‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 156 sur 622 · CRO · texte numérisé non relu

CRO

CRISTI : Juron. — Abréviation de sacristi. V. ce mot. — « Cristi ! que mon panaris m’élance. » (Marquet.)

CROC : Escroc. — Abréviation.

CROCHER : Sonner. (Halbert.) — Pour crosser. V. ce mot.

CROCHER (se) : Se battre. — Abréviation de s’accrocher. — « Je grille de vous voir crocher avec le Maître-d’École, lui qui m’a toujours rincé.» (E. Sue.)

CROCS : Dents. (Grandval.)

CROIRE QUE C’EST AR¬ RIVÉ : Se prendre trop au sérieux. « Elle se disait regardant les vagues en courroux : Ce bon Neptune, il croit que c’est arrivé. » (Aubryet, 1870.) — « Au premier rang sont les gens qui croient que c’est arrivé. » (P. Mahalin, 1867.)

CROISANT, CROISSANT. — Gilet. (Vidocq.) — Il croise sur la poitrine.

CROIX : Six francs. — Vieux mot qui faisait allusion à la croix empreinte sur certaines monnaies d’argent. — « Le carreau du Temple avait son argot ; il parlait par pistoles, croix, point, demi-point et rond. La pistole valait dix francs; la croix, six francs; la demi-croix, trois francs; le point, un franc; le demi-point, cinquante centimes, et le rond, un sou.» (E. Sue.)

CROLLE : Écuelle. (Fr. Michel.)

CROME : Crédit. (Halbert.)

CROMPER : Sauver. (Idem.) Pour cramper.

CROMPIR : Pomme de terre.

(Fr. Michel.) — Germanisme. De Grundbirne : poire de terre.

CROMPER SA TANTE : Sauver un prisonnier. (Rabasse.)

CRONÉE : Écuelle. (Idem.)

CROQUE-MORT : Porteur employé par les pompes funèbres. — « Le croque-mort est d’un naturel grivois; il aime le vin, le jeu, les belles. » (Privât d’Anglemont.)

CROQUER : Esquisser, dessiner. — « C’est un charbonnier de la grève que ce peintre a voulu croquer. » ( Santoliana , 1764.) — « Si je croquais ce chêne avant de déjeuner I » (Marcellin )

CROSSE, CROSSEUR : Recéleur, ministère public. (Vidocq.) — Son réquisitoire frappe ou crosse les accusés. — On sait que crosser est pris ordinairement dahs ce sens.

CROSSER : Recéler.

CROSSER : Sonner. Mot à mot : frapper, crosser l’airain. — « Quand douze plombes crûssent, les pègres s’en retournent au tapis de Montron. » (Vidocq.)

CROSSIN, CROSSE : Receleur. (Fr. Michel.)

CROTTE D’ERMITE : Poire cuite. (Grandval.) Allusion de forme et de couleur.

CROUPIONNER : Remuer du croupion , faire bouffer la jupe.

CROUTE : Homme arriéré.

CROUTE DE PAIN DER¬ RIÈRE UNE MALLE (s’embêter comme une) : Mot à mot ; desséche*' d’ennui.

cm

cm - 129 -

CROUTÉUM : Collection de croûtes ou de mauvais tableaux <( Bientôt la boutique, un moment changée en croutéum, passe au muséum. » (Balzac.)

CROUTON : Mauvais peintre.

Mot à mot : faiseur de croûtes.

CROUTON : Vieil encroûté.

— « Vous m’appelez vieux croûton, quand je vous nomme ma mie. » (Cabassol.) — « Les maîtres d’armes de régiments étaient, en ces temps reculés, de vieux croûtons. » (Villemessant.)

CROUTONNER : Peindre des croûtes.

CROYEZ ÇA ET BUVEZ DE L’EAU : Terme en usage pour se moquer des gens crédules. — Par allusion aux malades qui cherchent aux eaux la santé, et aux éloges exagérés de la vertu de chaque eau minérale. — «Croyez ça, puis buvez de l’eau.» (Rienqi, 26.)

CRUCIFIER : Décorer de la Légion d’honneur. Jeu de mots.

Crucifier c’est mettre l’homme à la croix. — « On t’a crucifié! Et qu’as-tu donc fait pour cela. — Mais, mon bon, j’ai fait... les démarches nécessaires, répond le nouveau chevalier. » (Gaqette anecdotique.)

CRUCIFIX A RESSORT, CRU¬ CIFIX : Pistolet. — Comme le crucifix, il se montre à l’heure suprême. — « Godet, le limonadier, a abandonné ses bavaroises pour jouer du crucifix à ressorts dans le bois de Vincennes. » (Calendrier du père Duchêne , 1791.)

CUIR : Peau. — « C’était aux nègres qu’il en voulait, à cause

du coloris de leur cuir. » (L. Desnoyers.) V. Cuirasser.

CUIR (tanner le) : Battre.

CUIR DE BROUETTE : Bois.

— Ironie. — Des sabots sont des escarpins en cuir de brouette.

CUIRASSER : Parler en faisant des fautes de liaisons appelées cuirs. V. Velours. — « Frater au régiment, il en a conservé l’habitude du discours et cuirasse proprement. » (Bataille, 43.)

CUIRASSIER : Homme fréquemment coupable des fautes de liaison appelées cuirs.

CUISINE (la) : La préfecture de police. — C’est le rendez-vous des cuisiniers.

CUISINE DE JOURNAL: Tout ce qui regarde les petits détails et l’ordonnance matérielle d’un journal. — « C’est lui qui fait la cuisine du journal. » (L. de Neuville.)

CUISINER : Travailler d’une façon quelconque, au figuré. — « C’est ainsi que M. Jules Breton s’est ingénié à cuisiner le genre rustique, sans rusticité. » (Th.

Silvestre)

CUISINIER : Espion, agent de police secrète. (Vidocq.) — « Lui qui avait servi plusieurs fois de cuisinier à la police. » (Canler.)

— « Mauvais signe ! un sanglier!

comment s’en trouve-t-il un ici t

— C’est un de leurs trucs, un cuisinier d’un nouveau genre. »

(Balzac.) V. Coqueur.

CUISINIER : Avocat. (Halbert.)

CUISINIER : Secrétaire de ré-

Page 1