MEFIANCE
« VOUS que le bon Dieu , mes deux bras et mon champ
« ne m^ont jamais laissé manquer de rien? On est bien
« riche quand on aie nécessaire , et plus encore quand
<c on sait mettre des bornes à ses désirs. Pai travaillé
« long-temps, bien long-temps! Aujourd'hui je me re-
« pose. Mon'^ls me nourrit , afin que ses enfans le
« nourrissent à son tour. — Tout cela est très-bi^ ^
« mon bon homme; mais il s'agit de me vendre ta ca-
;. ^ bane , et je te la paierai tout ce que tu voudras. —
« Ah ! monsieur , y pensez-vous? C'est le père de mon
« grand-père qui Pa rebâtie , et cela , avant qu'il fût
« question de votre château. — Mon ami, je le veux,
« point de -réplique! — Point derépliqne ! J'y suis né,
c les miens y sont morts , j'y veux mourir aussi. Mon-
« sieur, ne vous fâchez pas : j'ai quatre-vingt-dix ans
« passés : peut-être que mon fils.. . ; mais non , il a du
<f cœur. Vous le savez , il n'a pas voulu entrer à votre
« service : il eût été sans doute plus opulent ; mais il
^ n'auroit été que valet chez vous : chez nous il est
« maître. » Voyez Modération , Pauvreté.