‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 48 sur 130 · EXERCICE · texte numérisé non relu

EXERCICE

1. -T HiLOPÉMEN,Ie plus illustre citoyen de Méçalopolis et le plus grand des Grecs de son siècle , n'étoit jamais * oisif. Il exerçoit toujours sQn corps ou son esprit. Lorsqu'il ëtoitseul en voyage , lorsqu'il se promenoit seul, son esprit et ses yeux, tout étoit occupé. Tantôt il s'examinoit lui-même , tantôt il considëroit en philosophe les diflFérens objets qui Tenvironnôient. En contemplant la situation des lieux, il se demandôit ce qu'il feroit, si, étant à la tête des troupes de sa patrie, l'ennemiyendit à sortir tout-à-coup d'une embuscade , pour le surprendre et l'attaquer? Quelle position prendroisje ? quel ordre donnerois-je à mon armée ? Devrois-j^ résister ou fiiir? Si je devois résister , où placerois-jc^ mon camp ? où mettrois-je des gardes avancées ? oik disposerois-je mes corps de réserve? Il pré voyôit tout, il combinoit tout; il comparoit les campagnes aux cam-^ pagnes, les terrains aux terrains; et, par cet exercice continuel , il acquit une telle expérience dans la tao* tique j qu'il ftit non-seulement le plus grand génénil de son temps , mais qu'il surpassa de beaucoup tous ceux qui avoient paru avant lui , et qu'il servit de mo-* dèle à tous ceiix qui lui succédèrent.

. 2. Z)^/n^^rfwjPoZiorr^feyregardoitl'indctioft comme le plus grand vice qui pût déshonorer immotiarquequi doit rendre compte aux hommes de l'emploi de tous le» instans de sa vie. Aussi, quand la guerre ou les affaires laissoient à ce prince actif quelques momens de repos, illesconsacroitàrutilitépublique,enselivrantàl'étude de cette partie de la mécanique qui a pour objet la fabrication des machines de guerre et des vaisseaux. Ilcherchoit les moyens de donner aux unes phis de jeu , aux autresplusde légèreté. C'est de ces méditations savantes qu'on vit sortir l'hélépole , machine fameuse dans l'antiquité, remuéepar quatre mille bras, et dont l'effet «loit peut-être plus terrible que celui dç nos cauows.

\cfi EXERCICE.

Elle lançoit des quartiers de rochers , des milliersde flèches , une grêle de balles de plomb et de fer : elle V suppléoit,dil-on, à une armée de viugl mille hommes; li et les remparts j les fortifications les pins solides ne I ^ pouvoient lui opposer d'invincibles barrières. 1 •

3. Chez les anciens cénobites , chez les premiers r^ solitaires, on ignoroit le repos. La vie monastique étoh ^ une vie active, partagée entre deuxeierciceségalemeift utiles : la travail et la prière. AI exemple des apôtres, ces vénérables pénitensvi voient du produit de leurs ouvrages; et telle étoit leur ardeur et leur application, qne souvent chaque religieux gagnoit assez pournoiurîrencore tix)is ou quatre pauvres . Dans une contrée de la Thébaïde,on vitsous ladirectionde Palibé Paconius quinze cents moines obligés de trouver, dans leurindustriense activité seule, les moyens de soutenir leurs jours. Nonseulement ils subvenoient «\ toutes les dépenses , sans le secoursde personne, mais ils se procuroientmémele doux plaisir de soulager souvent la misère des villes et des bourgades voisines , où , par l'eflPet de leurssoins et de leur charité , on ne voyoit aucun pauvre. Ils firent plus : ayant appris qu^une famine cruelle désoloit Antioche et Constautinople , ils envoyèrent à chacune de ces villes une somme très-considérable , sans cependant diminuer leurs aumônes ordinaires : seulement on doubla , durant un an , les travaux de chaque religieux; et chaque particulier déroba quelques heures sur son sonuueil , afuide suppléer à l'épuisement des fonds du monastère , ou plutôt, afin d'avoir de nouvelles ressources pour opérer de nouvelles œuvres de bienfaisance, /f. La jeune Euphrajcie s'étaii consacrée à EKeu dans un niouastèro de la Thébaïde ; mais, comme elle avoit quitte lo monde de boime heiue, son abbesse craignit que SOS charmes trompeurs ne se présentassent quelquefois ;\ sou esprit pour séduire son innocence. Afin donc do pivvouir un onnomiqu onnopeut vaincre que jKir la fuitcoutro los travaux ordinaires et communs a toulos los autres rolii^iousos , ello chargea de plus la iouno \ioi*îio, objet do sa vii^ilanoo • de porter et de rai^porUr, d'un Ikui à un autre am grand monceaude

EXPERIENCE. ig7

pierres dans ses heures de loisir.Elle croyoit , par cet exercice de surdrogation, empêcher toutes les pensées dangereuses de naître dans Tesprit chaste et pur de cette sainte fille. Elle ne se trompa point; et la laborieuse Euphraxie devint le modèle et Tédification de ses sœurs.

6. Afin de ne point croupir dans une molle indo-! lence, les rois des Parthes avoient coutume d^aiguiser la pointe de leurs traits ; et , au 3oin qu.^ils appor-. toient à cet exercice, on voyoit bien qu^ils cherchoient iion-seulemcnt à en tirer quelque plaisir, mais encorç^ à mériter la gloire de T^voir bien rempli. F^oye:^ Activité , Travail.

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