, ils se firent investir par les chanoines de leurs propres droits de souverains temporels sur les vallées. En 1335 déjà les Visconti pénètrent dans le Blenio et en 1342-1344, ils en acquièrent le rectorat. Vers 1350 ce fut le tour de la Léventine et de Biasca. Réunies sous un même seigneur, les trois vallées commencèrent cependant à avoir chacune une histoire particulière, que nous exposerons aux articles spéciaux concernant ces trois vallées.

Meyer : Blenio und Leventina. — Cerutti : Il Contado délie Ire valli elvetiche, dans BStor. 1898. — Biscaro : Le origini délia signoria délia Chiesa metropolitana di Milano nulle valli di Leventina, Blenio e Riviera, dans BStor. 1910; et la bibliographie qui y est indiquée. LG- Trezzini/]

AM BRUNNEN. Voir Brunmn.

AMBRUSTER. Voir Ec.K, Eberhard.

AMBUHL, AMBUEL, am BUEL, AMBIEL. De nombreuses familles des cantons de Lucerne, Saint-Gall, Unterwald, Valais et Zurich ont porté ce nom qui dérive de Bii/il « petite colline, élévation >< {SI IV 1094).

A. Canton de Lucerne. Ce nom de famille (Ambùhl) paraît très tôt dans le district de Willisau, ainsi Ulrich, de Buttenried, en 1285, Heinrich et Burkhart en 1321,

A.MHUHL

AMBUHI.

etc. Les Amhiihl de Grossdietwil, par contre, sont venus au XVIIe Biècle du Toggenbourg. — 1. Rudolf, «lit Coi, i. ims ou Clivants. Voir Amiii in, (Zurich). — 2. Hans, ammann à Ettiswil. 1545. [l'.-x. «

B. Canton de Saint-Gall. Famille répandue dans le Toggenbourg, particulièrement à Wattwil. — 1. l/,-(//s- Jakob, de Wattwil, instituteur et compilateur de notices historiques, *en 1699, f 1773. Avec un zèle inlassable, il recueillit sous le titre de Schauplatz eidgenossischer und toggenburgischer Geschichten des notices historiques qui, réunies en quatre volumes in-folio, d'environ mille pages, se trouvent actuellement à la bibliothèque de la ville de Saint-Gall. Les deux premiers volumes sont une compilation de chroniques suisses imprimées ; les volumes 3 et 4 contiennent cependant aussi des pages originales sur le XVIIIe siècle se rapportant au Toggenbourg, spécialement à la guerre du Toggenbourg, l'introduction de la constitution de 1718, ainsi qu'à des événements relatifs à la Suisse ou à l'étranger. — 2. Johann-JLudwig, poète, *13 févrierl750à Wattwil, lils du n°l. Il fut d'abord instituteur, puis, en 1782, devint précepteur de la belle-fille de Jak. Laur. Custer, qu'il

accompagna à Strasbourg et à Genève. Custer lui proposa d'écrire une Histoire du Hheinthal et lui remit tous les matériaux qu'il avait rassemblés dans cette intention. Cet ouvrage est rédigé sous forme d'annales et parut anonyme en 1805. En 1798, à la demande des notables du Rheintal, il composa la célèbre Adresse des villes et bourgs du haut et du bas Rheintal, dans laquelle il revendiquait la liberté auprès des cantons directeurs. Il adhéra à la République helvétique et fut nommé préTet de l'Oberrheintal. f 22 avril 1800. Ambûhl est l'auteur de nombreuses publications, poésies et pièces de théâtre. — 3. Heinrich,* 18 février 1817 à Wattwil, professeur de musique. Il a publié sous le titre de Klânge von der Thur une collection de 21 chants, dont deux sont chantés encore aujourd'hui. — 4. Johann-Ulrich, * 28 janvier 1819, de Krummenau, greffier, puis président du tribunal d'Ebnat, membre du Grand Conseil, et, en 1870, du Conseil National, f 28 juillet 1872. — 5. Oskar-Gottwàlt, chimiste, * 9 août 1850 à Wattwil, étudia à Zurich et Heidelberg, où il obtint le grade de docteur en 1875. Chimiste cantonal de Saint-Gall de 1878 à 1918, chef du laboratoire d'analyse chimique. Il présida la Société suisse des Sciences naturelles, de 1902 à 1908. En sa qualité de chimiste, Ambùhl fit partie de nombreuses commissions et s'occupa surtout de législation sur les denrées alimentaires. [Bt.]

C. Canton d'Unterwald. Famille éteinte du Nidwald. On n'en peut fixer avec certitude le berceau, le lieu dit Bùel se rencontrant partout dans le pays. Nous trouvons le premier porteur du nom à Nieder-Bickenbach. Armoiries : d'or à la lettre H gothique de sable sur trois monts de sinople. — 1. Heinrich et Ita, sa femme, de Nieder-Rickenbach, vendent en 1330 leurs droits sur la Steinalp. — 2. Hans, devint, sous le nom de Jean V, abbé d'Engelberg en 1450; il résigna ses fonctions en 1458 après une mauvaise administration et mourut le 28 août 1497. C'est par erreur que Renward Cysat l'a fait originaire de Buochs. — 3. Hans, paraît déjà le 18 août 1454 comme ancien ammann du Nidwald, il fut encore landammann en 1463, 1468, 1473 et 1475. — Dans les documents étrangers, la famille am Bùel est

Johann-Lurlwig Ambiihl, Portrait contemporain signé .1

souvent confondue avec celle des Zumbùel, originaire de Wolfenschiessen. — Voir Gfr. table. — AU I. — Collection du chapelain Odermatt. — Album EngeU bergense. [H. Di rri b.]

Dans l'Obwald, la famille Am Bûhl se rencontre à Schwendi (Com. Sarnen), à Oiswil et à Langera. — 1. MECHTILD a hkm BÙEL dans le Schwendi, fonde un anniversaire vers 1280. — 2. et 3. Claus et R.DD1 Biei.mann furent tués à Sempach, 1386. — 4. ILwi Bi ki.mann, est en 1447 représentant du Freiteil (corporation du village) de Sarnen contre les gens de Ramersberg devant le tribunal. — 5. Hans, bailli delà Thurgoviede 1484-1485, du Rheintal 1 498- 1 499 ; en cette dernière qualité, il entreprit, durant la guerre de Souabe, devant Kheinegg, un coup de main contre les impériaux qui lui coûta la vie. L'obituaire de Sarnen raconte cet exploit en détail. — 6. Niclaus, f en 1049, était membre du Conseil et juge; il est un des derniers de sa famille dans la commune de Sarnen. [Al. Truttmann.]

D. Canton du Valais Famille considérée du Valais, originaire de Loèche où les Ambiel se sont perpétués jusqu'à nos jours. Au temps de la Réforme, certains de ses membres ayant embrassé la nouvelle foi, s'établirent à Berne et les catholiques dans le canton d'Uri. Un certain PERROD1 S, de la famille des Nicodi qui parut à Loèche-les-Bains au XIVe siècle, ajouta à son nom, au XVe siècle, celui de Cresta tiré de son domicile « am Biel » dans le dit village. Dans la seconde moitié du XV' siècle, ses petits-enfants s'établirent à Loèche et n'écrivirent plus guère leur nom que sous la forme de Crisla ou am Bi'iel. — Armoiries : écartelé d'azur à une fleur de lys d'or et d'argent à un chevron d'azur accompagné de deux étoiles d'or en chef et de trois monts de sinople en pointe. — 1. GASPARD, * vers 1520, connu sous le nom de Collinus, médecin et pharmacien à Sion, comptait parmi les savants suisses de son temps. Il était ami de Conrad Gessner et d'Erasme auxquels il donnait des informations scientifiques sur le Valais. Il a laissé un ouvrage sur les eaux thermales du Valais. — 2. MELCHIOR Amrûel se fixa en 1530 à Sion, devint en 1558 lieutenant du Grand Bailli et y fonda la famille von Ambùel, éteinte il y a trente ans. Cependant la famille Ambiel subsiste toujours à Loèche. — 3. Bartli reçut la bourgeoisie d'Uri pour avoir participé à la bataille de Cappel. — 4. Peter,* en 1527 à Loèche, fut immatriculé le 31 août 1549 à l'université de Fribourg en Brisgau et fréquenta en outre celles de Bâle et Paris. En 1562 il conduisit un régiment de quatre compagnies valaisannes et de trois neuchâteloises en France au service de Louis de Bourbon, prince de Condé. Il se signala aussi sous Henri IV qui lui octroya une lettre de noblesse. Au Valais, il revêtit également des charges élevées : en 1575 et 1590, il fut major de Loèche; en 1569, gouverneur de Monthey, 1578 colonel. Il fut un propagateur actif de la Béforme dans le Valais, — 5. Bnlthnsar. Il passa sa jeunesse dans le service étranger, enrôla quatre compagnies en

1624 pour le duc de Savoie, devint gouverneur d'Acqui dans le Montferrat, se trouva assiégé dans cette ville en

1625 par les Espagnols et fut créé chevalier de l'ordre de Saint-Maurice et Saint-Lazare et colonel de la garde ducale. Bentré dans sa patrie en 1631, il fut nommé grand châtelain du dizain et en 1636 bourgmestre de Sion. Il appartenait au parti qui contraignit en 1634 l'évêque de Sion à renoncer à son pouvoir temporel. Comme adhérent du parti anti-espagnol il leva en 1641 un régiment au service de France, lequel, après avoir été cantonné en Flandre, fut envoyé en Espagne, où il subit de grosses pertes au siège de Lérida ; il se distingua ensuite le 19 mai 1643 à Bocroy et fut licencié en 1649. Le 11 juin 1652, il fut reçu bourgeois de Berne, avec son fils âgé de 16 ans. après avoir acquis la seigneurie et le château de Gerzensee. — 6. Alphonse, de Sion, fut à plusieurs reprises bourgmestre de la ville et grand-châtelain du dizain de Sion ; en 1729, il est lieutenant du Grand Bailli. Grand Bailli de 1737 à 1741. Il revêtit encore plusieurs charges imporlan-

&ip

mm

A.MBLIIL

AMDEN

tes du dizain de Sion, ainsi celles de banneret, de châtelain, de consul, elc. ; il mourut le 2 lévrier 1761. — 7. Franz-Friedrich, (ils du grand-châtelain Friedrich et d'Anna-Maria Lambien,*à Sion le 28 février 1714, devint en 1734 recteur de l'autel de Saint- Jacques, le 25 février 1735 chanoine, le 18 février 1746 grandsacristain, enfin le 18 décembre 1760 évêque de Sion. A plusieurs reprises, il envoya par tout le pays des missions populaires ; ses lettres pastorales reçurent un accueil favorable. En 1765 il fit paraître ' chez l'imprimeur Naterer à Sion une instructif) pastoralis Franz-Friedrich Ambnhl. complectens princï-

Portrait à l'huile au Musée historique pia practica. En 1 /ob de Brigue. et 1767, les couvents

de capucins de Saint- .Maurice et de Sion furent détachés de la province de Savoie dont ils faisaient partie et incorporés dans celle de Suisse. Lorsqu'en 1773 l'ordre des Jésuites fut supprimé, l'évêque s'efforça de garder à Brigue et à Sion, où ils exerçaient leur activité, les pères en qualité de prêtres séculiers pour l'enseignement de la jeunesse. Ambùel est le dernier évêque de Sion qui ait frappé monnaie ; il avait cessé en 1778. L'évêque Ambùel mourut le 11 avril 1780. Une partie de son importante fortune fut employée à la confection de pièces d'orfèvrerie pour la cathédrale; celles-ci devinrent, pour la plupart, la proie des Français en 1798. — Voir : BWG I, IV. — de Rivaz V. — Rott : Inventaire I. — Perrig : Chronik. [D. I.|

E. Canton de Zurich. Famille bourgeoise de Zurich, fondée par Rudolf Collinus. Armoiries : de gueules à une tête de taureau d'argent. — Rudolf Collinus (Clivanus), * en 1499, f le 9 mars 1578, savant de l'époque de la Réformation, originaire de Gundelingen. De 1507 à 1509 il fut élève de l'école du couvent de Beromunster, de

1509 à 151 i il étudia le latin à Lucerne et, en 1514, les mathématiques à Bàle; de 1514 à 1521 il étudia à Vienne et à Milan. De 1521 à 1524, il fut instituteur à Saint-Urbain, adhéra à la nouvelle doctrine en 152i à Zurich, où il résida jusqu'à sa mort. Véritable enfant de -ion temps, il fut, selon ses propres indications, successivement étudiant, cordier, soldat au service étranger, professeur de ;rec, chanoine et ambassadeur; en 1526, il devint bourgeois de Zurich, membre de la corpora- Rudolf Collinus- Ambuhl. tion des bateliers; en

D'après la Geschichle der Familie 1531, il put abandonner Ammann von Zurich, 190i. le métier de cordier qu'il Qiav. Bur cuivre contemporaine. avait encore exercé pendant trois ans, en même temps que ses fonctions de professeur, pour parfaire ses revenus. Il obtint une prébende de chanoine. Ses publications se bornent à deux traductions latines d'Euripide et de Démosthène et à trois discours funèbres en l'honneur de Pierre Martyr. Conrad Gessner et Henri Hullinger. Outre plusieurs manuscrits il a encore laissé une autobiographie, qui plus tard a été imprimée et traduite. Aucun de ses des-

cendants ne l'a égalé; ceux d'entre eux qui étaient lettrés continuèrent à porter le nom latinisé de Collinus, les autres se contentèrent de la forme allemande Ambùhl. La famille s'éteignit à Zurich en 1790. — Un petit-fils de Collinus, orfèvre comme son père et son oncle, en 1618 Grand conseiller, f 1647, grava en 1615 3 médailles d'or qui furent remises par Zurich après la vente de la baronie de Sax aux trois conseillers qui négocièrent cette affaire, Ulrich Funk, Melchior Guldi et Christoph Rad à titre honorifique. — E. Hahn : Drei sellene Zùrcher Medaillen, BSN XXI, 282. [Az.]

AMBÙHL ou AMBUEL, Matthias. D'après la tradition, qui n'est pas corroborée par l'histoire, il aurait été capitaine des Glaronnais à la bataille de Nàfels, le 9 avril 1388. — Heer : Gesch. des Landes Gl. p. 47. — Le même : Zur 500jùhr. Gedâchlnisfeier der Schlacht bel Nufels, 1888. [Nz.J

AMDEN (C. Saint-Gall, D. Gaster. V. DGS). Paroisse et commune politique. Il en est fait mention pour la première fois en 1178; le pape Alexandre III prend le couvent de Schànnis sous sa protection apostolique et lui garantit la possession de ses domaines, in Andimo monte Voraten et Bachehn cum alpibns Alastein inferius, Furculum et Matla diniidia. Ceci nous explique de prime abord pourquoi Amden se divisa administrativement et juridiquement jusqu'au commencement du XIXe siècle en deux corporations, l'une de paysans et l'autre de propriétaires d'alpages. Ces corporations sont : Amden- Ilinterberg, à l'Ouest, qu'on nommait anciennement Gotteshausgut et dont le noyau se compose des magnifiques domaines de Porten et de Bâchli avec les alpages de Minderaltschen et de Hintermatt; Amden-Vorderberg , à l'Est, qu'on nommait anciennement Eigengut, et qui figure comme propriété de la maison de Habsbourg vers la fin du Moyen Age. L'acte juridique concernant les biens du couvent portait le nom de « Charte du couvent » ; il était daté de 1594, stipulait en toutes lettres que les domaines et les alpages en question formaient un tout, et contenait en outre le règlement concernant les alpages. Cet état de choses ne subit pas de changement notoire jusqu'en 1841, époque où on réunit définitivement les terres d'Amden en une seule commune. L'Alpmatte, appartenait en 1419 au couvent d'Einsiedeln et ne fut cédée qu'en 1838 à la commune d'Amden. Le noyau de V Eigengut était la Hofstatt, Hofstetten d'aujourd'hui, avec la maison de commune et les alpages qui en faisaient partie. L'Eigengut faisait partie du domaine seigneurial de Schànnis. En 1230, le comte Hartmann de Kibourg assigna comme dot à son épouse entre autres tout ce qui appartient au comte, de la colline portant le nom de Gaster jusqu'aux confins des montagnes Andimin et Kirchinze. h,' Eigengut participa à toutes les phases par lesquelles passèrent les possessions autrichiennes dans cette contrée et à toutes les luttes dont elles furent l'objet.

Par la cession du Niederaml , c'est-à-dire du domaine seigneurial de Windegg, appelé plus tard simplement bai /liage de Gaster (v.ce mot), aux Etats de Schwyz et de Glaris en 1438, Amden, qui se rattachait au point de vue politique à cette circonscription, eut une situation politique plus stable. Les gouvernements de ces deux Etats confirmèrent comme « perpétuels » les statuts et les lois alors en vigueur. Il en résulta une période de querelles acharnées, qui ne sont pas entièrement vidées à l'heure qu'il est. Jusqu'en 1841, ils s'agissait des alpages du couvent et d'une séparation concernant les rapports ecclésiastiques (différend touchant le droit de présentation et la construction d'un presbytère), d'une jouissance plus équitable des biens communs, de différends avec Weesen au sujet des forêts et des lignes de démarcation avec les habitants du ïoggenbourg au sujet des alpes de Silun et de Hàdern avec le couvent d'Alt St. Johann à propos de grandes forêts entre la montagne d'Amden et la vallée de la Thour. Ces différends donnaient lieu à des escarmouches entre les gens du couvent et ceux de VEigengut sur le territoire de la commune. En 1799, le village eut beaucoup à souffrir d'une division autrichienne qui passa sur les hauteurs d'Amden, et de soldats français qui vinrent ensuite. En. 1803, la commune d'Amden fut incorporée au nouveau canton de Saint-Gall. En 1847, lors des élections au Grand Conseil, Amden,

A.MKAUX

AUKWiACII

en tant que communauté du district de Gaster. joua un pôle décisif et lit pencher la balance en faveur de l'union du canton de Saint-Gall avec les adversaires du Sonder-

hiinil.

A l'origine Amden dépendait de la paroisse de Schânnia Kn 1443, on lil un premier pas pour lu séparer de cette paroisse. En 1525, il est fait mention d'un curé, d'un prêtre pour les matines et d'un chapelain à Amden; un 1591, Amden s'efforça de rompre les liens ecclésiastiques >j n i le rattachaient à Schanniset, après du longues contestations, on y parvint en payant une somme de 850 florins en argenl comptant. Le couvent se réserva seulement le droit de présentation, qui fut supprimé en 1801. Kn vertu de la loi du 5 mai 1804, Amden se libéra aussi des dîmes après de longues négociations; ce n'est qu'en 1834 que la dette contractée à cet effet fut complètement amortie. En 1910, la commune politique d'Amden avait une population de 1311 âmes, réparties en 269 familles, hahitant 243 maisons. [J. S. et P. Bt.]

AMEAUX, AMYAUD, PtERRE, f 1552, dessinateur du cartes à jouer, membre du Petit conseil de Genève, du Conseil des Soixante, du Conseil des Deux Cents, capitaine gouverneur de la ville. Le 8 avril 1546, il fut condamné par le Conseil, à la demande de Calvin, à faire amende honorable et à parcourir la ville en chemise, tête nue, une torche à la main, pour avoir « méchamment parlé contre Dieu, contre le magistrat et contre M. Calvin, ministre, dans un dîner d'amis ». Ce jugement souleva des protestations, entru autre celles de Henri De la Mare, doyen du clergé genevois, pasteur à Jussy. Lors delà publication de ce procès par Galilfe, une véritable polémique s'engagea entre défenseurs et réprobateurs de Calvin. — Jean, son père, avait été reçu bourgeois en 1478; — Bernardin, son (ils, fut membre du Conseil des Deux Cents, 1552. — Voir Gautier III. p. 260 ss. — Arch. d'Etat Genève. — Procès criminels, 2me série, n° 684. — J.-B.-G. Galiffe : Le procès de P. A. dans MIG 1863. — Roget : Hist. du peuple de Genève II p. 207. — E. Choisy : La Tliéocratie à Genève du temps de Calvin, p. 77. [E. Choisy.]

AMÉDÉE. Deux évêques de Sion sont connus sous ce nom. — Amédée I, élu en 936 évêque de Sion, vit encore en 940. — [O. I.J — AmÉDÉeIde LA Tour, évêque de Sion (1163-1168). Il était probablement fils de Raymond et frère de Guillaume, premier major connu de Sion. Chanoine puis doyen de Notre-Dame en 1157, il succéda en 1163 à l'évêque Louis sur le siège de Saint-Théodule, et reçut, le premier, l'investiture des régales des mains du duc de Zàhringen, avoué des évèchés de Sion, Lausanne et Genève. Son prédécesseur avait aliéné des biens de la mense épiscopale, les églises de Martigny, Sembrancher, Orsières et Liddes, à l'hospice du Saint-Bernard. Amédée revendiqua ces églises et fut appuyé par le pape Alexandre III. Après des pourparlers, le Saint-Bernard conserva Martigny et les paroisses du Val d'Entremont. D'après le nécrologe de la Collégiale d'Aoste, Amédée serait mort dans cette ville le cinq des calendes de janvier 1168. On croit qu'il a été enseveli dans cette église. — Gremaud I, 99. — Gallia christiana XII. — Hoppeler .Beitrâge, p. 193. [E- T.]

AMÉDÉE VIII, duc de Savoie, pape sous le nom de Félix V et évêque de Genève. Voir Savoie, Maison de.

AMELOT, Michel-Jean. Voir Gocrnay, Marquis de.

AMERBACH. Famille de Bàle, qui s'illustra dans les sciences durant trois générations. — 1. JOHANNES, *1430-, à Amorbach(Basse-Franconie), étudia les langues anciennes à Paris, y devint maître ès-arts, puis s'établit à Bàle en 1480 comme imprimeur; il reçut la bourgeoisie en 1484 et mourut en 1513. Ses imprimés ont un cachet artistique remarquable. Parmi ses trois iils, le plus célèbre. — 2. Bonifacius, * 1495, f le 24 avril 1562, étudia le latin et le e, ec avec son père, puis avec Johann Conon; bachelier en 1511 et maître es-arts en 1513 à l'université de Bàle ; il étudia ensuite le droit à Fribourg en Brisgau et dans plusieurs universités d'Italie et de France et reçut le grade de docteur à Avignon. Dès 1525, il était de retour à Bàle et devint professeur de droit à l'université et membre du conseil de la ville (StacLtkonsulent). Il fut cinq fois recteur (1526, 1535, 1540, 1551, 1556) et l'ami des savants bàlois

les plus éminents, tels Erasme, Glaréan, Grynaeus, Zaiu il hérita même du premier et devint ainsi le fondateur de l Amerbachitches Kabinett (voir cet article). —

Page 1