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écouteurs, l’argot se borne à ajouter indistinctement à tous les mots de la langue une sorte de queue, une terminaison en aille, en orgue, en iergue ou en uche; exemple : «Vouziergue trouvaille bonorgue ce gigotmuche. (Trouvez vous bon ce gigot?) Phrase adressée par Cartouche à un guichetier, afin de savoir si la somme offerte pour l’évasion lui convenait. La terminaison en mare est aujourd’hui fort usitée. » (Moreau Christophe, 64.)
AIMER COMME SES PETITS BOYAUX : Aimer comme soimême : « Elle m’aimait 1 Autant que ses petits boyaux. » ( Parodie de Zaïre, 1732.)
AIR (se donner de Y, se pousser de 1’, jouer la fille de 1’) :
Fuir. — Les deux premiers termes font image ; le troisième date de la Fille de l'air, une ancienne pièce du boulevard du Temple. — «La particulière voulait se donner de l’air. » (Vidal, 33.) — «Dépêchez-vous et jouezmoi la Fille de l’air avec accompagnement de guibolles. » (Montépin.) V. Ballon. — « C’est donc gentil de faire des poufs au monde et de se pousser de l’air !
Ah ! mais, on ne me monte pas le coup. » (. Almanach du hanneton, 67.)
AIR DU TEMPS (vivre de 1’).
— Etre sans moyens d’existence.
Terme ironique. — «Tous deux vivaient de l’air du temps. » (Balzac.)
AIRS (être à plusieurs). — Être hypocrite, jouer plusieurs rôles à la fois.
ALARMISTE. — Chien de
garde. (Vidocq.). — Il donne l’alarme.
ALEA JACTA EST. — Le sort en est jeté. — Phrase prononcée par César lorsqu’il passa le Rubicon pour marcher sur Rome.
— « Le fameux aléa jacta est qu’on a répété tant de fois depuis César. » (Rozan.)
ALENTOIR. — Alentour.
Changement arbitraire de la finale.
ALIGNER (s’). — Tomber en garde pour se battre. Mot à mot :
se mettre sur la même ligne que son adversaire. — « Ils mettent parfois le sabre à la main et s’alignent.» (R. de la Barre.) — « A la suite d’une bisbille, ils sont descendus pour s’aligner. »
(J. Arago, 38.) V. Aplomb.
ALLER DE (y). — Fournir. — « On y va de ses cinq francs, ou de sa larme. » (Monselet.) — « Elle a tourné de l’œil sans dire : Ouf!... Pauvre vieille! j’y ai été de ma larme. » (About.)
ALLER (y). — Se laisser tromper. — Fallait pas qu’il y aille!
dit-on d’un homme malheureux par sa faute. V. Faire aller.
ALLER A NIORT. — Nier.
Jeu de mots. — «Je vois bien qu’il n’y a pas moyen d’aller à Niort.»
(Canler.) V. Flacul.
ALLER AU DIABLE AU VERT. — Faire une excursion aventureuse.
M. Rozan explique ainsi ce mot: uAuvert est une corruption de Vauvert ; on disait autrefois : Aller au diable Vauvert.
Le V a été mangé dans la rapidité du discours, et il a fini par
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disparaître si {bien, qu’on a été amené à couper en deux, pour lui donner une sorte de sens, le reste du mot : auvert. — Le château de V auvert ou Val-Vert, situé près de Paris, du côté de la barrière d’Enfer, avait été habité par Philippe Auguste après son excommunication; il passait depuis cette époque pour être hanté par des revenants et des démons. Saint Louis, pour désensorceler ce château, le donna aux chartreux en 1257. »
Rabelais parle encore de ce diable fameux : — « Je vous chiquaneray en diable de Vauvert, » dit le chiquanous Rouge-Muzeau,dans le chapitre 16 du livre IV de Pantagruel.
On dit maintenant au diable vert, ce qui s’éloigne encore plus de la forme primitive. « J’ai déjà parlé de celui d’Alexandre Dumas, qu’on veut reléguer à Charonne, au diable vert. » ( Liberté , 26 juillet 1872.)
ALLER GAIMENT (y). — Agir sans se faire prier, sans que la gaîté soit précisément de la partie. A llons-y gaîment ne signifie rien de plus que allons-y. — Les amateurs du langage en mar ont imaginé de varier en disant allons-}'- gaimar . V. Mar.
ALLER OU LE ROI NE VA QU’A PIED. — Faire ses besoins.
— Ce rappel à l’égalité est de tous les temps. Se disait au dix-septième siècle : — « Aller où le roi ne va qu’à pied. C’est à mots couverts le lieu où l’on va se décharger du superflu de la mangeaille... » (Searron.)V. Numéro ioo.