‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 208 sur 622 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

les cercles. » ( Événement , mars

FÉTU : La barre de fer dont le bourreau se servait pour rouer.

(Grandval.) — Le mot n’est plus usité, mais il fera comprendre l’ironie de barre (aiguille.) — Si l’aiguille devient une barre, la barre doit être un fétu.

FEU (n’y voir que du) : Etre ébloui, aveuglé. — « Et tu n’y verras que du feu. » (Cogniard, 33.)

FEUILLE A L’ENVERS (voir la) : S’étendre sous un arbre, dans un bois. Se dit avec un sousentendu plus ou moins galant.

Il la jeta sur le gazon.

Ne fais pas, dit-il, la sauvage;

Jouis de la belle saison.

Ne faut-il pas dans le bel âge Voir un peu la feuille à l’envers?

Cet exemple est pris dans la 177e Contemporaine de Rétif (édit. 1783); mais la chanson est plus ancienne, car ses auditeurs ajoutent dans le texte : Charmante quoique vieille. — « Dis donc, mam’selle au ruban vert, e6t~ce que t’as vu la feuille à l’envers : l’derrière de ta jupe est encore tout vert.» Catéchisme poissard, 1844.)

FEUILLE DE CHOU : Guêtre militaire, journal sans valeur, titre non valable. — « Dans une de ces feuilles de chou qui encombrent les cafés, nous lisons.»

(J. Lovy.)

FEUILLETÉE (semelle) : Semelle usée, dont les feuilles disjointes aspirent l’eau ou la poussière. On l’appelle aussi pompe

aspirante. — « Parfois aussi elle n’a que des bottines suspectes, à semelles feuilletées qui sourient à l’asphalte avec une gaieté intempestive.» (Th. Gautier, 43.)

FEUX DE FILE (ne pas s’embêter dans les) : Etre indépendant. Mot à mot : faire feu à volonté. — « Pour lors, not’ coronel, qui ne s’embête pas dans les feux de file. » ( Ancien Figaro , 27.)

FIASCO : Chute. — Italianisme.

FICELER : Soigner sa tenue.

Mot à mot : faire fine taille, la ficeler. — « Voilà maman Vauquer belle comme un astre, ficelée comme une carotte. » (Balzac.) V. Trente et un, Chic.

FICELLE : Procédé banal, acte de charlatanisme. Se dit à propos de tout. — « M... pour animer la statuaire, emprunte à la peinture quelques procédés; je n’oserais l’en blâmer, si l’austérité de ce grand art ne repoussait les ficelles. » (Ch. Blanc.) — « Il n’est pas outillé pour le théâtre ; il ne connaît pas les ficelles de la scène. » (P. d’Anglemont.)

FICELLES : « Ce sont ces moyens vulgaires rebattus dont on se sert pour faire une pièce ou une scène, ces moyens qu’on devine. » (Duflot) « Le culte des procédés épuisés et des conventions classiques qu’on a appelées des ficelles.»(Villemot.) — « Ferdinand lui indiqua plusieurs recettes et ficelles pour différents styles, tanten prose qu’en vers.»

(Th. Gautier, 33.)

FICELLE : « Employé n’avan-

FIC

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çant qu’à l’aide de la flatterie, de la délation, de la bassesse. » (Naviaux, 61.)

FICELLE : Chevalier d’industrie.

Cadet Roussel a trois garçons :

L’un est voleur, l’autre est fripon;

Le troisième est un peu ficelle.

{Cadet Roussel , chanson, 1793.

Paris, impr. Daniel.)

FICELLE (cheval) : Cheval de course léger et décousu.

FICELLE : Espèce de menotte.

— « On appelle ainsi un fil de laiton qui prend la main droite du détenu et dont l’agent tient un bout. » (Ponson du Terrail.)

FICHAISE : Niaiserie, chose dont on peut se ficher.

Le passé n’est qu’un songe.

Une Jichaise) un rien.

(Vadé, 1756.)

FICHANT : Navrant. — «N’estce pas, mon vieux, c’est tout de même fichant de se dire!... »

(E. Sue.)

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