EXCUSE
1. iVlECCANitJS reprochoit à Caton d'Utique qu'il s'enîvroit toutes les nuits : « Vous n'ajoutez pas y dit « Cicéron , qu'il joue tous les jours. » Manière polie d'excuser Caton , qui , donnant tout son temps aux affaires de la république , pouvwt prendre quelques heures pour se délasser de ses travaux.
2. Aristophon , capitaine athénien , accusa le célèbre IpJdcrate d'avoir trahi et vendu la flotte qu'il
I commandoit. Iphicrate y avec la confiance qu'inspire une réputation établie y lui demanda y pour toute sa* tisfaction : « Auriez-vous été homme à faire une tra- « hison de cette nature ? — Non , répondit Aristo-- « phon y je suis trop homme d'honneur pour me cou- « vnr d'une telle infamie. — Quoi ! répartit alors Iphi- « crate , ce qu' Aristophon n'auroit pas fait , Iphri-^ *( crate î'auroit pu faire ?» Cette excuse fut suffisante. Le peuple renvoya l'accuse absous.
3. Le cardinal Albornos , l'un des plus grands hommes que l'Espagne ait produits , ayant réduit toute l'Italie sous l'obéissance du saint siège , fiit accusé devoir consulté ses intérêts , plutôt que ceux du pape, .dans les" dépenses immenses qu'il avoit faites pour opérer ses conquêtes. Urbain i^/qui siégeoit alors sur le trône apostolique, le manda pour lui faire rendre compte* Le cardinal obéit ; et , pour toute excuse , il présenta au S. Père im chariot chargé de clefs et de serrures ,