BIG
BICHERIE : Monde galant. Mot à mot : réunion des biches. — c Madame Marguerite V.... de la haute bicheriedu quartier d'An> tin. » {Les Cocottes, 1864.) V.
Benoitonnée,
BICHE, BICHETTE, BI- CHON : Mots d'amitié pour chaque sexe. — Bichette est, comme biche, la femelle du cerf. Bichon se dit d'un petit chien du genre havanais. — <c Viens ici, ma biche, viens t'asseoir sur mes genoux. »
(Frémy.) — « Oui, ma bichette, oui, mon petitchien-chien. » (Leuven.) — a Mon bichon, tu seras gentil, faudra voir! 9 (Gavarni.)
BICHON: Souliers à boufflettcs. — tt J'avais apporté des amours de souliers. Prenez nos bichons, que je lui dis. » (P. de Grandpré.)
BICHOT : Évéque. (Colombey.) — Germanisme. — L'évéque allemand est un bischoff.
BIDET : Ficelle transportant la correspondance des prisonniers enfermés à des étages différents.
(Vidocq.) C'est leur bidet de poste. '
B/DOCHË : Viande. (Vidocq.)
BIDONNER : Boire copieur sèment. — Le bidon est un fort récipient à liquide. — « Hier, j'ai bidonné et ce matin l'avais la bouche pâteuse. — Fallait repiquer pour te remettre. » (Ladimir.)
BIEN: D'apparence distinguée.
— « Elle aime à causer, surtout avec Usmessieurs 6i>ii.» (P.d'Anglemont.)
BIEN (être) : Être gris. Mot à mot : éprouver le bien-être factice causé par un commencement d'ivresse. — Ironique.
BIEN MIS : Fashionable. — a Ohé! ce bien mis, il vient foire sa tête parce qu'il a du linge en dessous. » (E. Sue.)
BIENSÉANT : Derrière. — Jeu de mots. — De toutes les parties du corps, c'est, en eftet, celle sur laquelle on sied bien.
BIER : Aller. (Vidocq.) Abréviation d'ambier, V. ce mot.
BIFFER : Manger goulûment.
(Vidocq.) C'est boujfer avec changement de la première syllabe.
BIFFIN, BIFIN : Chiffonnier.
— a Ce n'est pas le chiffonnier pur sang, c'est celui qui a déchu d'une position meilleure. De là sans doute le nom de biffin :
goulu, donné par l'ancien chiffonnier au nouveau venu. » (Privât.) -* a J' vois deux bifins et leurs femelles. » — (CAâ)i5. 36.)
BIGARD : Trou. (Vidocq.)
BIGE, BIGEOT : Dupe (Vidocq.)
BIGORNE : Argot. - Du vieux mot biguer : changer, troquer.
L'argot n'est qu'un langage 6i-
BiL
filL
gué, d'où le diminutif bigorne, — « Rouscaillons bigorne. Qui enterver le saura, à part sézière en rira, mais les rupins de la vergne ne sont dignes de cela.
(Vidocq,) V. Jaspiner,
BIGORNEAU : Soldat de marine. — Terme de matelot.
Comme le petit coquillage de ce nom, le soldat de marine reste attaché à M côte.
BIGORNEAU. — Sergent de ville. (Halbert.)
BIGOTTER : Prier. (Vidocq.) Mot à mot : faire le bigot.
BIGRE : Juron lancé dans les cas difficiles. Ah! bigre I se dit comme ahl diable! C'est une forme de bougre!
BIGREMENT : Superlativement. Forme de bougrement, — « C'est bigrement embêtant, allez. » (Gavarni.)
BIJOUTIER. — Marchand d'ar lequins. V. Arlequin,
BIJOUTIER EN CUIR. - Savetier. (Colombey) — Ironie.
BILE (ne pas su faire de) :
Ne pas se tourmenter. — « Ne vous faites pas de bile, elle sera heureuse avec moi. > (Marquet.)
Après r service on peut sans retard... Venir chez ses parents, sans s* faire de
bile Savourer une bonne soupe au lard.
(A. Cahen.)
Il ne ^e fait pas de bile se dit d'un insouciant.
Il se fait une bile se dit d'une personne qui se tourmente constamment.
BILLANCHER : Payer comp-
tant. Mot à mot : donner de la bille,
BILLE, BILLEMONT, BIL- LON : Monnaie. Billemont ci Bille viennent de billon, — c L*ar« gent au Teihple est de la braise, nu de la thune, ou de la bille. »
(Mornand.) — « Nous attendions la sorgue, voulant poisser des bogues, pour faire du billon. »
(Vidocq.) V. Attache, FlacuL — Sillon se dit toujours pour mon« naie de cuivre.
BILLET A LA CHATRE. — Garantie illusoire.
• Vous connaissez, sans doute, Tanecdote qui a donné naissance à cette expression tant répétée. Pour le cas, cependant où elle ne serait pas venue jusqu'à vous, la voici en deax mots :
— Le marquis de la Châtre aimait tendrement Ninon. Obligé, par un voyage, de la quitter pendant quelque temps, il s'était demandé si, pendant l'absence, Ninon l'aimerait toujours. Nous ne savoiis quelle idée le marquis se faisait dej'amour et de la fidélité d'une fille d'Eve, mats il voulut, pour mettre fin à ses anxiétés, que Ninon s'engageât, par écrit, à lui rester fidèle. Ninon signa, le marquis partit, et... Ninon qui n'aimait pas les entr'actes, oublia bientôt promesse et signature. Comme il était un peu tard quand son billet lui revint en mémoire, elle ne put s'empêcher de s'écrier : Ah! le bon billet qu'a la Châtre! C'est depuis ce tempa ou plutôt depuis cette histoire, que la mot est passé dans la langue. Ayeft dans les mains un billet sans valeur^ un engagement peu sérieux, et ToR dira pour caractériser votre situatloa , Le bon billet qu'a la Châtre! • (Rozan .}
« Voilà M. Quarteret tranquille. Il a la parole de M. Marque. Oh! le bon billet à la Châ* tre... » (Éclair, juillet 1872.)