‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 128 sur 474 · BRO · texte numérisé non relu

BRO

BRU

BROQUILLE : Bague. (Halbert.)

BROQUILLE : Minute. (Ce diminutif du vieux mot broque (petit doUy broche) fait sans doute allusion au petit signe indiquant la minute sur un cadran.

BROQUiLLEUR : Voleur ayant pour spécialité de voler les bijoutieibSnsubstituantdu strass au diamant (Colombey.) •— Le strass n'est qu'une broquille.

BROSSE : Formule négative qui veut dire : non, rien. — il Brosse pour lui ! Zut pour lui !

Fallait pas qu'y liche. » (A. Dalès.)

Dès 1808, on disait : Ça fait brosse, pour : Rien pour toi!

tout est brossé. (Dhautel.) — Une caricature de Machereau, publiée en i83o, porte cette légende : tt Linge saie de M. de Bourmont. O linge sale-là, père jcscobard, y V chausserait bien; mais ça t* fait brosse, y sera trop beau pour nos blessures. »

BROSSÉE : Grêle de coups, défaite. — a Les Turcs ont reçu une brossée, » (Ricard.)

BROSSER : Battre. Mot à mot:

brosser de coups.

BROSSER LE VENTRE (se) :

Se passer de manger. Mot à mot :

se brosser le ventre pour lui faire oublier l'heure du repas. — « Le régiment a pris le café ce matin, mais le colonel s'est brossé le ventre. » (Commentaires de Loriot.) — « Et nous autres? Ah!

nous autres, nous nous brossons ie ventre. » (Sarcey . )

Pris souvent au figuré pour se passer de n'importe quoi. —

« Vous brosser le ventre faute d*un éditeur. » (Commerson.)

On dit plus simplement se brosser, — « On dit qu'il espère avoir la croix... il sera forcé , cette année, de se bros^r la boutonnière. • (1866, Vie pari^ sienne.)

BROUÉE : Correction. (Halbert.) Mot à mot : action de broyer,

BROUILLARD (être dans le):

avoir Toeil troublé par l'ivresse.

BROUILLARD (Chasser le):

Boire un verre d'eau-de-vie dont la chaleur combat, dit-on, les mauvais effets de l'humidité.

On dit tuer le ver par un motif analogue; l'alcool pris à jeun passe pour causer de vives contrariétés aux helminthes et aux ascarides vermiculaires.

Ces deux termes peuvent être considérés comme une allusion ironique aux prétextes hygiéniques des buveurs d'alcool.

BROUILLÉ AVEC LEDIREC- ! EUR DE LA MONNAIE (être):

Être sans argent. — L'ironie n'a pas besoin d'explication.

BROUSSAILLE (cheveux en) :

Cheveux hérissés, mêlés comme les branches d'une broussaille.

BROUTA : Discours. — Du nom d'un professeur de l'École de Saint-Cyr, doué d'une certaine facilité d'élocution. Ce qui a fait le verbe broutasser : discourir, et le substantii broutasscur, discoureur.

BRUGE : Serrurier. Du vieux mot bruger : frapper, heurter.

La même allusion se retrouve dans tape dur.

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BRUGERIE : Serrurerie.

Jdem.)

BRULAGE : Déconfiture. — « C'est un brûlage général. > (Balzac.)

BRULE-GUEULE : Pipe dont le tuyau écourté brûle les lèvres du fumeur. — « Ils ont un brûlegueule à la bouche qui^ en leur enfumant toute la figure, leur procure une haleine insupportable. • (Caricatures politiques, an VI.) « Une de ces pipes courtes et noires dites brûle-gueule. > (Banville.)

BRÛLÉ : Fini. — « Comment sommes-nous avec le boulangera — M*sieur, le boulanger est brûlé, il demande un à-compte. »

(Châmpfleury.) C'est-à-dire : le boulanger est brûlé comme créditeur.

- BRÛLÉ : Démasqué. — « Le grec brûlé prend son parti lestement, et va, sous un autre nom nobiliaire, se faire pendre ailleurs. D (Mornand.) *

BRÛLÉE : Correction plus forte que la brossée. Elle brûle celui qui en porte les marques.

BRULER : « Messieurs, j'en brûle huitl Traduction : messieurs, je retire du jeu les huit premières cartes qui par conséquent ne serviront pas. » (Cavaillé.)

BRULER : Se dit d*un cocher qui en dépasse un autre.

BRULER : Être tout près de deviner la vérité qu'on cherche.

«— « Olivier, Ah I je crois que je brûle, comme on dit aux petits jeux. Est-ce que M. de Nanjac...

» Su^amte, Vous réTex, » (Do* mas fils, le Demi-Monde,)

BRULER LE PÉGRIOTt Effacer la trace d*un toI. (HaK* bert.)

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