LUN
LYO
LUCHEBEM : Boucher. (Rabasse.) — C’est boucher déformé en lem. (V. ce mot.)
LUCTRÈME : Fausse clef. — « Mon Dartagnan file le luctrème dans la porte.» (Beauvilliers.)
LUISANT, RELUIT : Jour. — Allusion de lumière, cc Pitachons pivois chenâtre jusques au luisant. » (Grandval.)
LUISANTE : Nuit, fenêtre.
LUISANTE : Lune. (Vidocq.)
LUISARD : Soleil. (Idem.)
LUISARDE : Lune. (Halbert.) — «Tous les chiffonniers savent ce patois énergique qui appelle la lune une luisarde. » (La Bédollière.)
LUMIGNON (le grand) : Le soleil. (Rabasse.)
LUNCH : Collation. — C’est d’Amérique que viennent le mot et la mode. — « Les frais de ce lunch ne sont plus à la charge des mariés. » ( Petit Moniteur .)
LUNDI (faire le) : Manquer à son travail; continuer, le lundi, l’inaction du dimanche.
LUNE, PLEINE-LUNE, DEMI- LUNES : Derrière. — Allusion de forme. — « En voilà une bonne! il a pris la lune de Pétronille pour sa figure. » (P. de Kock.) V. Cadran.
LUNE : Figure ronde comme la lune. — ■ « Cora P. est à Maisons-Laffitte, elle engraisse énormément. C’est tellement visible qu’on ne l’appelle plus que la lune rousse. » (Éclair.)
LUNE : Variation d’humeur influant sur l’homme comme la lune influe sur le temps. — «C’est un musicien qui ne doit pas être commode, il doit a voir des lunes.»
(Comment, de Loriot, 6g.)
LU QU F S, LU QU ETS : Faux papiers, images. (Grandval.)
LURON : Saint- Sacrement.
(Colombey.) — Allusion au rond de l’hostie.
LUSQUIN : Charbon. (Halbert.)
LUSQUINES: Cendres. (Idem.)
LUSTRE : Juge. (Idem.)
LUSTRE (admirateur, chevalier du) : Claqueur posé au parterre sous le lustre. — « Les admirateurs du lustre donnèrent, mais le public resta froid. »
(L. Reybaud.)
LUSTRER : Juger. (Halbert.)
LYCÉE : Prison. (Rabasse.) C’est le mot collège approprié aux exigences modernes. V. Collège.
LYONNAISE : Soierie. (Vidocq.) — Lyon est le centre de la fabrication des soieries.
M! : Abréviation d’une injure employée déjà par Rabelais.
«Merde! mot ignoble et grossier, dont le bas peuple se sert dans un sens négatif, » écrivait Dhautel en 1808. Ce n’est pas seulement dans le bas peuple que M... est usité, comme on va le voir par le second des textes suivants.
Celui-ci est extrait du Temps du 16 août 1872 :
incident d’audience aux assises.
L’accusé Lhermine est un jeune homme de vingt-cinq ans, mais qui paraît à peine âgé de dix-huit; blond, grêle, court. Sa petite figure blême et vicieuse semble taillée en lame de couteau. Il n’a pas commis moins de quarante-sept vols qualifiés. C’est luimême qui, au cours de l’instruction, les a indiqués au magistrat et en a fait vérifier les détails. Il est en outre accusé de coups volontairement portés à sa mère légitime. M. le président se tourne vers l’accusé et, comme il est prescrit par la loi, il l’interroge.
M. le président : Accusé, levezvous. Vos nom et prénoms ?
L'accusé : Auguste Lhermine.
M. le président : Votre âge ?
L'accusé: Merde!
Ce mot ordurier, prononcé à haute voix, est entendu par tout le monde.
L’auditoire fait entendre des rumeurs.
M. le président : Accusé, dans votre propre intérêt, je dois vous engager à la circonspection. Vous avez peutêtre été victime d'habitudes grossières ou d'un mouvement irréfléchi. Magistrats, nous voulons bien oublier cet outrage, qui ne saurait d’ailleurs nous
atteindre. Veillez sur vous désormais.
Votre défenseur va vous entretenir. Il vous conseillera. Je le répète, c’est dans votre propre intérêt que je parle.
Après un quart d’heure de suspension, les jurés reprennent place, au milieu de l’émotion vive de l’auditoire, et la cour reprend séance.
M. le président : Messieurs les jurés, mon devoir m’oblige à faire subir, avant la prestation de votre serment, un interrogatoire à l’accusé pour constater son identité, je vais le reprendre... Accusé, vos nom et prénoms ?
L’accusé ne répond pas.
M. le président renouvelle sa question .
L’accusé , d’une voix plus décidée :
Merde !
Des murmures éclatent dans toute la salle. Sur les réquisitions du ministère public, la cour condamne Lhermine à deux ans de prison. C’est le minimum de la peine en cas d’outrage à la cour.
Notre second texte (pris dans la Liberté du 8 septembre), rend compte d’une affaire jugée le 7 septembre 1872, par le tribunal de Pont-l’Évêque. Voici la déposition d’un témoin :
Le troisième témoin, Leprêtre (Auguste-Émile), vingt-quatre ans, douanier à Deauville, est appelé. Lecture est donnée de sa déposition devant le juge d’instruction : « Le 14 août, vers cinq heures, j’étais de service sur la jetée de Deauville, avec mon camarade Ollivier, lorsque je vis rentrer une embarcation. Des personnes qui s’y trouvaient criaient : « Vive Napoléon ! A bas Thiers! Vive la France!
Merde pour Thiers ! » Ces cris ont été
MAC
MAC
poussés à plusieurs reprises par quatre personnes. Ils ont continué jusqu’à l’avant-port. Nous laissâmes approcher l’embarcation et pûmes prévenir notre capitaine. Je remarquai surtout une personne criant. » Mis en présence de l'inculpé, le témoin a reconnu M. de
âge il s'est appelé maquerel ou maqueriau.
« Le métier de mac n’était guère exercé autrefois que par des voleurs et des mouchards. .. »
(Vidocq.) — « Le macque est
V... pour être la personne la plus ani- I le souteneur des filles de la plus mee* * basse classe. Presque toujours
c’est un repris de justice. » (Can-
M. de V... fut condamné à trois jours de prison, mais la politique s’en mêlant, il vit plaider sa cause par un certain nombre de journaux, dont pas un n’exprima son dégoût pour le mot.
Dirent .... .‘Insulter, emmerder.
— « Moi, si j’étais nommé, je monterais à la tribune et je dirais : Merde!... Oui, pas davan-
ler.)
MACA : Entremetteuse, femme vieillie dans le vice. (Dhautel, 08.) — Même origine que le mot précédent.
MACAIRE : Malfaiteur affectant les dehors d’un homme du monde. Le mot date du drame de V Auberge des Adrets; il doit
tage; c’est mon opinion.» (Zola.) I moins sa fortune à Frédérick-
Lemaître, créateur du rôle de MAC, MAQUE, MACQUE , Macaire, qu’aux nombreusescari- MACCHOUX, MACROTIN : Sou- natures qui ont fait ensuite de teneur, entremetteur. — Le der- l’assassin Macaire le type du filou nier mot est un diminutif de ma- cynicïue‘ — «Ils se croyaient des quereau; l’avant-dernier est une J Macaires et n ont été que des fimodification du même mot par j 1QL1S* ® (Luchet.)
changement de finale; les trois MACAIRISME : « Le macaipremiers sont es abréviations. rjsmej c’est ja filouterie érigée y a e P1US es synonymes 111- en SyStème> » ( Boursicotiérisme ,
nombrables, rappelant tous le côté ichthyologiquedu mot. Tels sont barbeau, barbille, barbillon,