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AVANT-SCENE, s f C'est la partie tlu théâtre sur laquelle s'avancent les principaux acteurs.
w avant-scène des théâtres modernes n'a de commun avec le proscenium des anciens que le nom et l'usage.
La scène de* anciens étoit la décoration permanente, ornée de toute la richesse de l'architecture, qui faisoit face au théâtre ou visorinm. Dès-lors le
que nous appelons aujourd'hui la scène. Il avoit la forme d'un carré long, et représentait ordinairement un lieu découvert. Ses cotés, ou <us flancs, étoient cachés par les prisme* versatiles , sur lesquels étaient peinte* les décorations qui en mettaient les coté* en rapport avec la décoration du fond, et faiaoient l'effet de no* coulisse*, [t 'oyez Proscenium.) Ainsi, < on le voit, l'avant-scène des uni
Dans nos usages, nous entendons par scène ou par théâtre (car nous avons confondu tous ces mots) le heu où se passe l'action , l'espace compris entre la dernière ferme ou coulisse du côté de l'orchestre, et la toile du fond. C'est là que , pour la plus grande ressemblance, l'acteur devrait se tenir pour ne pas sortir du tableau dont il fait partie. Mais la profondeur de nos théâtres, les dispositions de nos salles, mille autres raisons, cl surtout le besoin d'entendre, ont nécessité l'avauce qu'on appelle avant-scène , et oui n'est qu'une prolongation licencieuse de la scène. Ainsi avant-scène n'est, dans nos théâtres, ni le lieu de la scène, ni le tableau lui-même, comme chez le* anciens, mais seulement un grand cadre propre à recevoir alternativement les tableaux variés que la scène peut offrir.
Il faut, selon Noverre, que ce cadre soit noble dans sa forme et simple dans ses ornemens ; car, s'il est chargé d'or et de marbres de toutes couleurs, les décorations qui forment le fond du leurs qui en composeut les personna ses par ces ornemens et détruits par leur ricin
Cependant il est peu de parties dans nos théâtre* modernes qui présentent plus de défauts, de ridicules et de contradictions que celle de l'avant-scène.
Défauts de forme. Ils sont sans nombre. Comme cette partie ne se trouve motivée par aucun besoin essentiel de construction et n'appartient ni au théâtre ni à h salle, elle devient presque toujours un liorsd'onivre dont l'ajustement n'a de rapport ni avec l'un ni avec l'autre. Cliaque théâtre offre, en ce genre, les discordances et les disparate* les plus révoltantes. Ici , c'est un grand ceintre qui ne s'accorde avec aucune des parties de l'ordonnance de la salle ■ et dont il faut fermer par des draperies la partie supérieure, de peur que son trop grand exhaussement ne découvre le jeu de* machines et les ressort* du plancher de la «cène. Là, c'est une grande platebande dont on cherche à rompre U longueur par le*
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en Italie. Ailleurs, on voit le plafond de Yuvant-scène s'unir de la façon la plus biiarre à l'entablement circulaire de la salle, et ne présenter l'un et l'autre qu'un vide effrayant et des port-à-faux les plus vicieux. Tantôt la largeur de Yavant-scène se trouve rétrécie de manière que le théâtre n'en est séparé que par un simple mur, comme a ceux de Parme et de Manheim ; de sorte que l'acteur se trouvant vis-àvis les premières coulisses , sa voix se perd en partie dans les premiers châssis des décoratious. Tantôt on en avance les tords jusque dans la salle , comme à \aplcs, a Milan, a Rome, ce qui paroit trop isoler l'acteur, et nuit à l'illusion.
Ridicules de décoration . On s'est permis , dans la décoration des avant-scène s, des birarreries de toute espèce et les absurdités les plus choquantes; consoles et enroulemeus, termes, gaines, caryatides, ordres sans proportion, monstres de tous genres qui semblent supporter l'entablement , et ne sont eux-mêmes supportés par rien. Quels contre-sens enfin , dignes des Alahaudins, un nouveau Lici ni us ne trouveroit-il pas dans tous ces frontispices ridicules qui dégradent l'entrée de la scène?
Contradictions dans les usages de V avant-scène. On en observe deux principales : l'une a rapport à la vue, l'autre à l'oreille.
Dès que l'on considère Y avant-scène comme une espèce de bordure qui enferme le tableau que l'ac— : tcur met en mouvement , on jieut donner sans doute à ce cadre une certaine profondeur, dans laquelle se présenteront les principaux personnages, sans avoir l'air cependant de les mettre hors du lieu de la scène. Mais alors n'est-il pas contradictoire à l'effet même que doit produire ce cadre, d'y admettre aux deux côtés des loges dans toute la hauteur, de manière que l'acteur se trouve comme introduit dan* la salle , et que l'illusion même de cet encadrement disparoisse |>our le spectateur?
L'oreille ne peut qu'y perdre aussi. Ceux qui ont recherché 1rs effets de l'acoustique dans tous les détails de nos salles de spectacles, ont cru que Yavantscène devoit être construite eu bois, et revêtue de matières sonores propres à la réflexion du son vers le fond de la salle. Est-ce donc remplir ce but que d'y pratiquer, du haut en bas, des villes qui absorbeiit la voix? Dès son débouchement , dit M. Patte, ne se trouvc-t-elle pas évidemment engloutie dans ces es- j pèces de gouffres auxquels on affecte même de ne i donner aucune communication avec la salle, en les I fermant exactement par les côtés ?
A considérer d'ailleurs la position de ces loge, par j rapport au spectacle, il est constant que ceux qui les occupent sont mal placés à tous égards. Ils voient les j murs du fond des coulisses; ils sont trop près pour ! jn;;er du jeu de l'acteur; ils jouissent encore bien ' moins du drain des ballets; et l'illusion des décorations est entièrement perdue pour eux.