‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 115 sur 606 · BOU · texte numérisé non relu

BOU

au cardinal de sa barbe bou6^ quine.

BOURDON : Prostitué. (Halbert.)

BOURGEOIS : Bourg. (Idem.)

BOURGEOIS : « Les grands seigneurs, si tputefois vous voulez bien en reconnaître, comprennent dans cette qualification de bourgeois toutes les petites gens qui ne sont pas nés. — Le bourgeois du campagnard, c'est l'habitant des villes. — L'ouvrier qui habite la ville n'en connaît qu'un seul : le bourgeois de l'atelier, son maître, son patron. — Le bourgeois du cocher de fiacre , c'est tout individu qui entre dans sa voiture. Chez les artistes, le mot bourgeois est une injure, et la plus grossière que puisse renfermer le vocabulaire de l'atelier.

Le bourgeois du troupier, c'est tout ce qui ne porte pas l'uniforme. Quant au bourgeois proprement dit, il se traduit par un homme qui possède trois ou quatre bonnes mille livres de rente. »

(Monnier, 1840.)

BOURLINGUER : Avancer avec peine dans la vie, se remuer sur place. Ce terme vient de la marine où un bâtiment bourlingue lorsqu'il lutte inutilement contre la grosse mer. — « Dans ce pays que j'ai sillonné dans tous les sens, où j'ai bourlingué déjà pendant dix ans. » (A. Lecomte, 61.)

BOURRICHON (se monter, se charpenter le) : S'illusionner, se monter la tête. — « As-tu fini ?

Des nerfs ! Est-ce à ton âge qu'on se charpente le bourrichon. »

(Monselet.) —aSylvia ;Tu ne te montes pas facilement le bour-

ËÔU

BOtJ

richon, mon chéri . — Dorante :

Pas si pante. » (L. de Neuville.)

BOURRIER : Ordure, fumier.

—Vieux mot. — «Je ne suis qu'un bourrier de la rue. » (Balzac.)

BOURRIQUE (tourner en) :

Abrutir. — « C'est ce gueux de Cabrion qui l'abrutit... Ille fera bien sûr tourner en bourrique. »

(E. Sue.)

BOURSICOTER : Jouer à la Bourse. — Se dit aussi pour :

amasser une petite somme, un boursicaut.

BOURSICOTEUR, BOURSI- COTIER, BOURSIER : Homme qui joue à la Bourse. — a Coursier hardi, coulissier intrépide. »

(Festeau.) — « L'esprit est inutile à un boursicotier; de cœur, il n*en faut pas du tout ; d'argent, on peut s'en passer au besoin; mais ce qu'il lui faut surtout et avant tout, c'est de l'audace, beaucoup d'audace et une certaine habileté de calculs et d'intrigues qui lui assure toujours un gain, même lorsque des événements imprévus peuvent lui faire subir une perte. » (Boursicotiérisme.)

BOURSICOTIÉRISME î « Le boursicotiérisme est l'art de jouer, de parier, de spéculer en Bourse, quelquefois sans argent, comme sans probité; en d'autres termes, le boursicotiérisme est l'art de surprendre habituellement le bien d'autrui par un ensemble de moyens non prévus par la loi ou insaisissables à la justice. » (Idem.)

BOUSCAILLE : Boue. (Vidocq.) Addition de finale.

BOUSCAILLEUR : Balayeur.

BOUSIN : Tapage.

Quand on entend le refrain

D'un infernal bousin, Cent fois pis que le sabbat.

[Chanson des canotiers.)

BOUSIN : Maison mal famée, lieu de débauche. Mot à mot :

maison de house ou de boue. — a Cette maison est un vrai bousin; pour dire qu'elle est mal gouvernée et que chacun y est maître. » (Dhautel, 1808.)

BOUSINER : Faire du tapage, du bousin.

BOUSINEUR : Tapageur, faiseur de bousin. — « Est-on bousineur dans ce bahut-ci i — Pas trop; le sous-directeur est sévère !

— Ça m' l'enfonce... » {Les Institutions de Paris, i858.)

BOUSSOLE : Cerveau. — Il dirige l'homme comme la boussole dirige le navire : « J'ai ça dans la boussole. Ainsi ne m'en parlez plus. » (Vidal, i833.)

Perdre la boussole : Devenir fou.

Page 1