‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 438 sur 474 · TOR · texte numérisé non relu

TOR

patois provinciaux. -» On dit de même : il a reçu un coup de marteau. Cest-à-dire : son cerveau est bien près de se fêler. — c Ma chère, les hommes, c*est farce ! toujours la môme chanson : une femme à soi seul 1 Toqués ! Toqués ! ! » (Gavarni.) — a Les collectionneurs sont toqués, disent leurs voisins. »

(Balzac.)

TOQUER : Sonner. (Colombey.)

TOQUER (se), ÊTRE TO- QUÉ : S'éprendre. — « Par exemple, il n*est pas toujours toqué de Lanrose. » (Âbout.) — tt Un homme si respectable qui se toquait d'une petite coureuse.»

(Zola.)

TOQUET (en avoir dans le) :

Être ivre. V. Casquette, qui a la même étymologie. ~- « Chez Dénoyer j'entre, un peu dans le toquet. » (Decourcelle, 3g.)

TORCHÉ (bien) : Vigoureusement peint, bien fait. — a A ce couplet bien torché on crie dans la salle : Bis! bisl i (Marquet.)

TORCHER (se) : Se battre.

Pour se donner un coup de torchon.

TORCHER LE NEZ (se) : Se passer. On dit de même qu'une chose passe Mevant le itef . — a Tout cela vient de Pitt envoyé par les alliés, mais ils s'en sont torchez le nez. » (Mauricauit, Ch., 1793.)

Se torcher le cul : Faire peu de cas.

7 archer la gueule : Frapper

au visage. — c Si j' prends mon sabot, je vous en torcherai la gueule. I (1744, Vadé.)

TORCHETTE (net comme) :

Aussi net que si la torchette (torchon) y avait passé.

TORCHON : Fille aussi sale qu'un torchon de cuisine.

TORCHON (se donner un coup de) : Se battre. — « Allons jusqu'aux chouans leur donner un coup de torchon. » (Henry.

TORCHON BRULE A LA MAISON (le) : Se dit pour annoncer une querelle domestique.

Je ne suis plus soa Jupule, Son chou, son rat, son trognon ; L' torchon brûle à la maison.

(Dalès.)

TORD -BOYAUX : Mauvaise eau-de-vie. — Elle donne la colique. — tt Avaler un verre de tord-boyaux, comme l'appelait notre amphitryon. » (Vidal, 33.)

TORNIQUET : Moulin. (Vidocq.) — Allusion au tournoiement de sa roue.

TORSE : Estomac. — a Un verre de fil en quatre... Histoire de se velouter le torse.» — (Th.

Gautier.) — c II s'était, outre mesure, bourré le torse; langage d'atelier. » (P. Borel, 33.)

TORSE (avoir du) : Avoir un beau corps.

TORSE (poser pour le) : Exhiber avec complaisance ses avantages physiques.

TORSEUR : Poseur. «Lctorseur emprunte tous ses e£Fets à son torse, toujours bardé d'une

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cravate à gros nœuds et d'un gilet bien étudié. Le torseur projette sa poitrine sur le devant d'une loge ou dans l'embrasure de portes d'un salon, ou dans rintervalle de deux rideaux de croisées. > (Roqueplan.)

TORTILLADE : Nourriture.

(Rabasse.) V. Larton,

TORTILLARD : Boiteux. (Vidocq.) Mot à mot : qui tortille en marchant.

TORTILLÉ (être) : Être wor/.

—cil lui avaitcasséquelque chose à l'intérieur. Mon Dieu! en trois jours, elle a été tortillée. i(Zola.)

TORTILLER : Manger. — a En trois jours nous aurons tout tortillé. » (Vidal, 33.) — « Voyezvous, j'avais tortillé une gibelotte et trois litres. » (Ricard.)

TORTILLER : Faire des façons. — « L'ordre est formel. Il n'y a pas à tortiller.» (Desnoyer.)

Tortiller de Vœil : V. Œil.

TORTILLER : Avouer. (Vidocq ) — C'est un synonyme de manger le morceau, dénoncer.

TORTORER : Manger. (Rabasse.)

TORTU : Vin. (Vidocq.) Mot à mot : jus de bois tortu (vigne).

TORTUE (faire la) : Jeûner.

(Vidocq.) — La tortue mange peu.

TOTO : Sein. — De teter.

TOUCHE : Se dit des dehors d'un personnage considérés en leur ensemble. — a Quelle touche! » s'écrie.-t-on à l'aspect d'un grotesque. — Le mot a dû naître dans les ateliers de peinture.

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TOUCHÉ : Séduisant de figure. V. Toucke. — . f Hé l hé r pas mal touchée, la bobonne. > (Villars.)

TOUCHÉ : Peint, pensé ou écrit, vigoureusement fait. — • Terme de peinture dans l'origine. — ■ Comme c'est écrit t comme c'est touché! i (L. Reybaud.)

TOUCHÉ (il est) ! Il est profondement atteint, il ne s'en relèvera pas. — Se dit au moral comme au physique.

TOUCHER : Frapper fort. — Ironie.

TOUPET : Grande effronterie^

— Jeu de mots. — Le toupet est supérieur au front. — t Et dire:

qu'avec du toupet et de la mé* moire tout le monde en Prait autant. » (H. Monnien) V. Crêper.

Se payer de toupet : Payer d'audace. — c Que de gens font étalage. S' payant de toupet.

N'ont rien dans leur ménage, i»

{Chanson, 32.)

Se mettre dans le toupet : S'entêter à croire. — a Et mosieu se fichera dans le toupet que tout sera dit. t> (Gavarnt.)

Toupet de commissaire : Audace excessive. — Mot inventé:

par les gens que le commissaire de police interroge d'habitude.

TOUPIE : Femme de peu,, tournant en toutes mains comme une toupie. — « Le roi autorisa la Lange à se livrer à toutes les.

extravagances qui sont l'unique mérite de la plus grande partie de ces toupies. » {Précis de la vie de la comtesse Du Barry, 1 774./^

— « L'insolent traite sa grande sœur de toupie. » (Colmancc.)

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TOUR (faire voir le) : Tromper. V. Pratique. — o Tu veilleras à ce que la donzelle n*es8aye pas de nous faire voir le tour. »

(Montépin.) — Connaitre le tour :

Connaître toutes les ruses.

TOURLOUROU : Soldat du centre, lorsque l'infanterie était divisée en compagnies du centre et compagnies d'élite. Du vieux mot turelureau: soldat de garnison. (V. Du Gange.) — Au xiv* siècle , la turelwe ( prononcez toureloure ) était une sorte de château flanqué de tourelles. — « Si le tourlourou est solide sur l'école de peloton, il n'est pas moins ferré sur l'école de la séduction. » (M. Saint- Hilaire.)

TOURMENTE : Colique (Vidocq.) — Mot expressif.

TOURNANTE : Clef. (Rabasse.) — Elle tourne dans la serrure. V. Tremblant ^ Lourde,

TOURNÉE : Pile, correction faisant tourner et retourner la victime. •— a Après, je donne une tournée à la Chouette, Je tiens à ça. i (E. Sue.)

TOURNÉE : Rasade offerte devant le comptoir du marchand de vins. — Ainsi nommée parce qu'elle fait le tour de l'assemblée.

— c II ofifre une tournée au café Robert. » (Monselet.)

c Oscar (le lorgnon dans l'œil).

— Oui, vraiment. — Dites-moi, marquis, la belle Yseult ne serait pas de trop... si elle daignait accepter une tournée 1

Le Marquis* — Toujours galant 1

Oscar» — Quelque chose de doux... du mêlé? i (Marquet.)

Tourner au vinaigre : devenir malheureux. — c Tourné au vi* naigre ! Hélas ! plus de femmes, je l'avais perdue. » (Beauvillier.)

TOURNER DE : Faire les frais de. — - « Lorsqu'il arrivait à Bios* sac de dire ; Les dalles de la Morgue me réclament, Grimaille se contentait de dire : Je vais tourner d'un déjeuner, i (D. Alon* nier.)

TOURNER DE L'CEIL : Mou- .

rir. — « Du poison!... Allons, bots... tu vas tourner de l'œil tout de suite. > (Chenu.)

TOURNER L'ŒIL : S'assoupir. — « Trois ou quatre méchantes chopines... et ça tourne Tœil. » (Gavarni.)

TOURNEVIS ; Soldat d'infiinterie.

A la santé des gros taloos, Dei touracvis et de» cauons 1

( Vieille Ch, du Hussard en camp.)

TOURNURE : « Toutes les dames et demoiselles qui, pour suppléer au manque de rondeur de certaines parties, portent ce que M"« de Genlis appelle tout crûment un polisson et que nous appelons une tournure, i (Th. Gautier, 33.)

TOURTE : Tête. — Comparaison de la croûte à la botte osseuse du crâne, et de la garniture i\ la cervelle. V. Vol-au-veni.

TOURTOUSE, TORTOUSE, TOURTOUSINE : Corde à menottes.

TOURTOUSER : Garrotter.

(Vidocq.) -» Mot expressif indi»

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