CRITIQUE
tableau d'une Hélène qu^il avoit peinte avec soin , et qu'il avoit ornée de beaucoup de pierreries : « Mon « ami , » lui dit-il , « n^ayant pu ]a faire belle , vous «avez voulu du moins la faire riche. »
Sa coutume étoit, quand il avoit achevé un ouvrage; de l'exposer aux yeux des passans , et d^en tendre , caché derrière un rideau , ce qu'on en disoit , dans le dessein de corriger les défauts qu'on pourroit'y remarquer. Un cordonnier ayant trouvé qu'ail manquoit quelque chose à une sandale , le dit librement; et la critique étoit juste. Repassant le lendemain par le même endrmt , il vit que la faute avoit été corrigée. Tout fier de l'heureux succès de sa critioue , il s'avisa de censurer aussi une jambe, à laquelle il n'y avoit rien k dire. Le peintre alors , sortant de derrière sa toile ,• avertit le cordonnier de se renfermer dans son métier, etdenepointportersacensureau-delàdelachaifssure.
2. Polycrète , sculpteur célèbre , fit en mémetemp» deux statues : il conserva Tune dans sa maison, et exposa l'autre au jugement du peuple. Caché près delà y dans un endroit d'où il pouvoit tout entendre , sans être vu , il écoutoit tous les avis ; et quand les critiques étoient partie > il réformoittout ce que l'on avoit trouvé à reprendre dans sa statue. Lorsqu'il crut l'avoir mise en état de paroître au grand jour , et de contenter tout le monde, il l'exposa tout de nouveau avec celle qu'il avoit gardée chez lui sans y rien changer. Celte dernière attira tous les sufirages , et Ton se moqua de de l'autre ; « Messieurs , » dit alors Polycrète , « apprenez que vous admirez mon ouvrage , et que "VOUS vous moquez du vôtre. »
3. Un peintre de portraits, que Ton acciisoitdene pas bien saisir la ressemblance , voulut s'assurer un jpur si le reppoche qu'on lui faisoit étoit fondé. Il annonce à plusieurs personnes et à ses enfans , qu'il ; a kit un portrait de quelqu'un qu'ils connoissent tous. s On vient voir son tableau ; on le critique ; et la préfTention agissant , on trouve qu'il n'a po nt saisi les traits de son original. «Vous vous trompez,Messieurs, fit alors la tête du tableau p car c'est moi-même. Eu
69 cumofiri.
fffet , c'étoît un ami qui s'étoit prSt^ ma pro}el àâ peintre , en plaçant son visage dans ta toile d'tni <;adre ajusté à cet effet.
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CURIOSITÉ. i
l* jL/inà^ fille de Jacob et de Lut, étant sortie pour | voir les femmes du pays de Chanaan^ Sichem, prince ] àa pays des Sichimites , Paperçut^ et Tayant enlevéi^ % de force 9 il la viola. !
. David y au lieu d'acCompagner son armée , étoit ] demeuré à. Jérusalem. Se promenant im jour sur la ferrasse de son palais , il aperçut une femme qui se j baignoit : c'étoit Bethsabée , épouse d'Urie, omcier pleui de bravoure , et qui servoit actuellement au çiége de Rabath. Le monarque y poussé par une cariosité criminelle , jeta des regards impudiques sur cette femme. Le démon de l'impureté empoisonns 3on ame : David devint adultère , et se prépara , pour le reste de ses jours , ime source inépuisable de remords. ,
. 2. Un roi du Nord , dont la vivacité faisoit le principal caractère , demanda à un ambassadeur a Angleterre , sil harangueroit le peuple en cas qu'on lej^ndît ou qu^on lui tranchât la tête. Le ministre j* sans se déconcerter , répondit qu'il avoit tour ^ours son discours prêt et ses gants blancs dans sa poche. «Je voudrois bien vous entendre, » repartit hp monarque. L'ambassadeur s'étant mis alors dans la posture d'usage , s'exprima de la sorte : « \ ous me? voyez , Messieurs , au moment de perdre le jour-i « Je ne regrette point la vie ; mais je vois avec peimf^ ^ que ceux qu'on ne devroit connoitre que par i *" « actes d'humanité et de bienfaisance, viennent jo f avecaviditéd'unspectaclecruelqu'ilsontmendié.C « scènes tragiques sont faites pour la barbare popu^ « lace3 piaîs les cœurs vertueux et sensibles devroieuf
CtTRIOilT^. 9§
4t Tougu: d^entendre de sang froid... -«En Toilà aasez^ « M7ramfaassadenr> :» dit ie roi , qui reconnut alors que le but de la harangue ëtoit de lui reprocher une coriosité qui le dégradent.
3. Louis XI y toujours curieux et impatient d'ap* iprendire ce c|ui se passoît dans son rcrjraume et dan% le$ états voisins > ëteblit Fusage des postes , qui ëtoit ificoonu en France. Les courriers n^étoient charges que des affaires du roi ^ et couroient à ses dépens! « Mais maintenant , dit Mézerai , ils p<ntent aussi « les paquets des particuliers 5 si bien que y pa^ f l'inq^tience et la curiosité du Français , il s'en est f £ttt un avantage encore plus grand pour lés cofTreâ t da pnoce ^ que pour la commodité pubUque. 1^
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