‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 520 sur 606 · GOD · texte numérisé non relu

GOD

GICLER : Jaillir. (Rigaud.) — Cest un vieux mot encore usité dans nos patois. On y retrouve Icjaculare latin.

GIGOT : Cuisse (Delvau) ; mains larges. (Rigaud.)

GIGUE : Jambe, femme longue et maigre. (Delvau.) —Vieux mot conservé par nos patois et donné par le dict. de Littré.

•GILBOCQUE : (Transposition.) — Voyez p. 191, après Giberne.

GILQUIN : Coup de poing.

(Rigaud.)

•GIRONDE : Fille perdue.

(Halbert.)

GIRONDIN : Dupe. — Argot de camelots. (Rigaud.)

GIRONDINE : Femme très gentille. (Delvau.)

GITE (dans le) : Ce quMl y a de mieux. — Allusion au gîte à la noix qui passe pour la meilleure partie du bœuf. (Rigaud.)

GIVERNER : Vagabonder de nuit. (Delvau.)

GLACE (passer devant la) :

Voir une fille de maison sans payer^ parce qu'on est son amant. (De Concourt.) — Perdre des consommations au jeu dans un café.

(Rigaud.)

GLAIVE : Guillotine. — GLAI- VER : Guillotiner. (Id,)

CLOCHETTE : Poche. (A.

Pierre.) — Est-ce en souvenir de la clochette attachée jadis à la poche sur laquelle les tireurs apprentis se taisaient la main?

GLOUSSER : Parler. (Delvau.) — Animalisme.

GLUANT : Enfant à la mamelle. {Id.)

GLUAU : Crachat. (Rigaud.)

GLUAU (poser un) : Arrêter.

'GNIAF : C'est, à proprement parler, l'ouvrier cordonnier. Voyez Pignouf^ p. 280.

Gnaf se trouve dans les dictionnaires du patois normand de Du Méril, et des patois du Centre de Jaubert.

GNON : Meurtrissure, blessure. (Delvau.) — S'écrivait nion dans le compte rendu d*un procès de parricide (mars 1879).

GOBAGE : Amour. (Rigaud.)

GOBELIN : Gobelet, dé à coudre.

GOBE-PRUNE : Tailleur. (Michel.) — Ce vieux mot confirme notre étymologie de pique-prune (p. 282). C'est bien une comparaison de mouvement.

GOBELOT : Ciboire. (Id,)

GOBER SON BCEUF : Être furieux. (Delvau.) — Mot à mot:

être comme un bœuf enragé.

GOBET : Vaurien (Id.) ; quartier de bœuf. (Rigaud.)

GOBIN : bossu. (Td.) — Vieux mot qui se dit encore en patois picard. Brantôme rapporte qu'ua duc de Mantoue était appelé li gobin, à cause de sa bosse.

• GODARD : Forme de gaudard qui devait être un dérivi^ du vieux verbe se gaudir : se réjouir, qui a fait gaudissard. Nos

GOM

GOU

exemples confirment ce sens. V.

• GODILLER ..Exemple : c Plus on est de gentilshommes, plus on godille... Vous trouverez dans mes salons les plus beaux noms... en femmes. Depuis la marquise dç Fumeterre jusqu^à la baronne de Lune rousse. > (Faillet.)

•GODILLOT : Conscrit. (Ri-

• GODILLOT : Soulier. « J'ai attendu que le carreleur ait raccommodé un de mes godillots. > (Tam-Tam, 76.)

•GOFFEURiDeg-o^; forgeron. (Bretagne.)

• GOGO : Semble être à proprement parler celui dont on se moque, qu'on goguenarde. Je ne crois pas que gogo ait ce sens dans l'exemple de Villon.

GOGOTTE : Faible, mou, niais. (Delvau.) — C'est un dérivé de gogo, V. p. 195.

GOGOTTE : Mauvais yeux.

(Id.) — Corruption du mot cocotte qui a dû désigner d'abord des yeux gonflés, dits à la coque,

GOLGOTHER : Poser en mar tyr. Allusion au Golgotha biblique. (Delvau.)

GOMBERGER : Compter, (/i.) — C'est une forme de combev' ger,

•GOMMEUX : Joli. C'est le

substantif pris adjectivement dans le sens de à la mode. — « Quand il trouve une chose à son goût, il ne dit plus : elle

est jolie, il dit : elle est gommeuse. » (Hennique.)

GONDOLÉ : Tordu, recroquevillé, faussé. Se dit d^un homme comme d'un chapeau.

— € Quéq'qu't'as donc fait hier, t'as Fair tout gondolé. » {Le Sublime, 72.) En patois poitevin, on dit : i7 est en gondole d'un objet courbé par la chaleur. En Limousin, un chapel de gondola est un vieux et mauvais chapeau.

•GONZESSE : Femme, amante. (Delvau.)

GORET : Premier ouvrier cordonnier. (/</.) — Animalisme.

GORGE : Étui. Jargon des voleurs. (Id,) — La gorge a, par le fait, la forme d'un étui.

GORGNIAT : Homme malpropre. (Id,)

GOSSEUR '.Conteur de gosses.

GOUGNOTTAGE, GOU- GNOTTER : Acte de gougnotte, agir en gougnotte. (Rigaud.) V. ce mot p. 197.

GOUILLE (envoyer à la) :

Envoyer promener. (Delvau.) — Gouille se dit en patois pour mare, bourbe (Centre).

GOUILLON : Gamin. (Id,)

GOUJON : Dupe. — Elle mord à l'hameçon de ceux qui l'exploitent. (Id,)

GOUJON : Souteneur. (Rigaud.) — Variante de poisson,

GOUJON (lâcher son) : Vomir. (Id,)

GOU

GRA

GOUJONNER : Duper. (Delvau.) — Allusion de pêche.

GOUR : Pot. (Halbert )

• GOURBI : Ce mot n'est pas si arabe qu'il en a l'air quand on voit gourbin signifier clayonnage en patois briançonnais, et panier en Provence. Et un gourbi n'est qu'une hutte dayonnée.

GOURD : Friponnerie. Argot de voleur. (Michel.) — Pour goure. C'est l'action de gourer :

tromper. V. p. 197.

GOURGOUSSER : Se plaindre, récriminer. (Boutmy.) — C'est un équivalent du provençal gourgoulhar, gourgoutar : murmurer (en parlant d'un liquide) qui répond au gargouiller français.

GOURGOUSSEUR : Grognon.

(Boutmy.)

GOURRER, GOURREUR.

(Michel.) — Voyez, Gourer, Goureur, p. 197.

GOUSPINER : Vagabonder.

(Id.)

^ GOUSSER : Manger. (Id.)

GOUT DU PAIN (faire passer le) : Tuer. On trouve Perdre le goût du pain : mourir, dans le Dictionnaire comique de Leroux.

(i8« s.) — ce Tous les jean-f.....

qui voulaient faire perdre le goût du pain aux braves montagnards. » (1793, Hébert.) — « V'ià la guillotine qui se met à jouer. On enlève le goût du pain au monde. » (H. Monnier.)

GOUTTE (donner la) : Donner à têter. (Rigaud.)

GOUTTE MILITAIRE : Ancienne gonorrhée. (Id.)

GOUTTIÈRE (lapin de):Chat (Id,) — Voyez Gibelotte.

GOUVERNEMENT : Épée à l'École polji^technique. (Delvau.) •* C'est l'Etat qui la donne.

GRAFFAGNADE : Mauvais tableau, commerce de mauvais tableaux. (Rigaud.)

GRAFIN : Chiffonnier. (W.)- II grafigneigrsLttc) avec son crochet.

GRAILLONNEUSE : Blanchisseuse par occasion. (Delvau.)

'GRAIN : Piècededixsous.(/i.)

♦GRAIN : Émotion produite par un extra de boisson. — « Un petit grain de temps en tempSf ça vous remet. » (Le Sublime.)

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