‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 39 sur 138 · RETENUE · texte numérisé non relu

RETENUE

1 . v/ N solitaire , se sentant ému de colère dans son monastère , dit en lui-même : « Je m'en irai dans lo « désert , afin que n'ayant là personne avec qui je <( puisse avoir aucun démêlé, cette passionne calme.» Etant donc allé dans la solitude, et s'étant retiré dans le fond d'une caverne , sa cruche qu'il avoit remplie d'eau , se renversa trois fois de suite. Cet accident le tait dans une si grande colère , qu'il jeta la cruche , et 1^ c^ssa. Mais aussitôt y rentrant en lui-même y il

^ : « Le démon de la colère m'a trompé ; car, qnol^ in que je sois seul , elle ne laisse pas de me vaincre : .« puis donc que par-tout où il y a à combattre , nous € avons besoin de .patience et du secours de Dieu, je € m'en retournerai au monastère. »

, 2» Platon, irrité contre son esclave , se préparoit à le châtier , lorsque Xénocrates survint : « Tiens , € mon ami , lui dit-il , donne les étrivières à ce coquin; € car je suis fort en colère. :»

3. AJfonse V, roi d'Aragon , étant à table , donna la coupe à Perreti y son echanson , lui disant de la porter à un seigneur qu'il estimoit beaucoup. L'é-* chanson , brouille mortellement avec cette personne, jrefiisa de la lui présenter ; et / quoique le roi le lui eût commandé jusqu'à trois ibis , jamais il ne voulut obéir. Alfonse perd enfm patience : enflammé de colère , il se lève de table , poursuit cet officier , l'épée \. la main \ mais, au moment qu'il est prêt à le frap>per , il jette tout-à-coup son épée , en disant : « Il € vaut mieux te pardonner , que d'écouter mon resf sentiment et le plaisir de la vengeance. »

4- Un officier espagnol, nommé le capitaine Michau^ vint offirir ses services à Henri IV , sous prétexte des mécontentemens qu'il avoit reçus de la cour d'Espagne, mais en effet à dessein de prendre son temps pour arracher la vie au roi , et. sacrifier cette grande victime à l'ambition de Philippe II. Henri en fut averti, et se tint sur ses gardes. Il cnassoit , un jour , dans les forets d' Aillas : il s'aperçut que le traître le suivoiti, bien monté , avec deux pistolets aux arçons de sa selle, bandés et amorcés. Le monarque étoit mal accompagné ; il se tourna du côté du perfide capitaine, et lui dit avec une voix assurée, et de ce ton d^autorité si naturel aux grands rois : « Capitaine Michau , mets pied à terre ; je veux essayer si ton cheval est aussi non que tu le dis. y> Le capitaine étonne obéit ; et descend de. cheval. Le roi saute en selle; et, prenant les deux pistolets : « Veux-tu , lui dit-il , tuer quel- « qu'un ? On m'a dit que tu en voulois à ma vie; mais « je suis maître de la tienne , et puis te l'ôter. y^ .Ea

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disant ces mots , il lâche les deux pbtolets en l'i et lui • commande de le suivre. Le capitaine s'é excuse^ prit congé deux jours après^ et ne parut plni.! 5. Mégahyse , seigneur persan , étant aUé vw Zeuxis , fiimeux peintre de Tantiquitë ^ commea^ à dire son sentiment sur la peinture et sur les tabkmi selon la coutume des grands qui jugent de boat sam rien savoir. Les écoliers de Èeuxis se mirent àtite de ses jugemens hasardés. « Seigneur^ lui dit Zemms^ « je vous conseille de laisser cette matière* Âvant^pie « vous eussiez parlé ^ ces enfans ^ éblouis^par ladiagi» . « ficence de vos habits , avoient du respect pour i«qi{ « mais, depuis que vous parlez > il ne peuvent. retenir « le mépris qu^iis conçoivent de vos paroles. » y^fct GmcoNAPECTioN y Modération.

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