‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 198 sur 329 · I. abbé Reneilikt-Maria Angehrn · texte numérisé non relu

I. abbé Reneilikt-Maria Angehrn

de Neresheim.

Portrait contemporain à lhuile

conservé à Neresheim.

Sceau privé de Beda Angehrn.

<ceau abbatial de Beda Angehrn.

i ir et administrateur du couvent de Neu St.-Jo-

li.mii dan- le Toggenbourg. L'abbé Côlestin II étant décédé le 25 février

1707. Beda lui gue- ^^- y^

céda : il fut élu le I I mars, au second l oui de scrutin. Son prédécesseur lui avait laissé une principauté ecclésiastique bien administrée et tranquille, et malgré- les grosses dépenses de

construction, pourvue d'un t résor bien rempli. Beda lit aussi de grosses dépenses. Il compléta le chœur et l'ornementation de l'église du couvent, construisit un nouveau palais, bâtiment actuel du gouvernement, dont les frais s'élevèrent à 173 313 11.; il fit bâtir la maison du sel à Rorschach. Pour faciliter les communications avec le port de Rorschach, il fit faire les routes de Rorschach à Wil (1778), de Wil à Ricken (1786-1787), de Saint-Gall au Speicher (1789), en tout pour plus de 200 000 fl. Il favorisa par des subsides l'érection de paroisses ou la reconstruction d'églises ; sous son administration sept nouvelles paroisses et six chapellenies furent érigées; 19 églises el chapelles reconstruites, entre autres, de 1776 à 1778, l'église de Bernhardzell, remarquable par sa forme circulaire. Il pourvut d'une manière très large aux frais de culte du couvent : trois ornements pontificaux coûtèrent de 40 000 à 50000 11. Il acquit pour la bibliothèque du couvent une grande partie des manuscrits réunis par Aegidius Tschudi, entre autres les célèbres manuscrits des Xibelungen et de Parsifal. Pendant la disette de 1770-1771, il fit venir du blé d'Italie, que les gens du couvent transportèrent par le Splugen, vu le manque de bêtes de somme. La caisse du couvent participa pour une somme de 95 512 il. à cet achat qui revint à 240 000 II.

A la suite de ces énormes dépenses des querelles intestines éclatèrent bientôt, provoquées par la manière déraisonnable dont Beda agissait en matière de finances ; les sommes empruntées pour l'achat du blé et la construction des routes ne furent pas remboursées, mais de nouvelles dettes contractées pour en payer les intérêts. En outre plus de 100000 fl. furent perdus à cautionner des nobles. Beda s'étant refusé à laisser une commission faire une enquête, il en résulta de sérieux différends. Plusieurs des conventuels, les plus capables, réclamèrent d'abord un inspecteur de la congrégation des Bénédictins suisses, puis du nonce, et demandèrent enfin au pape Pie VI de bien vouloir intervenir. Par bref du 11 juillet 1788 l'offre de démission de Beda fut refusée et le 16 août on intima aux conventuels plaignants l'ordre de garder le silence. Von Arx, qui faisait partie de l'opposition, de même que le successeur de Beda, estimait que la fortune du couvent avait diminué de deux millions de florins sous l'administration de cet abbé, et que le fardeau des dettes accumulées fut une des causes de la suppression du couvent. Vers la fin de son administration, Beda vit encore les tourmentes de la révolution et fut contraint, à son corps défendant, d'y jouer un rôle important. Des plaintes, portées par la commune de Gossau, en furent le point de départ. A l'instigation de Johann Kuenzle et de ses amis, Karl-Justin Contamin et Anton Bossart, les cinq juridictions du district d'Oberberg présentèrent à Beda le 10 octobre 1793 six requêtes tendant à la suppression de divers impôts, au retrait du règlement de Muller-Friedberg pour les milices et à la répartition des pensions étrangères. Beda hésitant à y acquiescer, une assemblée, tenue le 7 dé-

ANGEIIRN

ANGELE

cembre 1794, élut, en dehors des organes légaux, une commission de 17 membres, chargée de porter plainte auprès des quatre cantons protecteurs : Zurich, Lu-

Ij abbé Beda Angehrii avec le collier Je l'Annonciade.

Gravure sur cuivre de P. Y. Valenti, d après le portrait de

J. F. Roth (Bibliothèque de l'Évêché de Saint-Gall).

cerne, Schwyz et Glaris. Une proclamation de l'abbé, du 13 décembre, proposant un arrangement à l'amiable ou une sentence juridique, n'eut pas de succès. Kuenzle, encouragé par Glaris, ne tint pas compte des prescriptions de l'abbé au sujet des assemblées de commune et convoqua à Gossau, le 24 février 1795, la première assemblée générale du bailliage d'Oberberg ; le nombre des requêtes fut porté à 15 et le comité, de 37 membres, fut chargé de recueillir de nouveaux griefs. Une proclamation de Beda, du 19 mars, promettant que les plaintes dont il avait connaissance seraient consciencieusement prises en considération, passa complètement inaperçue dans le trouble, de telle sorte que l'abbé accorda le 16 avril une amnistie générale, tout en con- I nt l'élection du comité et en faisant la promesse de résoudre la question des griefs, soit à l'amiable, soit juridiquement. Après une seconde landsgemeinde à Gossau, à la fin de mai, on remit à l'abbé le 3 juin 1795 les griefs, se montant en tout à 61 points différents, dont quelques-uns portaient sur la forme du gouvernement. Ce n'est qu'alors que le couvent fit des efforts pour influencer en sa faveur l'opinion publique, mais il était trop tard. Les chefs du mouvement insistèrent aupn^ d Beda pour lui faire prendre une décision ; ce dernier nomma une commission de trois membres, choisis dans

ipitre du couvent, lesquels, après diverses négoons, firent part aux communes, le 7 octobre, de leurs décisions, comprenant 17 points, tout en propo- • 'il de les soumettre aux quatre cantons protecteurs, si elles ne paraissaient pas acceptables. En réponse, le comités firent des préparatifs pour convoquer une

-emeimle de toute la Landschal'l. Beda prit peur ei conféra de son chef avec eux : par une convention à l'amiable », conclue le 28 octobre, il donna suite à toutes leurs réclamations. Malgré l'opposition du chapitre, il se laissa persuader de prendre part à la troi-

sième landsgemeinde, la plus importante, tenue le 23 novembre 17'.).") à Gossau, reconnaissant ainsi la nouvelle constitution, ce qui fit dire à Muller-Friedberg que Beda avait détruit l'œuvre de mille ans et donné au pays une constitution irréfléchie, qui serait la source de nouvelles prétentions. Sur ces entrefaites l'effervescence ayant aussi gagné le Toggenbourg, les cantons protecteurs de Zurich et Berne lancèrent le 30 août 1795 une proclamation qui tranquillisa le pays jusqu'à un certain point, mais qui ne réussit pas à arrêter le mouvement. Comme dernière concession, l'abbé Beda proposa, le 31 mars 1796, aux Toggenbourgeois, le rachat du « Todfall » pour la somme de 55 000 fl., tout en leur promettant que les autres prestations pourraient être rachetées avec le temps. Il était en proie à des embarras toujours croissants, lorsque, le 19 mai, la mort le délivra. Jusqu'à nos jours, il est toujours resté pour le peuple « l'aimable Beda » ; un historien impartial ne saurait contester qu'il fut un homme sans tache, mais ne pourra pas lui épargner le reproche d'avoir échoué dans son activité d'homme public, à cause de son caractère débonnaire jusqu'à la faiblesse. — Voir : von Arx : Gesch.des Kant. St. Gallen III, 614-646. — Le même: Die Ursachen der Aufhebung des SU fies St. Gallen. — Baumgartner : Gesch. des Kts. St. Gallen, I, 105-156. — Weidmann: Gesch. des Stifles St. Gallen, p. 1-70. — Naef : Chronik, 266-280. — Fàh : P. Ivo Walser. - Dierauer : Muller-Friedberg, p. 20, 57-74. — Le même : Johannes Kuenzle (St. Galler Blatter, 1902). — Oesch : Peter Aloys Falk,p. 15-21. — Arch. du chapitre. — 5. J0SEPH-LuD\viG-ANTON,Dr méd., neveu de l'abbé Beda. * à Hagenwil le 6 avril 1758, t à Wil le 15 mai 1821, étudia à Neresheim, en 1776 à l'Université de Strasbourg et en 1780 à celle de Besançon. Il fut conseiller palatin à Wil, en 1798 membre du gouvernement provisoire, employé du canton du Nantis, en 1802 médecin du district et conseiller municipal à Wil. — 6. Johann- Baptist, frère du précédent, * à Hagenwil le 13 octobre 1760, t à Wil le 13 juillet 1832, étudia à Neresheim, de 1778 à 1780 à Besançon, puis à Fribourg-en-Brisgau. En 1784 il devint gentilhomme de la cour de Saint-Gall, de 1789 à 1792 commissaire des fiefs, de 1792 à 1798 grand bailli à Gossau ; destitué par la révolution, il alla se fixer à Hagenwil, fut grand conseiller, président de district à Bischofszell et élu le 23 décembre 1812 membre du Petit Conseil du canton de Thurgovie ; chaque fois que le protestant Morell fonctionnait comme landammann, il était son lieutenant catholique. Après la révision de la constitution, en 1831, il ne fut pas confirmé dans sa charge lors des nouvelles élections et se retira à Wil où il mourut. — Benseignements de A. Oberholzer, à Arbon, et des Archives de Thurgovie. — 7. Joskimi-Anton-Theodor, * le 8 nov- 1828, f lft 10 nov. 1889, fut ordonné prêtre le 8 août 1854 au séminaire de Saint-Pierre près de Fribourg-en-Brisgau, puis devint curé à Sirnach, de 1854 à 1861, à Bickenbach de 1861 à 1863, à Wittenbach de 1863 à 1869, à Waldkirch de 1869à 1889, où il mourut. Il s'occupa beaucoup des écoles, et fut président du conseil scolaire du district de Tablât, et en 1870 de celui de Gossau, poste qu'il remplit jusqu'à sa mort. — Voir Ostsehweiz 1889.— St. Galler Nbl. 1890, p.

57, qui donne une date de décès inexact t

[J. Muller, St-Gall.J .

ANGELE, Hcih-" Clikt, * I'' 16 août 1846 à Berkheim (Wurtemberg), t 7 ocl obre 1902 à Ali dorf, directeur de musique ilan-. cet le ville dès le mois de mai 1869. AU dort reconnut ses seT\ i-

ces rendus au développement de la vie musi- Benedikt Angele. cale du chef-lieu et (D'après mie photographie.)

ANGKLICO

ANGEN (ZivM

lui accorda [a bourgeoisie d'honneur, la landsge meinde lui décerna la bourgeoisie du canton, Angele enseignait le chant, fonctionnait comme organi te de l'église paroissiale el dirigeait la société de mu- Sique de l'église cl du choeur d'hommes d'Ali dorf.

Snii\ mi il lui appelé pouT l'expertise de cloches aeu- \ es i'i comme membre de i ii i \ s. Il laissa de nombreuses compositions, inédites, mais < ] 1 1 i sont toutes beau coup chantées dans la Suisse primitive. - Voir : Bote der ( 'rschweiz, n° 82 — Gotthardpost, n° 'i2. Urner

Wochenblatt, n° 42. — SM n»29. — Karl Gisler : Geschichte des Mânnerchors Altdorf. [E.Wymann.]

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