RIS
1. Un bourgeois de Paris voyoit rire un savetier qui demeuroit auprès de chez lui ^ toutes les fo}s qu'il passoit. Un jour que celal'impatienta plus qu'à l'ordinaire : « D'où vient, lui dit-il, que tu ris toutes les fois que « je passe ? — Et d'où vient, lui répondit brusquement t le savetier, passez-vous toutes les fois que je ris ? » 2. Un homme étoit extrêmement malade ; un assoupissement mélancolique et presque continuel étoit son mal. Son singe , qui logeoit avec lui , cherchoit à se consoler de la maladie de son maître , par qtielques friandises : il fureta si bien, qu'il vint à un gobelet d'une médecine préparée, qu'il avala. Mais la potion ne tardant point à opérer , il se mit à courir par toute la chambre 5 faisant sauts et gambades , et criant avec des grimaces effroyables. Son maître , sachant la cause de son agitation , se mit pour lors si fort à rire , qu'il se trouva beaucoup soulagé , et recouvra la &axi\.é. Tome 7/7. \u
l62 ROUGEUR.
3. Un cardinal étoit réduit à l'extrémité , par un abcès qui ne pouvoit crever. Chacun comptant qu'il n'en revi endroit pas , faisoitson inventaire, et s'accommodoît de tout ce qui pouvoit lui convenir. Un singe, voulant aussi avoir part au butin, se saisit de la calotte rouge, qu'il mitsur sa tête, et se présenta, ainsi coiffé, devant le cardinal, qui fit un si gra||d éclat de rire, que Tabcès creva , et il recouvra la santé.
^,Philémony poète comique qui florissoit du temps à'ÀntigôniiS'Gonatas , roi de Macédoine , avoit Ëdt apporter de^ figues pour son repas. Comme il se préparoit à les manger, un âne entre , et les dévore. PWlénion trouve la chose si plaisante , qu'il se [prend à rire de toute sa force. Son esclave, qui étoit allé che!^ cher du vin , rentre dans ce moment. « L'âne a assez « mangé , lui dit Philémon ; donne-lui maintenant à <i boire. » En disant ces paroles , il redoubla ses ris avec tant de violence, qu'if en mourut. Voyez Gaieté , Humeur (bonne) , Joie.