B AD — 23 — BAG
Vieux mot encore usité dans nos campagnes de l’Est.
BADERNE (vieille) : Personne qui n'est plus bonne à rien. — Ce terme nous vient de la marine où baderne se dit d'une sorte de paillasson fait de vieux cordages.
BADIGEONNER (se) : Se garder excessivement la figure. Mot à mot : se badigeonner comme un mur.
BADINGUISTE, BADIN- GOUIN : Bonapartiste. — « Le reporter d’une feuille non moins badingouine qu’hystérique. »
(Tam-Tam, y5.)— Du sobriquet de Badinguet , (Badingue par abrév.) donné à Napoléon III dès le début de l’Empire. Badinguet était, paraît-il, le maçon sous la blouse duquel le prince avait fui sa prison de Ham. Quoi qu’il en soit, ce sobriquet devint fort populaire. Si on s’en servait par ironie dans l'opposition, on l’employaitsansmalicedansle peuple etdansl’armée. En 1870, lors delà démonstration qu’on fit sur Sarrebruck, je demandais à un soldat resté en gare de Saint-Avold si l’empereur était à Forbach :
« Oui, dit-il tout naturellement, Badinguet est arrivé. » — V. Capitulai* d.
BADOUILLARD : « Pour être badouillard, il fallait passer trois ou quatre nuits au bal, déjeuner toute la journée et courir en costume de masque dans tous les cafés du quartier Latin jusqu'à minuit. » (Privât d’Anglemont.) — Le badouillard fut de mode de 1840 à i85o.
BADOUILLE : Mari qui se
laisse mener par sa femme. (J.
Choux.)
BADOUILLER : Faire le badouillard.
BADOUILLERIE : Art de badouiller. — « La badouillerie est la mort des sociétés de tempérance. » (44, Catéchisme poissard.)
BAFRE (mettre une) : Donner un soufflet. (Rabasse.)
BAGATELLES DE LA POR¬ TE : Parade destinée à faire entrer le public dans une baraque de saltimbanque. — Désigne aussi : toute chose accessoire donnée comme insignifiante à côté de celle qui doit suivre. — « S’amuser aux bagatelles de la porte; c’est regarder les parades d’un polichinelle. » (Caillot, 29.) V. Postiche.
BAGOU, BAGOULT : Verve, faconde, volubilité extrême. — Du vieux mot bagouler, parler. L’ancien catalan a bagol ; babil, ba vardage. En Provençal, on dit bagoul.
Nos différents auteurs ne s’accordent guère sur la signification précise de ce mot. i° Nodier trouve dans le bagou une ce langue factice dont le secret consiste à former des phrases composées de mots étonnés d’être ensemble et qui ne présentent aucune espèce de sens. » — 20 II est défini ainsi par Balzac : « Ce mot (bagou), qui désignait autrefois l’esprit de repartie stéréotypée, a été détrôné par le mot blague. » — 3° M. Francisque Michel se contente de dire :
« Bagou: bavardage, jactance.»
— 40 Auguste Luchet paraît être
BAII
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de l’avis de Nodier dans cet exemple : « Tout un argot enfin, tout un bagou barbare et vieux même à Bobino. » (Luchet.)
BAGOU : Nom propre. (Vidocq.)
BAGUE : Nom propre. Vidocq.) — Abréviation de bagou.
BAHUT : Petit logement. — « Et moi je ne lui paye peut-être pas son bahut, à Milieu Quoi qu’elle a à se plaindre? » (Monselet.)
BAHUT : Pension, institution académique. — « Je te croyais au bahut Rabourdon. Jamais j’aurais pensé qu’ t’étais devenu potache. Et Furet, as-tu de ses nouvelles? en v’ià un bahuteur. Il a fait la moitié des bahuts au Marais et une douzaine au moins dans la banlieue. » ( Les Institutions de Paris, 58.) V. Potasser.
BAHUT PATERNEL : Quelques fils de famille disent, par extension : le bahut paternel, en parlant du logis de leurs auteurs.
BAHUT SPÉCIAL : École spéciale militaire de Saint-Cyr. — « L’ÉcoledeSaint-Cyr ! j’ai le bonheur d’être admis à ce bahut spécial. » (La Cassagne.)
BAHUTÉ : Ceci est bahuté :
Ceci a le chic troupier (digne du bahut spécial).
BAHUTER : Faire tapage. Terme propre aux élèves de Saint-Cyr.
BAHUTEUR : Tapageur. — Vient du vieux mot bahutier. — « Quand un homme fait plus de bruit que de besogne, on dit qu’il fait comme les bahutiers.
Car, en effet, les bahutiers, après
avoir cogné un clou, donnent plusieurs coups de marteau inutilesavant d’en cogner un autre.»
(P. Le Roux, 1718.) — « Cette écorce rude et sauvage qui allait au bahuteur de Saint-Cyr. » (La Barre.)
BAHUTEUR: Écolier nomade, coureur de pensions ou bahuts.