I - CHI
CHICARD : Personnage de carnaval (ilamodede iti3oâ3o).
Son costume, bizarreassemblaoe d'objets hétéroclites, se composait le plus souvent d'un casque à plumet colossal, d'une blouse de flanelle et de bottes fortes. Ses bras à moitié nus s'enfonçaient dans des gants de grosse cavaleie. Le premier qui mit ce cosume i la mode était un marchand de cuirs; son chic le fit nommer Chicard. 11 inventa un pas nou-*.
,diCj^cAi'c>iri^. — I Etpuis après est venu Chicard, espèce de Masaniello qui a détrflné l'aristo- ~~a)ie pailletée des marquis, des luns et a moniré le premier 1 manteau royal en haillons.»
(M. Alhoy.) — 0 La sage partie du peuple français a su bon gré à maitre Chicard d'avoir institué . règne de mardi-gras, s (J.
CHICARD, CHICANDARD, CHICOCANDARD, CHICaN- CARDO : Très-chic, remarquable. — u On y boit du vin qu'est chicandard , chicancardo. • (Vacheroi. Chanson, 5i,} — s Une dame très-belle, très -coquette, très élégante, en un mot très- ;hicandarde. » [Éd. Lemoinc.) — 1 Un auteur plus chicocandard.B [Th. Gautier.) — ■ Un déjeuner ihicocandard. » (Labiche.) V.
Chocnoso.
CHICARD (pas) -. Manière de
lanser imitant celle de M. Chicard. Le paschicard s'est conservé lusqu'à nous sous le nom de chie. — s Mais qu'a perçois- je au lu I'i"eMjr-CAêiie?PaméIadansani le pas chicard. » (Chauvelot ,rné.J
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CHIGARDER : Danser le pas chicard. — i Quand un fai4 de griseltes est annoncé, le vltlKen vachicarder avec les couturières. >i riDcntat.) — i Le nom de Chi- 'flird cttdeveDu célÈbre... Enlin 90 ■ fail un adjeclif de ce nomli-ltt même on en a (ait un verbe -.
Jfàinme-chiquarl, habit-chiquart, chiquarder, chiquander. a (Jules
CHIÇARDOT : Poli. (Hatben.)
CHÏCMANN'; Tailleur. [Aimatutch Jtt Débiteurs, 5i.) — Allusion aux noms germaniquM-qui abondent chez les tailkurà,
CHICORÉE (fort d«^ V. Ca/é.
CHIEN : Chien. — Compagne n .
a Tu passeras renard ou aspirant, après ça tu deviendras chien ou compagnon. » (Biêville.)
CHIEN : Tracassier. —«Le chef est cfaien ou bon enfant. I.i; chien est dur, exigeant, tracas- Bier méticuleux. » (Balzac.)
CHIEN : Avare. —Horace (1, 11,
sat. z) emploie le mot canis pour
signifier avare.
.. CHIEN : Flamme artistique.
^".feu sacré. —Abréviation de lacrc
-, -'ihien (eau-de-vie, pris dans une
acception figurée.) — kX... disuii
deM"*Honortnequ'elleaduchien
dansla voix. — Du chien, StZ...,
c'est trop peu dire... C'est uni;
meute!l!»{Matci.) —«Le stj'lc
avait du flou, l'alinéa du chien. •>
(Michu.)
CHIEN : Eau-de-vie. V. sacre chien.
CHIEN -.Originalité, cachet.
Qu'a donc.
Ce laideron qui pasi ^^ Du chiea...
Choac à Macbin, le?
(E. Vlllan.)
« Quel chien! Tout^^^moi un peu. Etilsiffloltaltic'eUunRubens. » (Vie parisienne , 65.) — Elle a réellement du chien, celte femme-là. s (Droz.) V, Sacré
CHIEN (de):E:xcc5sif.—Ondit:
une faim dechien,unmal de chien, une soif de chieiit
CHIEN (n'être pas) : Être bon,
de qualité supérieure. — ■ Voilà du pomard qui n'est pas chien. U r en a six bouteilles. Je ne verse qu'une tournée. Nous boirons le reste à l'office. • (Bertall.)
N'être pas chien en araires :
Aller grandement, sans chicane.
CHIEN, CHIENCHIEN : Mot d'amitié. Le chien symbolise la fidélité. — « Mon petit chien !
C'est aujourd'hui la manière de commencer une lettre d'amour dans tous les mondes. (Paris Caprice. yS.)
CHIEN DE RÉGIMENT : Caporal ou brigadier. — Sa mission est vu peu celle du chien de berger.
CBIEN DU COMMISSAIRE :
Seciiitaire de commissaire de pulice. — u Une table couverte d'un vieuxtapisïcrtoùécrivaitlechien du commissaire.» (Alph. Daudet.)
CHIEN DE COUR, CHIEN DE COLLÈGE ; Maître d'études, — u 11 y a un sons-principal que les écoliers appellent citien de cour, parce que, semblable aux chiens de bergers, son emploi est de contenir la gent scolastîque dans une grande cour, jusqu'au mo-
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ment de Touvcrtutedes classes. »
(Mercier, 1783.)
CHIEîl DE faïence (en) Aussi rafde et immobile que ces chiens de faïence employés jadis pour la décoration des édifices.
— a Je fus ébloui et je restai comme un chieajde faïence à la contempler. » (VîIlcmessantO
CHIEN NOYÉ : Morceau de sucre trempé Ans du café noir.
— Plus petit et moins trempé, c^est un canard,
CHIEN DANS LE VENTRE (avoir du) : Être de force à tout supporter.
CHIEN (piquer un) : Dormir pendant la journée. Allusion à la facilité avec laquelle le chien s*endort dès qu*il est au repos.
On trouve dans Rabelais un exemple de dormir en chien.
Sur l'étude passons. Il n'est qu'un seul
moyen.
De la bien employer, c'est de piquer
son chien.
{Souvenirs de Saint-Cyr,)
CHIENDENT (voilà le) : Là est la difficulté. — On sait qu'il est difficile d'arracher le chiendent, dont les racines longues et noueuses sont fort entrelacées. Usité en 1808. — « Et c'est là le chiendent. 3> (Désaugiers.)
CHIENLIT (gueuler à la) : Ap peler au secours, à la garde, a La porte s'ouvre, une femme paraît et elle gueule à la chienlit. »
(Beauvillier.)
CHIENNERIE : Avarice, ladrerie.
CHIENNERIE : Luxure, passion bestiale. On dit dans le mê-
maliens vacherie. — « Oh! la beljil^diiennerie ! Il ravale toutes les wacnmes au niveau des prostituées. » (Mismer.) .^: : ..
CHIER DANS LA lî^L^^ Faire affront à quelqu'un., ^Ifpt d mot : chier dans sa poche. |totrefois malle signifiait pôimè.
Car aussi bien le monde a chié dans ma malle.
pulorens, Satires, 16^6.)
CHIER DU POIVRÉ*': S'en allepc au moment où l'on a ba* sûîh de services.
CHlFFijItDE : Assignation.
(Halbert.) Mot à mot : vieille chiffe, vieux chilfon.
CHIFFARDE : Pipe. (Vidocq.)
CHIFFE : Commerce des chiffonniers. — « Aussi y a-t-il une espèce d'aristocratie d^ns la chij- /?, ils comptent leur noblesse par génération ; il y a des chiffonniers de naissance et des parvenus. » (?£• d'Anglemont.)
CHIFFERTON : Chiffonnier.
(Vidocq.) Changement de finale.^
CHIFFON : Mouchoir. (Id.) ' i^
CHIFFON ROUGE : Langue.
(Halbert.) — Allu^n de couleur et souplesse. V. Balancer.
CHIFFONNIER : Voleur de mouchoirs. V. Pègre,
CHIFFORNION : Foulard.
Dimin. de Chiffon,
CHIGNER : Pleurer. — a Ça lui fera du bien de chigner. »
Balzac.) Abréviation de rechigner,
CHIMIQUE *. M\Mm^XX^ c\i\-
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inique. — Abréviation. — « Ou- 1 vre la blague, prends une chimique, allume ta pipe. n{La Maison du Lapin-Blanc, typ. Appert.)
CHINER : Aller en quête de bons marchés. — « Remonenq allait chiner dans la banlieue de Paris. » (Balzac.)
CHINAGE (vol au) : Il consiste à vendre du doublé pour de Tor et à escroquer sur des échan- ^ ges de bijoux.
^ CHINEUR : voleur au chi-
* nage. — « Ce sont généralement
des méridionaux appelés chineurs ou charieurs qui exercent ce genre de vol. » (Rabasse.)
CHINEUR : « Les roulants ou *ii» chineurs , sont des marchands
d'habits ambulants qui, après leur ronde, viennent dégorger leur marchandise portative dans "J- le grand réservoir du Temple. »
(Mornand.) — «Les chineurs sont ceux qui viennent à domicile offrir ^^ étoffes à bas prix. » (Du Camp.)
CHINOIS : Cafetier. (Almanach des Débiteurs, 5i.)
CHINOIS : Mot d'amitié. — «c En mourant à Sainte-Hélène Napoléon disait en parlant de ses serviteurs : « Mes pauvres Chi- «c nois ! je ne les oublierai pas. »
(D' Antommarchî, Mémoires.)
CHINOIS : Homme singulier, bizarre d*aspect ou de caractère.
— Allusion aux Chinois de paravent et à leur aspect étrange. — « Parmi les badauds attirés à Paris pour le sacre de Napoléon I", on distinguait les présidents de cantons, bonnes gens pour la plu-
part, avec un air d'importance qui amusait les Parisiens ; on les appelait des Chinois, en leur qualité At présidents de cantons.
Cette mauvaise plaisanterie eut du succès. » (Lamothe-Langon, Souvenirs d'une femme de qualité, 3o.) — a Chinois, amène les liquides. » (Balzac, Père Goriot.)
— « V là mon Chinois qui se fâche. » (Monselet. )
CHIPER : Dérober de petites choses. —Forme de c/ioper, prendre. — « En chipant les sept cent cinquante mille francs. » (Balzac.)
CHIPETTE. V. Être (en).
CHIPEUR, CHIPEUSE :
Homme ou femme qui chipe. — (( Chipeur comme un gamin de Paris. » (Balzac.)
CHIPIE : Femme revêche, querelleuse.
CHIQUANDART, CHI- QUART, V. Chicandard, chicard, chicarder,
CHIQUK : Supérieur, distingué. V. Chic.
CHIQUE : Église (Vidocq.) V, Momir, Rebâtir,
CHIQUE (couper la) : Dérouter. — a De la réjouissance comme ça! le peuple s'en passera. C'est c' qui coupe la chique aux bouchers. » (Gaucher.)
Couper la chique à quinze pas :
Se faire sentir de loin.
Poser sa chique : Mourir. — A Tusage de ceux qui ont chiqué du tabac toute leur vie.
Poser sa chique et faire le mort: Rester muet et immobile.
— Acception figurée du terme précédent.
CHO
CHIQUÉ : Ayant bonne tournure. — « Dis donc, Troutrou, nous ne sommes pas trop bien ficelés. — Zut ! y en a de moins chiqués. » (Ladimir, 41.) — a Je leur en ferai des discours, et des chiqués. » (Chenu.) .,
CHIQUEMENT : Avec chic.
CHIQUER : Faire avec chic, supérieurement.
Auprès d'elle Eugénie
Nu-bras, Nous chique avec génie,
Son pas.
(1846, P. d'Anglemont).
CHIQUER : Manger. — Vieux mot. — « Je me dispose à chiquer les vivres. » (B. Carême, 29.) — « Ne pourrions-nous pas chiquer un légume quelconque? mon estomac abhorre le vide. • (Balzac.)
CHIQUER : Dépenser. — a II m'a fallu tout mettre en plan.
J'ons chiqué jusqu'aux reconnaissances. » {Dialogue entre Su^on et Eustache, 36.)
CHIQUER (se) : Se battre.
(Grandval.) Mot à mot : s'avaler.
Même racine que la précédente.
CHIQUEUR : Glouton — « On dit d'un homme qui mange beaucoup que c'est un bon chiqueur.»
(Dhautel. 08.)
CHIQUEUR .-Artiste dessinant de chic, sans étudier la nature.
CHNIC : Eau-de-vie. V. Chenique.
CHOCNOSO, CHOCNOSOF, CHOCNOSOPHE, CH( )CNOSO- GUE, KOXNOFF : Brillant, remarquable. ^- « Dans cette situa-
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CHO
tion, comment dire?... — Choé'*noso... » (Balzac.) — Dans Pierre Grassou, BeïizsiC écrit Chocnosoff,
— a Je m'en vais chez le restaurateur commander un dîner koxnofî. » (Champfleury.) — « C'est koksnoff, chocnosogue, chîcardo, snoboye. 1» (Bourget, Chansons,)
— ce Sa plume était chocnosophe, et ses goûts ceux d'un pacha. »
(Commerson.) — « Ce jeune provincial dont vous riez aujourd'hui aura une tehue moderne, chicarde, chocnosogue. » (L.
Huart.)
CHOLETTE : Demi-litre. — Double-cholette : litre. (Vidocq.)
CHOPER : Voler. (Vidocq.) — Du vieux mot choper : toucher quelque chose pour le faire tomber. Pierre d'achoppement est resté dans la langue régulière.
CHOPER : Prendre. — Se laisser choper. Se faire arrêter.
CHOPIN : Vol. (Grandval.) De choper, — a Quand un voleur fait de la dépense, c'est qu'il a fait un Chopin. » (Canler.) >
CHOSE, MACHIN : On appelle ainsi celui dont on ne se rappelle pas le nom. (Dhautel.)
— « Chose est malade... Qui ça, Chose? » (H. Monnier.) — a Figurez-vous que le petit Chose écrivait un journal. » (Balzac.) — La coutume est ancienne. Tallement des Réaux conte que <k M. le Mage, conseiller à la Cour des aides, dit toujours Chose au lieu du nom. »
CHOSE (monsieur) : Le chemisier, dans l'argot des débiteurs.
[Almanach des Débiteurs, 5i.)
CHOSE : Dignité. — « Tu me
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feras peut-être accroire que tu n'as rien eu avec Henriette ? Voistu, Fortuné, si tu avais la moindre chose, tu ne ferais pas ce que tu fais... » (Gavarni.)
CHOSE : Indignité. — « C'est ce gueusard d'Italien qui a eu la chose de tenir des propos sur Jacques. • (Ricard.)
CHOSE : Embarrassé, contristé. -~ Du vieux mot choser :
gronder. — « Ma sainte te ressemble, n'est-ce pas,Nini?... Plus souvent que j'ai un air chose comme ça ! » (Gavarni.) - a Ce pauvre Alfred a sa crampe au pylore, ça le rend tout chose. »
(E. Sue.) — t Mam'selle, v' là qu' vous m' rendez tout chose, je vois bien que vous êtes un esprit fort. • (Rétif, 1783.) — « M. le prêtre, qui était tout chose de cette afiTaire, se scandalisa. ]D(Vadé,
CHOU : Bête. On dit : bête comme chou.
CHOU (mon), MON CHOU- CHOU : Mot d'amitié. — a On dit : mon chou, comme on dirait : mon ange. » (E. Carré.) Se dit surtout aux enfants, par allusion au chou sous lequel on prétend les avoir trouvés, quand on ne sait que répondre à certaines de leurs demandes.
CHOU COLOSSAL : Entreprise destinée à tromper le public par des promesses ridiculement alléchantes, a 11 y a deux ou trois ans, on vit à la quatrième page de tous les journaux un éloge pompeux d'un ^nouveau chou...
Ce chou était le chou colossal de la Nouvelle-Zélande, servant à la
fois à la nourriture des hommes et des bestiaux et donnant un ombrage agréable pendant l'été.
C'était un peu moins grand qu'un chêne, mais un peu plus grand qu'un prunier. On vendait chaque graine un franc... On en achetait de tous les coins de la France.
— Au bout de quelques mois^ les graines du chou colossal avaient produit deux ou trois variétés de choux connues et dédaignées depuis longtemps. La justice s'en mêla. » (A. Karr, 41.)
CHOUAN : Légitimiste. — Allusion aux insurgés de nos provinces de rOuest. C'était une guerre de bois et de haies qui fit donner à ses acteurs le nom de Chouans, employé pour chatshuants dès le moyen âge.
CHOUCHOUTER : Choyer tendrement. — « Tu seras chouchouté comme un chouchou, comme un dieu. » (Balzac.) V.
Chou.
CHOUCROUTE (tête ou mangeur de) : Allemand.
CHOUETTE, CHOUETTARD, CHOUETTAUD : Bon, beau. — ce Not' homme m'attend à la barrière pour faire une noce un peu chouette. » (M. Perrin.) — a C'est chouette, ça. » (J. Arago, 3o.) — « Elle est bonne, votre eau-devie. Oui, elle est chouette. »
(H. Monnier.) — « Ah ! vous avez là une chouette femme, n (Gavarni.)
Voici peut-être un des premiers exemples du mot. Il nous en donne en même temps l'explication : « Ma femme sera coincte et jolye comme une belle petite