‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 381 sur 425 · DUFOUR · texte numérisé non relu

DUFOUR

à Lyon, f 1884 à Genève, spécialiste de fleurs sur émail, est parvenu à fabriquer industriellement des couleurs très pures encore recherchées. — 2. Marc- Louis, 1833-1887, fils du n° 1, remit en vogue la manière des émaux de Limoges, député au Grand Conseil, 1870, 1872. — 3. Antoine, * 1866, fils du n° 2, conservateur de la collection des arts décoratifs au Musée de Genève, journaliste. — 4. Gabriel, * 1879, frère du n° 3, spécialisé dans le portrait sur émail, à Paris. — 5. Frédéric-Guillaume, * 1820, aux Ponts-de-Martel, f Genève 1871, sculpteur. Œuvres principales : lions du parc de la Grange, bustes de G. Eynard (escalier de l'Athénée), d'Ariane Revilliod (Musée de l'Ariana), etc. — 6. Frédéric-Auguste, fils du n° 5, * 1852, peintre et sculpteur. Œuvres principales : peintures : Retour du Marché ; Pour le marché de Vevey (Musée de Genève) ; Les messagers d'amour (Ariana-Genève). Sculptures : buste de J.-J. Rousseau (théâtre de Genève), celui de Marc Monnier (université de Genève). Ses deux fils : Frédéric et Charles furent des premiers à pratiquer l'aviation en Suisse. — Voir Arch. de Genève. — SKL. [C. R.]

DUFFAY. Voir Fay, du.

DUFOUR. Nom de famille très répandu dans la Suisse romande, principalement dans les cantons de Genève, du Valais et de Vaud. A Saint-Gall existe une famille du même nom venue de France.

A. Canton de Genève. Nom porté par plusieurs familles genevoises. L'une d'elles est originaire de Collonges-la-Cluse ; son nom primitif était Tissot. Elle prit le nom de Dufour au XIVe s. Armoiries : d'azur au chevron d'or (variantes.) ■ — 1. Jean, f 1642, bourgeois de Genève en 1604, reçu en considération des services rendus par son père à la République. — 2. Jacques, 1609-1658, conseiller 1646, syndic 1653. — 3. André, 1644-1727, conseiller 1690, syndic 1697. — 4. François, 1666-1724, conseiller 1709, syndic 1722.

— A d'autres branches de la même famille appartiennent : — 5. Etienne, conseiller 1487. — 6. Jean, secrétaire ducal et épiscopal, reçu bourgeois en 1493 ; procureur fiscal de l'Évêché en 1495. — 7. Claude, juge des excès et causes criminelles de la cour spirituelle de Genève 1535. — 8. Thomas, châtelain de la Bastie- Beauregard et de Fernex 1561 pour Hugues de Gingins.

— Voir Galiffe : Not. gén. II. — Covelle : LB. — Sordet : Dictionnaire .

Famille de Bourdigny, admise à la bourgeoisie en 1478 en la personne de Jean, puis, en 1640, de Jacques. — 9. Bénédict, Représentant, fut forcé par les troubles politiques de quitter Genève. Il suivit D'Ivernois en Irlande, s'établit ensuite à Constance, puis revint à Genève en 1789. Membre du Comité de Sûreté, puis de l'Assemblée nationale, enfin juge à la Grande Cour de Justice civile 1794. — 10. Guillimme-Henri,

fils du n° 9, * à Constance 1787, f à Genève 14 juillet 1875. Études à Genève, à l'École polytechnique de Paris, à l'école de Génie de Metz dont il sortit premier.

En 1813, il défendit Corfou avec distinction contre les Anglais, puis fit toute la campagne de France et ne donna sa démission du service français qu'en 1817. Revenu à Genève, il fut nommé capitaine à l'État-major fédéral et coopéra en 1819 à la création de l'École militaire de Thoune où il dirigea le service d'instruction. Ingénieur cantonal dès 1817, il dirigea des travaux qui transformèrent la ville :

le Grand Quai, les ponts de la Coulouvrenière, des Bergues, l'aménagement de l'Ile Rousseau et plusieurs ponts suspendus. Chef d'état-major de l'armée en 1831, il commanda en 1833,

Guillaume-Henri Dufour en 1848.

D'après une lithographie de

J. Hébert.

une division chargée de réprimer les troubles de Bâle et commença la même année la carie topo graphique de la Suisse (voir Cartographie). 11 eut alors sous ses ordres, à Thoune, le prince Louis-Napoléon dont il resta toujours l'ami. Commandant des milices genevoises en 1841, puis en 1847, général de l'armée fédérale chargée de dissoudre le Sonderbund, il y parvint sans grande effusion de sang. En 1849, il reçut de nouveau le commandement de l'armée fédérale chargée de veiller au maintien de la neutralité suisse vis-à-vis des insurgés badois ; il en fut de même en 1856 où il occupa la ligne du Rhin à la suite de l'affaire de Neuchâtel, puis en 1859, à l'occasion delà guerre d'Italie. Député aux chambres fédérales. Il présida le congrès de Genève de 1864 d'où est issue la Croix-Rouge. Le général Dufour a laissé de nombreux ouvrages techniques, entre autres : Mémorial pour les travaux de guerre, 1824 ; Cours de tactique, 1840 ; Campagne du Sonderbund et événements de 1856 (posthume) et des articles parus dans la Bibliothèque universelle de 1827 à 1840. Armoiries : L'abbaye des marchands de la ville de Berne en recevant le général dans son sein, lui fit délivrer les armes suivantes : parti d'argent et de gueules à deux haches d'armes en sautoir, de l'un en l'autre, accompagnées en pointe d'une étoile d'or à six rais. — -Voir Covelle: LB. — Galiffe: Not. gén. IV. — Senn-Barbieux : Le général Dufour. — Ed. Sayous : Le général Dufour. — Th. Dufour: Quelques lettres du général Dufour. — Hist. rnilit. de la Stiisse, 10e cahier.

Famille de Cartigny. Armoiries : d'argent au four allumé de gueules ; le champ semé de trèfles de sinople, au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent. Mentionnée dès le XVIe s., admise à la bourgeoisie de Genève, en 1556, avec Louis, en 1768, avec Jean- Jaques. — 11. Jean-Martin, 1769-1839, lieutenant-colonel dans les milices. — 12. Louis-Théophile, 1839- 1906, sous-archiviste d'État 1879, archiviste 1885, Dr es lettres h. c. de Genève 1904 ; a laissé de nombreux travaux dont plusieurs ont paru dans les MDG. Il a collaboré à la publication des deux premiers volumes des Registres du Conseil de Genève et au 1er volume du Recueil généalogique suisse. — Voir Jubilé de M. L. Dufour- Vernes, BSG III. — 13. Théophile, frère du n° 12, 1844-1922, avocat 1867, élève de l'École des Chartes de Paris, archiviste-paléographe Juge à la cour de Justice (Genève) 1876-1884 qu'il présida en 1877 et 1879, directeur des archives de 1877-1885. Député au Grand Conseil 1884-1885 et 1897-1898. Enfin directeur de la Bibliothèque publique de 1885 à 1900. Dès lors, il ne s'occupa plus que de travaux d'érudition. Son souci d'exactitude et son esprit méthodique furent remarquables. Il a laissé de nombreux articles, notices, opuscules, mais la partie la plus considérable de son œuvre est restée inédite. Objets traités : Genève ancienne, ses historiens, ses artistes, Calvin, les imprimeurs de la Réforme et Rousseau. Il avait en préparation un grand ouvrage sur les Annales de la typographie genevoise au XVe et au XVIe s. Dans le procès intenté à la Ville de Genève par la comtesse de Civry en revendication de la fortune du duc de Brunswick, dont elle se disait héritière naturelle, Dufour démontra la fausseté d'un texte subrepticement intercalé dans un dossier des archives nationales de France et qui servait de base à la revendication. — Voir Galiffe : Not. gén II. — JG 14, 16, 18nov. 1922. - - Ed. Favre : - - Bibliographie des travaux de Th. Dufour, dans BSG III. — A. Fran-

Théophile Dufour.

D'après un portrait de la collection Maillart.

Page 1