‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 113 sur 606 · BOUGON, BOUGONNE · texte numérisé non relu

BOUGON, BOUGONNE

Grognon, grognonne. — On dit dans ce dernier sens : madame Bougon, Du vieux mot: bouquer, gronder.

Car toujours madame Bougon

Fait carillon,

Et le torchon Brùle en tout temps dans ma pauvre maison.

(Les vrais Rigolos, almanach chaii-»

tant pour 1869.)

BOU

BOU

BOUGRE : Mot à noter cîomme ayant perdu sa portée an ti physique. Ce n'est plus qu'un synonyme de garçon. On dit : un mauvais bougre, un bon bougre.

•— <c Lorsque nous aurons ici un millier de bons bougres^ nous tiendrons la queue de la poêle. »

(Delahodde, x85o.) — V. Grogncard,

BOUGREMENT : Très. — Pris en bonne comme en mauvaise part.

BOUILLANTE : Soupe.

(Halbert.) — Les soldats donnent aussi ce nom à la soupe qu'ils mangent deux fois par jour. Rien de mieux choisi que cette appellation dans le temps où elle était servie dans des gamelles à cinq ou six hommes; car celui d'entre eux qui aurait attendu qu'elle refroidît risquait de n'en point manger. La soupe est aussi appelée mouillante,

BOUILLON : Restaurant où on peut borner sa consommation à une tasse de bouillon de 20 centimes. — « Vous avez manifesté votre horreur pour les établissements que vous appelez des bouillons. » (A propos des calicots, 186].)

Les bouillons ne datent pas de 1860. Une vingtaine d'années avant, un prédécesseur de Duval avait fondé à Paris des bouillons hollandais y mais il fut moins heureux.

BOUILLON :« Mot en usage dans la librairie pour peindre une opération funeste. » (Balzac.) — a Ce sont eux qui ont bu le bouillon que je destinais à mon libraire. Je croyais le ruiner et je

l'ai enrichi. » {Biographie des Quarante, 1826.)

BOUILLON: Exemplaires non vendus d'un livre ou d'un journal. « — On appelle rendre le bouillon, en style de vente, rapporter au journal les numéros qu'on n'a pu vendre, et que l'administration vous reprend, »

(Vallès, 1866.)

BOUILLON î Désastre financier. — <c II a bu un fameux bouillon : il a fait une perte considérable. » (Dhautel, 1808.) — a La liquidation fut si complète qu'elle se changea en un parfait bouillon. » (Philîppon, 1840.) — Le métier est rude à la Bourse, sans parler des soucis et des bouillons, » (Mornand.)

- BOUILLON : Pluie torrentielle. — a II va tomber du bouillon, pour dire une averse. » — (Dhautel, 1808.) — <c Je sais ce que c'est qu'un bouillon, j'allons être inondé. » (Désaugiers.)

BOUILLON (boire le) : Mourir.—Allusion au dernier bouillon que boit un noyé. — ce Ce n'est pas la peine que vous essayiez de vous sauver, vous boirez le bouillon comme nous. »

(Éclair, 23 juin 1872.)

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