A la journée de Dettingue , en i743, tm mous
Suetaire, nommé Girardeau^ blessé dangereusement, it porté près de la tente du duc de Cumberland. On manquoit de chirurgiens , assez occupés ailleurs. On alloit panser le duc , à qui une balle avoit percé les chairs de la jambe : « Commencez , dit ce généreux « prince, commencez par soulager cet officier français. « Il est plus blessé que moi. Il manqueroit de secours, « et je n'en manquerai pas. »
3. Alfonse V^ roi de Sicile et d^Aragon , assiégeoit la ville de Gayette . Cette place commençant à manquer de vivres, les habitans furent obligés d'en faire sortir les femmes , les enfans et les vieillards qui étoient autant de bouches inutiles. Ces pauvres gens se trouvèrentréduits
des ennemis, ils y rencontroient le même danger. Dans cette triste situation, ces malheureux imploi-oient tantôt la clémence du roi , tantôt la compassion de leurs compatriotes , pour qu'on ne les laissât pas mourir àt
faim.
kÛMANITB. S2I
iaim. jiélfonse à ce spectacle futëmudè pitié, et défendit à ses soldats de les maltraiter. Il assembla ensuite soii conseil, etdemanda à ses principaux officiers leurs avis sur la manière dont il felloit en agir avec ces infortunés. Tous opinèrent qu'il ne fâiloit point les recevoir, et dirent que s'ils périssoient par la faim ou par le fer, on ne pourroit accuser que les habitans qui les avoient mis hors de la ville. Alfonse fiit indigné de leur dureté : il protesta qu'il renonceroit plutôt à prendre Gayelte, que de se résoudre à laisser moiirirde faim tant de malheureux. Il ajouta qu'une victoire achetée à ce prii seroit moins digne d'un roi magnanime , que d'un barbare et d'un tyran. « Je ne suis pas venu, dit-il, pottr « faire la guerre à des femmes , à des enfaiiîj , à de « foibles vieillards , mais à des ennemis capables dé « se défendre^ » Aussitôt il ordonna qu'on reçiU dans son camp tous ces infortunés,, et leiu* fit distribuer des vivres et tout ce qui leur étoit nécessaire.
Il rencontra sur son chemin un paysan qui étoit fort embarrassé, parce que son âne,chargé de farine, venoit de s'enfoncer dans la boue. Le prince aussitôt met pied à terre, et vapour le secourir. Arrivé à l'endroit oii étoit râne, il se met avec le paysan »\ le tirer par la tète, afin de le feire sortir duboiu-bier.Un moment après qu'on l'eut retiré , les gens de la suite à' Alfonse arrivent; et voyant le roi tout couvert de boue, ils s'empressent de l'essuyer, et lui font changer d'habits. L.e paysan, fort étonné de voir que c'étoit le roi qui l'avoit si bien servi en cette opération, commença à lui faire des excuses, et à lui demander pardon» ^Z/b/we le rassura avec bonté, et lui dit que les hommes étoient faits pour s'aider mutuellement : maxime bien rare dans la bou(*he des rois !
4- Un chimiste romain , nommé Poli^ avoit découvert une composition terrible, dix fois plus destructive que la poudre à canon. 11 vint en France en 1702 ^ et offrit son secret à Louis XIP^. Ce prince , qui aimoit les découvertes chimiques, eut la curiosité de voir la composition et l'efiet de celle-ci. Il en fit faire l'expérience sous ses yeuXiPoZine manqua pas de lui faire remarquer les avantages qu'on enpourroit tirer pendant une guerre. ToT^e IL X