ANT
Mot à mot : battre le grand chemin. — Antif est un vieux mot qui signifie antique, et se rencontre souvent dans les textes du moyen âge uni à celui de chemin.
■ — Un chemin antif était un chemin ancien, c’est-à-dire frayé.
ANTIFFE : Marche. (Grandval.) Mot à mot : action de battre Fantif.
ANTIFFER : Entrer. (Rabasse.)
ANTIFFER (s’) : Se marier.
(Rabasse.) — Forme moderne à1 antifier. — Se dit aussi pour être séduit , se laisser circonvenir.
ANTIFLE (battre F): Cafarder, dissimuler. Mot à mot : hanter Féglise. V. Antifier.
ANTIFLER, ENTIFLER : Marier. (Vidocq.) — Vient du vieux mot antie , église. — Là se fait la célébration du mariage. Entifler est donc mot à mot : mener à Féglise. — « Ah! si j’en défouraille, ma largue j’entiflerai. »
(Vidocq.)
ANTIPATHER : Avoir de l’antipathie. — « Pas une miette! Je l’antipathe. » (Gavarni.)
ANTIQUE : Élève sortant de l’École polytechnique. V. Absorption.
ANTONNE : Église. (Vidocq.) — Changement de finaledu vieux mot antie, église.
ANTONY : Jeune romantique.
— Nom du héros d’un drame d’Alexandre Damas qui fut fort goûté en i83i. — « Après les succès d ’Antony, les salons parisiens furent tout à coup inondés de jeunes hommes pâles et blê¬
mes, aux longs cheveux noirs, à la charpente osseuse, aux sourcils épais, à la parole caverneuse, à la physionomie hagarde et désolée... De bonnes âmes, s’inquiétant de leur air quasi cadavéreux, leur posaient cette question bourgeoisementaffectueuse :
«c Qu’avez-vous donc? » A quoi ils répondaient en passant la main sur leur front : « J’ai la fièvre. » Ces jeunes hommes étaient des Antonys. » (E. Lemoine.) — « D’ici à quelques années, il y aura moins de chance de voir les jeunes Antonys plonger leur dignité dans le fossé bourbeux de la réclame. » {Figaro, 65.)