FID
y que ça soit chiche de ne pas se fiche en sauvage. » (Gavarni.)
Se ficher : Se poster. — Le Livre du mareschal de Boucicaut (édit. Michaud), cité plus haut, dit qu’à une déroute de Sarrasins, « les jardins favorisèrent beaucoup leur retraite, car s’y fichèrent ceulx qui esehapper peurent. » (P. 276.) La même année (i3)9), on nous représente les Vénitiens après un combat maritime s’en allant ficher en leur ville de Modon. (P. 283.)
Se ficher : Se moquer. — « Quand j’ai mangé la soupe et le bœuf, je me fiche du reste. »
(La Bédollière.) — « Tu saboulis ce grand drille, qui se fichait de moi. » (Rétif, 177° Contemporaine, 1783.)
J ’ t'en fiche, t’en ficherai :
Formule ironiquement négative, équivalant à : je t’en moque. — « Ah bah! j’ t’en fiche! il m’embrasserait toujours. » (L. Beauvallet.)
Se ficher dans la cervelle, — dans le toupet : S’imaginer. — « Ne va pas te ficher cela dans la cervelle. » ( Le Rapatriage, parade du xvme siècle.)
Se ficher du monde , du peuple, du public : Se moquer des hommes et de l’opinion. — « Vous vous fichez du monde. » (Vadé, 1755.)
S’en ficher comme de colintampon : Ne faire aucun cas (Dhautel, 08.) Jadis, on appelait colins-tampons les Suisses en garnison à Paris. Les mazarinades en donnent plus d’un exemple de 1648 à i652.
Ficher dedans : Tromper. V.
Dedans.
Ficher la misère petr quartiers :
Mener une vie misérable.
Ficher la paix : Laisser tranquille. — « Fiche-moi la paix. »
(Jaime fils.)
Ficher le camp : Décamper. — «Mon enfant, fiche-moi le camp.»
(Rétif, 1 77* Contemporaine, 1 783.)
Ficher les pattes : Venir. Mot à mot : mettre les pieds. — « Si vous vous permettez de fich’ les pattes ici quand j’y serai. » (Gavarni.)
FICHTRE : Juron. Forme de f...tre, comme fouchtra. — «Six heures ! fichtre, il me semble que nous avons failli attendre. » (E.
Villars.)
FICHTREMENT : Fièrement.
— « C’est fichtrement beau le coup de gueule du lion. » ( Commentaires de Loriot.)
FICHU : Capable. — « Eh ! làbas... y sont fichus de ne point ouvrir... y faut donc enfoncer la porte... » (H. Monnier.) — Le Dictionnaire de l’Académie admet fichu dans toutes ses autres acceptions.
FICHUMACER: Diminutif de ficher.
D’mandez-moi donc où c’ qu’est
Allé c’ flàneux d’ Cadet?
C’ qu’il peut fichumacer A l’heure qu’il est ?
(Désaugiers.)
FIDIBUS : Longue bande de papier pliée ou roulée pour allumer la pipe. — ■ Une communication de M. Fey assigne à ce mot une origine allemande. Dans les universités de ce pays, les admonestations officielles commencent
FIL
FIL
par les mots : Fidibus (pour fidelibus) discipulis universitatis, etc. Les délinquants, qui allument par forfanterie leurs pipes avec le papier de l’admonestation, lui ont donné pour nom le premier mot de sa première ligne. — «Un roman de G. Sand dont il fera un fidibus après l’avoir lu. » (Rouget.)
FIELDERS : « Ensemble des individus qui ont fait des paris de courses contre un ou plusieurs favoris. » (Parent.) Angl.
FIER : Grand. (Dhautel.) V.
Blaguer , Venette, Poil. — « Ça lui portera un fier coup. » (Lubize.)
FIÈVRE CÉRÉBRALE (accès de) : Accusation pouvant entraîner la perte de la tête. (Vidocq.) — Jeu de mots.
F1FI : Vidangeur. Mot à mot:
fi ! fi ! — Allusion au dégoût inspiré par le métier. — Vieux mot.
Une ordonnance du roi Jean (i35o) traite de « l’estât des vuidangeurs appelez maistres fifi.'D
FIGNOLER : Exécuter avec fini. — « C’est qu’vous fignolait (la contredanse). Dame, il y allait de tête et de queue. » (Rétif, 1783.) — « Quel style! comme c’est fignolé. » (Labiche.)
FIGNOLEUR : Qui fignole. — « C’est un fignoleux, mais il fait trop le fendant à cause qu’il a du bec. » (Vadé, 1788.)
FIGURE : Derrière. — « Où l’on s’expose à rencontrer des gens dont la figure a mérité les verges. » (Raoul Fauvel.)
FIL DE SOIE : Voleur. Jeu de mots sur filer, voler. — « Les
grands centres de réunion sont inspectés par la sûreté, car il n’y manque jamais de fils de soie ou de joueurs de passe-passe. » (Stamir, 67.)
FIL EN DOUBLE : Vin.
(Grandval.)
FIL EN QUATRE : Eau-devie. — « Allons, Auguste, un petit verre de fil en quatre, histoire de se velouter et de se rebomber le torse. » (Th. Gautier.)
FILAGE : Action de filer au jeu. « Le filage s’opère à tous les jeux, mais surtout au baccarat.»
(Cavaillé.)
FILASSE : Chevelure blanche et blonde comme la filasse.
FILASSE : Matelas. — Le contenu est pris pour le contenant.
FILATURE, FILE : Surveillance exercée par un agent qui suit pas à pas. — « Ils ne le perdirent pas de vue au second jour de file. » (Stamir.)
Faire une filature : Suivre un individu. (Rabasse.)
FILER : Faire avec soin. — Allusion au travail de la fileuse. — « Vous vous êtes donné un mal de nègre pour filer des scènes. » ( Alm . du Hanneton, 67.)
FILER : Voler. Mot à mot :
faire filer un objet qui ne vous appartient pas. De là, filouter.
FILER : « Filer, c’est distribuer une carte pour une autre dans le but de se faire ou de se compléter un beau jeu. » (Cavaillé.)
FILER, PRENDRE EN FILA¬ TURE : Suivre, espionner. —
io.
FIL
FIL
« Etre filé signifie, dans le lan- I V. Filet. « Point de grec émérite Mer* ri^c — " s’il n’est fileur. » (Cavaillé. )
gage des débiteurs, que le recors vous suit à la piste. » (Montépin.)
— « Un garçon va dire à la personne filée que quelqu’un la demande, et là, des sergents de ville l’entourent pour la remiser. »
(Stamir.)
Filer la mousse : Faire ses besoins. (Grandval.) V. Mousse.
Filer le luctrème : Introduire une fausse clé. V. Luctrème.
Filer le parfait : Faire une cour assidue. Mot à mot : filer le parfait amour.
Filer le plato : «Cela veut dire :
filer l’amour platonique. » (J. Duflot.)
Filer son nœud : Partir. — Terme de marine. — « Viens-tu !
ou je file mon nœud. » (H. Monnier.)
Filer une poussée : Repousser violemment. « Le concierge l’arrête; moi, je file une poussée au concierge et il se faufile. » (Beauvillier.)
FILET : Nuance délicate et tenue comme un filet d’eau. — « Peut-être aussi y a-t-il un filet de concetti shakspearien, mais c’est peu de chose. » (Th. Gautier.)
Filet coupé (avoir le) : Être d’une grande loquacité. — Allusion à la petite opération nécessitée par un certain embarras de la langue.
FILEUR : « C’est un homme qui est chargé par la police, et le plus souvent par quelque ténébreuse officine privée, d’en suivre un autre. » (P. du Terrai 1.)
FILEUR : Qui file au jeu.
FILEUSE : « Chanteur suivant les voleurs et les prenant en flagrant délit, dans le seul but de faire payer son silence par une remise de i5 p. 100. » (Vidocq.)
FILLE DE MARBRE : Courtisane froidement avide. — Une pièce de M. Barrière a consacré ce terme, vers i852. — « C’est à Paris que les filles de marbre apprennent péniblement le métier qui les fait riches en une heure. » (J. Janin.)
FILLE DE PLATRE : Courtisane. — Vient du roman écrit sous ce nom par M. de Montépin, pour servir de pendant à la pièce des Filles de marbre. — « Ces femmes ne sont que des filles de plâtre. » ( les Étudiants du quartier Latin , 60.)
FILOCHE : Bourse. (Vidocq.) — Du filet qui était employé pour la confection des bourses. — « Si ta filoche est à jeun (si ta bourse est à vide.) » (E. Sue.)
FILOU : Rusé. — L’acception d 'escroc se trouve seule dans le Dictionnaire de V Académie. Elle a son origine dans le verbe filer :
voler.
FILS DE FER : Jambes excessivement minces. — Mot imagé.
FILS DE PUTAIN : Injure à laquelle le peuple n’attache la plupart du temps aucune idée fixe. « J’ai entendu une poissarde dire à son fils : « Petit polisson!
attends, fils de putain, je te ferai voir que je suis ta mère. »