ŒIL
OBJECTIF : But. — On a fait un abus incroyable de ce mot depuis 1870, époque où le général Trochu s'en servit fréquemment dans ses rapports militaires, f Napoléon III protesta que son objectif était Talliance avec l'Angleterre. » (Figaro.)
OBÉLISCAL : Merveilleux. — Date du transport de l'obélisque sur la place de la Concorde. ^ <c Admirable! pyramidal! obéliscal! » (Almanach de la Polka, 45.) V. Granitique.
OBJET : Amante. Mot à mot:
objet d'amour. — a II apprend que le cher père a cloîtré son objet. » (Désaugiers.)
OCCASE : Occasion. — Abréviation. — « Deux francs cinquante de bénef, profitez de Toccase. » (A. Second.)
OCCASION : Chandelier.
(Halbert.)
OCCIR : Tuer. — Vieux mot relevé par les romantiques. — f O surprise ! j'avais occi le bandit qu'on cherchait depuis huit jours. » (Marx.)
ŒIL : Crédit. — Se trouve dans le Dictionnaire de Cartouche de Grandyal (éd. de 1827).
« Je vous offre le vin blanc chez Toitot; j'ai l'œil. » (Chenu.) — « La mère Bricherie n'entend pas raillerie à l'article du crédit.
Plutôt que de faire deux, sous
d'oeil y elle préférerait, etc. » (?r, d'Anglemont.) — « La fruitière n'a jamais voulu ouvrir l'œil :
elle dit qu'elle a déjà perdu avec des artistes. » (Champfleury.)
ŒIL : Bon effet produit à pre* mière vue. — Se dit de n'importe qui et de n'importe quoi. •— « La chose a de l'œil. C'est léger. » (A.
SchoU.)
ŒIL (mon) : Formule négative. — Abréviation d'une autre phrase reçue qui consiste à dire :
Regarde de quelle nuance est mon œil. — « Et quand tu m'auras bien aimée, en serai-je plus avancée, je te prie? Regarde donc de quelle nuance est mon œil. » ^Monselet.) — « Quand le démonstrateur expose la formation des bancs de charbon de terre, mon voisin s'écrie avec un atticisme parfait : Oui, mon œilh (Villetard.)
ŒIL (avoir V) : Avoir crédit.
ŒIL (faire de V) : Lorgner amoureusement. — f Sous prétexte de voir essayer le chapeau, il ne manquait pas de faire de l'œil à la modiste, d (P. de Kock )
ŒIL (se mettre le doigt dans 1') : Ne pas voir juste.
ŒIL (ouvrir 1') : Veiller attentivement, faire crédit.
ŒIL (tape à l') : Borgne. - Mot à mot : endormi d'un œil.
OGR
— iSj —
— II tape d'un œil^ bien malgré lui. V. ci-dessous.
ŒIL (taper de V) : Dormir. — C'est le clore la paupière du peuple. ~- « Monsieur, faites pas tant de bruit, je vais taper de l'oeil, j) (Vidal, 33.) V. Taper dans VœiU
ŒIL (tirer V) : Attirer l'attention.
ŒIL (tortiller, tourner de V) :
Mourir. — f J*aime mieux tourner la salade que de tourner de l'œil, » (Commerson.) — a J' voudrais ben m'en aller, dit le pot de terre en râlant. Bonsoir, voisin, tu peux tortiller de l'oeil. »
(Thuillier.)
Œ:IL de VERkE : Lorgnon.
— « Ces mirliflors aux escarpins vernis, aux yeux de verre. »
(Festeau.)
ŒUF (casser son) : Faire une fausse couche.
receleur, patron de tapis franc.-^ Allusion à leurs bénéfices dévorants. — a Les chiffonniers donnent ce nom à celui qui achète le produit de leurs recherches I necturnes pour les revendre en gros. Il fut un temps où ce nom était synonyme de receleur. Dans ce but, Vogre possédait à côté de son établissement d'achat de chiffons un débit de liqueurs qu'il faisait gérer par un affidé ou un compère; il y recevait clandestinement des malfaiteurs qui apportaient là les produits de leurs rapines. » (Castillon.)
OGRESSE : Maîtresse de maison. (Halbert.) — Elle est comme les ogres en quête de chair fraîche (féminine).
OGRE, OGRESSE : Usurier, marchande à la toilette. -^ Ils finissent toujours par dévorer financièrement leur clientèle.
OGRE : « Il y a deux espèces de compositeurs d'imprimerie :
!• les ogres f bons pères de famille qui travaillent pour leurs enfants ; ils sont à la conscience, c'est-à-dire qu'ils gagnent un prix fixe par jour ; 2» les caleurs ou goippeurs qui à chaque instant se dérangent : ceux-là travaillent aux pièces. » (Moisand, 41.)
OGRE : Agent de remplacement. (Vidocq.) - Il a toujours besoin de chair humaine.
OGRE : Chiffonnier en gros,
OIGNES (aux petits) : abrév.
de Oignons (aux petits.) — <c Ça n' t'empêchera pas de faire ça aux petits oignes. » (L. de Neuville.)
OIGNON : Montre.— Allusion de forme.
OIGNONS (aux petits) : Trèsbien. — Les oignons sont en grande faveur dans la cuisine populaire. — a Les lanciers l demandez la nouvelle danse, arrangée aux petits oignons, j»
(Randon.)
OIGNON (il y a de 1') : Il y a des gémissements. — Allusion aux pleurs que l'oignon fait verser. — ce S' prend' de bec, c'est la mode, et souvent il y a de l'oignon, i (Dupeuty.)
OISKAU : Triste personnage.
— « Minute! quel est c't oiseaulà ? » (Léonard f parodie.)