YENNI
à Zofingue 1729. — 7. Jakob, fils du n° 3, 1(397-1752, bailli de Buchsee 1738. — 8. Niclaus, frère du n° 7, L698-1768, bailli de Sargans 1749, commandant à Aarbourg 1755. — 9. DANIEL, 1706-1791, professeur de
Niklaus- Rudolf v. Wyttenbach Friedrich- Albrecht von 'Wytten- (n° 10»). " bach (n° 15).
D'après un portrait à l'huile. D'après un portrait à l'huile.
théologie 1746, recteur de l'académie 1750-1753, fut appelé en 1756 comme professeur de théologie à l'université de Marburg; conseiller ecclésiastique et inspecteur des églises réformées de Hesse jusqu'à sa mort. — ■ 10. Daniel, fils du n° 5, 1712-1781, bailli de Cerlier 1752, du Petit Conseil 1765. — ■ 10a. Niklaus-Rudolf, 1725-1782, notaire, secrétaire d'État à Mùnchenbuchsee 1763, à Schwarzenburg 1771. — 11. Daniel, 1742-1797, commandant à Aarbourg 1785, du Petit Conseil 1790, banneret des Forgerons 1794. — ■ 12. Samuel, secrétaire d'État 1786, bailli de Wangen 1795. — 13. Daniel, 1746-1820, professeur de philosophie et de philologie 1771, plus tard professeur d'histoire au collège des Remonstrants à Amsterdam, de philologie à l'université de Leyde 1799. Un des plus grands philologues de son
temps, qui s'est distingué par sa maîtrise de la langue latine, ses connaissances de la littérature grecque et ses éditions modèles des écrivains classiques. Publications : Vita Rulinkenii, 1799 ; Vita D. WyUenbachii, 1823, etc. — SBB V. — ADB U. — Schweiz. Monatschronik V, 81. — 14. Johann, des Deux-Cents 1795, sénateur helvétique 1801, du Grand Conseil 1803. — 15. Friedrich-Albrecht, 1777-1855, officier aux services de Sardaigne, France et Angleterre, commandant de place à Berne 1805, colonel 1818, colonel commandant du 4e régiment suisse au service de Sicile L829-1837. Officier de la Légion d'honneur 1829, chevalier de SS. Maurice et Lazare. — 16. Kaiil- Johann - Albrecht, fils du n° 7, 1810- 17 nov.
1896, premier-lieutenant au régiment de son père 1829, combattit comme capitaine de grenadiers à Naples le 15 mai 1848 et à Messine le 7 septembre suivant ; lieutenant-colonel 1850, colonel 1854, brigadier 1859 ; en 1860, il commandait une brigade napolitaine à Palerme et la même année quitta le service. Il avait reçu la médaille d'or sicilienne pour la campagne de 1849; chevalier de l'ordre napolitain de Saint-George et de François Ier. — 17. Frédéric- Salomon-Maurice, frère du n» 16, 1816-1889, major au service du royaume des Deux-Siciles (régiment suisse). — 18. François-Rodolphe-Adolphe, frère du n° 11, 1818-1889, Dr med., président de l'abbaye des tisserands. — Voir en général AGS III. — Berner Wappenbuch 1932. [h. Dubi.]
Karl- Johann- Albrecht von
Wyttenbach (n° 16).
D'après un portrait à l'huile
de Dietler.
XELL. Voir Gsell.
XYLOTECTUS. Voir Zimmermann.
YBERG (C. Saint-Gall). Voir Iberg.
YBERG. Famille. Voir Abyberg.
YBLOUX. Famille vaudoise de Donneloye 1461, de Vuarrens 1567. — Pierre-Abbam, 1826-1902, légua sa fortune, 220 000 fr., à la commune de Vuarrens. — Livre d'or. [M. R.]
YENNI. Anciennes familles fribourgeoises mentionnées à Vuadens dès le XVe s., à Morlon dès le XVIe s. Armoiries : coupé au 1 d'or à l'aigle de sable couronnée du même ; au 2 d'argent à trois pals noués deux fois et séparés par deux traits (variante : les pals noués sont remplacés par autant de petits cœurs superposés). — Pierre-Tobie, * à Morlon 27 déc. 1774, Dr theol. et prêtre 1797, curé de Praroman 1800-1814, évoque de Lausanne 1815-1845. En 1819, le pape réunit les paroisses catholiques du canton de Genève au diocèse de Lausanne et Mgr. Yenni porta, dès 1821, le titre d'évêque de Lausanne et Genève. Homme dévoué et austère, il consacra son long épiscopat à l'amélioration des écoles, à l'introduction dans le diocèse de nouvelles congrégations religieuses, à la fondation de paroisses en pays mixte et à la lutte contre le libéralisme. Après avoir protégé pendant quelques années le Père Girard et sa méthode, il se rangea ensuite du côté des jésuites et devint un adversaire de l'enseignement mutuel ; il en
imr.s vu — 26
obtint la suppression en 1823. Mgr. Yenni eut une influence prépondérante dans l'introduction des rédemptoristes dans le canton de Fribourg en 1817, des jésuites en 1818, des Frères de Marie, des religieuses de Saint-Joseph, des Sœurs de la Charité, etc. Sous son épiscopat, des paroisses et des églises catholiques virent le jour à Vevey, à Yverdon, à Nyon, à Morges, à Rolle, etc. Il consacra, dans son diocèse, quarante - sept nouvelles églises. En 1830, Mgr. Yenni fut élu membre de la Constituante fribourgeoise par l'arrondissement de Rue ; l'assemblée annula cette élection en alléguant qu'elle était contraire au droit public et aux usages. L'évêque se soumit « par amour de la paix, mais sans aucun préjudice de son droit et de ceux de son clergé ». Par cette élimination de Mgr. Yenni, qui ne se basait sur
Août 1033
Pierre-Tobie Yenni.
D'après une lithographie de
Eglin.
YENS
YVERDON
aucun texte, le régime fribourgeois de 1830 s'aliéna le clergé et une partie de la population très religieuse des campagnes. Mgr. Yenni fit éditer, en 1839, un nouveau catéchisme diocésain et, en 1841, le Manuale precum, qui devait uniformiser les cérémonies et les pratiques religieuses usitées dans le diocèse. Commandeur des SS. Maurice et Lazare, f à Fribourg, 8 déc. 1845, après avoir légué la plus grande part de sa fortune à la cure et à la paroisse de Morlon. — J.-X. Fontana : Notice biographique sur Monseigneur P. -T. Yenni. — P. Martin Schmitt : Mémoires hist. sur le diocèse de Lausanne II. — Fréd.-Th. Dubois : Armoiries du diocèse et des évêques de Lausanne, dans AHS 1910. — G. Castella : Hist. du C. de Fribourg. — P. /Eby : La constitution du canton de Fribourg de janvier 1831, dans AF 1930. — Schweiz. Kirchenzeitung 184G. [J. N.]
YENS (C. Vaud, D. Morges. V. DGS). Vge et Corn, où l'on a trouvé des sépultures néolithiques et des restes de constructions romaines. En 1228, Jens. Armoiries : de gueules au chevron d'argent, au chef du second. Il dépendait du baron d'Aubonne et du prieuré de Romainmôtier. Son église, dédiée à saint Jacques, relevait dès 1228 de la chapelle de la Trinité à la cathédrale de Lausanne, fine famille noble de Yens est citée dès 1230 et était vassale du prieuré de Romainmôtier. Elle s'éteignit à la fin du XVe s., à Cossonay. Ses biens passèrent avant 1565 aux Ferlin et un procès entre le gouvernement de Berne et le baron d'Aubonne eut lieu à cette époque au sujet de droits de suzeraineté qui provenaient du couvent. La seigneurie passa ensuite aux de la Harpe et le dernier seigneur, possesseur du château, était, au moment de la Révolution, le général Amédée de la Harpe. L'église actuelle, filiale de celle de Saint-Livres, date de 1862. — DHV. [M. R.]
YERLY (Jerly). Famille fribourgeoise ressortissante des communes d'Autigny, Cottens, Lovens (1714), Pont-la-Ville (1541), Rueyres-Treyfayes, La Roche (1686), Treyvaux (1518). Elle fut reçue dans la bourgeoisie de Fribourg en 1399 sous le nom de Goerly. Armoiries : losange d'or et de gueules au chef d'argent chargé de deux roses du second (variantes). A la branche de Fribourg appartiennent — 1. Hans, ohmgeltner 1554, du Conseil des Soixante 1557, bailli de Surpierre 1559-1564. — 2. Léonard, du Conseil des Soixante 1562. f 1565. Aux autres branches appartiennent :
— 3. Joseph, 1805-1862, régent à Auboranges 1833- 1836, à Blessens 1836-1851, légua sa fortune à l'hospice des pauvres de Treyvaux. — ■ 4. Louis, 1877-1931, s'occupa de l'organisation coopérative des paysans dans le canton de Fribourg et de la création des syndicats d'élevage ; fondateur et gérant du syndicat agricole de la Gruyère, député au Grand Conseil 1910-1931. — G. Studerus : Die alten deutschen Familiennamen von Freiburg. — A. Dellion : Dict. — Étr. frib. 1932. — Archives d'État Fribourg. [R^emy.]
YERSIN. Famille vaudoise, bourgeoise de Rougemont. Armoiries : de gueules à une fleur de lys d'argent accompagnée en pointe de 3 coupeaux de sinople. — 1. Jacques est chargé en 1521, avec d'autres, de faire disparaître les dettes de la commune de Rougemont, et de saisir et vendre les biens des communiers qui refuseront de participer au paiement de cette dette. — 2. Alexandre, 1825-1863, professeur au collège d'Aubonne, puis à celui de Morges, météorologue et entomologiste réputé ; nommé en 1862 intendant des poudres du canton de Vaud. A publié de nombreux mémoires scientifiques, dans le Bull. Soc. vaud. des Sciences naturelles, les Annales de la Société entomologique de France, les Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris.
— Henri de Saussure : Notice sur A. Yersin. — 3. Albert, 1841-1902, bourgeois de Berne 1876, directeur-gérant 1870, puis directeur de la Banque po-
pulaire suisse 1881 ; lieutenant-colonel d'infanterie. — 4. Hippolyte, 1854-1909, médecin au Sentier, directeur du sanatorium du Pont. — 5. Alexandre, * 22 sept. 1863, médecin en Indo-Chine, découvrit en 1894 le bacille de la peste. ■ — 6. Jean, * 1864, député au Conseil national 1914-1919, colonel. [M. R.l
YLLENS. Voir ILLENS.
YMMO. Voir Immo.
YRNIS. Voir Giornico.
YSABEL. Voir ISABEL.
YUNG, JUNG. Famille originaire du comté de Leiningen (Allemagne), établie à Genève en 1786, reçue à la, bourgeoisie en 1815. Elle a donné notamment — .Emi/e-Jean-Jacques, 6 juin 1854 - 2 févr. 1918. Dr es sciences naturelles, maître au collège et au gymnase 1884, professeur extraordinaire 1886, professeur ordinaire de zoologie et d'anatomie comparée 1895, chaire dans laquelle il succéda à Cari Vogt. Membre correspondant de l'Académie des sciences de France 1914, du Muséum d'histoire naturelle de Paris 1919 ; président d'honneur de l'assemblée générale de la Société zoologique de France 1914. Chevalier de la Légion d'honneur 1911 ; président de la Société zoologique suisse et de la Société de physique et d'histoire naturelle, etc. Une rue de Genève porte son nom. Son buste par James Vibert a été placé dans le vestibule de l'université de Genève 1921.
Principales publications :
Traité pratique d'anatomie comparée (avec Cari Vogt) ; Contributions à l'histoire physiologique de l'escargot (Hélix pomatia) qui lui valut le grand prix de l'Académie royale de Belgique (1886) ; Traité de zoologie des animaux invertébrés ( Achordata) terminé par son successeur, Genève. — Arnold Pictet
Emile Yung.
D'après une photographie.
Guyenot. — Archives de Emile Yung (1854-1918).
L'influence de son œuvre sur la science de son époque. dans BIG XL VI. — Catal. des ouvrages publ. par les prof, à l'Université de Genève IV, V, VI, VII. — ASN 1918. — PS 1918. — Mémoires de la Soc. de physique et d'histoire naturelle de Genève XXXIX. [H. G.]
YVERDON (en ail. IfertEN) (C. Vaud, D. Yverdcm. Voir DGS). Ville et Com. Au IIe s. Eburodunum. Armoiries : de sinople à deux fasces ondées d'argent, au chef d'argent chargé d'un Y gothique d'or. Le lac, qualifié de lac d'Yverdon dans les textes du moyen âge, recouvrait tout l'emplacement de la ville actuelle et des vestiges d'habitations sur pilotis ont été retrouvés à Clendy et à Champittet à l'Est, au pied du Chamblon à l'Ouest. Haches de pierre, couteau de bronze, épée à soie plate, fibule de fer, etc. Le nom même de la localité indique une position fortifiée, au carrefour de routes venant de Pontarlier, d'Orbe, de Genève, de Lausanne, d'Avenches et probablement aussi de la rive Ouest du lac (embranchement disparu de Chamblon à Fiez et Champagne). Son importance s'accrut à l'époque romaine. Ce fut un viens qui s'étendit, sur l'emplacement actuel des Jordils, sur une longueur de 600 mètres et une largeur de 160. Ses habitants dépendaient étroitement d'Avenches, et l'on a des preuves de l'intérêt qu'y porl aient les Flaviens : un hommage des vicani Ebrudonenses à leur ami et patron Caius Flavius Camillus, (luimivir de la colonie des Helvètes, prêtre d'Auguste: un autre rappelant le nom d'Otacilia, parente de l'empereur Yespasien. Un vœu à Mercure est signé d'un nom helvèle : Togirix, fils de Metia. Ce vicus fut détruit
YVERDON
YVERDON
par un incendie, vraisemblablement lors de l'invasion alémanne de 263. Un le réédifia sur le même emplacement, avec des matériaux de moindre qualité, en même temps que l'on construisait tout auprès un castrum en losange, de 153 mètres sur 13*2, dont les fondations ont été mises au jour lors de fouilles en 1903-1906. Le cimetière actuel occupe l'emplacement de ce castrum. Tout auprès, la source minérale encore employée aujourd'hui était utilisée ; on a trouvé des fondations de maisons, des mosaïques, des baignoires de stuc et de inarbre. En revanche, ce n'est probablement pas à Yverdon qu'il faut chercher Eburodunum sapaudia où la Notitia Dignitatum place une flottille et un préfet
semble — quoique cela soit contesté — que les droits principaux sur Yverdon proviennent de la donation du comté de Vaud par Rodolphe 111 en 1011. L'évêque institua pour vidomne de ce lieu un membre de la maison de Grandson, le sire de Belmont ; l'office fut racheté en 1380 par le comte de Savoie. Celui-ci avait acquis, en 1260 déjà, d'autres droits d'Amédée de Montfaucon, seigneur d'Orbe et de Montagny-le-Corboz, un cousin des Grandson, et l'avouerie de l'église que l'évêque avait concédée à Aymon de Faucigny, beau-père de Pierre de Savoie. Celui-ci devint par là le plus important seigneur effectif de la région. Il en profita pour y construire un château et une ville neuve, la ville actuelle, située
Yverdon en 1756. D'après une gravure sur cuivre de la Topographie de D. Herrliberger (Bibliothèque Nationale, Berne)
des bateliers ; on incline maintenant à la placer à Yvoire sur le Léman.
Ce second vicus disparut à son tour dans les tourmentes des IVe et Ve s. La population se concentra dans le castrum qui devint le premier bourg chrétien d'Yverdon. C'est dans cette enceinte que fut élevée l'église Notre- Dame qui demeura l'église paroissiale de la ville jusqu'à sa démolition vers 1560. On a trouvé à l'intérieur du castrum deux fragments de plats ornés de chrismes et un anneau de bronze à chaton représentant une croix. Ces objets paraissent appartenir au VIe ou au VIIe s. Les Burgondes enterrèrent leurs morts dans les ruines de l'ancien vicus ; leurs tombes, en pleine terre, ont livré plusieurs objets. Une inscription, du VIIIe ou du IXe s., à la mémoire d'Eufraxia monacha. servante de Dieu, semble indiquer l'existence d'un établissement monastique.
L'histoire se tait pendant des siècles sur le sort d'Yverdon. Le 21 déc. 888, l'évêque de Lausanne Jérôme reçut d'un seigneur Vodelgise une chapelle à Champagne avec une terre fiscale provenant d'un don de l'empereur Charles-le-Gros, et dont une dépendance se trouvait à Gravaz, dans la banlieue d'Yverdon. L'évêque recul encore une terre à Ghevressy. Mais il
entre les deux Thièle, entre l'ancien bourg et le lac. C'est chose faite en 1260, car un document de celle date dit que Pierre « a fermé le lieu d'Yverdon » ; la ville neuve observe en 1266 le droit coutumier de Moudon. L'évêque autorise en 1260 les habitants à tenir un marché le jeudi et en 1264 une foire annuelle de trois jours dès la Saint-Michel. Dans un traité du 4 mai 1311 entre Louis de Savoie, baron de Vaud, et l'évêque, la ville d'Yverdon intervient par l'organe du châtelain Vaucher de Dizy et de trois bourgeois. Le 8 sept. 1337, l'évêque accorde une faveur aux bourgeois représentés par deux syndics ou communiers et douze conseillers. A cette dernière date, l'organisation communale d'Yverdon est définitivement constituée. La ville reçoit du baron de Vaud des lettres de franchises particulières en 1328. Une seconde église Notre- Dame est construite au cœur du bourg neuf ; l'église paroissiale actuelle qui date de 1754 en occupe l'emplacement.
Un manual de la ville, rédigé de 1440 à 1514 et récemment découvert, donne avec les comptes résumés par Crottet d'intéressants renseignements sur la vie journalière de la ville. On y voit que le lac était plus haut qu'il ne l'est maintenant, que l'on pouvait navi-
YVERDON
YVONAND
guer à travers la ville jusqu'au confluent de la vieille Thièle et du Buron ; en 1470, une inondation ravagea tous les quartiers. Précédemment, le 26 juil. 1456, deux cents maisons formant le quartier principal furent
Yverdon. Restes, aujourd'hui détruits, du bâtiment des then découverts en 1821 sur l'emplacement du Castrum. D'après un tableau de Charles Duterreaux.
détruites par un incendie. Yverdon souffrit beaucoup des guerres de Bourgogne ; les Confédérés la prirent en septembre 1475, le comte de Bomont la reprit le 11 janv. 1476. Les trois quarts des habitants s'enfuirent à Orbe, et ne rentrèrent à Yverdon qu'une fois la ville pillée. En 1479, le duc de Savoie les exempta de toutes redevances pendant dix ans, pour leur permettre de reconstruire la ville et de soulager les malheureux. Ce désastre arriva d'autant plus mal à propos que, depuis 1443, la ville faisait de grands efforts pour créer une industrie des draps semblable à celle qui fleurissait à Fribourg et concurrente ; on possède une réglementation très détaillée des filatures, des tissages et des conditions de vente. Cette industrie fut frappée mortellement par les guerres de Bourgogne.
Au moment de la conquête bernoise, en 1536, Yverdon fut l'une des rares villes du Pays de Vaud qui osa résister. Michel Mangerot, baron de la Sarra, y commandait une garnison de 300 hommes. Elle capitula, le 25 févr. 1536, après quatre jours de siège. En matière de représailles et sans attendre comme ailleurs la Dispute de Lausanne, Berne y introduisit dès le 17 mars la Béforme. Tous les membres du clergé, moins le curé qui ne résidait pas, se soumirent sans autre. Les biens ecclésiastiques furent réunis à ceux de l'hôpital. Dès lors, Yverdon fut gouverné par un bailli bernois, tandis que l'autorité locale était exercée par un Conseil des Douze, avec un banneret et un gouverneur, plus un rière Conseil au second plan.
Sous le régime bernois, l'industrie des draps reprit quelque vogue. En 1614, Pyrame de Candolle tenta d'y établir une nouvelle manufacture. L'entreprise échoua. Il en subsista une imprimerie qui publia en 1651 VHistoria plantarum universalis, de Bauhin. Un lexique grécolatin du professeur lausannois Scapula avait déjà été édité à Yverdon en 1593. Après la révocation de l'Édit de Nantes, des réfugiés français cherchèrent sans plus de succès à introduire l'industrie de la soie. Plus tard, en 1691, David Auberjonois ouvrit une manufacture de laine pour occuper les enfants oisifs et vicieux. On vit encore surgir en 1752 une fabrique d'indiennes. Mais, ce fut de nouveau l'imprimerie qui fit la réputation d'Yverdon. Barthélémy de Félicc y publia de 1770 à
1780, les 42 volumes de l'Encyclopédie. Il fut aussi l'un des promoteurs d'une importante société littéraire.
Yverdon fut l'une des premières villes à accepter la Bévolution vaudoise. L'un de ses notables, Auberjonois, fut membre de la Chambre administrative du canton du Léman. En 1803 cette localité devint le chef-lieu d'un district. Elle accueillit en 1805 l'éducateur Pestalozzi qui s'installa au château jusqu'en 1825 et ouvrit en outre en 1818 un asile pour indigents à Clindy. En 1855, fut ouvert à la circulation le chemin de fer Yverdon- Bussigny, le premier de la Suisse romande. Auparavant, la ville avait déjà cherché, par le canal d'Entreroches, à relier le lac de Neuchâtel à celui du Léman. Dans le courant du XIXe s., Yverdon est devenue une ville industrielle et commerçante d'une certaine importance. Deux journaux y paraissent. L'établissement des Bains, connu des Bomains, reprit vie dès 1728. Outre l'église paroissiale, il y a une église libre et une église catholique. Begistres de baptêmes dès 1718, de mariages dès 1719, de décès dès 1778.
Bibliographie. DHV (avec bibl.). — En outre : P.-E. Martin : Le Problème de la Sapaudia, dans RHS 1933. — M. Beymond : Yverdon de 1440 à 1514, dans le Journal d'Yverdon 1932. — Ch. Gilliard : Le clergé d' Yverdon à l'époque de la Réforme, dans RHV 1933. — D. Voilier : Carte archéologique. [Maxime Reymond.] YVERDON, d'. Famille de marchands lausannois, qui fut considérée comme noble au milieu du XVIe s. — 1. Etienne, clerc en 1313. — 2. Louis, banneret de Lausanne 1539. — 3. Jean, f 1612, boursier et banneret. — Le dernier de la famille fut Jean-Georges dit Deyverdun. — Voir sous ce nom et Montet : Dict. [M. R.] YVERDON-SAINTE-CROIX. Ligne de chemin de Fer d'une longueur de 24 km., construite en 1893 sur l'initiative de William Barbey, de Valleyres-sur-Bances, qui fit admettre que les trains ne circuleraient pas le dimanche. Cette restriction a été levée après la guerre. [M. R.] YVERNOIS, D'. Voir D'Ivernois.
YVONAND (C. Vaud, D. Yverdon. V. DGS). Vge et Com. En 1011, Evonant. Armoiries : d'or au chêne de sinople mouvnnl d'un mont à cinq coupeaux du même, accosté de deux étoiles d'azur et abaissé sous une balance de gueules tenue par une main au naturel.
Mosaïque romaine trouvée à Yvonand. D'après une photographie.
vêtue d'azur. Une station lacustre a été constatée au large d Yvonand. sur le lac de Neuchâtel et des sépultures helvètes mu hameau de Niédens. Le hameau de Mordagne paraît avoir été particulièrement habité à
YVORNE
Z^IINER
l'époque romaine : on y a retrouvé des restes de grandes villas avec mosaïques, des chapiteaux corinthiens, des fragments de corniches en marbre de Carrare. De même, au hameau de la Baume, entre Yvonand et Cheyres, en 1778, on découvrit une grande mosaïque d'Orphée que les paysans démolirent une nuit, croyant trouver un trésor dessous.
L'église d'Yvonand apparaît au début du XIe s. Elle était propriété du comte de Vaud, Teudon. Le roi Rodolphe III la confisqua, donna une moitié du domaine à l'évèque de Lausanne, le 18 janv. 1010 et, le 24 avril 1011, l'autre moitié à la reine Ermengarde qui dut la céder à son tour au prélat. Celui-ci en fit don plus tard au chapitre de Lausanne qui la posséda jusqu'en 1536 ; il en fit le centre d'une importante prébende. En 1512, le curé d'Yvonand, Nicolas Gachet, reçut de Rome des lettres d'indulgences que l'on conserve encore et il lit, trois ans plus tard, le pèlerinage de la Terre Sainte. Cependant les gens d'Yvonand admirent dès 1532 la Réforme, brisèrent les autels et les statues de l'église. Le village fut dévasté par la peste au commencement du XVIIe s. En 1748, la vieille église Saint-Ours l'ut démolie et remplacée par un temple nouveau. Dès 1536, Yvonand releva directement du bailli de Grandson, tantôt bernois tantôt fribourgeois, et forma une métralie avec les hameaux voisins. Il était administré par deux gouverneurs, un Conseil des 17 et un Conseil des 24. Registres de baptêmes dès 1618, de mariages dès 1623, de décès dès 1742. — DHV. [M. R.]
YVORNE (C. Vaud, D. Aigle. V. DGS). Vge et Com. En 1020, Evurnum. Armoiries : coupé d'or à l'y minuscule de sable et de sable à la grappe d'or. La localité est sur la route romaine de l'Étraz, qui passait en Versvey. On a trouvé là, non seulement des ruines romaines, mais encore des sépultures de l'âge du bronze. Le couvent de Saint-Maurice y avait des droits en 1020. Dès cette époque, sans doute, Yvorne faisait partie
de la paroisse d'Aigle et dépendait des seigneurs de ce lieu. Le comte de Savoie y préleva des revenus dès 1332. A la conquête bernoise, le village dépendit directement de Berne.
Le 4 mars 1584, un éboulement descendit de la montagne et atteignit les communautés d'Yvorne et de Corbeyrier. A Yvorne il recouvrit 69 maisons et 100 granges, ensevelissant 100 personnes, surtout des femmes et des enfants, les hommes étant aux champs, plus 240 vaches, de nombreux bœufs et chevaux. Le village fut reconstruit, de 1608 à 1611 seulement, par les soins d'Antoine d'Erlach, bailli d'Aigle, et de son épouse Agathe d'Erlach. On dit que ce sont les terrains recouverts par l'éboulis qui donnent les meilleurs vins de ce cru réputé. Yvorne a été paroisse de 1838, date de la construction du temple, à 1845 et elle l'est redevenue en 1862. — DHV. [M. R.]
YVOY (van Hangest-Genlts dit d'Yvoy), Maximilien, * 1621 à Asperen (Hollande), t 24 déc. 1686 près Keulen. Ingénieur militaire, fut au service de Genève de 1660 à 1672 pour la construction des nouvelles fortifications sur le front de Plainpalais : bastions de Hollande 1662, Souverain 1664, d'Yvoi ou du Polygone 1666, Bourgeois 1668. Reçu bourgeois de Genève avec deux fils. En 1673 il passa au service des États généraux comme quartier-maître général de leurs armées. Le Conseil de Genève lui fit remettre une médaille d'or en 1676. Il revint à Genève de juillet à novembre 1686. On a de lui un rapport sur les réparations à faire à Saint-Pierre, 1670, et le projet d'une digue pour régler le niveau du lac à Genève, 1671. — Nieuw Nederlandsch. biogr. Woordenbock VII. — France protestante.
— Rietstap : Armoriai. — J.-E. Massé : Essai historique sur les diverses enceintes et fortifications de Genève.
— G. -H. Dul'our : Mémoire sur les enceintes successives de Genève (mns. aux Arch. d'État). — Arch. d'État Genève. [André Duckert.]
ZACCARIA. Famille citée aux environs de Lugano en 1339 et à Lugano même en 1546. Un Zaccaria, de Lugano, était architecte et sculpteur à Venise à l'époque de la Renaissance. Un Zacharias, de Campione, sculpteur, travaillait à Prague vers 1620, dans le palais Waldstein, et en 1621 y acquit le droit de bourgeoisie. — P. Schâfer : Das Sollocenere im Mittelalter. — AS I. — P. Vegezzi : Espos. slorica. ■ — ALBK. — SKL. [C. T.]
ZACCHEO. Famille de Brissago et de Locarno. — 1. Zaccheo de Zacheis, Dr en grammaire, de Cannero (Italie) est cité de 1456 à 1466 comme rector scholarium à Lugano. — 2. Benigno, de Brissago, f à 65 ans le 8 mai 1877, médecin, député au Grand Conseil 1852- 1863, au Conseil des États 1856 et 1857. Prit part à la révolution de Milan en 1848 et à la guerre de 1859 du Piémont contre l'Autriche. 11 fui un des membres les plus actifs du Comité de salut public lors du pronunciamento tessinois de 1855. — 3. Ugo, de Locarno, * 5 sept. 1882, peintre, professeur au gymnase et aux écoles normales de Locarno, exposa entre autres à Genève 1929, Rome 1930, Lugano 1932. — L. Brentani : Miscellanea Storica. — ÈStor. 1881. — Educalore 1877. — Archivio stor. d. Svizzera italiana 1929. — S. Dotta : I Ticinesi. [C. T.]
ZACCO. Membres de la famille des Victorides qui dirigèrent les destinées de la Rhétie à titre d'évêques ou de praesides, de l'an 000 environ à la tin du VIIIe s. La troisième génération des Victorides était formée,
d'après la tradition, des enfants de Vigilius : Zacco, Paulus, Paschalis et Castomia. Dans le testament de Tello, le dernier des Victorides, en faveur du couvent de Disentis, 766, un Zacco, frère de Tello est mentionné. Ces deux Zacco revêtirent la charge de praeses. — Ernst- Karl Winter : Der Kulturkreis der Viktoriden, dans BM 1927. [L. J.]
ZACCONI, ZACCONE. Famille de Bellinzone où elle est citée dès 1470, originaire de Pavie. Armoiries : coupé, au 1 d'or au chevron sommé d'une croisette entrelacé à un autre renversé, alésé et patte, le tout de gueules et renfermant dans ses interstices trois aiglettes de sable couronnées de gueules, au 2 bandé de gueules et d'argent de six pièces (XVe s.). ■ — Simone, cité dès 1470, fermier des douanes de Bellinzone 1472, procureur de la commune 1475, un des commissaires de Bellinzone dans une question de frontière entre Blenio et les Grisons 1492. — G. Pometta : Briciole di Storia bellinz. — E. Pometta : Corne il Ticino. — Le même : La guerra di Giornico. - — AS I. [C T.]
ZADRELL. Voir Zodrell.
Z/EH. Voir Zay.
Z/EHNER (Zeiiner). Famille appenzelloise répandue surtout dans le Hinterland des Rh.-Ext. et mentionnée depuis 1535. On n'est pas au clair sur l'étymologie du nom. — 1. Martin, de Hundwil, trésorier et vice-landammann 1675-1697. — 2. Jakor, d'Urnaseh, 1677-1750, pasteur de Trogen 1093-1750, doyen
ZAHRINGEN (DUCS DE)
ZAHRINGEN (DUCS DE)
dès 1730 ; autour d'un petit manuel pour L'enseigneuirni religieux : Dekans-Bûchlein. — Joh.-Kasp. Zellweger : Urkunden. — Gabr. Walser : Chronik I. — Gabr. Riïsch : Kt. Appenzell, 92. — Koller u. Signer : Appenzell. Geschlechterbuch. [A. M.]
Z/EHRINGEN (DUCS DE). Famille princière de Souabe dont la domination pendant près d'un siècle sur une grande partie de la Suisse actuelle, où elle fonda plusieurs villes, eut d'importantes conséquences. Le titre de duc remonte à une inféodation du duché de Carinthie à Berthold I (de même que le titre de margrave porté plus tard par la branche de Baden se rapportait au margraviat de Vérone qui relevait des ducs de Carinthie), mais ni lui, ni ses successeurs ne possédèrent effectivement ce duché. Le titre resta personnel ; toutefois il se justifiait en une certaine mesure par les droits que les Zâhringen exercèrent sur le bailliage impérial de Zurich et par ceux qu'ils possédèrent en Bourgogne. Cette région ne paraissait-elle pas destinée à devenir un territoire qui leur appartînt en propre et ne trouve-t-on pas parfois la mention de duc de Bourgogne pour duc de Zâhringen ? Le nom de famille qui apparaît en 1100, est celui d'un de ses châteaux, Zàhringen, au-dessus du village du même nom dans le pays de Bade, district de Fribourg ; il fut réuni abusivement au titre de duc et l'on eut, par exemple, Bertolfus dux de Zeringen au lieu de Bertolfus dux, de Zâhringen. — [C. B.] ■ — Armoiries : Berthold V portait une aigle, probablement de gueules sur argent ou or ; les comtes de Fribourg et de Fùrstenberg, héritiers de la branche des Zâhringen-Urach adoptèrent l'aigle de gueules sur or à la bordure nébulée d'azur et d'argent qui figurait sans doute aussi sur les armes ducales ainsi qu'en témoigne le plus ancien sceau de la ville de Fribourg. Du XVe au XIXe s., les armes des Zâhringen furent toujours représentées, à tort, de gueules ;ni lion d'or, par confusion probableinint avec les armoiries attribuées à Dietrich von Berne (Thierry de Vérone). — Voir IL Tiirler : Bern, Bilder aus Vergangenhe.it und Gegenwart.
— Les deniers frappés dans des ateliers monétaires des Zâhringen et portant un lion n'ont aucun rapport avec les armoiries. — Buchenau : Beitrâge zur Erforschung der schwàbisch-alleman. Pfennige des 11.-13. Jahrh., dans Blâtter fur Mùnzfreunde 1911. [H. T.]
Les ducs de Zâhringen sont issus d'une famille qui, depuis le Xe s. au moins, possédait le comté de Brisgau ; elle peut remonter avec assez de certitude à un Pirt(i)iiTiLO (forme diminutive de Berchtold, ainsi que Bezelin) qui fut comte du Brisgau en 962 et 968 et est peut-être identique à un comte Bezelin, tombé le 13 juil. 982 à la bataille de Rossano en Calabre. Voici ce. que l'on sait de ses descendants : Birchtilo ou Bertholt, comte du Brisgau vers 993, de Thurgovie 998, se distingua dans la lutte menée par Othon III contre l'antipape Jean de Plaisance en 998 ; en vertu d'un privilège de cet empereur, du 29 mars 999, fondateur du marché de Villingen. f vers 1005. Son fils, Bezelin de Villingen. comte de l'Ortenau 1016, fut avec l'empereur Henri II en Italie en 1022. f 15 juil. 1024. Son fils — 1. Bertold 1 (à la barbe), comte du Brisgau, de Thurgovie, de l'Ortenau et de l'Àlbgau, peut-être aussi de la partie de la Baar qui appartint plus tard aux Zâhringen ; avoué de l'évêque de Bamberg dans ses possessions en Souabe. En 1061, l'impératrice Agnès lui inféoda le duché de Carinthie, en possession duquel il n'a jamais cherché à en lier à cause de l'opposition qu'il y rencontrait. Mais il conserva le titre de duc, qu'il laissa à ses successeurs. Bertold I joua, à partir des années 1060, un rôle en vue dans l'histoire de l'empire, à côté de Rudolf de Rlieinfelden, duc de Souabe et anti-roi en 1077. Au mois d'août 1073, il se trouva, avec Henri IV à Harzburg assiégé par les Saxons révoltés ; le 9 juin 1075, il prit part à la victoire du roi sur les Saxons sur l'Unstrut. Il fut ensuite un des chefs du parti du pape, de sorte que Henri IV reconnut en 1077 Lùthold von Eppenstein comme duc de Carinthie et qu'il donna le comté de
Brisgau à l'évêque de Strasbourg, f en novembre 1078. — 2. Hermann, probablement fils aîné du n° 1, comte du Brisgau, margrave de Vérone, entra en 1073 au couvent de Cluny. t 25 avril 1074. Souche de la branche aînée, qui donna les margraves et grands-ducs de Bade. Son fils, Hermann II, fidèle partisan de Henri IV, reçut à nouveau le Brisgau. — 3. Gebhard, fils du n° 1, évêque de Constance de 1084 à sa mort, 1110, sous le nom de Gebhard III. En 1089, le pape Urbain II le désigna pour son représentant en Allemagne, avec l'évêque Altmann de Passau ; fut le chef spirituel du parti de l'église dans la querelle des Investitures. Il devint plus tard partisan d'Henri V, qui le réinstalla à Constance en 1105, d'où il avait été chassé en janvier 1103 par l'anti-évêque Arnold von Heiligenberg. — K. Henking : Gebhard III., Bischof von Constanz, 1880. — Diebolder : Bischof Gebhard III. von Konstanz und der Investiturstreit in der Schtveiz, dans ZSK X. — 4. Bertold II, fils du n° 1, porta le titre de margrave, puis, après la mort de son père, celui de duc. Vainqueur des évêques de Bâle et de Strasbourg en 1078. Après l'élection de Bertold, fils de Rudolf de Rheinfelden, au duché de Souabe, il resta avec son frère Gebhard (n°3), le chef de la lutte menée en Souabe contre Friedrich von Staufen, qui avait été élevé à la dignité ducale par Henri IV en 1079, et contre Ulrich von Eppenstein, abbé de Saint-Gall. Ce dernier le battit à Veltheim près de Winterthour, mais il s'empara du couvent en 1086. Après la mort de Bertold de Rheinfelden (18 mai 1090). le parti du pape nomma Bertold II duc de Souabe en 1092. Mais, probablement au début de 1098 déjà, il s'accorda avec l'empereur au moment où son parti commençait à décliner ; il renonça au duché de Souabe en faveur de Friedrich von Hohenstaufen, mais reçut le vicariat, sur le bailliage impérial de Zurich que détenaient les Lenzbourg, ainsi que le titre de duc. Bertold 11 se trouvait en 1106 dans l'armée d'Henri V devant Cologne et réussit à mettre sur pied un arrangement ; il prit part en 1107 à l'ambassade d'Henri V auprès du pape Pascal II et du roi de France Philippe. Il transporta en 1093 le couvent de Weilheim à St. Peter dans la Forêt-Noire, où dès lors les Zâhringen furent enterrés. Bertold avait épousé Agnès, sœur de Bertold de Rheinfelden, le dernier représentant mâle de sa famille, de sorte qu'il hérita des propriétés en Bourgogne, où dans la suite les Zâhringen jouèrent un rôle important. La ville de Berthoud, qui est probablement l'œuvre des Zâhringen, lui doit peut-être sa fondation, f 1111. — 5. Bertold III, fils du n° 4, comte de l'Albgau 1112, prit part à la campagne de Rome d'Henri V en 1110- 1111, à celle contre les Frisons en 1114. Il fut fait prisonnier lors de la défaite infligée par les gens de Cologne à l'empereur en septembre 1114, assista au concile de Worms 1122. Il tomba, comme allié du comte Hugo von Dagsburg, dans un combat en Alsace, probablement en décembre 1122, sans laisser de postérité. — 6. Conrad, fils du n° 4, fit la guerre en 1120 au couvent d'Allerheiligen à Schaffhouse, fonda la même année, la ville de Fribourg-en-Brisgau, fit reconnaître par la force des armes Manegold von Mammern comme abbé de Saint- Gall contre Heinrich von Twiel. Après l'assassinat de Guillaume l'Enfant, à Payerne. 1127, qui laissait des biens importants en Suisse occidentale, le roi Lothaire III déclara le duc de Zâhringen héritier de Guillaume et lui confia la charge nouvellement créée de vicaire de l'empire ou recteur de Bourgogne. Pour entrer en possession de cet héritage, Conrad fut entraîné à une guerre contre Renaud III, cousin de Guillaume l'Enfant, qui détenait, la Franche-Comté, ri d'autres seigneurs de Bourgogne (victoire sur Amédée de Genevois en 1133 à Payerne). Conrad fut en guerre, en 1146, avec le neveu du roi, Frédéric, le futur empereur Barberousse, qui s'empara de Zurich, Zâhringen et probablement aussi du château au-dessus de Fribourg. f 8 janv. 1152 à Constance. — 7. Bertold IV, fils du n° 6, portait sur son sceau le titre de dux et rector Burgundie. Il se fit reconnaître par Frédéric Barberousse le pouvoir sur la Bourgogne et la Provence, soit sur tout le royaume, à l'exception des évêchés qui relevaient immédiatement de l'empire. Le roi lui promit
ZAHRINGEN (DUCS DE)
ZtEHRINGEN (DUCS DE)
son concours pour entrer en possession de ces territoires et de soutenir ses droits aux terres que Guillaume de Mâcon détenait au nom de sa nièce Béatrice, fille de Renaud 111. Bertold accompagna Barberousse en 1154 en Italie et se distingua à Tortona. Mais quand l'empereur eut épousé la dite Béatrice en 1156, Bertold dut renoncer à ses prétentions outre Jura et se contenter d'exercer son rectorat sur la Bourgogne transjurane ; il reçut, à titre de compensation, les régales des évêchés de Lausanne, Genève et Sion. Il fonda la ville de Fribourg en Suisse vers 1157, accompagna l'empereur en Italie, en passant par le Grand Saint-Bernard, en 1158. Il dut renoncer en 1162 à l'avouerie de l'évêché de Genève, dont il avait remis les régales au comte de Genevois, tandis que celles de Sion, qui formaient probablement la dot de sa sœur Clémentine, divorcée de son premier mari Henri-le-Lion, passèrent lors du second mariage de cette dernière, à son second mari le comte Humbert III de Savoie. Des droits qu'il avait
JSG XXIV. — En 1191, Bertold fonda la ville de Berne, près du château de Nydeck. Il se rangea en 1192 dans l'opposition contre l'empereur Henri VI, fut en guerre en 1196 contre le duc Konrad de Souabe, en 1197, avec les évèques de Strasbourg et de Bâle et Albert von Dagsburg, contre le fils de Barberousse, le comte palatin Othon de Bourgogne. Il posa sa candidature au trône allemand en 1198, mais la retira tôt après et se rangea aux côtés du roi Philippe, dont il reçut l'avouerie impériale de Schaffhouse. Il chercha à étendre ses droits dans la Suisse orientale, ainsi qu'en témoigne sa tentative d'acquérir, après la mort du roi Philippe (21 juin 1208), l'avouerie impériale de Saint-Gall. C'est probablement au cours d'une guerre contre son cousin Thomas I de Savoie que Bertold fut complètement battu en 1211 à Niedergestelen (il semble plus plausible de fixer cette défaite à Niedergestelen plutôt qu'à Obergestelen, ainsi que l'ont démontré Coolidge dans AS G XIV, 172, et H. Dùbi dans BBG XXI, 241). Cette
Sceaux de Bertold IV et de Bertold V de Zahringen (empreintes au Musée National, Zurich).
reçus sur les trois évêchés, Bertold ne conserva donc que l'avouerie impériale de celui de Lausanne ; il acquit, par contre, l'avouerie effective des barons de Geristein. Bertold s'allia avec le comte Hugo de Dagsburg contre l'empereur et fit, avec les Guelfes et d'autres, la guerre au comte palatin de Tubingue et au duc de Souabe. A la suite de l'extinction de la maison de Lenzbourg, en 1172-1173, l'avouerie impériale de Zurich passa aux Zahringen. Bertold mourut en 1186. — 8. Adalbert, fils du n° 6, souche delà branche des ducs de Teck, éteinte 1439. — 9. Rudolf, fils du n° 6, fut élu en 1159 archevêque de Mayence, mais non installé par l'empereur ; évêque de Liège de 1 168 à sa mort, survenue au retour de la croisade, à Herdern en Brisgau, le 8 août 1191 (?).— 10. Bertold V, fils du n» 7, dut réprimer, vers 1190, un grand soulèvement de la noblesse de la Suisse occidentale, notamment de l'Oberland (d'après des sources postérieures, il aurait obtenu une victoire à Payerne en 1190 sur les « Bourguignons » et, en 1191, à Grindehvald, sur les nobles de l'Oberland). On peut admettre qu'à la suite de ces événements il chercha à attirer dans l'Oberland bernois des familles du territoire zuricois, afin de pouvoir s'appuyer sur elles (Eschenbach-Oberhofen, Wàdenswil-Unspunnen). D'autre part, l'union dans une seule personne du rectorat et de l'avouerie impériale de Zurich favorisa, à partir de 1173, l'établissement de familles de nobles de la Suisse occidentale dans le pays d'Uri (Schweinsberg-Attinghausen, etc.). — Voir Durrer dans
guerre avait peut-être pour cause initiale l'inféodation du bourg de Moudon en 1207 à Thomas par le roi Philippe. L'existence d'expéditions antérieures de Bertold IV et de Bertold V dans le Valais, pour recouvrer l'avouerie de l'évêché (exercée par la Savoie, mais dont l'empereur avait reconnu l'immédiateté en 1189), n'est pas absolument prouvée. Bertold V mourut le 18 février 1218 sans postérité (son fils Bertold était mort avant lui). Sa veuve, Clémence, fille du comte Etienne d'Auxonne, fut enfermée et le comte de Kibourg s'empara de son domaine, le château de Berthoud. Deux sentences : l'une du roi Henri en 1224, l'autre rendue contre l'empereur Frédéric II en 1235, ordonnèrent de lui rendre la liberté et de reconnaître ses droits.
L'extinction de la famille de Zahringen fut décisive pour l'histoire de leurs domaines, soit pour une grande partie de la Suisse actuelle. Leurs alleux passèrent : ceux de la rive gauche du Rhin aux Kibourg, ceux de la rive droite aux comtes d'Urach ; les fiefs impériaux firent retour à l'empire, notamment l'avouerie impériale de Zurich et le rectorat de Bourgogne. Un certain nombre de villes : Zurich, Soleure, Berne, Laupen, Morat, Schaffhouse, ainsi que l'évêché de Lausanne dépendirent dès lors immédiatement de l'empire.
Bibliographie. Ed. Heyck : Gesch. der Herzoge von Zahringen (avec bibl. jusqu'en 1891). — Le même : Urkunden, Siegel und Wappen der Herzoge von Zahringen, 1892. — MGS I. — ADB. — AHS 1889 ; 1921, p. 11. — Martha Reimann : Ueber zwei Zdhringer Ur-
ZAHRINGEN (DUCS DE)
Z^SLIN
DUCS DE ZAHRINGEN
Berchtold (Pir(i)hlilo)
t 13 juil. 982 (?) comte du Brisgau.
Bertolt
t vers 1005
comte
du Brisgau et de Thurgovie.
BEZELIN
t 15 juil. 1024
comte de l'Ortenau.
BERTOLD I
t nov. 1078
duc de Carinthie.
IlERMANN
souche des grands ducs
de Bade.
BERTOLD II
duc de Zahringen
ép.
Agnes de Tiheinfelden.
Gebhard
évèque de Constance
BERTOLD III t 1122.
Conrad
t 8 janv. 1152
recteur de Bourgogne
ép. Clémence de Namur.
Agnes
ép. Guillaume III comte de Bourgogne.
BERTOLD IV
duc
et recteur de Bourgogne
avoué de Zurich fondateur de Fribourg.
BUDOLF
évèque de Liège 1168.
Adalbert
souche des ducs de Teck.
ep.
Clémentine