‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 196 sur 622 · ES · texte numérisé non relu

ES

RE : Jeter le produit du vol de peur d’être arrêté. (Grandval.)

ÉPOUX, ÉPOUSE : Amant, maîtresse. — « Vous pouvez amener vos épouses, il y aura noces et festins; nous avons Adèle Dupuis, mademoiselle Millot, ma maîtresse. » (Balzac.) V.

Monsieur.

ÉQUERRE (fendre son) : Fuir.

Les jambes ouvertes figurent une équerre.

ÉQUIANGLE, ÉQUILATɬ RAL, ÉQUIPOLLENT : Indifférent, égal. — Ce synonyme géométrique n’est usité que dans les écoles spéciales.

ÉRAILLER : Tuer. (Grandval.) — Acception ironique du mot qui se dit d’ordinaire pour écorcher légèrement.

ÉRAILLER : Prendre. V. Engrailler.

ÉREINTEMENT : Critique excessive. — « Monsieur Wolff, s’écria-t-il, il faudra écrire un éreintement sur le maudit croupier. » (A. Wolff, 75.)

ÉREINTER : Maltraiter. — « Tu pourras parler des actrices... tu éreinteras la petite Noémie. » (E. Augier.) — « Donc le livre de Charles fut éreinté à peu près sur toute la ligne. » (De Concourt.)

ÉREINTEUR : Critique violent. — « Je me l’étais figuré, d'après sa politique violente, comme un robuste éreinteur. »

(. Evénement , mars, 66.)

ES : Escroc. (Halbert.) — Abréviation. V. Croc .

ESC

ESBASIR : Tuer. (F. Michel.)

ESBIGNER (s’) : S’enfuir. V.

Casser.

ESBLINDER : Stupéfier,

anéantir. — « Ca m’étonne un >

peu, mais ce qui m’esblinde, comme disent les cocottes de la haute, c’est que M. Castellano ait reçu le drame. » (Le Tam-Tam ,

ESBROUFFE : Fanfaronnades, étalage de grands airs. — « Pas d’esbrouffe ou je repasse du tabac. » (P. Borel, 33.) — « Faut pas faire ton esbrouffe, vois-tu! ça ne prendrait pas. »

(Cogniard, 3i.)

ESBROUFFER : Intimider, en imposer. — Du vieux mot esbouffer : éclabousser. Le Glossaire de Ducange cite un exemple de cette acception à la date de 1 383 . — «Allons, mouche-lui le quinquet, ça l’esbrouffera. »

(Th. Gautier.)

ESCANER : Oter. (Halbert.)

ESCAPER, ESCAPOUCHER :

Assassiner. Abréviation d ’escarper.

ESCARCHER : Regarder. — Pour escracher.

ESCARGOT : Vagabond. (Rabasse.) — Il porte, comme l’escargot, sa maison sur le dos, puisqu’il n’a pas d’asile.

ESCARPE, ESCAPOUCHON:

« Voleur détournant après minuit sur la voie publique, par violence et quelquefois par assassinat. » (Canler.) — Mot à mot homme qui escarpe.

ESCARPER : Assassiner. —

ESC

Du vieux mot escharper : tailler en pièces. Le mot entailler offre la même image. — « Mais tu veux donc que je t’escarpe. » (E.

Sue.) V. Criblage.

ESCAVER : Empêcher. (Halbert.)

ESCLAVE : Domestique, garçon de restaurant. — Ironie venue *

avec Rachel et la renaissance de la tragédie. — « Faut-il annoncer mademoiselle Turlurette?

— Pas de bêtises, esclave ! annonce mademoiselle de Plumevert. » (C. Gripp.)

ESCLOT : Sabot. (Halbert.) Vieux mot.

ESCLOTIER : Sabotier.

ESCOBAR : Homme qui escobarde. — Allusion à la subtilité dont le P. Escobar a fait preuve dans ses livres de casuistique religieuse.

ESCOBARDER : Équivoquer sur les mots, agir cauteleusement. — « J’en donne sept francs dix centimes. — Mais j’ai dit avant vous sept francs deux sous.

C’est la même chose... Vous voulez escobarder. » (M. Alhoy.)

ESCOFIER : Tuer. — Usité dès 1808. Escofion voulait dire autrefois mauvais coup. — « Trois sentinelles ont déjà été escofiées. » (Cogniard, 3 1 .)

ESCOUTES : Oreilles. (Grandval.) — Effet pris pour la cause.

ESCRACHE : Passe-port, papiers. — C’est le vieux mot escrit avec changement de finale. — « Le curieux a servi ma bille, mais j’ai balancé mes escraches.»

(Vidocq.)

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