‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 96 sur 622 · BRO · texte numérisé non relu

BRO

BROQUILLE : Bague. (Halbert.)

BROQUILLE : Minute. (Ce diminutif du vieux mot broque (petit clou, broche) fait sans doute allusion au petit signe indiquant la minute sur un cadran'.

BRO QU ILLEUR : Voleur ayant pour spécialité de voler les bijoutiers en substituant du strass au diamant (Colombey.) — Le strass n'est qu’une broquille.

BROSSE : Formule négative qui veut dire : non, rien. — « Brosse pour lui ! Zut pour lui !

Fallait pas qu’y liche. » (A. Dalès.)

Dès 1808, on disait : Ça fait brosse , pour : Rien pour toi!

tout est brossé. (Dhautel.) — Une caricature de Machereau , publiée en i83o, porte cette légende : a Linge sale de M. de Bourmont. Clinge salc-là, père hscobard, y f chausserait bien; mais ça f fait brosse , y sera trop beau pour nos blessures. »

BROSSÉE : Grêle de coups, défaite. — « Les Turcs ont reçu une brossée. » (Ricard.)

BROSSER : Battre. Mot à mot :

brosser de coups.

BROSSER LE VENTRE (se) :

Se passer de manger. Mot à mot :

se brosser le ventre pour lui faire oublier l’heure du repas. — « Le régiment a pris le café ce matin, mais le colonel s’est brossé le ventre. » ( Commentaires de Loriot.) — cc Et nous autres? Ah!

nous autres, nous nous brossons le ventre. » (Sarcey. )

Pris souvent au figuré pour se passer de n’importe quoi. —

a Vous brosser le ventre faute d’un éditeur. » (Commerson.)

On dit plus simplement se brosser. — « On dit qu’il espère avoir la croix... il sera forcé, cette année, de se brosser la boutonnière. » (1866, Vie parisienne.)

BROUÉE : Correction. (Halbert.) Mot à mot : action de broyer.

BROUILLARD (être dans le) :

avoir l’œil troublé par l’ivresse.

BROUILLARD (Chasser le) :

Boire un verre d’eau-de-vie dont la chaleur combat, dit-on, les mauvais effets de l’humidité.

On dit tuer le ver par un motif analogue; l’alcool pris à jeun passe pour causer de vives contrariétés aux helminthes et aux ascarides vermiculaires.

Ces deux termes peuvent être considérés comme une allusion ironique aux prétextes hygiéniques des buveurs d’alcool.

- BROUILLÉ AVEC LE DIREC¬ TEUR DE LA MONNAIE (être):

Être sans argent. — L’ironie n’a pas besoin d’explication.

BROUSSAILLE (cheveux en) :

Cheveux hérissés, mêlés comme les branches d’une broussaille.

BROUTA : Discours. — Du

nom d'un professeur de l’Ecole de Saint-Cyr, doué d’une certaine facilité d’élocution. Ce qui a fait le verbe broutasser : discourir, et le substantif broutasscur, discoureur.

BRUGE : Serrurier. Du vieux mot bruger : frapper, heurter.

La même allusion se retrouve dans tape dur.

BRU

BRU

B R U G E R I E : Serrurerie.

Jdem.)

BRULAGE : Déconfiture. — « C’est un brûlage général. »

(Balzac.)

BRULE-GUEULE : Pipe dont le tuyau écourté brûle les lèvres du fumeur. — « Ils ont un brûlegueule à la bouche qui, en leur enfumant toute la figure, leur procure une haleine insupportable. » ( Caricatures politiques, an VI.) « Une de ces pipes courtes et noires dites brûle-gueule. »

(Banville.)

BRULÉ : Fini. — « Comment sommes-nous avec le boulanger?

— M’sieur, le boulanger est brûlé, il demande un à -compte. »

(Champtleury.) C’est-à-dire : le boulanger est brûlé comme créditeur.

BRULÉ : Démasqué. — « Le grec brûlé prend son parti lestement, et va, sous un autre nom nobiliaire, se faire pendre ailleurs. » (Mornand.)

BRÛLÉE : Correction plus forte que la brossée. Elle brûle celui qui en porte les marques.

BRULER : « Messieurs, j’en brûle huit! Traduction : messieurs, je retire du jeu les huit premières cartes qui par conséquent ne serviront pas. » (Cavaillé.)

BRULER : Se dit d’un cocher qui en dépasse un autre.

BRULER : Être tout près de deviner la vérité qu’on cherche.

— « Olivier. Ah ! je crois que je brûle, comme on dit aux petits jeux. Est-ce que M. de Nanjac...

— Suzanne. Vous rêvez. » (Dumas fils, le Demi-Monde.)

BRULER LE PÉGRIOT :

Effacer la trace d’un vol. (Halbert.)

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