‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 140 sur 474 · V. Canou · texte numérisé non relu

V. Canou

CANAILLE : Rusé, malicieux.

— Se dit amicalement. — « Elle m'a dit qu'elle me donnerait son adresse; mais je ne la lui ai pas demandée. — C'est canaille ! n

(T. Delord.)

CANAGE : Agonie. (Colombcy. V. Caner,

CANARD : Fausse nouvelle, récit mensonger inséré dans un

journal. — « Nous appelons un canard, répondit Hector, un fait qui a Tair d'être vrai, mais qu'on invente pour relever les Faits^ Paris quand ils sont pâles. » (Balzac,) — « Ces sortes de machines de guerre sont d'un emploi journalier à la Bourse, et on les a,, par euphémisme, nommées ca^ nards. » (Mornand.) — Une anecdote du tome i*' du Dictionnairede l'Industrie (Paris, Lacombe, 1776), semble nous livrer l'origine de ce mot :

On lit, dans la Ga\ette dagricul-^ ture, un procédé singaller pour prendre les canards sauvages. On fait bouillir un gland de cbêne, 'gros et long, dans une décoction de séné et de jalap ; on l'attache par le milieu à une ficelle mince, mais forte ; on jette le gland h Peau. Celui qui tient le bout de la ficelle doit être caché. Le gland avalé purge le canard qui le rend aussitôt : un autre canard survient, avale ce même gland, le rend de même ; un troisième, un quatrième, un cinquièmes'enfilent de la même manière.

On rapporte à ce sujet l'histoire d'un huissier, dans le Perche, près l'étang du Gué-de-Chaussée, qui laissa enfiler vingt canards ; ces canards, en s'envolant, enlevèrent l'hnssier. La corde se rompit) et le chasseur eut la cuisse cassée.

Ceux qui ont Inventé cette histoireauraient pu la terminer par une heureuse apothéose, au lieu de la terminer par un dénoûment aussi tragique.

La grossièreté de cette histoire^ comme dit notre citation, — l'aura fait prendre comme type des contes de ga!i[ette, et canard sera resté pour qualifier le genre entier»

On trouve « donner des canards :

tromper n dans le dictionnaire d*Hautel (180S).

CANARD ; Imprimé banal

CAN

CAN

aie dani la rue comme nouvelle importante. V. Caaarditr,

CANARD, COUAC : «Ces eiplosions criardes des inilrumenls à vent si connues sous le nom de canards, u (A. Luchel.)

— Lç second mot est une onomatopée (counc) ; la comparaison d'une fausse noteaucriducanard a fait former le premier.

CANARD : Sobriquet amical donnj atiz maris fidèles. Le canard aime à marcher de compagnie. — • Voici, mon canard, dit-elle... Or, le canard de madame Pochard, c'était son mari!

Il avait reçu de sa douce moitié ce sobriquet d'amour, i (Ricard.)

CANARD sans plumes : Nerf de boeuf «ervant à la correction des formats, (Colombey.) — Jeu de inott signifiant grosse canne quin'apasiadouceurdesplumei.

CANARDER : Tromper.— • On a trop canardé les paroîisiens. .. avec la philanthropie, s (Gavarni.)

CANARDIER : Crieur, confectionneur de fausses nouvelles.

— u Place au célèbre Edouard, le canardicr par excellence, te roi des crieurs publics 1 >

(Privât d'Angtemont.) CANASSON : t Nom familier donné à leurs chevaux par les cochi:rs de Paris, s (Lem. de Neuville.} — aTraitei de canastan> les chevaux de M. de Lagrange. « (Marx.) — On dit en abrégeant can'son.

CANCAN : Se dit d'une certaine manière de danser le quadrille, avec des mouvements de bras, de jambes, de téie et de

croupe, non prévus par la choriftraphie régulière. Cette danie paraît itre née dans le quartier Latin, sous la monarchie de Juillet; mais son nom existait déjà.

Lx Dictionnaire du vieux langage de Lacombe ( 1 766) explique ainsi le mot cancan : — s Grand tumulte ou bruit dans une compagnie d'hommes et de femmes, a Cela répond assez exactement, on le voit, à la signiHcation actuelle.

Mi nie un Ici ^ludianll,

(LetClUcr, t83fi,J a Nous ne nous sentons pis la force de blâmer le pays Latin,

danse fort amusante. i(L.Huartj 11140.)— M. Littré n'est pas aussi indulgent. Il dit : Cancan, sorte de dunse inconvenante des bals publics, avec des sauts exagérés et des gestes impudents, moqueurs etde mauvais ton. Mot très-familier et m£rae de mauvais ton. (Littré, 1(164.) V. Chahut; — a Nous avons le cancan gracieux, la saint-simonienne, le demi-cann, te cancan, le cancan et demi le chahut. Cette dernière danse [ la seule prohibée. I (Alphonse Karr.) — c On va pincer un lé-

:r cancan , mais bien en dou-

^ur. s (Gavarni.)

Voici, pour les archéologues,

xe description exacte du cancan

d'il y a trente-cimi ans. Elle est

raite des Nouvelles à la main

L'étudiant se met en plaee, las quadrilles sont fbrmdi. IM* li pnaiMte flgore te minituteot chei toas uaa fttstiie de pWsir, nne wrtt le

CAN

CAN

bonheur gymnastique. Le danseur se balance la tète sur l'épaule ; ses pieds frétillent sur le terrain salpêtre : à Ta- Tant deux, il déploie tous ses moyens : ce sont de petits pas serrés et marqués par le choc des talons de bottes, puis denx écarts terminés par une Unçade de oOté. Pendant ce temps, la tête penchée en ayant se reporte d'nne épaule à l'antre, à mesure qne les bras s'élèvent en sens contraire de la jambe. Le sexe ne reste pas en arrière de toutes ces gentillesses ; les épaules arrondies et dessinées par un chAle trèsserré par le haut et traînant fort bas, les mains rapprochées et tenant le devant de sa robe, il tricotte gracieusement sous les volans de sa jupe que soulèvent des petits coups de pied réitérés ; tourne fréquemment sur luimême, et exécute des reculades saccadées qui détachent sa cambrure. Toutes les figures sont modifiées par les professeurs du lieu, de manière à multiplier le nombre des : En avant quatre A tous ces signes, il n*est pas possible de m'iconnaltre que ce qu'on danse à la Chaumière. C'est le... cancan. • (Roqueplan.)

CANCANER : Danser le cancan. — a J!ai cancané que )*en ai pus de jambes. » (Gavarni.)

CANCRE : Mauvais élève. — Allusion au cancre de mer qui recule au lieu d'avancer. V. Piocheur.

CANE : Mort. V. Cattage. — C'est rtieure où l'on a peur, où on cane,

CANELLE : Caen. — C'est un diminutif avec transposition de la seconde voyelle.

CANER : Avoir peur, reculer, plonger, comme fait une cane.

— Vieux mot. — « Par Dieu!

qui fera la cane de vous aultres, je me donne au diable si je ne le lais moyne. • (Rabelais.>--« Lau-

rent de Médicis... voyant mettre le feu à une pièce qui le regardait, bien luy servit de faire la cane, car aultrement le coup qui ne lui rasa que le dessus de la teste luy donnait dans Testomach. » (Montaigne.) — « Oui, vous êtes vraiment français; vous n'avez cane ni Tun ni l'autre. > (Marco de Saint-Hilaire.)

Madame prend son criard.

Monsieur cane comme une victime.

(Festeau.)

CANER la pégrenne : Mourir de faim. (Colombey.)

CANER : Agoniser, mourir.

(Vidocq.) — Les approches de la . mort vous font peur, vous font caner. V. Rengracier,

CANER : Aller à la selle. (Moreau C.)

CAN ESON (mon vieux) : Terme d*amitié. Mot à mot : mon vieux cheval. V. Canasson.

CANEUR : Poltron.

CANICHE : Ballot carré. (Vidocq. — Sa couverture de toile se prend par les coins qui forment des oreilles semblables à celles d'un petit chien.

CANIF dans le contrat {doiintt un coup de) : Commettre une infidélité conjugale. — « Et puis ces messieurs, comme ils se gênent pour donner des coups de canif dans le contrat! La Gaiçette des Tribunaux est pleine de leurs noirceurs, aussi nous sommes trop bon nés. » (Festeau.) ~ « Elle avait tellement trépigné dans le coup de canif, que c'est à peine s'il restait quelque chose du con- * trat. » {Vie parisienne^ 55.) — « La

CAN

CAP

poste restante agrandie, c'est la multiplication des coups de canif. » (Presse illustrée, 66.)

CANNE : Surveillance de la haute police. — Il 7 a la canne majeure et la canne mineure. — — Être en canne : Habiter après avoir subi sa peine, une localité déterminée par Tautorité. — Se dit aussi abusivement pour cas-' :ser sa canne.

Lass rsa canne : Quitter sans autorisation la ville désignée, rompre son ban. — « Malheur à lui s'il a cassé sa canne. 9 (Starair, 1867.)

CANON : Mesure de liquide en usage chez les marchands de vins de Paris. — Vient de cawoM qui signifie verre dans le vocabulaire des francs -maçons. — nÙscar: Prenons-nous un canon?

— Le marquis (hésitant) : Heu...

heu... — Oscar : C'est moi qui paye. — Le marquis : Oh l alors. »

(Marquet.)

Les canons que l'on traîne à la guerre Ne valent pas ceux du marchand de vin.

iBrandin, 26 )

CANONNIKR DE LA PIÈCE HUMIDE : Infirmier militaire.

— La pièce humide est, comme •on s'en doute, la seringue.

CANONNIÈRE : Derrière.

Même allusion que dans pétard.

CANTALOUP:Niais.-.Sy.

nonyme de Melon. — « Ah çàl •d'où sort-il donc, ce cantaloup? Sur quelle couche M. son papa l'a-t-il récolté, cd jeune légume >»

(Ricard.)

CANTER: Galop d'essai précédant la course. — « On dit d'un

cheval qu'il prend son canter. »

(Paz.) Angl.

CANTON: Prison. (Grandval.) — Du vieux mot canton : coin.

C'est dans les coins qu'on est à Vombre. On a de même appelé cosçnard le gendarme qui vous met dans le coin, qui vous y rencogne.

CANTONNIER : Prisonnier.

(Grandval. — De canton : prison.

CANULANT : Ennuyeux. — Mot inventé par les ennemis du clystère. ~ <c Le colonel fait des siennes. En v'ià un qui peut se vanter d'être canulant. »

(Commentaires de Loriot.)

CANULE : Homme canulant.

CANULE-R : Importuner. *a C'est canulant. » (H. Monnier.)

CANUT : oc Ouvrier en soie de Lyon, pauvre animal expiatoire du Rhône, à la face jaune et misérable. » (Ricard.)

C\P : Surveillant du bagne. — Du vieux mot cap : chef (caput.) — ce Le commissaire du bagne a sous ses ordres, pour la surveillance des forçats, un grand nombre d'agents. Ces divers agents sont divisés en agents de police etde surveillance intérieure et en gardes. Les premiers sont les comes ou comités, au nombre de trois ou quatre, les argousins trois, les sous-comes dix-huit, sous ' argousins dix -huit, et les cjp^,. espèces de piqueurs, pour diriger les travaux, jd (Moreau Christophe, 3y.)

CAPAHUTER : Assassiner son complice pour s'approprier

CAP

sa part. — Du nom de Capahut , malfaiteur coutumier de ce procédé. (Vidocq.)

CAPE : Écriture. (Halbert.)

CAPET : Chapeau. — Vieux mot. Capel (chapeau), se prononçait cape au moyen âge.

CAPINE : Écritoire. (Htlbcrt.)

CAPIR : Écrire. (Id.)

CAPITAINAGE : Agiotage.

(Vidocq.)

CAPITAINER : Agioter. Mot à mot manœuvrer son capital.

CAPITULARD : Homme qui capitule. — Cette sotte injure fut d'abord adressée en 1871 à une armée irresponsable qu'on ne pouvait accuserde nos malheurs.

— c Lâche, capitulard, soldat à Badinguet , et autres aménités^ allèrent leur train. » {Éclair, 72.)

Le terme s'est ensuite généralisé, a Tous ces trembleurs, ces capitulards, qui ne peuvent se passer du cadenas de Tétat de siège. 9 (Saint-Genest, 75.)

CAPON : Filou. (Idem.)

CAPONS : Écrivains. (Grandval.) Il s'agit ici de ceux qui écrivent des lettres pour les autres.

On trouve capous dans Halbert.

CAPORAL : Tabac à fumer.

— Il est plus fin que celui dit de soldat, ou de cantine, vendu à un prix moindre. — «Un fumeur très-ordinaire brûle à lui seul son kilogramme de tabac par mois. t> (A. Luchet.)

CAPRICE : Vive et subite affection. — <s Tu es mon caprice, et puisque qu'il faut sauter le

pas, que du moins f y trouve du plaisir. » (Rétif, 1776.) — Le caprice ne dure pas longtemps, mais il est désintéressé. — c Plus capable de caprice que la femme, entretenue, moins capable d'amour que la grisette, la lorette a compris son temps, et l'amuse comme il veut l'être. » (Th. Gautier.)

Faire des caprices : Séduire à première vue, inspirer des caprices.— «J'en fais t'y des caprices! Aussi, avec une balle comme ça, on peut tout se permettre. • (Lamiral, i838.) V. Boule.

CAPSULE : Chapeau d'homme affectant les petits bords et la forme cylindrique d'une capsule de fusil. V. Carreau,

CAPUCINE (jusqu'à la troisième ) : Complètement ivre, c'est à-dire en ayant jusqu'au menton.

La troisième capucine est près de la bouche du fusil. — « Veuillez excuser notre ami, il est gris jusqu'à la troisième capucine. »

(Murger.)

CARABINE : Maîtresse d'un carabin ou étudiant en médecine.

Carabin signifiait garçon barbier au temps où les barbiers pratiquaient la chirurgie et s'armaient de la seringue, comparée dérisoirement à une carabine. « Sois tant que tu pourras étudiante en droit. Carabine.» {Almanach du Diable amoureux, 49.)

Son petit air mutin Platt fort au quartier Latin, C'est Flora la Carabine. (J. Choux.)

CARABINE : Fouet du conducteur du train. — Comparaison ironique de son claquement à la détonation d'une carabine.

CARABINÉ : De première force. — Terme de marine. On ■ait qu'uD vent carabiné est lri«fert. ~ <■ On t'attend à une baiisc carabinée ft laBourte. ■ (Vitparisienae, 68.) — a Le cordonnier poCte Bochart vient de le lui reprocher en vers carabinés, b (Leguilloit.)

Radoulci 1» ToiDkrdi et leU cbucc

ebidnic; Fuytz au loia leur Tcinc : dis cil câ-

nblaic. (Alyg«)

CARAMBOLAGE : Ctiuie, luccetEion de chocs. — Ce terme du [eu de billard est passé dans le domainedeSBccidenti et des voies ,de fait. — I Fixe ! A ce mot survint un coup de roulis suivi de carambalageasurtoute la ligne. I Paris comique, août 70.)

CARAMBOLER : Tomber, bire tomber en ricochant. — I lï.eur père qui carambole, en ruinant son fila et sa fille, i Balzac.

GARANT ; Planche. <Halbert.) GARANTE : Table. (W.) CARAPATA : Marinier d'eau douce. — n Les carapatas sont les marinsdu canal de l'Ourcq, passant leur vie sur l'eau tout comme leurs confrères de l'Océan, n — (A. Scholl, 66.) — iLes mœurs des carapatas sont des mceurs à part. Ce sont les hommes de j'eau, * (Privât d'An);lemont,5o.) CARAPATËR (se) : Se sauver.

(RabasK.)

CARBELUGHE GALICE:

Chapeau de soie. (Halbert.) —

, Allusion à la peluche de soie qui

CARCAGNO : Usuriw (Vi-

CARCAN : Cheval étique, femme maigre, revêche. — u C'est pas un de ces carcans à quernoiine qui balayait le raacâdam. ■ (Monselel.)

CARDINALE 1 Lune. - Allusion à la couleur des menstrues (appelées jadis le cardinal), qui reviennent avec la lune nouvelle.

la rouge;

t la c

des

cardinaux. — M. Francisque Mî- ' ' ' ■ ropos une poésie

loit cabinet.

S'il ne vient, j'en suit aux iMl,

J'en Inmble, j'en soupire.

Quand an l'a perdu pour oeuf mtdi,

CARDINALISER : Rougir. — « Exceptez les esc revisses que l'on cardinalise à la cuicte. i (Rabelais.)— dll buvait... de manière à se cardinaliser la figure. » (Balzac.)

CARE (Voler à \»),earer, caribeiter, — Voler un marchand en proposantunéchangeavantageux

nouvelles, (Vidocq.) — Care et eaner sont des formes anciennes de charriage et de charrier (Voir ces mots); Caribêner est un diminutif.

GAREUR : Voleur à la cars.

V, Carreur.

GARCE : Balle. (Halberi.) Mot à mot : charge. La balle de colporteur est une charge.

CARGO r : Cantinier. — Corruption de gargoter. V. Aide.

CAR — 8i — CAR

CARIBKNER : V. Care. CAROTTE : Demande d'argent

CARLE : Argent. (Vidocq.) «ouaun faux prétexte. -«Des

Forme françai8edeCflro/i«,m2n. f»~"^'! combien qu'y en a des

naie qu'on commença de frapper bourgeois, et des huppés, qui ne

sous le roi Charles VIIÏ. - «Le ^'^«"^ ^"^ ^« ?*' » (Gavarni.) cidrenevautplusqu'uncarolus.1 CAROTTE (tirer une) : De-

(01.BasseIin.)—«J'«y une verge mander de Targentsous un faux

d'or, accompagnée de beaux et prétexte. — « Nul teneur de H-

joyeux carolus. i (Rabelais, Pan- yres ne pourrait supputer le chif-

tagruel,\.lU,ch.XV\\)y,Bayafe. f^e des sommes restées verrouil-

— On dit par corruption Carme, lées au fond des cœurs généreux CARLINE :La mort. (Vidocq.) P*** cette ignoble phrase : Tirer

-Allusion nu nez camus de «te ctfro«e. » (Balzac.) -- Génm

Carlin. Jadis on appelait la mort f^ ^^îf^/ ^^*«"« ""f """f^on à

camarde, parce qu'une tête de '* fac»»«té «vcc laquelle on Ure les

mort n'a pour nez qu'un os de ^*'"^"" / "» Jf'"''"" «"ffisam-

très-laible saillie. On l'appelle ment préparé. Dans certaines ac-

aussi camuse pour la même rai- ceptions, ce mot est ancien. Voir

-^„ Carotter le service, son.

CARLISTE : Dévoué à la mo- CAROTTE (tirer une) : Faire

narchie de Charles X. On appelle "« mensonge pour connaître la

de même Henri quinquistes les mérité. (Grandval.) partisans du comte deChambord Ck\KOTTE de longueur, d'épais*

(Henri V). — a Ah! ben oui! j^iir (tirer une): C'est la prépa-

carliste! M. Péguchet? Ben du rer de longue main, ou la tenter

contraire, il méprise ben trop les j^r une grande échelle, prêtres pour ça. i (H. Monnicr.) ^iVre de carottes : Vivre en

— « Il y avait alors à Saintc-Pé- faisant des dupes, lagiedeux catégories, les carlistes ^.ork-rTi? ix x m. ^ etles républicains. (Chenu.) „ CAROTTE : Dupé. - « M. de

Rochegude, comme tous les petits

CARME : Miche. (Halbert.) esprits, avait toujours peur d'être

CARME : Argent. Forme alté- carotté, i (Balzac.)

rée de Carie, CAROTTER : Risquer peu.

CARNE : Abréviation de cha- Carotter, dans le sens de jouer

rogne. - « Un morceau d' carne [^mesquinement se trouve déjà dans

dur comme un cuir. » (Wado.) '^ Dictionnairede Trévoux, 1771.

— « Un homme qui allait à la

CARNE : Mauvaise femme. Bourse et qui carottait sur les

— Même étymologie. — « Je la rentes après s'y être ruiné. » Balrenfoncerais dedans à coups de zac.)

soulier... la carne. (E. Sue.) i-tork-r-rco i-kc* • j 1.

^ ' CAROTTER : Obtenir de lar-

CAROTTE : De couleur aussi gent en tirant une carotte : « Al-

rousse que la carotte. — On dit Ions, va au marché, maman, et

des cheveux carotte, ne me carotte pas. 1 (Gavarni.) —

« Cela ne truMI pa» mieuK pour UD garjon que de passer sa vie ->earo<terîME. Augier.)

CAROTTER , Carotter l'exUience : Ne vivre que de caroltes, c'MI-à-dire vivre mcsquincmeat.

•^ ■ Il ce dfpouillaic 4e tout... Il sen très-heureux de vivre avec Duraaj en caroltant au Havre. »

(Balzac.)

CAROTTER (eseryice: Êludor •DUS de faux |irétextes les obligsriona du service milîlaire. pJ'is dans ce dernier sent, le mot paraFl dsier du moyen-Age. Dana le dictionnaire Roman Wallon de 1777, j'ai été surprit de rencontrer son ancienne forme ; n Karotter : aller et venir dans une maison sans y rien faire. ■ — Ici karotier «st certainement un péjoratif du vieux verb: karoler : sauter , gambader.

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