V. Mac
BARBISTE : Elève ou ancien élèvede l'institut de Sainte-Barbe.
— « Jurez, Lexoviens, Barbistes, Moinillons et Ludovicistes, vous viendrez célébrer en frères les haricots de Montaigu. » (Léger, 1819.)
BARBOT : Canard. (Vidocq.)
— Il barbote volontiers.
BARBOT : Vol. — Allusion à l’action des doigts, fouillant dans une poche, comme le bec du canard barbote dans un trou. — « Je fis le barbot et je m’emparai de quelques pièces de vingt et quarante francs. » (Canler.)
BARBOTE : Fouille des prisonniers avant leur incarcération.
BARBOTER : Voler. (Vidocq.) Mot à mot : faire le barbot. — « Tous deux en brav’s nous barbotions, d’or et d’billet nous trouvons un million. » (Paillet.)
BARBOTER : Fouiller. (Rabasse.)
BARBOTEUR : Voleur.
BARBOTIER : Guichetier ; il fait la barbote des détenus.
BARBUE : Plume. (Vidocq ) Allusion à sa barbe. V. Arguemine.
BARON DE LA CRASSE : Se dit d’un homme mal bâti, habillé ridiculement, et qui se donne des manières de cour. (Caillot, 1829.)
Poisson a fait une pièce intitulée le Baron de la Crasse.
BARONIFIER : Donner le titre de baron. On peut appliquer à la formation de ce mot nouveau la remarque que nous avons faite à propos d’archi. « D’Aldrigger fut alors baronifié par S. M. l’empereur. » (Balzac.)
BARRE : Aiguille. (Vidocq.)
— Ironie.
BARRE : Comparaison des mâchoires aux barres de cheval. — « Ne compte que sur le liquide pourjte rafraîchir les barres, cavalièrement parlant. » (A. Lecomte, 61.)
BARRER : Rompre , cesser une affaire. (Rabasse.)
BARTHOLO : Surveillant, vieux et jaloux. — Surnom dû au succès du Barbier de Séville, pièce où le tuteur incommode se nomme Bartholo. — « Nos mondaines Parisiennes... pourront défier ensuite les Bartholo les plus adroits. » (Figaro, 75.)
BAS BLEU : Femme auteur, ou affichant des goûts littéraires.
— Anglicanisme. — Au siècle dernier, lady Montague, dont le salon était des plus littéraires, aurait déclaré que les touristes pouvaient s’y présenter en tenue
BAS — 3o — BAS
de voyage et en bas bleus. Selon d’autres, elle portait elle-même des bas bleus, ce qui lui aurait valu, de la part d’un amant congédié, le poète Pope, le sobriquet de blue stocking, bas bleu. —
« Voyez-la donc dans la rue, trottinant les coudes serrés contre la taille, la tête haute, le regard baissé, un manuscrit sortant de son cabas; voyez dans cette vieille chaussure ce bas qui se déroule; est-ce un bas bleu ? C’est un bas sale! Tope là! vous avez l’origine du mot. C’est la grande habitude des femmes de lettres de ne jamais s’occuper de ces minces détails de la vie de chaque jour. » (Jules Janin.) — « Molière les appelait les femmes savantes, nous les avons nommées bas bleus. » (Fr. Soulié.)
Bas bleu a même droit de cité dans des sphères plus hautes, si nous en croyons ces lignes : « La comtesse de Liéven, bas bleu politique de la plus haute distinction. » (H. de Viel-Castel.)
BAS DE BUFFET (vieux) :
Vieille femme à prétentions.
(Delvau.)
BAS DU CUL : Homme de petite taille.
BAS DU DOS : Postérieur.
BAS PERCÉ (être) : Etre dans l’indigence. — Du temps des culottes courtes, un bas percé se voyait, et il fallait être bien misérable pour ne pouvoir payer la ravaudeuse.
BASANE : Amadou. (Colombey.) — L’amadou ressemble assez à une vieille peau de basane.
BASANE : Peau humaine. — Animalisme.
BASE : Derrière. — Ne se dit que d’un homme assis, car s’il était debout, l’allusion ne serait plus justifiée. — « Les brusques mouvements de l’animal qui souvent écorchent votre base. »
(A. Lecomte, 1861.)
BASE (se porter sur la) :
S’aligner. — Abréviation de : se porter sur la base de l’alignement.
— «Prenez un pinceau et portezvous sur la base, » dit un brigadier de semaine aux hommes désignés pour la corvée du balayage. (Idem.)
BASILE : Fourbe hypocrite, calomniateur. — Du nom d’un personnage du Barbier de Séville.
— « Après i83o, on se déguisait beaucoup en Basile. » (Privât d’Anglemont.) — « Son premier soin sera d’envoyer promener les Basiles. » (L. Bienvenu.)
BASOURDIR : Assommer.
(Vidocq.) — Abrév. d 'abasourdir.
BASSIN, BASSINOIRE : Importun.
Allons, vieux bassin,
Avez vous fini vos manières ?
(Becquet, chansons .)
BASSINER : Importuner. Mot à mot : échauffer comme une bassinoire. — cc II me bassine, cet avoué. » (Labiche.)
BASSINOIRE : Grosse montre de cuivre. Moins le manche, elle offre un diminutif assez exact de la bassinoire classique. — « C’était une vénérable montre de famille, dite bassinoire. »
(Champfleury.) V. Bassin.
BAT
BAT
BASTRINGUE : Scie à scier le 1er. (Halbert.)
BASTRINGUE : Etui conique en fer d’environ quatre pouces de long sur douze lignes de diamètre, contenant un passe-port, de l’argent, des ressorts de montre dentelés pour scier un barreau de fer. (Vidocq.) — Les malfaiteurs arrêtés cachent dans leur anus cette sorte de nécessaire d’armes, qui doit être introduit par le gros bout. Faute de cette précaution, il remonte dans les intestins et finit par causer la mort. Un détenu périt il y a quelques années de cette manière, et les journaux ont retenti du nombre prodigieux d’objets découverts dans son bastringue, après l’autopsie.
BATAILLE (chapeau en) :
Chapeau à cornes tombant sur chaque oreille. Mis dans le sens contraire, il est en colonne. — Terme de manœuvres militaires.
— oc Les uns portent d’immenses chapeaux en bataille, les autres de petits chapeaux en colonne . »
(La Bédollière.)
BATEAU : Souliers. — Allusion de forme. — « Je lui dis :
. ntoine, t’as pris mes bateaux ; je me jette sur lui et je trouve mes souliers. » {La Correctionnelle, 1841.) Se dit aussi d’un soulier énorme. — - « Il chausse aussi cette excellente marquise.., une frégate. Eh bien ! il y a des jours où, ma parole, ce n’est guère plus grand qu’un bateau. » (E. Villars.)
BATEAU (mener en) : Escroquer.
BATH (du) : i)e l’or, de l’argent. (Rabasse.)
BATH : Bon et beau. — P bréviation de batif : joli. — « Nous avons fait un lansquenet n peu bath cette nuit. » (A. Vitu.)
BATIF, BATIFONNE : Neuf, neuve, joli, jolie. (Vidocq.) — De battant avec finale changée.
BATIR : Etre enceinte. (J.
Choux.) — Mot à mot : bâtir un enfant.
BATON CREUX : Fusil. (Halbert. ) — Vieux mot. — Au moyen âge les armes et bouches à leu s’appelaient bastons à feu.
BATON MERDEUX : Homme de relations difficiles. — Mot à mot : homme semblable à un bâton merdeux qu’on ne sait par quel bout prendre. — « Bâton merdeux, homme brusque qui repousse tous ceux qui s’adressent à lui. » (Dhautel.)
BATOUSE : Toile. (Grandval.)
— « La batouse à limace est plus chenue aussi. » (Rabasse.)
BATTAGE : Mensonge. V.
Batterie.
BATTANT : Cœur. (Vidocq.) Mot imagé. — Le battant est le cœur à son état ordinaire. Il ne mérite pas encore le nom de, palpitant.