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Au reste, ces distinctions n'ont ordinairement lieu que dans les colonnes où l'on emploie des matières différentes pour les fûts cl les chapiteaux, ou bien des couleurs de marbre varié. Lorsque toutes les parties de l'ordre sont de la même pierre , alors l'identité de la matière empêche qu'on fasse cette remarque. Néanmoins on doit , par rapport à la construction, avoir attention que l'astragale , ou au moins le fdet de ce membre d'architecture, appartienne au fût de la colonne ou du pilastre : en voici
L'usage veut qu'on unisse le fût des colonnes à l'astragale par un congé; or, ce congé n'est autre chose qu'un quart de cercle concave, qui ne peut pas terminer seul le fût supérieur ou inférieur d'une colonne. Il faut l'accompagner d'un membre carré, qui , par ses angles droits, assure la solidité , le transport et la pose du chapiteau et de la colonne ; ce qui ne se pourroit, de quelque matière qu'on voulût faire choix , sans que ce congé fût sujet à se casser.
ASTRAGALE LESBIEN. Les commutateur, de Vitruve sont d'opinion différente sur le profil de cette moulure. Raldus croit que c'est uu ove ; Barbara un cavet. Mais Perrault prétend, avec plus de raison, que c'est un petit talon. {Voyti les notes sur Vitruve, liv. IV, chap. vi.)
ATELIER , s. m. C'est en général le nom qu'on donne à un lieu où les artiste» travaillent.
Quoique les mots n'aient de valeur que par l'idée qu'on y attache , et que l'usage en détourne le sens , cependant le mot communique souvent aussi, à l'idée qu'il représente, une espèce de fausseté, surtout lorsqu'une acception vulgaire l'a consacré à un usage trivial. De ce nombre est sans doute le nom d'atelier, dont les artistes eux-mêmes appelleut leur laboratoire ou cabinet d'étude. Ce mot, employé aux travaux les plus mécaniques des arts les moins libéraux, paraît peu convenir à l'exercice des arts du génie. Il n'a pu s'iutrodiiirc que par le défaut de distinction que le peuple u'aura poiut su faire entre les arts de la inaiu, et ceux où il croit que son habileté entre pour beaucoup, lorsque c'est l'esprit qui en fait le plus. L'équivoque du mot ne peut être que défavorable aux arts dans un pays où f duit l'estime, et où le moindre préjn l'opinion.
Les Italiens appellent studio, lieu d'étude, ce que les artistes appellent atelier en France. Si le langage des peuples est la première peinture de leurs idées,
r que cet n'indique, de la part des Italiens, plus juste des choses et une connoissance plus vraie de la nature des arts, et de la manière dont ils s'exercent.
ATELIER PUBLIC. Lieu où l'on travaille . transporter des terres , ou à construire et à réparer
pro-
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des murs , quai* , chaussées et autres ouvrages publics , autant pour l'embellissement des villes , que pour occuper, en certains temps, ceux qui n'ont point d'emploi.
ATHÉNÉE et CLÉODAMLS, architectes de Bizauce. Ils m: sont acquis une grande réputation par le nombre considérable des bâti mens qu'ils ont construits. Ce n'est que vers l'an 262 de Jésus-Christ qu'ils ont paru , et du temps que Valéricn ayant été pris par Sapor, roi des Perses, l'empire romain fut attaqué par une infinité de Barbares, et partagé par plus de vingt tyrans qui se soulevèrent tout à coup en Grèce et en divers autres lieux. Aussi l'empereur Galien, sous qui ces architectes travaillèrent, ne les employa, pour ainsi dire, qu'à fortifier les places dont il étoit le maître.
Quelques-uns attribuèrent à Athénée le livre de Machine* qu'on a imprimé au Louvre , sur un manuscrit de la Bibliothèque du Roi. D'autres néanmoins croient que ce livre a été composé des le temps de M. Marcellus, auquel ils prétendent que l'auteur l'a dédié.
Quoi qu'il en soit, cet architecte fut fort considéré de Galien , puisque ce prince se reposa entièrement sur lui et sur ( Uodamus , des principaux ouvrages qu'il lit faire. On ne sauroit cependant prendre une haute opinion de leurs talcns , quand on pense à l'état où l'architecture étoit réduite de leur temps, comme on peut le voir par l'arc de Galien , encore subsistant a Rome, cl qui n'a de rccommandablc que sa solidité.
ATHÉNÉE. C'était un lieu public à Rome, bâti l'an i35dcJ.C. par l'cmpereui Adrien, pour servir d'auditoire aux savans , ou a ceux qui , selon la contun>e , vouloient lire ou déclamer leurs ouvrages en présence d'une assemblée nombreuse. Il se n oit aussi de collège, et l'on y faisoit des leçons publiques. On conjecture qu'Adrien nomma ainsi cet édifice, du mot grec Al*m , Minerve, déesse des sciences , ou du nom de ht ville d'Athènes, qui avott été le séjour et comme la mère des arts. Un semblable athénée , construit à Lyon par l'empereur Caligula , fut célèbre par les prix que ce prince y fonda, et par les grands hommes qui y enseignèrent.
On a étendu le mot athénée aux collèges, aux académies , aux bibliothèques , et aux cabinets des
ATHÈNES, en grec Alan, ville de la Grèce, capitale de l'Altiquc , célèbre encore par les monumens d'architecture qu'on y admire.
« C'est la, dit Chambrai, que l'architecte devroit » aller faire ses études, pour accoutumer ses yeux et » conformer son imagination aux idées de ces cwl- » lens esprits, qui, étant nés parmi la lumière et » dans ht pureté du plus beau climat de la terre , » étaient si nets et si éclairés, qu'ils voy oient natu-
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» relleinent les choses que nous découvrons ici à peine » après une longue et pénible étude de l'architecture » antique. >
Que celui, dit M. Sulxer, qui a quelque goût pour l'ordre , la beauté, la maguilicencc dans des objets purement matériels et inanimés, prenne la peine de lire la relation que Pausauias nous a donnée de la ville A' Athènes, et qu'il fasse ensuite réflexion aux effets que le séjour d'une telle ville a du produire sur les Athéniens. Ce seroit bien peu connoltre la nature de l'homme , que de ne pas sentir combien de pareils objets ont eu d'efficace pour anoblir leurs sentimens. Si l'architecture n'est pas de tons les beaux-» rtslc plus propre à la culture de l'esprit humain , il n'est pas non plus relui qui peut le moins concourir à cet objet, le plus important de tous.
Une chose très-utile à l'architecture , seroit d'entreprendre une description d'Athènes et de ses monumens, d'après le récit de Pausanias. Peut-être seroit-ce une des manières les plus énergiques et les plus persuasives de donner a cet art certaines leçons qui se trouvent hors du cercle de» règles, et qui échappent a la théorie la mieux raisonnée. Mais, pour ne point sortir des bornes que nous nous sommes prescrites, nous nous contenterons de décrire très en sbrégé les monnmens encore existons dans cette ville , et que le temps a moins outragés que la main des hommes.
Nous devons d'abord reconnoître que I*?» ruines existantes à Athènes ne sont pas d'une antiquité plus que l'époque de l'expédition des Perses dans la Grèce. On sait que Xerxès , ayant ravagé les terres des Phocéens, et tenté vainement de faire piller le temple de Delphes, entra dans l'Attique ; qu'il renversa Athènes de fond en romble, incendia tous les temples, sans en excepter celui de Minerve, qui étoit le plus ancien monument de cette ville, et le plus révéré des Athéniens. Mais si nous avons sujet de regretter de ne pins voir les ruines de ce temple , qui vraisemblablement non* auroit fourni de grandes lumières sur l'origine de l'architecture en Grèce, non* en sommes dédommagés par la beauté de celui que Périclès fit élever a cette divinité par 1 et in us et Callicrate , célèbres architectes grec*.
Ce temple de Minerve, appelé Parthénon, ou le temple de la Vierge, et surnommé Héeatompedon, est situé au milieu du rocher de la citadelle , qui domine par sa hauteur toute la plaine A' Athènes. Si la grandeur de cet édifice et la blancheur du marbre dont il est construit impriment, du moment qu'on l'aperçoit , un sentiment d'admiration , l'élégance de ses proportions et b beauté des bas-reliefs dont il est orné rte satisfont pas moins, quand on s'en approche pour le considérer.
Il forme nn parallélogramme par le plan , comme presque tous ceux des Grecs et des Romains , et s étend de l'orient a l'occident. De longueur, il a 21 1 pieds, et de largeur ry\ , saut compter les marches
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nui l'environnent. L'ordre en est dorique. Le temple Ht périptère, c'est-à-dire , environné d'une file de colonnes isolées de la ceilti, ou du corps de lVdifice, qui forme tout autour galerie continue. Il est oo tostylc , ou à huit colonnes de face.
Les grandes colonnes doriques qui l'environnent extérieurement ont 5 pieds 8 pouces de diamètre , et 3a pieds de hauteur. Il y en a voit quarante-six au
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les marches qui en rasent le pied , et qui sont fort hautes, semblent leur en servir. Elles soutiennent un entablement dorique qui a presque le tiers de la hauteur des colonnes, et qui n'est pas moins admirable par la beauté des marbres dont il est foruié , que par k caractère mâle qui règne dans ses profils. Le dessin de l'intérieur du temple étoit aussi noble que ; : on traversoit un vestibule spacieux avant d'y r. Il était , suivant S pan , décore de deux coi qui ne subsistent plus. Elles formoient , dit cet auteur, deux galeries, l'une inférieure, l'autre supérieure.
La irise qui régnoit autour de k celia étoit ornée de bas-reliefs , dont ou voit encore des fragmrns trèsconsidérables. Ils ont été transportés à Londres . )
Le portique de colonnes doriques qui régnoit tout autour du temple avoit aussi sa frise ornée de figures, qui étaient d'un beaucoup plus haut relief que celles dont nous venons de parler ; ce qui marque l'intelli-
rice et l'habileté des sculpteurs, qui ont donné plus relief aux figures des métopes, parce qu'eues dévoient être vues de fort loin. Les figures renfermées dans ces espaces carres, qu'on appelle métopes , représentent des Athéniens combattaiit contre les centaures.
Les sculptures des frontons repréaentoient , du côté occidental, la dispute de Neptune et de Minerve. (Quoique une méprise , dont on rendra compte ailleurs { voyez Fronton), ait accrédité long-temps l'opinion que ce côté étoit celui de l'entrée, tandis qu'il est celui de frfaWkodome , le sujet du fronton oriental devoit être celui de la naissance de Minerve.
Le magnifique temple de cette déesse s'est conservé long- temps dans toute sa beauté, quoique A thenes eût changé de maître. Les chrétiens qui s'emparèrent de cette ville firent de ce monument une église. Les Turcs eusuite le changèrent en mosquée. Spon et Y\ heler pendant kur séjour en Atbque, l'an 1676, eurent k bonheur de k voir en entkr; mais, en 1677, k provéditeur Morosini ayant assiégé Athènes, une bombe tomba sur ce temple, mit k feu au magasin des poudres que les Turcs y a voient renfermées, ce qui , dan* un instant, en ruina k plus grande partie. Ce général , dans le dessein d'enrichir sa patrie des dépouilles de ce superbe mot, contribua encore à sa ruine. Il voulut faire 1 k statue de Minerve , son char et s, à son grand regret et au notre , il r.UB
du groupe tomln .. terre et se brisa. ( Voyez aux mots Temple et Dorique d'autres détails rektifs à
cet édifice. )
Miiverve étoit tellement révérée par les Athéniens , qu'ils lui avoient ékvé deux temples dans la rit; de kur vilk, celui qu'on vient de décrire, et un ; moins considérable qu'ils avoient consacré a Minerve Poliade, ou .. la protectrice de k ville. C'était près de ce dernier qu'on voyoit k demeure de ces canéphores, cni|iloyécs au culte de k déesse et si cékbres dans l'antiquité. Polyclètc et Scopas ks avoient représentées par des statues queCicéron et Pline ont vantées dans kurs ouvrages. Enfin, on sait que ks Athéniens avoient élevé un tempk i Pandrosc < celui de Minerve Poliade. Tous ces ont engagé M . Le Roy a retrouver k tempk de Minerve Poliade dans l'édifice que nous allons décrire.
Il est composé de trois corps de bàtimens; celui du milieu, qui est k plus élevé, est k temple de Minerve Poliade. La partie de k ruine qui est à gauche offre les restes du tempk de Pandrosc, bâti contre le premier. Enfin, ou soupçonne que k petit monument dont l'entabkment est soutenu par des statues de femmes étoit , ou l'habitation des canéphore* dont jiarie Pausanias, ou |ieut-ètrc simplement un édifice dans lequel on avoit représenté ces vierges si révérées par les Alhéuictis. {Voyez Caryatide.)
Le chapiteau de ce temple est un des plus beaux de l'antiquité. ( Voy ez loNQVE. ) Les artistes n'hésitent pas de le mettre, à plusieurs égards, au-dessus | des plus beaux de cet ordre, qu'on voit aux monnaie ns antiques des Romains. L'entablement qui couronne k corps du temple et retourne tout autour est le même pour la forme que celui qui couronne k temple de Pandrose. Son architrave et sa frise sont d'une proportion très-haute; sa corniche, au contraire, est fort basse ; mais , comme cette dernière partie est composée de moulures, elle fait un assez grand effet. Le larmier est grand; il ressort beaucoup dans ce profil, parce qu'il est entre deux moulures travaillées, le quart de rond qui couronne ce larmier étant décoré par des oves, et le talon qui est au-dessous étant enrichi de feuilles d'eau. Il est assez extraordinaire qu'on ne trouve point de denticules dans cet entablement : les faces de l'architrave y sont toutes égales.
Si . entre les auteurs anciens, Pausanks est k seul qui nous ait donné quelques lumières sur k tempk de Minerve Poliade, presque tous à l'envi ont vanté la magnificence des vestibules par lesquels on (mssoit en entrant dans k citadelk d'Athènes. En effet, les Athéniens, qui avoknt décoré leur vdk des plus beaux monumens, se glorifioient particulièrement de la construction des Propylées. Mnésiclès, célèbre architecte grec , en donna le dessin.
Pa usa nias dit que ces Propylées étoknt couverts d'u 11 l, qui, soit par k grandeur des pierres, ks ornemens, surpassoit sur tout ce qu'il
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■voit vu de plui beau. Quant à ce qui regarde les statues équestres, dit -il, je ne saurois dire si l'on a voulu représenter les fils de Xénophoo , ou si elles ont été mises là seulement pour la décoration.
L'édifice en question annoncoit bien par sa grandeur, par la beauté du marbre blanc dont il étoit construit, et par sa belle disposition, l'entrée de la citadelle d'Athènes. Les deux grands piédestaux qui étaient au-devant de la façade, le nombre des marches sur lesquelles il étoit élevé, les portiques qu'on à droite et à gauche eu arrivant , mais partjcu meut le salon du milieu, qui étoit tout ouvert , et au travers duquel on découvrait encore les colonnes du péristyle qui regardoit l'intérieur de la citadelle, toutes ces choses réunies dévoient produire un spectacle magnifique, et dont aucune description ne saurait donner l'idée.
La face de ce monument, qui regardoit l'extérieur de la citadelle d'Athènes, étoit composée de six colonnes, comme celle qui regardoit l'intérieur; ce qu'on reconnoit par le plan. On voit avec quelle sagesse Mncsiclès, qui le construisit, s'écarta de la règle générale que les Grecs a voient toujours suivie, de faire leurs cntre-colonnemcns serrés. Il donna beaucoup de largeur à celui du milieu , aliu de bien indiquer que cet édifice servoit de porte. (îet entre-colonne avoit, de l'axe d'une colonne à l'autre, trois triglyphes et trois métopes. Les autres sont uionotriglyphes, ainsi que ceux des angles des deux façades ; mais ces derniers sont les plus petits, parce qu'il y avoit un Iriglypbe â l'angle de la frise, ce qui avoit contraint de les faire ainsi.
On arrivoit à cette façade par un grand escalier au milieu duquel se trouvoil un repos ou palier, car le monument des Propylées étoit assis sur un lieu inégal, ce qui dut en rendre la composition difficile; mais ces difficultés , loin de nuire à sa disposition, ont donné lieu à l'architecte qui l'a construit d'y ajouter de nouvelles beautés. On voit qu'il sut profiter avec adresse de l'inégalité du terrain pour donner plus de noblesse à cet édifice. La cou|w fait sentir combien la pcole qu'on monloit en la traversant etoit considérable. Mnésiclès, afin de la rendre moins sensible, lui donna beaucoup de profondeur, et mit avec art U plus grande partie des degrés au-devant de la principale façade.
Celle-ci étoit accompagnée de vestibules qui nous montrent que , dès le temps de Périclès , les Grecs unissoient dans leurs bàtimens les grands ordres avec les petits. La proportion de l'ordre de ces petits vestibules avec celui des façades du même monument est fort belle : elle est la plus estimée de nos jours, le petit ordre étant à peu près le tiers de la haulenr du grand.
On entrait dans une espèce de salle couverte, et divisée par deux rangs de colonnes ioniques, qui dévoient poser sur des piédestaux. Le plafond de cette salle étoit formé de neuf grandes poutres de marbre,
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de 16 pieds de long , qui i verture. Une autre plate-bande, t^«.t CUUCIW, i couvre la grande porte, a près de 23 pieds. Pausanias fait mention de la grandeur de ces pièces de marbre. Le caractère seul eût suffi pour faire reconnoitre dans ce monument celui des Propylées.
Il y a lieu de croire qu'il commença a perdre sa forme quand les Turcs s'emparèrent d' Athènes, lis firent alors du corps principal un arsenal et un magasin a poudre ; par conséquent , ils durent fernier par des murs les cinq cntre-colouncs de la face , et les cinq portes qui étoient vis-à-vis. Mais la foudre mit le feu, en iG56, aux poudres de ce magasin , et fit sauter en l'air le plafond de l'édifice et le logement d'Isouf-Aga , qui étoit dessus.
11 s'est conservé des débris du théâtre d' Athènes : on peut même considérer cet édifice comme un des
Ïlus anciens de ceux qui subsistent dans cette ville. 1 parait porter l'empreinte de l'origine des théâtres. La plus grande partie des gradins n'est pas soutenue sur des voûtes , comme on le pratiqua depuis ; nuis ils sont appuyés et comme taillés dan* le rocher de la forteresse d'Athènes. Ce théâtre a de largeur, en le prenant dans son plus grand diamètre , environ 9.47 pieds. Le heu de la scène, on le grand diamètre de l'orchestre , est à peu près de 1 o\ pieds : le reste est pour les gradins. Les murs sont de 8 pieds 3 pouces d'épaisseur. Il est construit tout en marbre blanc. On voit encore au haut des gradins, vers le milieu , deux niches taillées dans le roc : c'est dans la première qu'étoit vraisemblablement renfermé un trépied sur lequel on voyoit représentés Apollon et Diane perçant de flèches les enfans de Jiiobé. Ce théâtre servoit aux Athéniens, non-seulement pour la représentation des tragédies et des comédies, mais aussi pour la délibération des affaires les plus importantes.
Le temple de Thésée est un des plus magnifiques monumens A* Athènes, et des mieux conservés. Il est presque entier. Toutes les colonnes sont debout et
état , et il ne manque que quelques tables aux plafonds de ses portiques ; ce qui n'empêche pas d'en pouvoir concevoir le dessin. Il est d'ordre doriqae, et parallélogramme par son plan, comme presque tous les temples grecs. L ne rangée de colonnes tourne tout à l'entour. On en voit six de face et treiae de retour. Il ressemble enfin beaucoup à celai de Minerve, auquel il a pu servir de prototype, ayant été élevé quelques années auparavant.
Le plan avoit de longueur plus du double de sa largeur. L'intérieur forme un parallélogramme qui a de longueur plus de deux fois et demie sa largeur. Cet intérieur n'est décoré d'aucun pilastre. L'extérieur même de la cella, ou corps du temple, n'en a que quatre situés aux quatre angles, et qui ne répondent à aucune des colonnes de la face ni du retour . On voit par-là que les anciens désiraient que leurs
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il* ne te piqtioient pas de faire ré|>ondre les pilastres des angles de la cella à une des colonnes de la façade, parée que les portiques de coté du temple seraient devenus trop petits ou trop grands. Cette licence , qu'ils se permirent , paroit d'autant plus toiérable , qu'elle échappe dans l'exécution aux spectateurs. Les colonnes du temple de Thésée n'ont que six diamètres tout au plus de hauteur , comme toutes celles qu'on observe aux édifices élevés a Athènes dans le plus beau temps des arts. L'entablement qu'elles soutien- Dent est le tiers de la colonne, et le fronton qui termine la façade est fort bas , plus bas même qu'il ne le «croit en le traçant par la règle que Y itruve donne pour en déterminer la hauteur. 1rs plafonds sont disposes d'une manière singulière. Il y a comme de grandes petit res de marbre à la hauteur de la corniche, qui, à peu de diose près, répondent a chaque triglvphe , et retracent l'idée de la première disposition de* pièces de bois qui formoient ces ornemens dans l'origine de l'architecture. Cette construction est une forte preuve de l'antiquité de ce temple, puisqu'on y voit représentées, en marbre, ces mêmes pièces qui n'étoient d'abord exécutées qu'en bois. t y«jnti Pt-AroHD.)
Le temple de Thésée est enrichi de belles sculptures, dont Pausanias n'a pas négligé de parler. On y voit le combat des Centaures et des Lapilhcs, et celui de. Atliéaiens contre les Amatones Ces bas-reliefs sont sur les frises des deux faces de la ce/la, ou corps dn U m ; )<■ On remarque encore sur la face de derrière de ce temple, et sur les parties des faces latérales de l'éVIihce qui en sont proches, dos bas-reliefs renfermés dans les carrés des métope < . lira lieu de croire
aMicon, sculpteur dont parle Pausanias, les a , et que son projet étoit qu'il y en eût de semblables tout autour du temple. Quelques-uns de ces bas-
t avec ce que l'histoire de Thésée; d'autres semblent pins difficiles à reconnoître.
A peu de distance dn temple de Thésée , on trouve sur la gauche , en allant au Pirée , les restes de 1' 0— dru m, bâti par Périclès lui-même. {M oyez Odeum.)
En dirigeant sa route vers le nord-est, et passant le long de la muraille méridionale de la citadelle, on entre dans la ville , et l'on ne tarde point a découvrir le petit monument appelé la Lanterne de Dimostkènes. Cet édifice est d'une grande antiquité, puisque l'inscription qui est sur les faces de l'architrave nous apprend qu'il a été élevé sous Evcenetu» , qui fut archonte d'Athènes la deuxième année de la CXI* olympiade, 335 ans avant l'ère chrétienne, l'an de notne A ta.
La dénomination de ce monument n'a d'autre fondement qu'une tradition populaire et destituée de vraisemblance. On lit sur la frise une inscription qui apprend qu'à des jeux où Evœnetus présidoit, la jesmesse de la tribu Arrhamautide remporta le prix ; que Lvsiade Athénien avoit fait la pièce, et que
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Théon avoit compost* la musique; enfin, qu'il avoit été érigé en l'honneur de Lrstrrate qui avoit donné les jeux.
Cet édifice est circulaire et construit tout en marbre, excepté une partie du piédestal qui est pn pierre. L'entablement est soutenu par six colonnes espacées également dans la circonférence du monument. Des six entre-colonnes, les uns sont ouverts, les autres remplis par des dalles de marbre qui sont d'une seule pièce, aiusi que les colonnes. Le haut des tables est orné de trépieds. Les chapiteaux des colonnes sont d'une hauteur remarquable. En général, la proportion de ces colonnes est très-élégante; elles ont to diamètres de hauteur, et le couronnement de l'édifice est très-riche. Il est même d'une espèce singulière. On soupçonneroit qu'il aurait été fait après coup, si l'ornement qui le forme et la frise sur laquelle sont sculptées les figures, ainsi que l'architrave ou est l'inscription, ne paroissoient pas avoir été travaillés dans le même temps, (fores Couronnement. )
l-> frise est décorée de bas-reliefs dont il est asspz difficile de pouvoir donner une explication précise. Ce sont des espèces de luttes ou de combats dont il ne paroit pas cependant qu'on puisse tirer aucune analogie relative aux jeux dont l'inscription fait mention. On peut en voir des dessins faits en grand dans l'ouvrage de M. Stuart.
Le monument de Lvsierate se trouve aujourd'hui engagé dans une mauvaise maison : son intérieur n'offre rien de remarquable ni pour la construction , ni par rapport à la décoration. Il circulaire voûtée.
Contre le rocher de la citadelle d'Athènes est appuyé un monument consacra à la gloire de Tbrasillus. C'est une masse carrée surmontée d'un cout, où l'on voit un reste de statue et des L'entablement , dont le caractère semble : , quoiqu'il n'ait pas toutes les parties qui caractérisent cet ordre, est soutenu par trots pilastres entre lesquels on voit des marbres qui n'entraient pas originairement dans la composition de l'édifice. L'intérieur est une niche creusée dans la roche, et forme le dedans d'une petite église appelée par les Grecs Pana/fia Spiliotissa.
Lu des plus curieux édifices A' Athènes est la Tour des y rnts, qui sorvoit en même temps d'horloge à la ville. Mais sa destination principale étoit de faire connoître le vent qui souflloit. Vitruve parle de ce monument ; il nous apprend que Andronic en avoit été l'architecte. ( Payez Andronic. ) C'est une tour octogone bâtie en marbre. Sur chacune des faces de l'octogone est sculptée la figure du vent opposé , et en face de l'endroit d'où il vient. Au-dessus s'élevoil une pyramide de marbre qui ne subsiste plus : elle étoit couronnée par un triton d'airain qui, de sa main droite étendue, tenoit une verge. La machine étoit ajustée de manière que les vents faisant tourner le
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triton, il se troovoit toujours en face do relui qni soufiloit, et au-dessus de «on image qu'il indiquoit avec la verge. \ itruve nous dit qu'outre les huit vents principaux, on en comptoit encore d'autres. Et , selon la division des Romains, il en place vingt-quutrc dans le tour de l'horizon. Les moderne*, comme on levait, en ont multiplié le nombre jusqu'à t rentoiles édifices dont on vient de donner la description furent érigé» par les Athéniens avant la domination des Romains. Ceux dout on va parler furent construits ou restaurés lorsque Athènes fut soumis à Rome.
Entre ceux-ci, le plus ancien est un portique composé de quatre colonnes doriques qui soutiennent un entablement couronné par nn fronton dont le sommet soutient un piédestal bas , sor la face duquel on lit en caractères grecs : Le peuple à Lucius César, fils i? Auguste César, dieu. C'est à M. Stuart qu'on doit cette inscription, ainsi que les autres qui ont rapport au même édifice. Celle de l'architrave nous apprend que l'édifice dont ce portique faisoit partie avoit été dédié à Miuenre par les bienfaits de César et d'Auguste. (îe |xjrtique est situé dans une rue d' 'Athènes ; et l'on passe' nécessai rement par l'entre— colonne du milieu pour aller d'un bout de la rue à l'autre. M. Stuart prétend que c'est le reste d'un des deux agoras ou marchés d'Athènes. M. Le Roy pense que c'est la façade d'un tem|Je élevé par le» Athéniens en l'honneur de Minerve , d'Auguste et de sa famille , ou bien l'entrée d'un des tribunaux de cette ville , et plus vraisemblablement celle du Prytanéc.
Mais il paroît, d'après les profils de ce portique dorique, que cet édifice étoit inférieur, par le genre de son architecture , à ceux qne les Athéniens avoient élevés auparavant. L'art, parvenu à son plus haut degré de perfection du temps de Périclès, dégénéra sous le règne d'Auguste. Pour être persuadé de ce qu'on avance, il suffit de comparer, dans le second volume des Ruines t/e ta Grèce , les détails de ce |wrtique avec ceux des temples de Minerve et de Thésée. On verra que les colonnes du portique en question sont d'une proportion pins élevife que celles des antres roonumens qu'on vient dé citer. On sera moins étonné de ce changement, si l'on considère que l'ordre dorique a toujours été en s'élevant chez les Grecs et les Romains.
Sur la colline du Musée, on ne trouve plus rien qui ait rapport au poète célèbre qui y faisoit son séjour, et qui lui avoit donné son nom ; mais on y voit encore le monument élevéà un Syrien dont il fait mention. Il se nommnit Caïus Julius Antiochus Philopapus. L'édifice formoit dans son plan une portion de cercle. Il y avoit trois niches à la façade , dont il ne reste que deux. Dans celle «pii occupoit le milieu, on remarque la statue de Philoppus. On lit sur le piédestal de la figure : Philopapiti, fils iTF.piphane de Bcsa. La statue qui est à gauche dans une niche
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I carrée a sur son socle cette inscription : Le ni Antiochus fils a™ Antiochus. Dans le soubassement sont trois bas-reliefs au- dessous des niches : celui du milieu représente un triomphe ; la sculpture en est assez belle. On ne saarnit en dire autant de l'architectu ride ce monument : les pilastres sont ornés d'un renfoncement qui peut faire juger du mauvais goût des profils.
Au bazar d'Athènes on voit des restes d'un édifice immense , sur la dénomination duquel les voyageurs ne sont pas d'accord. On peut, en considérant les ruines de cet édifice , représenté pl. 6 , tome H des Ruines de la Grèce, se former d'un conp-d'œil une idée de ce qu'il étoit autrefois. L'avantnjorps et les colonnes couronnées d'entablemens restaurés qu'on y remarque, semblent indiquer que cette partie n'étoit pas le corps de l'édifice , mais qu'elle appartenoit aux murs qui en formoient l'enceinte. Il est étonnant que Spon s'y soit mépris , qu'il ait regardé cette façade et les côtés qni y répondent comme l'extérieur du corps du temple, et non comme les murs d'une | enceinte. W heler, son compagnon de vovage, a mieux compris la disj>osition de ce monnment. \ oici quelle elle étoit : les trois colonnes cannelées situées à droite de la rue faisoient partie du vestibule du milieu. Celles qu'on voit lisses, couronnées d'entablemens profilés , ornoient les murs qui étoient de chaque côté. L'entablement lisse qu'on découvre à l'extrémité de la ruine couronnoit un mur qui s'avançoit , et à l'extrémité duquel étoit un pilastre. Sa principale utilité paroit être de séparer d'une manière sensible deux espèces de décorations différentes, celle des murs de. l'enceinte, qni étoit fort simple , et celle de la façade de cette même enceinte, qui étoit décorée avec beaucoup de richesse et de magnificence. Cette enceinte, dont une graude partie subsiste encore, a environ l^oo pieds de circuit.
Un monument composé d'un grand arc, et surmonté d'un ordre de pilastres, montre le lieu qui séparoit la ville d'Adrien de celle de Thésée. Les inscriptions qui sont sur les faces du monument le prouvent d'une manière incontestable. Ou lit sur celle qni regarde la citadelle : Cest ici la vdle de Thésée ; et sur l'autre : Cest ici la ville d* Adrien, et non celle de Thésée. On a donné faussement à cette porte le nom d'arc de Thésée.
I>es grandes colonnes corinthiennes qu'on aperçoit an travers de l'arc dont on vient de parler semblent être incontestablement les restes d'un temple élevé par Adrien. M. Le Roy croit que c'étoit le Panthéon, où cet empereur avoit fait graver la liste des temples qu'il avoit construits. AI. Stuart veut v voir les restes du temple de Jupiter Olympien. ÎSous renvoyons le lecteur aux discussions qu'il trouvera sur cet objet , page 21 et suivantes, tome II des Ruines dé la Grèce. Cette ruine présente encore une quinzaine de colonnes d'une très-flrande élévation ; elles ont près de 6 pieds de diamètre et 6o de haut , ans frise
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ni corniche; cllct tout indubitablement le* restrs du naos d'un temple, et ce temple était environne d'une enceinte. M . > emon , dans le voyage qu'il lit il y a plu* d'un siècle , et quand cette enceinte e toit peutêtre plus entière , trouva qu'elle avait i ooo pieds de long et 680 de large , ce qui donne pour son contour plus de cinq stades.
On voit encore quelques restes du Stade à' Athènes dont Pausanias nous a donné une si grande idée; il avoit été bati tout en marbre blanc par Hérodes , un des plus riches citoy ens A' Athènes. On n'y remarque plu aucun gradin ; mais sa forme générale se distingue encore.
A peu de distance du Stade, et au-delà de l'Issus, existe un très-petit temple; il étoit dédié à Diaue Agrotera. Les restes n'en sout pas considérables.
On trouve aurai au pied du mont Anchesme deux colonnes d'ordre ionique , dont l'architecture est médiocre, et dont l'entablement lait lire une inscription qui apprend que Adrien avoit lait construire en ce lieu un aqueduc qui portoit de l'eau à la ville d' Athènes. Ce qu'on trouve de plus beau au sommet de cette montagne , qui domine la citadelle , le Musée et l'Aréopage, c'est la vue de toute la plaine d' Athènes , dont le spectacle enchanteur présente l'aspect du pays le plus riche et le plus pittoresque en uièmc temps. L'oeil découvre jusqu'au golfe d'Engia et les cotes qui le bordent, et se promène ensuite sur
■Tpl^sSSl»! de v'gnês " d^gÏr^etTdli oiiïiiL'rs .
ATLANTES, s. f. pl. On donne ce nom à des ligures ou demi -figures d'hommes sculptées, qui tienneut lieu de colonnes ou de pilastres ypur soutenir un entablement. On les appelle aussi télamones , du grec rtAmm. {fuyez Tllimum-, voyez aussi Pejuiqce et Caryatide.)
ATRE, s. m. Cest le sol et le bas de la cheminée, qui est entre les jambages, le contre-coeur et le foyer, et où l'on fait le feu. L'âtre ne doit point poser sur des poutres ou solives quoique avec recouvrement, suivant l'ordonnance de police du 26 janvier 1672, qui ordonne même la démolition de ceux qui se trouveront construits ainsi , pour être rétablis avec enchevêtrures , barres de trémie et chevilles de fer. Les dimensions d'un être sont de 4 pieds au moins d'ouverture et de 3 de profondeur, depuis le mur jusqu'au chesètre qui porte les solives.
ATRIUM. Ce mot se traduit imparfaitement par relui de vestibule ; l'atrium cher les anciens étoit très-distinct dn vestibulum. Cependant Anlu-Gelle nous apprend que de son temps plusieurs personnes savantes rnnfondoicnt ensemble ces deux mots. CecilinsGallus, qui a écrit De signifia, tioneverborum, enseigne que le vestibulum n'etoit point une partie de U maison , mais seulement une portion de La grande
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porte, où la maison se retiroit en dedans et faisoit un carré vide. Cioéron, dans une lettre a Atticus, semble faire entendre la même chose, lorsqu'il dit qu'en passant par la rue Sacrée, et poursuivi par des assassins, il se réfugia, pour se défendre, dans le vestibulum de Talius. (Secessi in vestibulum Caii Talii Domionis.)
Puisque du temps «TAiilu-Gelle il regnoit déjà une pareille ambiguité entre ces deux mots devenus presque synonymes, il doit être encore plus difficile aujourd'hui d'assigner à l'atrium sa véritable signilication , et d'en déterminer la position et l'usage.
Martial place le colosse de Néron dans V atrium, et Suétoue dans le vestibulum ; d'où il réculte que l'un des deux a employé improprement un de ces deux termes. \ itrnve même se sert quelquefois d'atrium au lieu de caveedium . Virgile par ce vers ,
Apparet damai inlus et atria longa naUscYjnt,
nous donne à entendre qne l'atrium étoit une partie intérieure des édifices ; et il paroit certain que c'étoit un lieu particulier des maisons, des palais et des temples.
D'après la description qu'en donne Vitruve , Vatrium étoit une espèce de portique couvert , composé de deux rangs de colonnes qui formoient deux ailes, c'est-à-dire, trois allées : une large au milieu, et deux étroites aux cotés. Il étoit situé près le cavotdium, qui étoit ce que nous appelons vulgairement la cour, et avant le tablinum ou cabinet.
Il y a, dit cet auteur, trois sortes d'atrium, selon les différentes proportions de leur longueur et de four largeur. La première manière consistoit à diviser sa longueur en cinq parties, et à donner trois à sa largeur. Dans la seconde, la longueur se divisoit en trois, et la largeur en avoit deux. Pour la troisième espèce , ou décrivoit un carré équilatéral dont un côté faisoit la largeur de l'atrium , et l'on prenoit la diagonale de ce carré pour sa longueur. Leur hauteur, à partir du dessous des poutres du plafond, devoit avoir les trois quarts de leur longueur. Quant à la profondeur des plafonds et à la hauteur des caissons, il n'y avoit pas de règles précises.
Les ailes qu'on faisoit à droite et à gauche dévoient avoir la troisième partie de la longueur de I" atrium, s'il étoit de 3o à \.> pieds; mais si la longueur étoit de 4'J » 5o pieds, on la divisoit en trois parties et demie, dont une pour les ailes. S'il arrivoil à la longueur de 5o à 00 pieds, les ailes en .noient la quatrième partie. S'il étoit de 60 à 80 pieds , le tout divisé en quatre parties et demie, les ailes en a voient une. Enfin, si la longueur étoit de 80 à 100 pieds, La cinquième partie étoit justement U largeur des ailes. Les architraves des ailes dévoient avoir en hauteur l'équivalent de leur largeur.
C'étoit dans l'atrium que se pUçoicnt les images des ancêtres , et l'on avoit attention que leurs orne— mens accessoires fussent proportionnés à la largeur
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des aile». Quelquefois Valrium scrvoit de salle à manger, quoiqu'il y eut d'autres lieux destinés pour la table. Cela se prouve par des vers de Y irgile qui , décrivant des atria où l'on faisoit un repas, dit qu'on y vidoit de grandes coupes, et que du plafond doré pendoicnl des lustres :
Crtleras magot* ttituunt et vint coroaant,
Fit itrrpittis lectts vocrmqur pvr «oipl» volvUnt
Atria, dqwmlcnt Ijcbm l*que*ril»tu aareu.
Il résulte de ce qu'on vient de dire que Valrium faisoit une des parties intérieures de la maison , en quoi il différait du veslibulum, et qu'il étoit couvert; ce qui le dislinguoit encore du cavadium ou de Y impluvium.
Quelques temples avoient aussi un atrium : de ce nombre étoient le temple de Vesta et celui de la Liberté. Il est souvent fait mention dans l'histoire de
Y atrium Uberlalis; ce fut là, dit Tite-Live , qu'on déposa en otages des Tarentins. Il proit que c'étoit une cour découverte et demi-circulaire; si l'on en juge par le plan qui nous en est resté daus les marbres du Capitole, où on lit encore ces deux mots, atrium Libertatis .
A en croire les historiens, l'usage et la forme de
Y atrium furent empruntés des Etrusques, et ce nom lui tint de la ville A' Atria on Adria, qui donna son nom a la mer Atriatique ou Adriatique, et où ces soit es de portiques étoient fort usités.
F est us dit : Atrium propriè est genus edificii
du tu m atrium quia id genus edificii primum Atria: in F.truriâ sit instilntum.
Varro de ling. lot., liv. IV : Atrium apellatum ab Atriatjùcis tuscis: iliinc enim exemplum sumptum.
ATTACHE!*! ENS , s. m. pl. Sont les notes des ouvrages de différentes es|)èces que prend l'architecte, inspecteur ou toiseur, peudaut qu'ils sont appareils, et en présence des entrepreneurs, pour y avoir recours lors du règlement des mémoires : par exemple , on prend les attachemens des longueurs et grosseurs des bois d'un plancher, avant qn'ils soient couverts ou plafonés ; on prend aussi par attachement l'état des vieux matériaux, de quelque rspéce qu'ils soient , qn'on donne en compte aux entrepreneurs. Ces attachemens doivent être faits doubles, pour éviter les fraudes; l'un reste entre les mains de l'architecte , et l'autre cutre les mains de l'entrepreneur.
ATTACHER , v. a. Joindre une chose à une autre avec un lien ou quelque ferrure.
ATTESTE, (V. Pierre et Table d'Attente.)
ATTICURCE, adj. m. Ce mot signifie ouvrage athénien. On s'en sert pour désigner une certaine espèce de colonnes carrées, (forez Attiqi;e.) On l'applique aussi à une sorte de base et à une forme de porte.
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Pour faire la base atticurge, dit Vitruve , il faut la diviser ainsi : on prendra la troisième partie du diamètre de la colonne, qui sera pour le haut de la base, le rote demeurant pour la plinthe. Ce haut de la base sera divisé en quatre, dont la partie sujiérieure sera pour le tore supérieur; les trois qui restent seront divisées en deux : la moitié inférieure sera pour le tore d'eu-bas; l'autre pour la scotie , y comprenant les deux petits carrés.
La hase atticurge qui est ici décrite est celle dont on se sert quand on en met à l'ordre dorique.
La porte atticurge est , selon Vitruve , celle dont le seuil est plus long que le liuteau , et dont les piédroits ne sont pas parallèles. La porte du temple de Vesta ou de la Sibylle, à Tivoli près de Rome, est construite de cette manière.
ATTIQLE, s. m. Petit ordre d'architecture dont on se sert ordinairement pour couronner un grand ordre. On l'emploie à la décoration des étages peu élevés qui terminent la partie supérieure d'une façade. Cet étage s'appelle attique, parce que sa proportion imite celle des bâti mens pratiqués à Athènes, qui étoient tenus d'une hauteur médiocre et sur lesquels il ne paroissoit point de toit.
Le mot attique s'emploie donc en deux sens : ou par rapport à l'ordre , ou par rapport à l'étage auquel on peut adapter cet ordre.
L'ordre attique, si l'on en croit Pline , aurait fait un ordre a part , différent des autres, et ses colonnes étoient carrées. Après avoir parlé des autres ordres connus, il dit : Prtttcr fias sunt qua vocantur utile & columnet quaternis angulis pari laterum intervalle Y itruve semble insinuer la même chose à l'endroit où il établit les mesures de la porte atticurge ; mais il en parle si obscurément et si succinctement, qu'on ne saurait d'après cela en deviner ni l'ordonnance ni les ornemens.
Nous ne trouvons dans les restes de l'antiquité aucun exemple de ces culonnes carrées, si l'on en excepte cependant celles qui sont au Muséum de l'Iorence, et dont les quatre faces sont couvertes de trophées. Mais elles paraissent avoir servi a la décoration plutôt qu'à la construction; et l'on ne sauroil en tirer aucune autorité pour l'ordre en question.
Nous ne voyons chei les Anciens l'ordre attique employé qu'en pilastres. H se trouve aussi appliqué aux massifs qui servent de couronnement aux arcs de triomphe. Leurs chapiteaux ne consistent que dans les moulures de la corniche , qui |>rofîlent sur eux eu saillie. D'où il résulterait que cette espèce d'ordre n'aurait eu dans l'antique aucun caractère à lui propre et spécial, et qu'il aurait emprunté toujours relui des ordres avec lesquels il se serait trouvé placé. Par la manière dont il se trouve employé, il paroitrait n'avoir été regardé que comme un accessoire assez indifférent , et qui ne devoit jamais se concilier une attention particulière.
Les moderne» ont cherché à fixer le genre et le* proportions de cet ordre ; niais de tous Leurs efforts . cet égard il n'est résulté qu'une plus grande incertitude sur sa 11a Une, son emploi et son caractère. On u'a pu s'accorder mènic a déterminer sa proportion, relativement à l'ordre sur lequel il se trouve placé. Les uns lui donnent les deux tiers de l'ordre qui le soutient , les autres ne lui en donnent que la moitié. Pour sou chapiteau, il semble qu'on soit d'accord d'une espèce de mélange d'ionique et de corinthien. L'on est aussi convenu qu'd doit avoir un ■apport avec le genre d'archi lecture qui le reçoit. Chacun des ordres ajant sa proportiou particulière , l'attique doit emprunter de chacun d'eux le caractère qui lui convient , sans avoir pour cela moins de cinq diamètres, ou six au plus. Il faut aussi qu'il se distingue par la richesse ou la simplicité, selon que l'exige la convenance du bâtiment.
On enfonce quelquefois le pilastre d'une espèce de panneau formé par un cadre tout uni. D'autres fois ce cadre reçoit des ornemens; enfin il n'y a sur cet ordre aucune règle fixée, même par l'usage. On doit dire qu'il n'est autre chose qu'un assemblage arbitraire desdifférens ornemens de l'architecture , où les principes des ordres ne sont point employés, et dont l'ordonnance ne peut être réglée que par le goût de l'architecte.
L'attique, considéré comme étage, s'emploie souvent sans aucune décoration, ainsi qu'on le voit à un grand nombre de palais en Italie. Lorsque cet étage reçoit l'ordre dont on a |»rlé , comme au Louvre , ce qui dépend de la décoration générale de l'édifice, on observe, quand il se trouve des colonnes dans l'ordonnance du Intiment, de reculer l'ordre de V atlique à-plomb des pilastres du dessous
L'étage attique ne fait en général aucun bon effet dans les édifice*. Traité en grand , il le dispute aux autres étages. Réduit a de moindres proportions, il ne présente qu'un hors-d'œuvre , sans accord avec la masse générale. Comme, par sa nature, il doit le céder aux étages inférieurs, il en résulte que son entablement doit également, par proportion, avoir moins de saillie que ceux des ordres qu'il surmonte. Cela n-pugne donc à la convenaucc des choses et à la destination des cnlablemens, qui ne sont faits que pour rejeter les eaux de la pluie au pins loin qu'il est possible des murs de l'édifice. L'oeil souffre de ce manque de proportion ; on n'aime point à voir un couronnement qui ne couronne point l'édifice, ou qui le couronne mal, par le rétrécissement de l'entablement.
On pour mit dire que la meilleure manière d'employer ['atlique comme étage, serait celle qu'on pratique en Italie. On l'y met toujours en retraite du l^rand entablement qui termine l'édifice. Par sa petitesse et le peu d'ornemens qu'on lui donne, il ne res~ ienible qu'à un étage de nécessité, mis après coup, et qui ne fait point corps avec la masse générale du bâtiment. La saillie même de l'entablement en cache
une partie. Enfin, c'est un aceewoire que l'œil peut aisément séparer de l'ensemble. Mais lorsqu'il entre dans la décoration du monument et qu'il en partage l'aspect, comme à l'église de Saint -Pierre et au | Louvre , il n'est pas aisé de lui assigner de formes déterminées. Tous les exemples que nous en avons jusqu'à présent n'ont point encore suffi pour en fixer les proportions.
l<es croisées qu'on ménage dans V atlique doivent être carrées, ou avoir tout au plus de différence en largeur et en hauteur celle de 4 à 5.
De même qu'on fait des altiques sans ordre, on en pratique aussi sans croisées : tels sont ceux des arcs de triomphe. Ils sont alors destinés à recevoir des inscriptions , comme on en voit à ceux des portes baint— Denis, i>ainl-Martin , et à plusieurs fontaines publiques. Alors ces altiques prennent le nom de l'architecture qui les reçoit et de la diversité des formes qui le* composent. Ainsi on dit :
Attiqce Liut.LL.Mni-. celui qui sert d'exhaussement à un dôme , à une coupole, à une lanterne. On le fait en forme de piédestal circulaire , souvent percé de petites croisées , comme au dôme de l'église du .1 1 mis à Home, et de Saint-Louis des Invalides à Paris.
Attique continu , celui qui environne sans interruption toutes les faces d'un bâtiment, qui en suit les corps et tous les détours.
Attiqi.e de cheminée, est le revèlissement de marbre ou de menuiserie, depuis le dessus de la tablette jusqu'à environ la moitié de la hauteur du mautcau. Ces attiques étoient fort usités dans le dernier siècle, avant l'usage de* glaces. Versailles , Trianon, nous en fournissent des exemples qu'on imite encore aujourd'hui dans les grandes pièces, où la dépense et la décoration des glaces «croient superflues.
Attioi:e de comble, est celui qui est construit en maçonnerie ou charpente revêtue de plomb, pour servir de garde-fou ou pour dérober à la vue une partie de la liauteur d'un comble, comme au pavillon du milieu du Louvre on des Tuileries. Ces tiques 1 sont quelquefois percés de croisées et couronnés de | balustrades ; quelquefois ils sont décorés de croisées I feintes, correspondantes à celles de l'étage inférieur ; quelquefois ils ne sont décorés que de tables saillantes ou renfoncées, pour recevoir des inscriptions ou des ]>as-rebcfs : alors ils ne sont point couronnés de balustrades.
Attiqiif. de placard. C'est la gorge, le panneau et la corniche qui composent le dessus d'un placard.
Attiqce interposé. Nom d'un atlique qui est situé entre deux grands étages , quelquefois décorés de colonnes ou de pilastres , comme à la grande galerie du Louxtc.
ATTIQL E , signifie proprement ce qui appartient à Athènes. On a donné ce nom, comme on l'a vu, à
plusieurs parlât de l'architecture . pour avoir été inventées ou usitées dans cette ville. On le donne encore au goût et au stvle qui caractérisent celui qui régna chez les Grecs , et dont les plus beaux modèles se trouvoient à Athènes. Sous cette acception on dit goût ou style attiqut , et cela est synonyme de style grec.
ATTRIBUTS, s. m. pl. Ce sont les symboles consacrés qui caractérisent les divinités , les vertus , les arts , etc.
Ainsi l'aide et la foudre sont les attributs de Jupiter; le trident est celui de Neptune; le caducée, de iMercure; l'arc, le carquois, caractérisent l'Amour; une balance et une épée désignent la justice ; l'olivier marque la paix ; la palme ou le laurier sont les attributs de la victoire, etc.
Il est une inlinité d'autres attributs que l'architecture peut employer dans les frises et dans les partie* d'ornement , et qui servent à caractériser heureusement les édifices , sans le secours de froides inscriptions. Les anciens en usoient ainsi : un aigle placé sur le sommet du temple de Jupiter désignoit chez les Grecs la demeure du souverain des dieux, (fo/e* Aigle. ) La foudre y devenoit encore un ornement des plus caractéristiques. La lyre, dans les métopes du temple de Délos, appreuoit que c'étoit le séjour du dieu de la musique. Androuic plaça les figures des Vents et leurs divers attributs dans le couronnement de la tour des Vents qu'on admire encore a Athènes. (Poym Athènes.) Les Victoires, les palmes, les couronnes, se voient sur les arcs de triomphe. Les durs biges ou quadriges surmontoient le comble des cirques ou lieux d'exercices. Les Muses et leurs attributs, les masques comiques ou tragiques, ornoient les théâtres.
Par quelle raison néglige-t-on aujourd'hui cette charmante manière d'écrire la destination des monumens , et d'en apprendre aux sjiectateurs l'usage et l'emploi? Elle suppléeroit , au moins en quelque chose, au manque de caractère propre, et à celui qui devroit résulter de la forme essentielle. Pourquoi tous nos édifices modernes n'offrent-ils qu'une froide monotonie dan» leur décoration , toujours insignifiante et banale? Pourquoi, sans l'inscription qui l'avertit, le spectateur ignore-t-il s'il entre dans un temple ou dans un théâtre ? C'est que indépendamment du vice de la forme, qui n'est point appropriée au monument, celui-ci n'offre aucun ornement indicatif de son caractère. C'est qu'où néglige d'y sculpter des attributs. Et quelle occasion plus heureuse pour un génie qui connoitroit les ressources de son ait , que cella d'un théâtre, même accommodé à nos usages? Cependant quelle triste stérilité dans la décoration de ceux que nous avons vu élever de nos jours? Pas un seul (il tribut des Muses auxquelles l'édifice est consacré ; |x>s un seul ornement allégorique pour le arts qu'on y admire; pas un symbole qui nous en indique U destination.