‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 217 sur 622 · V. Rouge · texte numérisé non relu

V. Rouge

Qautre sous-préfets et vingt maires Choisis parmi les plus foncés, S’épandront en plaintes amères.

(G. Jollivet.)

FONCER : Se précipiter. — Abréviation d’enfoncer. — « Trois coquins de railles sur mesigue ont foncé. » (Vidocq.)

FONCER : Donner. V. Babillard, Dardant.

FONCER : Payer. — Mot ancien. — Abréviation de foncer a l’appointement. Un poète du xve siècle, Coquillart dit déjà :

Il falloit qu’il vint, sus ou jus La fournir à son appétit.

Car qui ne fonce de quitus.

FONDANT : Beurre. (Colombey.) — La propriété est prise pour l’objet.

FONDRIÈRES (les) : Les poches. (Rabasse.)

FONFE, FONFIÈRE : Tabatière. (Idem.) C’est une forme de fanffe. Même harmonie imitative du reniflement de la prise de tabac.

FORESQUE : Marchand forain. (Halbert.) — C'est forain avec changement de finale.

a FORÊT DE MONT-RUBIN :

Égout, cloaque. (Idem.)

FORME : « Un cheval est en forme quand sa santé, sa condition ne laissent rien à désirer.

On dit qu’un cheval cc a perdu sa forme» ou qu’il l’a « retrouvée.»

( Parent.) Anglic.

FORT EN THÈME : Jeune homme qui a eu du succès au collège.

FOU

FOU

FORT-EN-GUEULE : « C’était aussi le temps de ce qu’on appelait les engueulements. On s’engueulait d’une voiture à l’autre; de fenêtres à voitures, de piétons à fenêtres ; chaque société avait son ou sa forte-engneule, espèce de crécelle à poumons d’acier chargée de répondre à tout le monde. » (Privât d’Anglemont.)

FORTIN : Poivre. (Halbert.) — Diminutif de fort, dans le sens de : âcre, fort au palais.

FORTINIÈRE : Poivrière.

(Idem.)

FOSSILE : Suranné. V. Académicien. — Ironie.

FOUAILLER : Manquer son effet. ( Dictionnaire d’argot , 27.)

FOUAILLEUR : Libertin. — Un T de plus dans le corps du mot livre son étymologie.

FOUCADE : Idée subite, élan imprévu.

FOUCHTRA : Auvergnat, charbonnier, porteur d’eau. Allusion à son juron favori. — « Fouchtra, vous qui avez une bonne poigne, tirez-moi donc mon pantalon. » (Ed. Morin.)

FOUILLER (pouvoir se) : N’avoir pas de quoi acquérir ou conquérir. Formule ironique se prenant au figuré. — « Les garibaldiens avaient de bons fusils; sans l’artillerie, nous pouvions nous fouiller. » ( Vie parisienne, 67.) — « Madame, daignezvous accepter mon bras?... Tu peux te fouiller, calicot.» ( Alm .

du Hanneton, 67.)

FOUILLOUSE: Poche. Mot à

mot : endroit où l’on fouille. — « Et vous aurez , scavez-vous quoy ? force aubert en la follouse. » ( Vie de saint Christophe , Grenoble, i53o.)

FOUINER : S’échapper. — Vieux mot. — « S’il est pressé, qué qui l’empêche de fouiner? »

(Vadé, 1755.)

FOUR : Gosier. V. Chauffer le four.

FOUR (faire) : Ne pas réussir.

— Se disait autrefois des comédiens qui renvoyaient les spectateurs parce qu’ils n’avaient pas assez de monde. Se dit maintenant à propos de tout. — « Nous faisons four, dit Lousteau, en parlant à son compatriote la langue des coulisses. » (Balzac.)

FOUR : Portion la plus élevée d’une salle de théâtre. Allusion à la chaleur qui y règne. — « Je quitte le four et je poursuis ma promenade aux quatrièmes loges. » (De Boigne.)

FOUR BANAL : Omnibus.

(Colombey.) — Tout le monde peut s’y enfourner.

FOUR IN HAND : Voiture à quatre chevaux. (Paz.) — Anglicanisme. — « Il nous a été permis d’apercevoir l’élégante Anglaise conduisant elle-même un four in hand. » ( Eclair , août 72.)

FOURBI : Argent provenant de vol. (Rabasse.)

FOURBI : Friponnerie. — Abrév. de fourberie, si ce n’est un mot de langue franque, importé par notre armée d’Afrique.

— « Quel fourbi, mon Dieu! quel fourbi! » ( Comm . de Loriot.)

fou

FOURCHETTE : Homme de grand appétit, sachant bien jouer de la fourchette. — « Bonne fourchette , excellent gobelet , plus il mangeait, plus il buvait. » (E. Villars.)

Voler à la fourchette oler en introduisant les deux doigts dans la poche.

Marquer à la fourchette : « Se dit d’un marchand de vins qui marque à son débiteur quatre consommations au lieu d’une. »

(P. Moniteur , août 76.) Allusion aux quatre dents de la fourchette.

Jouer des fourchettes : S’enfuir.

FOURCHU : Bœuf. (Vidocq.) Ses cornes font fourche.

FOURGA, FOURGAT, FOUR- GASSE : Recéleur , recéleuse.

Fourgat est la forme la plus ancienne, car elle est seule donnée par Grandval. — De fourguer.

FOURGAINE : Canne de jonc.

(Halbert.)

FOURGONNIER : « On nomme ainsi Jecantinier du bagne. »

(Ponson du Terrail.)

FOURGUE : Recéleur. Abréviation de fourgat. « J’irai chez mon fourgue lui porter ce que j’ai à la maison. » (Beauvillier.)

FOURGUER : Vendre à un recéleur. (Rabasse.) — Du vieux mot fourgager : placer dehors à moitié profit. Les fourgats payent peu en effet. V. Poisser. (2e art.)

FOURLINE, FOURLINEUR:

Voleur à la tire.

FOURLINER : Voler. - Du

tSi - FOU

vieux mot fourloignier : écarter.

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