‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 114 sur 622 · CAS — 86 — CAS · texte numérisé non relu

CAS — 86 — CAS

tu es belle! splendide! à tout casser. » (E. ViLars.)

CASSER DU BEC :Sentirmauvais. — Casser a ici le sens de couper , ce qui donne, mot à mot:

couper de son bec... celui des autres. V. Couper la Gueule.

CASSER DU GRAIN : Ne pas faire ce qui est commandé. (Delvau.)

CASSER DU SUCRE : Dénoncer. (Rabasse), — médire (Delvau.) — « IJ en est qui, pour amoindrir leurs peines, cassent du sucre sur leurs camarades. »

(Stamir, 67.)

CASSER LA GUEULE : Frapper au visage.

CASSER LA HANE : Couper la bourse. (Halbert.) — Vieux mot.

CASSER LE COU : Manger.

— « Chère belle, ne viendrezvous pas casser le cou à un fricandeau ce soir?» (Lespès, 1866.)

— « Viens-tu casser le cou à une gibelotte? » (Nadar.)

CASSER LE NEZ (se). — Trouver porte close. Mot à mot : se casser le nez contre une porte qu'on croyait ouverte.

CASSER SA CANNE, CASSER SON PIF : Dormir. — Allusion à la position d’un dormeur dont la tête perd son point d’appui et s’incline brusquement en avant.

— Ils cassent leur canne... ils cassent leur pif. » (Villars.) V. Orgue (jouer de 1’.)

CASSER SA CANNE : Être bien malade. (Rabasse.)

CASSER SA CANNE : Rompre son ban, quand on est sous la

surveillance de la justice. Voir Canne.

CASSER SA PIPE : Mourir.

(Rabasse.)

CASSER SON ŒUF : Faire une fausse couche.

CASSER SON PIF : Dormir. V. Casser sa canne.

CASSER SON SABOT, SA CRUCHE : Perdre sa virginité.

— Souvenir des chansons d’autrefois où ces à-peu-près galants dominaient.

CASSER UNE PORTE : Voler avec effraction.

CASSEROLE (passer par la) :

Être en traitement pour la syphilis. On disait autrefois passer sur les réchauds de saint Corne.

Comme le vieux jeu de mots aller en Suède , l’une et l’autre expression font allusion à la chaleur requise par les sudorifiques qui jouent un grand rôle dans la cure.

CASSEROLE : Dénonciateur, femme dénonçant à la police. (Halbert.) — Vient de casser. V. ce mot. Il est à noter que le dénonciateur s’appelle aussi cuisinier , que dénoncer c’est manger le morceau ou se mettre à table. — « Tout le monde a peur des coqueuses qu'on appelle encore des casseroles ou des moutons. » (P. de Grandpré.)

CASSEUR : Tapageur, prêt à tout casser. ( Dhautel, 08 .) — « La manière oblique dont ils se coiffent leur donne un air casseur. »

(De La Barre.)

CASSEUR : Dénonciateur.

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