‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 108 sur 474 · V. Asphalte · texte numérisé non relu

V. Asphalte

BITUMER : Faire le tr9ttoir.

(J. Choux.)

BITURE,BITTURE ! Consommation copieuse.— Du vieux mot boiture: goinfrerie. — c N'aspirons-nous le grand air que pour l'ineffable joie d'engloutir impunément du/^tguefon jusqu'au^bichonnage majeur, \\is{\\i*k prendre une biture? » (Luchet.) — oc Le cortège fait halte pour une ^lYiire générale. » (La Bédollière.) — «Je peux me flatter de m'étre donné une biture soignée. » (L.

Desnoyers.)

BITURER (se) : Se donner une biture.

BLACKBOULAGE : Refus, échec dans une demande d'admission. V. Blackbouler, — < Le jockey-club devient de plus en plus sévère. Le blackboulage wé*

BLA

c Pour icfcser cm dfpaiBr

dit Uadk. Or, locs^^zm ciass- ^ dat est icpCMUsé . ca £t q::*^ a ■; âé bUckbooilé! Qad aoe sia- Ts^! > (G. CliTOiia-^

BLAGUE : Aaticfott ce bmc si r^)a&du «gnitian. àiï«£0r»e. Auiourdliaî il «quatre

4* mêtMSomge.

Son étyaiologic a doané tièie à bien des oonyecturet. On ne peut admettre celk de M. Al> bert Monnier, qui, daas un article du Figjro, tût dériTcr Mjgner du bragmer de Rabelais; ni celles de MM. A. Luchet et Fr.

Michel, qui voient dans tiagme une acception figurée de la vessie employée par les tumeurs sous le même nom.

11 es| à remarquer que le mot bloque pralaque) désigne, dans le Dictiommaire de Ménage, les hommes de mauvaise foi (comme Grec : escroc). — M. Littré, qui relègue blague et blaguer parmi les termes du plus bas langage, donne une étymologie gaélique beaucoup plus ancienne (Blagh :

souffler, se vanter.) Malheureusement, nous manquons jusqu'ici des exemples intermédiaires qui prouveraient la transmission d'une origine si reculée. Voici la sériedesexemples certains les plus anciens que nous ayons pu recueillir :

Le Dictionnaire de Dhautel (i8oâ), admet les mots blaguer et blagueur avec le triple sens de railler, mentir, tenir des discourt

àMxk le lécît de la ke iào9 (V^sge em A^ktrid^) z — « Les militaires CCS, dît-il.

Soù Foo a iaît démvr èiagmer^

(Steadhali dit dans sa Hi lâij (Paxis lâaj; en parlant du temps de FEmpire, où il avait servi dans rAiminîstratîoo militaire : — < Cette vanterie ^oiste et grossière que iK*as appelions Ml^Me parmi les o&ders subalternes des rqgimentSy y est absolument inconnue. >

Un peu après, nous trouvons blague avec le même sens en Belgique et en Champagne. — L'auteur d'un vocabuiàtre IjMgroisdc 1823, mentionne blague comme appartenant au langage local. Enfin, on trouve Hack (hâblerie), dans le dictionnaire wallon de Remade. (Li^, iSiB.)

De ces divers exemples, et en attendant mieux, on peut conclure avec certitude que blague était fort usité dans l'armée au commencement du siècle, avec le seul sens de hâblerie. Nous allons voir cette signification se modifier complètement avec l'extension de son usage.

Voici des exemples pour les divers sens de blag9X :

BLAGUE : Cil jf tfie ordinairo

BLA

BLA

— On dit : J'ai fait deux heures de blague avec un tel, pour fai causé avec un tel.

BLAGUE : Faconde, verve, habileté oratoire. — c Un homme d>sprit et de bonnes manières, M. le comte de Maussion, adonné au mot blague une signification que l'usage a consacrée : < l'art c de seprésenter sousun jour fac vorable, de se faire valoir, et « d'exploiter pour cela les hom> c mes et les choses. » (Luchet.)

Un homme qui a de la blague est un homme doué d'une grande facilité d'élocution.

Avoir la blague du métier :

faire valoir certaines choses en spécialiste consommé.

// a une fameuse blague : il a une grande verve.

// n*a que la blague : il parle bien, mais n'a pas une valeur réelle.

BLAGUE : Plaisanterie, raillerie. — « Je te trouve du talent, là, sans blague! » (De Goncourt.) ^ a Pas de bêtises , mon vieux , blague dans le coin 1 t'es malade.»

(Monselet.)

Une blaçue est aussi une œuvre littéraire sans valeur. On dit d'un journaliste médiocre : il ne fait que des blagues,

BLAGUE : Mensonge. — c En leur faisant avaler toutes sortes de blagues. » (L. Huart.)

BLAGUE A TABAC : Sein fiétri. (Colombey.)

BLAGUER : Causer. — « Nous venons blaguer, » dit Léon de Lora à M"* Nourrisson, dans les Comédiens sans le savoir, de Balzac. — € Et à propos de quoi

choisis-tu ce beau jour pour ve* nir ainsi blaguer morale? » (£• Sue.)

BLAGUER : Avoir de la venre.

— c Enfin elle blague au)0ur« d'hui,elle qui ne connaissait rien de rien, pas même ce mot-là. »

I Balzac.)

BLAGUER : Railler. — c Si on te blagLe, fais semblant de rire. » (De Goncourt.) — « Ne blaguons plus ! » (Cousine Bette, Balzac)

Un homme blagué : un homme raillé, berné.

BLAGUER : Mentir, faire des hâbleries. Pour les exemples, v. Blague,

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