BAD
Vieux mot encore usité dans nos ' campagnes de l'Est.
BADERNE (vieille) : Personne qui n'est plus bonne i rien.— Ce terme nous vient de la marine où baderne se dit d'une sorte de paillasson feii de vieux cordages.
BADIGEONNER (se) : Se garder excessivement la figure. Mot à mot ; se badigeonner comme un mur.
BADINGUISTi&, BADIN- GOUIN : Bonapartiste. — « Le reporter d'une feuille non moins badin gouîne qu'hystérique. »
(Tam-Tam, yS.)— Du sobriquet de Badinguel, (Badingue par abrév.) donné à Napoléon III dÈs le début de l'Empire. Badinguet ftait, paraît-il, le maçon sous la blouse duquel le prince avait fui sa prison de Ham. Quoi qu'il en soit, ce sobriquet devint fort populaire.Sion s'en servait par ironie dans l'opposition, on l'employait sans ma lice dans le peuple etdansl'armée.En 1870, lors delà démonstration qu'on fit sur " rebruck, je demandais à un dat resté en gare de Saint-Avold si l'empereur était à Forbach :
u Oui, dit-il tout naturellement.
Badinguet est arrivé.» — V. Capitulard.
BADOUILLARD : a Pour être badouillard, il fallait passer trois ou quatre nuits au bal, déjeune ■ toute ta journée et courir en costume de masque dans tous le^ cafés du quartier Latin jusqu'à minuit. B (Privât d' Angle mon t. !
—Le badouillard fut de moded-
iM
BADOUILLE : Mari qui
laisse mener par aa femme. (J.
Choux.)
BADOUILLER : Faire le ba- L ou il lard.
BADOUILLERIE : Art de badouiller. — «La badouillerie est ]rt des sociétés de tempé- . » (44, Catéchisme pois-
BAFRE (mettre une) : Donner
un soufBet. (Rabasse.)
BAGATELLES DE LA POR- TE : Parade destinée à faire entrer le public dans une baraque lie saltimbanque. — Désigne Hussi : toute chose accessoire donnée comme insignifiante à i:ôté de celle qui doit suivre. — I S'amuser aux bagatelles de la porte; c'est regarder les parades d'un polichinelle, n (Caillot, 39.} V. Postiche.
BAGOU, BAGOULT : Verve, Faconde, volubilité extrême.— Du i-ieuic mot bagouler, parler. L'an- ;ien catalan a bagol : babil, ba vardage. En Provençal, on dit
Nos diiFérents auteurs ne s'accordent guère sur la signification précise de ce mot. i' Nodier trouve dans le bagou une a langue factice dont le secret consiste à former des phrases composées de mots étonnés d'être ensemble et qui ne présentent aucune espèce de sens. » - 2- Il est défini ainsi par Balzac : a Ce mot (bagou), qui désignait autrefois l'esprit de repartie stéréotypée, a été détrôné par le mot blague. 11—3° M. Francisque Michel se contente de dire :
<L Bagou: bavardage, jactance.»
— 4» Auguste Luchet paraît être
BAil
de l'avis de Nodi^ daiiE cel exemple: a Tout un argot enfin, tout un frti^ou barbare et vieux mfme à Bobino. » (LucheL) BAGOU ; Nom propre. (Vi-
BAGUE : Nom propre. Vidocq.) — Abréviation de bagou.
BAHUT : Petit logement. — a Et moi je ne lui paye peut-Être pas son bahut, à Miliei Quoi qu'elle h à se plaindre? » (Monselet.)
BAHUT : Pension, institution académique. — * Je te croyais au bahut Rabourdon. Jamais t'aurais pensé qu' t'étais devenu potache. Et Furet, as-tu de ses nouvelles! en v'Ià un bahuteur. Il a fait la moitié des bahuts au Marais et une douzaine au moins dans la banlieue, n (Les Ittstilutions de Paris, 5H.) V. Potasser.
BAHUT PATERNEL : Quelques fils de famille disent par eitension ; le bahut paternel, en parlant du logis de leurs auteur;.
BAHUT SPÉCIAL : École spéciale militaire de Saint-Cyr. — «L'ÉcoledeSaint-Cyr! j'ai le bonheur d'être admis à ce bahut spécial. » (La Cassagne.)
BAHUT^ : Ceci est bahuté :
Ceci a le chic troupier [digne du bahut spécial).
BAHUTEUR : Tapageur. — Vient du vieux mot bahutter. — s Quand un homme fait plus de bruit que de besogne, on dit qu'il fait comme tes bahutiers.
■Car, en BQel,lesbahutiers,après
tiksat
(P. Le Roui, ly'iS.) — o Cette écorce rude et sauvage qui allait bahuteur de Saint~Cyr. ■ (La Barre.)
BAHUTEUR: Écoliernomade,
lureur de pensions ou bahuts.