TOI
TROLLEUR : Commissionnaire » vagabond (Rigaud), — marchand (Id.),— marchand de peaux de lapins. (Delvau.) Dans ces trois sens, trolleur vient de troller, vieux mot qui signifie cheminer ^ arpenter le terrain (dialectes de l'Est). On prononce troiller, t roi Heur,
TROMBILLE : Bête. (Delvau.)
- TROMBOLER : Aimer. (Id.)
TROMBONE (faire) : Faire semblant de prendre dans son gousset de l'argent. Comparaison du va-et-vient des doigts au va-et-vient du trombone. (Rigaud.) --' Il s^agit ici du trombone ancien modèle.
TROMPE : Nez. (Delvau.) — Ânimalisme.
TRONE (être sur le) : Être aux lieux d'aisance. (Delvau.) — Ironique allusion aux gradins sur lesquels le siège s'élevait autrefois.
TRONQUE : Tête. (Halbert.)
— Pour tronche.
TROTTINET : ' Soulier. (Id.)
TROU : Salle de police. (Rigaud.) — Se dit surtout pour prison. Allusion d'obscurité.
TROU: Lacune imprévue.
c L'instrumentation a parfois des trous. » (De Lapommeraye, 79.) ^- On dit d'un homme qui passe de l'aisance à une pauvreté inexpliquée : c II y a des trous »
(c'est-à-dire causes de désordre cachées, trous par où l'argent s'écoule).
TROUILLARDE, TROUIL-
LE : Souillon, dévergondée. (Rigaud.) — Vieux mot de nos patois. Même origine que trol'leur,
TROU SOUS LE NEZ (il a un) : Il boit avec excès. — Comparaison de la bouche à un gouffre.
*TRUC : Industrie quelconque. (Halbert.)
TRUCAGEUR : Fabricant d'antiquités. (Rigaud.) — Pour Truqueur (p. 354).
TRUNE : Aumône. (Halbert.) — Pour thme. De tuner : mendier.
• TRUQUER : Commercer.
(Id.)
TUBE : Fusil. (Id.)
TUBE : Nez. (Delvau.)
TUBER : Fumer la pipe. (Id.)
TUÉ (être) : Rester immobile de stupéfaction. On dit aussi :
il est mort. Argot de collège.
(Tourneux.)
*TUER LE VER: La coutume est ancienne comme Ta fait remarquer M. du Camp dans cet extrait du journal d'un bourgeois de Paris (juillet 1 5 19) :
a 11 est expédient de prendre du pain et du vin au matin, au moins en temps dangereux, de peur de prendre le ver. »
TUILE : Chapeau, casquette.
(Delvau.) — Même allusion que dans Toiture.
TUILER (s') : S'enivrer. Mot à mot : s'empourprer, devenir couleur de brique. (Id.)
URF
*- lîo —
UT
TUITE (prendre une) : S'enivrer. — Altération de cuite, (Boutmy.)
TUNEBÉE : Bicêtrc. (Michel.)
TURC : Tourangeau. (Halbert.) — Trois des premières lettres du nom ont été conservées et le c a été ajouté pour dérouter.
TURCAN : Tours. (Id.)
TURIN : Pot de terre. (Halbert.) — Pour terrin qui a tait terrine,
TURQUIE : Touraîne. (Id.) TUYAU : Jambe. (Delvau.) TUYAU A OPÉRA : Gosier.
On saisît l'allusion. — « Vous venez de vous le laver, votre tuyau à opéras... Vous vous en fourrez dans le coco... » (Huysmans; 79.) — On dit plus simplement tuyau. « Le tuyau est bouché : je suis enrhumé. » (Delvau.)
' TYPO : « Le typo laborieux si prompt à soulager les infortunes imméritées. » (Boutmy.)
TYPOTE : Ouvrière typographe. « Ces jeunes filles ne manquent pas de devenir de vraies ty potes, comme elles se nomment entre elles. » (Id.)
TYRAN : Roi (Delvau); roi de cartes. (Rigaud.)
XJ
UNE (en griller) : Fumer une cigarette. — Argot des écoles.
UN PEU, MON NEVEU î Beaucoup. — « Vous auriez aimé une robe? — Un peu, mon neveu ! » (Vie paris., 79.) — On dit par abréviation un peu !
URF (monde) : Monde élégant. — C'est le même mot que urffe : soigné (p. 336). M. Boutmy donne aussi urfe : très bien, ce qui fait une troisième manière de récrire. — « La patrie!
Allons donc. Doit-on s'occuper d'elle chez les gens du monde urf ! » ( Tarn-Tarn, 78. ) Voyez Urpino.
URNE : Tête. — C*est elle qui émet le vote individuel, c'est-àdire qui dirige le corps. — t J'y cabossais l'urne. Elle chignait roide. » (Huysmans, 79.)
URPINO : Distingué, coquet.
Forme intervertie de rupino.
(Boutmy.) — Urpino nous permet de penser que urfe (très bien) n'est qu'une altération de urpCy forme intervertie de rupe.
Voir Urf,
UT : Formule employée par les typographes en trinquant.
Elle est le premier mot de cette phrase latine : ut tibi prosit meri potio ! oubliée par la plupart.
(Boutmy.)