‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 320 sur 622 · PARTAGEUR, PARTAGEUX · texte numérisé non relu

PARTAGEUR, PARTAGEUX

Communiste croyant à la possi¬

bilité du partage égal de tous les biens.

PARTERRE (prendre un billet de) : Tomber. — Calembour.

PARTI : Endormi. — « Allons, les voilà partis, dit Vautrin en remuant la tête du père Goriot et celle d’Eugène. » (Balzac.) On dit aussi parti pour la gloire.

Allusion aux rêves du dormeur.

PARTI : Ivre. — Même allusion que pour lancé . C’est un degré de moins.

PARTICULE : Se dit de la particule deayn précède les noms aristocratiques. — « Ce maître d’écriture, fou de la particule, se prétendait d’origine nobiliaire. »

(Néel de Lavigne, 5o.)

PARTICULIER, PARTICU- LIERE : Bourgeois, bourgeoise, individu quelconque. — Argot de l’armée.

PARTICULIÈRE : Prostituée.

— Mot ancien. — « Tu t’es meslé et accouplé avec des putains et des infâmes particulières. » {Le tableau du tyran Ma^arin, 1649.)

— « Les mauvaises têtes du quartier qui tiraient la savate pour les particulières de la rue d’Angoulême. » (Ricard.) — - « Voilà qu’un mouchard m’amène une particulière assez gentille. » (Vidal, 33.)

PARTICULIÈRE : Maîtresse.

— « Ce terme, si trivial en apparence, appartient à la galanterie raffinée et remonte aux bergers du Lignon. On lit à chaque instant dans VAstrée : Particulariser une dame, en faire sa particulière dame , pour lui adresser ses hommages. » (Marty-Laveaux.)

PAS

PAS

PARTIE : Représentation dramatique exceptionnelle où figurent des artistes amateurs. — « Santiquet monta une partie au théâtre Chantereine. » (De Boigne, 57.) V. Monter.

PARTIES (fille à) : « La fille à parties n’est qu’une prostituée en carte ou isolée, mais avec plus de formes... elle se fait suivre par sa tournure élégante ou par un coup d’œil furtif... » (F.

Béraud.) La maison où aboutit la rencontre, se nomme maison à parties ou maison de passe.

L’acte des clientes est qualifié de passe ou passade. Le terme remonte au xviii® siècle.

PARTIES CHARNUES : Derrière. — C’est la partie la plus charnue du corps. V. Postérieur.

PAS (n’être pas rien, n’être) :

Négation ironiquementemployée comme affirmation : — « Ernest:

Avec qui que tu veux que je soye donc ? Eupène : Merci, tu n’es pas rageur. » (Monselet.) — • On dit de même : Il nèst pas rien chien , pour il est avare; — il n'est rien dégoûté , pour il est difficile.

PAS GRAND’CHOSE : Personne de médiocre vertu. — « Tu as filé avec ta pas grand’chose. »

(P. de Kock.)

PASQUELIN, PACLIN : Pays.

(Halbert.)

PASQUINER LA MALTOU- SE : Faire la contrebande. (Halbert.)

PASSACAILLER : Se faufiler ! avant les autres, supplanter. (Vidocq.)

PASSANT : Soulier. — Il sert à faire des pas. — « Les passants rompus et la lyme trouée. » ( Vie de saint Christofle , Grenoble, i53o.)j

PASSE. V. Parties (fille à).

PASSE : Secours. — « Demander la passe, c’est demander un secours aux ouvriers où l’on passe. » (Moisand, 41.)

PASSE : Guillotine. V. Gerber. — Allusion à la passe de la fatale lunette.

PASSE (faire une) : Se prostituer. V. Parties.

PASSE (gerber à la) : Condamner à la guillotine. V. Gerber.

PASSE -CRICK : Passeport.

(Vidocq.)

PASSE-LACET : Fille publique. (Vidocq.)

PASSE-LANCE : Bateau. (Vidocq.) V. Lance. Mot à mot :

passe-eau.

PASSE-PASSE : Flouerie de joueurs ; elle consiste à passer une carte. — • « Plus tard, il deviendra grec, étudiera les passepasse, se servira de la tabatière d’or poli pour voir le jeu de son partenaire. » (Almanach des Debiteurs, 1 85 1 .)

PASSE-PASSE (joueur de) :

Filou. V. ci-dessus. Du temps de Rabelais jouer de passe-passe, signifiait déjà voler. — «Qui desrobe, ravist et joue de passepasse. » (Pantagruel, liv. 3, ch.

xviii.)

PASSE-SINGE : Roué, homme dépassant un singe en malice.

PAS

PAS

PASSER AU BLEU : S'effacer, disparaître. — On sait quel rôle le bleu joue dans le blanchissage. — « Le pont rouge est passé au bleu... bien et dûment écroulé. » (De Charny.) — « Plus d'un jaunet passe au bleu. » (Jouvet.) V. Laver , Nettoyer, Lessiver.

PASSER AU DIXIÈME : Devenir fou. — Terme usité parmi les officiers d’armes spéciales.

Frappés du nombre de camarades que leur enlevaient des atteintes d’aliénation mentale, ils disent : Il est passé au dixiéme {régiment), pour montrer combien ils sont décimés par des pertes, sur lesquelles l’étude des sciences ne serait pas, dit-on, sans influence. — « L’officier du génie passe souvent au dixième.» ( Vie parisienne, 67.)

PASSER DE BELLE (se) : Ne pas recevoir sa part de vol. (Vidocq.)

PASSER DOUCE (se la) : Vivre sans souci.

PASSER DU VIN f.n contkenANDE : S’enivrer hors barrière et rentrer plein comme un baril.

PASSER L’ARME A GAU¬ CHE : Mourir, militairement parlant. Aux enterrements, le soldat passe l’arme sous le bras gauche. — « Toute la famille a passé l’arme à gauche. » (Lacroix, 3e.)

PASSER LA JAMBE : Donner un croc-en-jambe, et, par extension, renverser. — « Son ennemi roulait à ses pieds, car il venait de lui passer la jambe. » (Vidal.)

PASSER LA JAMBE A THO¬ MAS : Être de corvée à la ca¬

serne pour l’enlèvement des go guenots. — Allusion à l’action de les renverser dans les latrines.

C’est un vrai velours que la goutte Pour les débiles estomacs,

Surtout si cela te dégoûte De passer la jambe à Thomas.

(Raoul Fauvel.)

PASSER LA MAIN : Céder son tour. Terme de joueur pris au ligure. « Nous passons aujourd’hui la main à deux de nos amis qui s’entendent à parler. »

( Tam- Tam , 76.)

PASSER LA RAMPE (ne point) : « Les comédies en vers et les comédies morales sont destinées à ne point passer la rampe, c’est-à-dire à ne point entrer dans l’esprit du public. »

(J. Duiflot.)

PASSER SOUS LA PORTE SAINT -DENIS (ne pouvoir) :

Être trompé par sa femme. — Allusion à la hauteur des cornes symboliques du cocuage. — (( Quelque méchante bête allectait en sa présence de dire qu’il ne pouvait plus passer sous la Porte Saint-Denis. » (Zola.)

PASSIF R , PASSIF, PASSI- FLE : Soulier. Formes diverses de passant. V. Merlin.

PASSIFLEUR : Cordonnier.

PASSIONS (homme, femme à) : « Vous êtes trop jeune pour bien connaître Paris; vous saurez plus tard qu’il s’y rencontre ce que nous nommons des hommes a passions. Ces gens-là n’ont soif que d’une certaine eau prise à une certaine fontaine et sou-

PAT

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vent croupie. » (Balzac, Père Goriot.)

PASTILLE : « En implorant une pièce de 5o centimes, une pastille, une belette, une pepette comme ils disent dans leur argot. » (Cavaillé.) — Allusion de forme.

PASTIQUER : Passer. — Changement de finale. V. Abadis.

PASTIQUER LA MALTOU- SE : Passer de la contrebande.

PATAFIOLER : Éoraser. — « Aux gardes du commerce !...

Que le bon Dieu les patafiole !...»

(Gavarni.) — Mot provençal.

PATAPOUF : Gros homme toujours essoufflé. — Onomatopée. — « Chaque fois que j’allais chez ce gros patapouf de M. Frontboisé...» (L. Bienvenu.)

PATARD : Monnaie de billon.

— En 1808, on donnait ce nom à un gros sou double. (V. Dhautel.) Le patar était une monnaie flamande qui valait un sou au xv® siècle. V. Du Cange.

PATE (la) : Lime. (Grandval.)

— Sans doute pour patte. La lime griffe le fer comme la patte griffe la peau.

PÂTÉE : Correction. — « Il avait voulu manger un grand gaillard. Aussi a-t-il reçu une pâtée. » (Delagny, les Souteneurs, 1861.)

PATENTE : Papier de sûreté.

(Rabasse.)

PATENTE : a C’était une de ces casquettes molles rabattant sur le nez qui font aux souteneurs de barrières une coiffure

si caractéristique. Comme elle n’est portée que par eux, elle est en quelque sorte la patente de leur ignoble métier. » (P. Parfait, 72.)

PATIRAS, PATITO : Souffredouleur, homme qui pâtit. — Le second mot est italien. Le premier semble le futur du verbe pâtir. — « Moi qui tout à l’heure étais le patiras de tout le monde. » (E. Sue.) — « Le professeur se traîne dans les fers de la signora, grevé des servitudes d’un patito. » (Heine.)

PATISSIER (sale) : Homme malpropre, tripoteur d’affaires véreuses. V. Boulette.

PATOCHE : Main. Péjoratif de patte. — « Retire tes patoches, colle-moi ça dans un tiroir. » (Zola.)

PATRAQUE : Patrouille. (Vidocq.) — Changement de finale qui a pu être un jeu de mots.

Les anciennes patrouilles marchaient aussi mal qu’une patraque. V. Moucharde. — Se dit par extension d’une administration mal organisée.

PATRON-MINETTE : Association de bandits.

PATRONET : Apprenti pâtissier. — « Le matin il faut que le petit patronet soit debout pour aller à la halle avec son maître.»

(Vinçard.)

PATROUILLE (en) : En train de se griser, s’arrêtant de marchand de vins en marchand de vins, comme la patrouille s’arrête de poste en poste. — « Quatre jours en patrouille, pour dire

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