‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 417 sur 606 · BANC DE TERRE-NEUVE · texte numérisé non relu

BANC DE TERRE-NEUVE

Partie des boulevards comprise entre la Madeleine et la porte Saint- Denis. — Allusion aux morues (V. ce mot) qu*on y va pêcher. On dit, pour abréger, le banc — a Quand on s'ennuie, on dit : Viens-tu au banc faire un tour?» {Le Sublime.)

BANNIÈRE : Se dit de la chemise gardée pour tout vêtement.

« Elle rabattait le pan de devant.

Ça c'est la bannière, dit-elle. »

(Zola.)

BATH (être) : Être arrêté. — Ironie. V. Pincettes.

' BATTERIE, BATTRE : Du . vieux mot baster : tromper.

" BAVER : ce On pouvait baver sur leur compte, lui savait ce qu'il savait. » (Zola). — Baver, toujours pris en mauvaise part, est plus une acception figurée de ^ayer qu'une abréviation de bavarder, comme je l'ai cru d'abord.

BÉCASSE : Machine à vapeur.— « Il dit que c'est vexant de conduire une bécasse. » {Le Sublime.)

BÉDOUIN : Grec. « Les sept mille Grecs de France se divisent en cinq catégories dont les noms font presque tous allusion à la Grèce (ou graisse). Voici ces néologismes de l'équivoque* losuiffards; 2» graisseurs; 3* bédouins; 40 grecs; 5« philosophes. » (Figaro, 76.)

BENOIT : Souteneur. — t Les Benoits toujours lichent et s' graissent les balots. 1 (Richepin, 77.)

BIBELOTTER: Composer, machiner. — « Il dessine ou bibelotte une invention qui souvent réussit.» (Le Sublime.)

•BIFRN : Il est à noter qu'en dialecte champenois , biffe veut dire chiffon,

BISMARQUER : S'approprier par tous les moyens. — t Le portugais possède à un haut degré la faculté si précieuse de s'approprier des locutions étrangères, de croître et de se développer comme un organisme vivant. M. Latouche cite le mot français bismarquer, bien connu, paraît -il , de ses lecteurs anglais. » (Bibliothèque universelle et Revue suisse, 1877.)

BLAFARD : Pièce d'argent.

Allusion de blancheur. — a Un écu flambant neuf! Un blafard de cinq balles. » (Richepin, 77.)

BLAGUE: S'il fallait remonter au delà de 1808, date de notre plus ancien exemple, nous serions presque tenté de voir dans blague une foi me intervertie de l'ancien catalan bagol qui a fait notre bagou. Le sens est le même et les cas d'interversion ne sont pas rares.

BOU

CAR

3LEU : Stupéfait. Mot à mot :

congestionné de stupéfaction.

f Le lendemain il en était bleu quand il a vu la figure de sa femme. » (Le Sublime.)

' BLOUSER : Tromper : Dans le Nord, on dit bleusse pour mensonge,

BŒUF : Roi de jeu de cartes.

Allusion à sa rotondité. V. Borgne.

BOITE : Atelier. V. Cow^-ecoup.

BONBONNIÈRE : Tonneau de vidange. Ironie. — t J'étais pour la réparation des bonbonnières et des anderliques. » {Le Sublime.)

BONDIEUSARDERIE : Cago tisme. — a II faut supprimer comme entachées de bondieusarderie (c'est leur mot) les rues de rAbbaye, de l'Abbé-de-1'Épée, etc. » (Figaro, 76.)

BON ENDROIT : Derrière.

Ironie. « Elle reçut un maître coup de soulier, juste au bon endroit. » (Zola.)

BONDIEUSERIE : Commerce d'objets de dévotion. Objet de dévotion.

BOOK : Livre de courses, combinaison de paris. (Parent) Anglic.

BORGNE : As. — Il est unique. — a Quinze et cinq, trois borgnes, trois bœufs, tierce major dans les vitriers, trois colombes. j> (Le Sublime.)

•BOULER: Tromper. — Du vieux mot boule : Tromperie, astuce.

BOUSINGOT : Cabaret. Di-

minutif de bousin. — c On alla à la Puce qui renifle, un petit bousingot où il y avait un billard. » (Zola.)

•BRANCHE : Peut venir aussi du vieux mot branché : compagnon associé dans une affaire.

BRIDE, Vieille bride : Objet de rebut. — Le premier mot est une abréviation. — « Comment une bride de son espèce se permettait de mauvaises manières à regard d'un camarade. » (Zola.)

— f Entendez-vous, vieille bride, de l'eau, c'est bon pour éteindre le feu. » (Le Sublime.)

• BRIMER. En dialecte poitevin brimer a le sens analogue de rendre malade.

BUEN RETIRO : Se prend ironiquement pour Water closet.

— € Une dame sortant d'un buen retiro à quinze centimes, d (Figaro, 76.) — Hispanisme.

CABOCHARD : Tête. — Augmentatif de Caboche. V. Rien.

' CABOULOT :Vieux mot qui a signifié d'abord cabanfi, puis ginguette.

CAMARO : Camarade. — Abréviation. — c Amusez-vous.

Je reste de cœur avec les camaros. » (Zola.)

■CARAPATA : Déformation du mot court à pattes. — Pour comprendre son étymologie il faut se reporter à carapater. Le carapata court à pattes en effet.

AUujsion au va-et-vient qu'il cxé-

CHI

cute en appuyant sur sa perche pour faire avancer son bateau.

De même dans l'artillerie, les servants achevai appellent courfà-pattes un servant à pied.

CARAPATER : Courir. Mot à mot : courir à pattes. — t Dans mon Paris j'carapate comme un asticot dans un mort, d ( Richepin, 77.)

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