GOUAPE, GOUAPEUR, GOUAPEUSE, GOUÊPEUR
Vagabond, fainéant, débauché.
Sans paffes, sans lime, plein de crottei Aussi rupin qu'un plongeur, Un soir, un gouêpeur en ribote Tombe en frime avec un voleur.
(Vidocq.)
Le Dictionnaire d'argot publié à la suite du Cartouche de Grandval (édition non datée, 27?) ne donne que la forme gouapeur avec la signification « homme sans asile». On trouve une physiologie complète du type dans
GOU
GOU
une chanson de J.-K. Aubry, ^ui a paru en i836 : le Gouapeur, « Pauvre Dupuis, marchand de vin malheureux^ que de gouapeurs trompèrent ta confiance ! > (Monselet.) — a Quant aux vagabonds adultes qu'on désigne en style d'argot des gouêpeurs. »
(M. Christophe.)
GOUAPER, GOUÊPER : Vagabonder. — a J'ai comme un brouillard d'avoir gouêpé dans mon enfance avec un vieux chiffonnier. D (£. Sue.)
GOUAPEUR : a Les prisonniers occupés aux travaux des ateliers sont désignés sous le nom de gouapeur par ceux qui ne font rien. » (Ra basse.) — Ironie. V. Gouape,
GOUÉPEUR : V. Gouape,
GOUGNOTTE : V. être (en).
GOUJON (avaler le) ; Mourir.
— <c Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, il faut avaler le goujon. » (Francis, i5.)
GOULOT ; Bouche. — Allusion au goulot de la bouteille.
Plomber du goulot , sentir mauvais de la bouche. — Jouer du goulotf absorber des petits verres. (^4 Imanach des Débiteurs.)
GOULU : Poêle. (Vidocq.) — Il est goulu de bûches.
GOULU : Puits. (Idem.) — Il ouvre une grande gueule comme un goulu.
GOUPINE : Mise étrange.
(Halbert.)
GOUPINÉ (mal) : Mal vêtu.
(Rabasse.)
GOUPINER : Voler. - a Voilà
donc une classe d'individus réduite à la dure extrémité de travailler sur le grand trimar, de goupiner. » (Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 3o, in-8.) — ce J*ai roulé de vergne en vergne pour apprendre à goupiner. » (Vidocq.)
GOUPLIN, GOUPLINE : Pot, pinte. (Halbert.)
GOURBI : Hutte de branchages. — Mot importé d'Afrique.
— tt On fait des gourbis et des gabions. » {Commentaires de Loriot,)
GOURDEMENT : Bien, beaucoup. V. Pavillonner, Artie,
GOURER : Tromper. (Halbert.) Vieux mot.
GOUREURS : c Les goureurs sont de faux marchands qui vendent de mauvaises marchandises sous prétexte de bon marché. Le faux marin qui vend dix francs des rasoirs anglais de quinze sous... goureur. L'ouvrier qui a trouvé une montre d'or et qui veut la vendre aux passants...
goureur, » (Paillet.)
GOURPLINE : Pinte. (Halbert.) Ce doit être une altération du mot goupline, qu'un éditeur négligent aura défiguré.
GOUSPIN : Mauvais gamin.
Diminutif du vieux mot gous, chien. — a Quarante ou cinquante jeunes gouspins bruyant»
et rageurs. » (Commerson.)
GOUSSE : V. Être (en).
GOUSSET PERCÉ (avoir le) :
N'avoir pas un sou en poche. — a Comment faire quand on a le gousset percé? » (Letellier, Bq.)
GRA
GRA
GOUTTE : Portion d'eau-devie (un décilitre en général.) — « J'appelai ma mère qui buvait sa goutte au petit trou. » (Rétif, 1783.) V. Pégossier.
GOYE : Dupe, niais. Signifie aussi chrétien chez les juifs. — « Le goye te mire, le pante te regarde. » (Monselet.)
GRAILLON : Femme sale.
Mot à mot : sentant le graillon de la cuisine.
GRAILLONNER : Parler. (Vidocq.) Du vieux mot grailler :
croasser.
GRAILLONNER : Écrire . {Petit dictionnaire d'argot, 44.) Mot à mot : cracher de Tencre sur le papier.
GRAILLONNEUR : Homme qui expectore souvent. — <c Comme c'est ragoûtant d'avoir affaire avant son déjeuner à un graillonncur pareil ! » (H. Monnier.)
GRAIN : ECU. (Grandval.) C'est un vieux mot qu'on rencontre souvent. Dans la Vie de saint Christophe ( Grenoble , i53o), deux brigands méditent une attaque contre le premier passant. « S'il avoit des grains, dit l'un d'eux, on lui raseroit le mynois. »
AVOIR UN GRAIN : Déraisonner. Mot à mot : avoir un grain de folie dans le cerveau.
Avoir un grain : Être ivre.
(Rabasse.) Même allusion.
GRAISSAGE : Don d'argent fait de la main à la main. On dit graisser la patte pour donner de l'argent. — a De là, un graissage de patte à celui qu'on veut gagner qui constitue le plus clair
des revenus du pipelet. « (J. Prevel.)
GRAISSE : Argent. — Il y a de la graisse, il y a un bon butin à faire.
Voler à la graisse : Voler au jeu. (Rabasse.) Altération de Grèce. V. ce mot.
Voler à la graisse : Se faire prêter sur des lingots d'or et sur des diamants qui ne sont que du cuivre et du strass. (Vidocq.)
GRAISSE : Gratter. (Halbert.) Poster, battre. (Rabasse.)
Graisser la marmite : Payer sa bienvenue dans un régiment.
Graisser ses bottes : Se préparer au départ, et, au figuré : être près de mourir, recevoir les saintes huiles.
GRAND BONNET : Évêque.
(Halbert.) — Allusion à sa mitre.
GRAND TURC : Formule négative. — ce Ma chère, il pense à toi comme au Grand Turc. »
(Balzac.)
GRANDE: Poche. (Cplombey.) Celle des voleurs doit être grande.
GRANDE BOUTIQUE : Préfecture de police. (Halbert.)
GRANITIQUE : Grandiose, impérissable. — Allusion à la dureté du granit. — t Ce drame pyramidal, obéliscal et granitique qui m'a fait frémir. > (Alm.
du Hanneton, 66,)
GRAS (il y a) : Il y a de Targent. — « Faire tant d'embarras quand dans le gousset il n'y a pas gras. » (Metay.) V. Train, Vole, Graisse,
GRAS-DOUBLE : Feuille de plomb. (Grandval.) II s'agit ici
GRE
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de la feuille employée pour la toiture et ei\levée par des voleurs qui, la roulant autour du corps, sous les vêtements, se donnent un second gras-double, c'est-àdire un embonpoint factice.
GRASDOUBLIER : Voleur de plomb. V. Limousineur.
GRATOUSE : Dentelle.
(Grandval.) Elle gratte légèrement la peau.
GRATTE : Abus de confiance.
— a II y a de la gratte là-dessous. » (La Correctionnelle.)
GRATTE : Gale. (Colombey.) — * Effet pris pour la cause.
GRATTE : Pièce grattée, retenue en cachette par la couturière sur les étoffes confiées par la pratique.
GRATTE- COUENNE : Barbier. (Halbert.) Mot à mot :
gratte-peau.
GRATTE-PAPIER : Fourrier.
— Allusion à ses fonctions de scribe. V. Rogneur,
GRATTER : Arrêter. (Vidocq.)
GRATTER : Voler. Mot à mot : faire la gratte. — « Au diable la gloire, il n'y a plus rien à gratter. » (M. Saint-Hilaire.)
GRATTOIR, GRATTON : Rasoir. — Il gratte la peau.