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»ous la presse , et une multitude de manuscrits ; d® ^rle qu^avec de si bons secours , il se rendit auteur dès la même année.
Everard Second , à Page de douze ans , commença à donner au public les poésies que nous avons de lui. La délicatesse , Inélégance et les autres beautés que Pon trouve dans les productions heureuses de ce savant précoce , ont fait tant d'honneur aux HoUan* dais , qu^on peut dire que c^est au jeune Second qu'ils sont redevables deTanéantissementdu proverbe de Martial , dont le sens est , qu'avoir Poreille batave , n'est autre chose qu'être grossier , et n'avoir ni discernement ni délicatesse.
A Page de quatorze ans , Nicolas Bourbon fit u» poème de la Forge , Ferraria , pour faire honneur à la profession de son père , maître de forges aux envi-» rons de Langres.
Constanzo Felice, natif du bourg de Diu'ance, dans la Marche-d'Ancônc, fit paroître, avant Tâge de dixhuit ans , divers ouvrages d'érudition romaine , parmi lesquels on remarque, 1.^ l'histoire de la coniuraticn de Catilina ; 2.*^ deux hvres de l'histoire de Cicéron, le premier sur son bannissement , le second sur son retour.
Avant l'âge de dix-huit ans , Mélanchion enseigna publiquement dans l'université de Tubingue , dont il étoit docteur 5 et, à ses heures perdues , il s'amusoit à corriger les épreuves des livres , et les ouvrages qui sortoient de l'imprimerie de cette ville. C'est à ses soins qu'on est redevable du Naucler , qu'il fit paroitre à dix-neuf ans.
Etienne de la Boede , conseiller célèbre du parlement de Bordeaux , composa , à Page de seite ans , le traité de la Servitude volontaire ^ dont Montaigne y, son ami , fait un pompeux éloge.
Jacques Grévin , l'un des plus beaux esprits du seizième siècle, n'avoit que treize ou quatorze ans, lorsqu'il donna au public une tragédie intitulée César y et ' deux comédies françaises, la Trésorier e et les Esba-^ his ^ qui firent Të tonnemeat de Paris ^ lorsqvx' oxv ^n ^vsX.
connu l'auteur. Ces trois pièces fiirent suivies asseï immédiatement de pastorales, d'hymnes sur les mariages des princes et prmcesses de son temps , de çonnets, de chansons, odes, villanelles et autres pièces de poésies latines. Enfin il couronna son adolescence par la traduction des Œuvres de Nicandre en vers français ; traduction qui ne le cède point à Vour ginal grec , au jugement de M. de Thou.
Jérôme de la Rovère , qui fut cardinal et archevêque de Turin, fit imprimer à Pavie, eu i54o, un re^ cueil de ses poésies; et tout le monde fut étonné qu'à Tâge de dix ans qu'il avoit alors , il eût pu joindre dans ses productions une érudition profonde , à cette heureuse facilité qu'on n'acquiert ordinairement que par un long exercice.
Janus Douza , ou Jean Vander Doës , se montra poète , philosophe et mathématicien , dès l'âge de douze ans. A seize ans , il donna au public de savans commentaires sur les comédies de Plante ; et à dix-neuf ans , il publia son traité des choses célestes y sa dis-r j^ertation de VOmbre , et des commentaires sur Ca-? tulle , Tibulle et Properce.
Joseph Scaliger composa , à l^âge de seize ans , une tragédie d'GEdipe, dans laquelle il fit entrer tous les ornemens de la poésie , et une justesse d'expi?.ssion dont peu d'auteurs étoient alors capables.
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rhilippe Colonne.
Jean Mursius se distingua dès sa plus tendre en£mce par ses progrès dans les sciences, dans les langues, et dans l'étude de l'histoire ancienne. A douze ans , il composa des oraisons et des harangues qui furent admirées de tous les connoisseurs. A treize, il donna une collecr tion de vers grecs , fruits de sa verve féconde et pré^ maturée. A seize , il fit un commentaire sur le Lycophron , [c'est-à-dire sur le plus obscur et le plus difficil e des auteurs grecs. Enfin , à dix-sept ans , il travailla sur les idylles de Thégcrite, et fit de très-heurçusçn
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découvertes qui étoient échappées à la diligence de Henri Estienne, d^Isaàc Casaubon^ et de Joseph Scalîger, qui Tavoient précédé dans cette riiême carrière.
Hugues Grotius fit des progrès si rapides dans ses études , quil composa de très-jolis vers latins à huit ans , et qu^à quinze il fut regarde comme un savant universel. Il en donna des preuves en soutenant des thèses fort difficiles sur toutes les parties de la philosophie , et en publiant son Martianus Capella , avec des notes. A seize ans , il composa la tragédie latine d'Adam disgracié et banni , un ouvrage sur les alliances de quelques puissances de l'Europe, et un autre sur la manière de trouver les ports , intitulé la Limé'-* reutique, A dix-sept ans, il mit au jour un nouveau chef-d^œuvre d'érudition, intitulé Syntagma Arateo^ Tum. Ce sont des commentaires sur les phénomènes d'Aratus et sur les trois versions latines de cet ouvrage, faites par Cicéron , par Crermanicus , et par Aviénus , avec des supplémens et les figure^ gravées des constellations. Grotius y fait voir jusqu'où alloit dès-lors la connoissance profonde qu'il avoit des antiquités grecques et romaines, et de l'astronomie. Enfin il travailla jusqu'à sa vingtième année aux divers ouvrages qu'il puMia quelque temps après.
Fortunio Lic^i , qui naquit avant le sixième mois , de la gïTOS/îesse/dc sa mère , est un de ces paradoxes historiques qiw obligent de convenir que tout ce qui est incroyable n'est pas toujours faux, et que la vraisemblance n'est pas la perpétuelle compagne de la vérité. Liceti , en venant au monde , n'étoit pas plus grand que la paume de la main. Son père , qui étoit un habile médecin , l'ayant examiné , le transporta tout vivant à Ripallo , où il le fit voir à Jérôme Bardi et à d'autres médecins du lieu. On trouva qu'il ne lui manquoit rien d'essentiel à la vie ; et son père , pour faire connoître combien il étoit instruit des secrets de son art , entreprit d'achever l'ouvrage de la nature , et de travailler à la formation de l'enfant avec le même artifice que celui dont on se sert pour faire éçlore les poulets en Egypte. U enveloç^^a son ^
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dans du coton , et le mit dans un four, où il réussit i lui^faire prendre les accroissemens nécessaires , par runiformité d'ime chaleur étrangère, mesurée exactement sur les degrés d^un thermomètre. Ceten&nt si folble, qui paroissoit n'être né que pour mourir incontinent, fournit cependant une can'iere de près de quatre-vingts ans , et composa quatre-vingts ouvrages différens , tous fin il s d'une longue lecture , et d'une ërudîlion acquise par «Vs travaux extraordinaires. Un hoinn)!^ moins iiit(:Hi,i:< ni que le père de liceti seseroit bien gnvrl.' <V ?.\i\)\'A.\\\i^v à i'étnde*, du moins aussitôt, r.Ti his o!( V»' |>.n- irn tel arlifîce. Il auroit toujours appn?bendo q\io !(* Jiavai! ciVsprit n^eût détruit en peu de 1e»n}>s ia saiilé et les forces d^m corps qpie la nature avoil reîcîii si fiagile. 11 suivit des vues plus élevées ; oî. , «loonant à son fils le nom 'U- Fortunio , pour ne i*o\\\ laisser périr la lucnioire de Taccident dont il étoil rr^ioppé , il se rendit lui-même son maître, le forma dar.s )a connoissance des belles-lettres et de la
f)]»i'osfinIiio. Personne ne pouvoit mieux réussir que \n dans c('tte éducation : personne ne connoissoit iui*.'nx les qa«'iliLés du corps et de l^esprit de cet ei!lfant an a«*ht' y T'0«ir aiusi dire, au néant. 11 étoit doublement le srv'ond auteur de sa vie , et le gouverneur unique de sa santé et dn son tempérament; de sorte que, joignant heureusement la tendresse d'un père avec Fexpérience d'un médecin et l'habileté d'un maître , il fit faire des progrès extraordinaires au jeune Fortunio. Il l'envoya depuis à Boidogne, pour se perfectionner sous la discipline de Castro et de Pendasio , deux célèbres professeurs de ce temps-là. Fortunio neftitpas long-temps sans faire connoître combien il étoit déjà
{)rofond dans les sciences , et particulièrement dans a physique et dans la médecine , en donnant, à Page de dix-huit ans passés , un Traité très-important sur l'Origine de l'Ame humaine , ouvrage digne d'un vieillard , et qui ne décéloit la jeunesse de son auteur^ que par l'affectation du titre de Gonopsycanthropolo-
£ia : titre tout grec , qui peut se rendre par ces mots ilin^ : Ife Origine Aniniœ humanœ.
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Le cëlèbre Jérôme Bignon fut applique , par son père y aux études , dès qu^il put articuler des mots. Il embrassa toutes les sciences, qui bientôt lui devinrent très-familières. Il n^avoit que dix ans, lorsqu^il donna au public des essais de son érudition, qui lui firent mériter dès-lors le titre d^auteur. C'est une Chorographie, on description de la Terre-Sainte. Il n'en demeura point là ; et Ton fut encore surpris de voir , trois ans après , paroître deux autres ouvrages de sa composition , dont Tun étoit un Traité des Antiquités romaines 5 et Pautre un Traité du droit et de la manière d'élire les papes. Ces productions estimables donnèrent une si haute idée de ses talens , que tous les savans de France s'empressèrent de le connoître et de lier amitié avec lui. Le P. Sirmondy savant jésuite, ignoroit peutêtre seul dans Paris tout le mérite de ce docte enfant. Une aventure singulière le lui fit connoître . Ce religieux étoit dans la boutique de Cramoisy^ et discouroit avec ce libraire sur un sujet d'ouvrage. Il aperçut , auprès d'une grande pile dé livres , un jeune homme qui feuilletoit et lisoit avec beaucoup d'application. Il prenoit plaisir à le considérer , lorsqu'un homme de sa connoissance , Payant abordé , lui proposa quelque difficulté dont il souhaitoit l'éclaircissement. Le père parut embarrassé ; mais le jeune homme , s'étant approché , prit modestement la parole, et répondit à la question de cet homme avec tant d'esprit et d'érudition, que le P. Sirmond en fut frappé d'étonnement. 11 le pria de lui dire son nom; et, quelques temps après, ayant eu occasion de voir le célèbre le Fevre , il lui racconta celte aventure , ajoutant , pour lui causer plus d'admiration , que le jeune homme paroissoit n'avoir pas plus de quatorze ans. « Quoi , mon père , lui répondit « le Fèi^re , vous êtes le seul des savans à qui le jeune « Bignon ne soit pas comiu ? Vous ne vous êtes paa « trompé de beaucoup sur son âge : c'est un vieillard « de douze ans : c'est un docteur consommé dans « l'enfance. Si nous vivons , et lui aussi , nous le ver- « rons infailliblement le maître des plus doctes et des « plus sages de notre siècle. »
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Biaise Pascal , \\\n des plus grands génies et des 1 4 meilleurs écrivains que la France ait produits y n'eut L,
g)int d'autre maître que son père , qui ne lui apprit le \\ tin qu'à l'âge de douze ans. Le jeime Pascal lit alon paroître une facilité extraordinaire dans les mathémâT tiques. On dit même que y sans le secours d'aucun livre , et par les seules forces de son esprit , il parvint ] ji découviir et à démontrer toutes les propositions du
Sremier Livre d'Euclide. 11 fit des progrès si rapides ans les mathématiques , qu'à l'âge de seize ans y il composa un Traité des Sections coniques, qui fut admiré de tous les savans géomètres ; et qu'a dix-neuf ans , il inventa une macnine d'arithmétique, par laquelle on^eut faire toutes sortes de supputations, sans plumes et sans jetons.
Jean-Philippe Barader naquit le 19 de Janvier 1721 , à Schwobach , dans le margraviat de Brandebouig- Anspach , de François Baratter , pasteur de l'église française de celte ville. Dès l'âge de quatre ans , il parloit parfaitement les langues latine , française et allemande. A six ans , il possédoit à fond la langue grecque , et si bien l'hébraïque entre neuf et dix ans , qu'il pouvoit y composer en prose et en vers , et traduire le texte hébreu de la Bible sans points , en latin ou en français , à Touverturc du livre. 11 lut alors , en 1730 , la grande Bible rabbinique , en quatre volumes in-folio , et en donna une notice exacte dans une lettre à M. le Maître , insérée dans le tome vingt-six de la bibliothèque germanique. 11 commença , l'année suivante , la traduction de Tllinéraire du rabbin Benjamin : et il y ajouta des notes , ou plutôt des dissertations, dont il forma un second volume. Cet ouvrage, achevé en i732 , fut imprimé deux ans après à Amsterdam , en deux voliunes in'Octai^o,he\enneBar€Uiery après avoir lu et étudié beaucoup de livres des rabbins , se jeta dans l'étude des pères et des conciles des quatre premiers siècles. 11 apprit la philosophie et les mathématiques , et sur-tout l'astronomie , à Halle. Le chancelier de Ludewig lui offrit de le faire recevoir g^ra/w maître-ès-arts , s '3 le vouloit. La pro-
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position fut acceptée ; et M. JBarader composa sur-lechamp quatorze thèses , en présence de quelques pro^ fesseurs , les fit imprimer la même nuit, et les soutint le lendemain pendant environ trois heures , avec un succès extraordinaire. Etant arrivé à Berlin, le roi de Prusse , charmé de ce jeune savant , lui fit Paccueil le plus gracieux , et Penvoya chercher presque tous les jours pendant environ six semaines que MM. -Barû^zer passèrent tant à Berlin qu^à Postdam. Tout le monde vouloit le voir : on se Penlevoit. La société royale des sciences Tagrégea solennellement au nombre de ses membres. La reine le fit peindre , et plaça son portrait à Montbisou, château royal. Toute la famille royale le combla dlionneurs et de présens 5 et le roi recommanda fortement à M. Baratter le père de Fengager à se jeter dans le droit, et sur-tout dans le droit public , lui faisant espérer qu'il pourroit arriver, par ce moyen , à la plus brillante fortune. Ce prince attacha en même temps M. Baratier à Téglise française de Halle , pour faciliter au fils les moyens d^étudier le droit dans cette célèbre université. MM. Baratier allèrent donc se domicilier à Halle , en Avril , 1735. Le j eune homme continua de s^y livrer tout entier à Vétude. Il s^appliqua au droit , aux antiquités , aux médailles 5 et à toutes les parties de ITiistoire ancienne et moderne. Mais sa santé s^affoiblit extrêmement sur la fin de i/Sg. De toutes les sciences , la médecine étoit peut-être la seule qu'il n^eût pas étudiée ; c'étoit cependant celle dont il auroit tiré plus de secours. Dès son enfance , il étoit d'une constitution foible et délicate. Il avoit des rhumes fréquens , et d'autres indispositions qui le forçoient quelquefois à interrom-^
Sre ses études. A Page de dix-huit ans , il fut attaqué 'une toux , qui , dans le cours d'un an, augmenta par degrés , et produisit une foule d'autres incommodités qui le conduisirent au tombeau , le 5 Octobre 1740 > à l^^ge de dix-neuf ans huit mois et seize jours. L^ouvrage qui l'occupoit alors, et poiir lequel il avoit déjà ramassé bien des matériaux, étoit des recherches sur les antiquités égyptiennes. U prétendoit avoir trouva u{\ft
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route sûre et démontrée pour éclaircîr ITiisloire <îc c« peuple fameux. C'étoit un ouvragé qui lui tenoit forti cœur, et dont il vouloit faire son chef-d'œuvre. Mais il n'en eut pîis le temps. On doit être d'autant plus surpris que ce jeune savant ait pu composer tantd^écritSj et acquérir une si vaste érudition , qu^il a employé la moitié de sa vie h dormir , qu^il a toujours passé ses douze heures au lit , jusqu'à l'âge de dix ans ; et dix heures , depuis ce temps-là , jusqu'à la fin Ae sa vie. Cet exemple , ainsi que tous ceux que nous avons rapportés , et dont nous aurions pu considérablement augmenter le nombre , peuvent faire voir jusqu'où la jeunesse et l'enfance même sont en état d'aller, quand on les applique avec méthode au travail. Dès le premier instant de notre naissance, notre ame est capable des plus sublimes opérations ; mais elle a besoin d'organes pour les manifester au dehors. Si, ^ns un enfant ' de quatre ans , ces organes peuvent être mues à son
S ré , cet enfant sera un prodige. Il suffit de le contenir ans sa course rapide : il fera chaque jour de nouveaux progrès. Mais pour peu qu'on le fatigue , pour peu qu'on néglige de modérer le jeu de ces instrument encore foibles , ils se relâcheront ; ils se briseront même , et ce soleil si brillant dans son aurore , perdra tout à coup sa lumière dans son midi.