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DAR-DAR, DARE-DARE

Tout courant. — Impératif du vieux verbe Darer, aller vivement. — « Qu'il vienne tout de suite!... Oui, dar-dar... » (Labiche.)—«Puis le ramena daredare en la ville. » (Balzac, Contes drolatiques,) — « Il part dar-dar en se rongeant les ongles de colère. » (E. Sue»)

DARDANT : L'amour. (Rabasse.) C'est Varcherot des anciens poètes, c'est Cupidon dardant son trait.

Ici-caille est le théâtre

Du petit Dardant; Fonçons à ce mion folâtro

Notre palpitant.

(Grandval, 1723.)

DARIOLÉ : Coup. — Du vieux mot darer : lancer vivement.

V'ià que je vous y allonge une dariole Qui r'pare avec son naxaret \

DÉB —

Le raisinet coulait D* son nez comm* une rigole.

(Casse-Gueule, 1841.)

DARIOLEUR : Pâtissier faisant la pâtisserie commune ou dariole. — a II y a même des darioleurs en chambre. 3>(Vinçard.)

DARK HORSE : Mot à mot cheval sombre; celui qui n'a pas encore couru et ^dont le mérite est inconnu. » (Angl. Parent.)

DARON, DARONNE : Patron, patronne. Se trouve déjà avec le sens de vieux rusé dans le dictionnaire du vieux langage François de Lacombe. — « Il était maître de tout^ jusqu'à manier l'argent de la daronne. » (De Caylus.)

Daron, Daronne : Père;, mère.

(Idem.)

Daron de la taille, de la rousse : Préfet de police.

Daronne du mec des mec :

Mère de Dieu. V. Rebâtir.

Daronne : Prune. (Halbert.)

DASBUCHE ; Roi. (Grandval.)

DAUFFE, DAUPHIN : Pince à effraction. V. Monseigneur,

DAUPHIN : Souteneur. (Halbert.) V.Af^c.

DAUSSIÈRE 2 Fille publique.

(Idem). — Pour dossière,

DEAD HEAT : a Littéralement épreuve morte, course nulle parce que les deux concurrents sont arrivés sur la même ligne. » (Parent.)

DÉBACLER : Ouvrir. (Vidocq.) — Corruption de Déboucler.

i34 - DÉB

DÉBACLER LA ROULANTE:

Ouvrir une voiture. (Grandval.)

DÉBALLAGE (au) : Au déshabillé. ^ « Il est accablé de rhumatismes, ce qui le fait ressembler, au déballage, à ces statuettes que vous avez sans doute remarquées dans la vitrine des bandagistes. » (Monselet.).

DÉBALLAGE (au) : Au sortir du lit. (Rabasse.)

DÉBALLAGE (être volé au) :

Reconnaître dans les charmes d'une femme aimée autant d'emprunts décevants aux ressources de la toilette. — a Cependant, au déballage, j'ai été si souvent volé. » (L. de Neuville.) V. Réjouissance.

DÉBALLER : Dénuder, exhiber. « On ne les confondra jamais avec la marchande j^de plaisirs qui vient déballer en scène ses mollets et ses épaules. » (Villemot.)

DÉBANQUER : Faire sauter la banque. — c Ils pourront à leur aise, avec l'argent des niais, faire quelque bonne rafle et dé' banquer, si c'est possible, la grande et la petite boursicoterie.t {Boursicotiérisme.)

DÉBARDEUR : Personnage de carnaval dont le costume rappelait les débardeurs de bois des quais de Paris. Il y avait des débardeurs mâles et femelles.— « Un don Juan fit au bal Musard la conquête d'un débardeur des plus coquets. » (E. Lemoine.)

Q u'est-ce qu'un débardeur ! ... 13 n jeuife

front qu'incline Suus un chapeau coquet Tallure mas-

culiue,

DÉB

DEC

Un corset dans un pantalon, Un masque de velours aux pronelles

ardentes, Sous des plis transparents des formes irritantes, Un ange doublé d'un démon.

(Barthet, 1846.)

DÉBINAGE : Médisance. — f Compliments désagréables, indiscrétions et débinages. » (Commerson.)

DÉBINE: Déchéance, misère, pauvreté. (Dhautel, 08.) — « La débine est générale, je suis enfoncé sur toute la ligne. » (Montépin.) V. Tic.

DÉBINER : Décrier. — « On le débine, on le nie, on veut le tuer. 9 (A. Scholl.) — t La robe était de taffetas recuit... — Trèsbien , débine la marchandise à présent. » (Almanach du Hanneton, 67.)

Débiner le truc : Faire connaître le vol. (Rabasse.)

Débiner le truc : Révéler le secret.

DÉBINER (se) : Disparaître.

— a Quant à moi, je maquille une aff après laquelle j'espère me débiner pour m'éloigner de la rousse. » (Patrie, 2 mars

DÉBINER (se) : S'affaiblir. — c Je me débine des fumerons. »

{Corsaire, 67.)

DÉBINEUR : Médisant, décrieur. — a De débineurs des tombolas des autres, nous sommes devenus partisans effrénés des loteries. » {Tarn Tarn, jb.)

DÉBLOQUER : Lever une consi^e. V. Bloquer.

DÉBONDER : Aller à la garderobe. Le mot fait image.

DÉBOUCLER : Faire sortir de prison. (Vidocq.) V. Boucler.

DÉBOURRER : Déniaiser.

Mot à mot : dégrossir.

DÉBOUSCAILLER : Décrotter.

DÉBRIDER : Ouvrir. (Grandval.) La chirurgie emploie ce mot dans un sens analogue. V.

Temps.

DÉBRIDOIR : Clef. (Vidocq.)

DÉBROUILLARD : Homme qui sait se débrouiller, a Vous allez voir qu'il faut ouvrir Pœil, comme disent les débrouillards. »

(W. de Fonvielle, j5.)

DÉBROUILLER (se) : Vaincre les obstacles. Dans l'armée et dans la marine, un homme qui se débrouille est un homme aguerri, qui sait son métier. — « Ce dcbrouille^'vous est sacramentel dans la marine. On donne n'importe quelle mission à un officier, on lui indique à grands traits ce qu'il doit faire, puis on ajoute : Au surplus, monsieur, faites comme vous l'entendrez, débrouillez-vous. » (De Leusse.)

DÉCANILLER : Décamper.

Mot à mot : sortir du chenil (cant*/).— ce Ils ont tous décanillé dès le patron-jacquette. » (Balzac.)

DÉCARADE (la) : Fuite générale. (Rabasse.)

DÉCARADE , DÉCARRE- MENT : Départ (Vidocq.) — Jorne du décarrement ; Jour de la mort V. Bâchasse,

DEC

DEC

DÉCARCASSER (se) : Agir activement, remuer sa carcasse.

— ce Mais sapristi, mes enfants, il faut vous décarcasser un peu plus que ça. Vous avez tous l'air empaillé. » (Vie parisienne , 66.)

DÉCARER : Fuir. (Grandval.) Mot à mot : partir avec la vitesse d'un char, r-a Faut décarer. Ces gens-là veulent m'assommer. j> (Dialogue entre Charles X et le duc de Bordeaux y i832.)

DÉCARRER : Abandonner l'affaire. (Rabasse.)

Décarrer de la geôle : Être mis en liberté par ordonnance de non-lieu. (Colombey.)

DÉCATI : Décrépi. — C'est un synonyme assez exact de dégommé. Allusion au décatissage qui enlève le brillant d'une étoffe.

a Quand on pense que c'est là le petit Alfred qui faisait si bien le cavalier seul ! quel décati ! » (Bertall.)

DÉCATIR (se) : S'user, s'enlaidir. — <c Elle sentait la panne venir, elle se décatissait. » (Les Étudiants, 60.)

DÉCAVAGE : État du joueur décavé, a Un décavage affreux, signe de la déveine. » (Alyge, 1854.)

DÉCAVÉ : Homme ruiné, n'ayant plus de quoi caver à la roulette. — a A Bade, les décavés vivent sur Tcspérance. » (Villemot.) — Se dit aussi des joueurs de la Bourse malheureux : « La Bourse reste attentive. Un peu plus, les décavés à la dernière liquidation diraient : J'attends l'emprunt. » (Éclair, 72.)

PÈCHE : État de gêne. Abré-

viation de déchéance,'^ c Elles se présentent chez les courtisanes dans la dèche. » (Paillet.)

DÈCHER DU CARME : Donner de l'argent. (Rabasse.) — Mot à mot : Manquer d'argent.

On manque de celui qu'on a donné.

DÉCHET : Même sens que dècbe.

Sans argent dans V gousset.

C'est un fameux déchet.

(Chanson, Ayig., i3.)

DÉCHIRER LA TOILE : Faire feu. Comparaison du bruit de la fusillade à celui d'une toile qu'on déchire. — a Tout à l'heure les feux de deux rangs déchireront la toile, et nous verrons si vos clarinettes ont de la voix. » (Ricard.)

DÉCLASSÉ : Bohème, homme n'appartenant à aucune classe sociale. Vallès a fait un livre sur les Déclassés. — ce Ses bergères sont des couturières de banlieue, ou des déclassées de bourgade. »

(Th. Silvestre.)

DÉCLOUER : Dégager du Mont-de-Piété.

DÉCOLLETÉ (être) : Se conduire ou' parler d'une façon plus que légère. Acception figurée du décolletage dans la toilette.

DÉCOUVERT (achat, vente à) :

Achat ou vente opérée dans les conditions ci-dessous.

DÉCOUVERT (être à) : Spéculer à la Bourse sur des valeurs qu'on n'a pas le moyen d'acheter ni de vendre. — a Quant au joueur à découvert, il est infailliblement perdu : il a contre lui

DED

DÉF

la mauvaise exécution des ordres, les reports onéreux, le courtage, la nécessité de réaliser un bénéfice faible et la difficulté d'échapper à des reprises violentes ou à des baisses énormes. » (De Mericlet, 56.)

DÉCROCHER : sonner. (Rabasse.)

DÉCROCHE-MOI CELA : Fripier, habillement d'occasion. Allusion aux crochets qui servent à la montre des revendeurs. — « M. Auguste s'habille au décroche-moi cela; ce qui veut dire en français : chez le fripier. » (Privât d'Anglemont.)

DECROCHER ; Voler à la tire.

DÉCROCHER : Faire tomber d'un coup de fusil.

DÉCROCHER : Retirer du Mont-de-Piété. V. Clou, — « Les révolutions m'ont réduite à mettre au clou les diamants de ma famille... Faudra que tu me décroches ça, mon chéri. » (Lefils.)

DÉCROCHEZ-MOI ÇA : « Un décroche!Ç-moi ça est un chapeau de femme d'occasion... J'ai vu au carré du Palais-Royal (du Temple) des décroche-moi ça qu'on eût pu facilement accrocher au passage du Saumon. 3> (Mornand.)

DEDANS (mettre) : Mettre en prison. (Dhautel.) V. Trou, Sonder.

DEDANS (mettre) : Tromper, mettre dans l'erreur. — « Nous avons été mis tous dedans...

Nous ignorons tous ici qui succède au général en chef. » (Poussielgue, Lettre au général Vial, 12 fructidor an VII.)

DEDANS (mettre) : Griser. — a Quand on trinque avec une fille aimable, il est permis de se mettre dedans. » (Désaugiers.)

DÉDANS (voir en) : Être en état d'ivresse. S'applique aux ivrognes illuminés qui se tiennent à eux-mêmes de longues conversations. V. Cocarde,

DÉDURAILLER : Déferrer.

(Colombey.)

DÉFALQUER : Faire ses besoins. (Grandval.) Mot à mot éliminer. Nous avons gardé ce der« nier sens au figuré.

DÉFARDEUR -.Voleur. (Idem.) — 11 vous soulage du fardeau de votre propriété.

DÉFARGUEUR : Témoin à décharge.

DÉFIGER : Réchauffer. (Colombey.) — Le froid fige.

DÉFILER LA PARADE : Mourir. — Mot militaire. On défile quand la revue est terminée. Il s'agit ici de' la revue de la vie.

« Alors tout l'monde défile à c'te parade d'où l'on ne revient pas sur ses pieds. » (Balzac. )

DÉFILER (se) : Se sauver.

DÉFLEURIR, DÉFLOUER LA PICOUSE : Voler du linge qui sèche sur une haie ou sur des perches dans les prés. (Grandval.) — Allusion à la couleur tranchante des objets étendus et aux épines de la haie.

DÉFORMER : Cesser, enfoncer. (Rabasse.) — Effet pris pour la cause.

DÉFOURAILLER : Courir.

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