‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 46 sur 138 · ANG FROID · texte numérisé non relu

ANG FROID

quet. On entendit le bruit de la balle 5 et le monarque demanda si quelqu\m étoit blessé, « Il me sem- « ble , dit en souriant le jeune princlî , que quelque « chose m'a touché. » Cependant la contusion étoit considérable ; et la balle avoit noirci le galon de la manche , comnie si le feu y avoit passé.

A cette même iexpédition,un soldat du régiment des Fusiliers , qui travail loit à la tranchée, y avoit porté un gabion : un coup de canon vint et emporta son gabion. Aussitôt il en alla poser à la même place un autre, qui fat sur-le-champ enlevé par unautre coup de canon. Le soldat, sans rien dire, en prit un troisième et Palla poser. Un troisième coup de canon emporta ce troisième gabion. Alors le soldat rebuté se tint en repos ; mais son officier lui commanda de ne point laisser cet endroit sans gabion. Le soldat dit : «Py irai, mais j'y serai tué.» Il y alla; et, en posant son quatrième gabion, il eut le bras fracassé d'un coup de canon. Il revint , soutenant son bras pendant avec l'autre bras, et se contenta de dire à son officier : « Je l'avais bien dit.» Il fallut lui couper le bras , quine tenoit presque à rien. Il souffrit l'amputation sans proférer un seul mot; et après cette opération cruelle , il dit froidement : «Je suis donc hors d'état de « travailler ; c'est maintenant au roi à me nourir. »

14. A la bataille de Dettingue, en i743j le jeune comte de Boujfiers y de la branche de Remiancourt , enfant de dix ans et demi, eut la jambe cassée d'un coup de canon. Il reçut le coup, se vitcoira^la jambe, et mourut avec un égal sang froid. Tant de j^â^esse et tant de courage attendrirent tous eeux qui went témoins^ de son malheur.

i5.Dans lachaleur de la célèbre bataillede Fontenoij Louis Xf^ fit ramasser les boulets de canon qui tom- Loient auprès de lui, et dit gaiment à M. de Chabriers officier d'artillerie ; « Renvoyez ces boulets aux en^ « nemis , je ne veux rien avoir à eux. »

16. Au combat d'Exilés ,' en 1747 > 1^ marquis de Brienney colonel d'Artois, ayant eu un bras emporté^ retourna aux palissades^ en disant : «c II m'en reste un « autre pour le service di^ roij <<et il fut frappé à mort.

17. Le combs/ie/^miçé ^tant blesst? au ^nou, la ciKÎTntvièiu lui firent be^ucpap d'incisions , qu'il souffrit .d'ab^d ccniftaminent ; mais , s'impatîentantï la fia, il denw)44 pquwpoi ils le charpentoient si cnieV :lemeiit c Ifpiu clkerçhcHU la balle, lui répondirent-

* iU.'— ^ Eh ! que nç parlïez-^aus ? leur dit le comte. < Je Va dvis i^A poche. »

18. Çha^UsXn^ roi de Suède, dictoitdes lettres k «on «eçr^tvire ; en ce moment une bombe partie da ëann> des etmemis qui l'aAsi^geoient vivement dans Stealzu^jéi) 1715, tomb» sur la maison où il étolt, perça

' fe tjiHt y et yyfA ëchter pris du cabinet du monarque. Au 1)rqiit de I> boinbe ,' et au &acas de la maison qui eenabloit tOiqlier,Ii| plante ^happa des mains du scercture. «Qu'y {i-t-ïldpne? lui dïtle roi d'unairtranqmlle. « Ppuf<}iloi n'ëcrivpB-ypus pa»? » Le secrétaire ne pul rëp<uiârç que ces mots : « ^h 1 sire , la bombe ! — ^«Ehbiçs. |^ritlepriace,qu'a de commun la bombe à avec la (eltrèguç je vous dicte ? Continuez. »

IQ- Les Tîirfis vouloïent secourir la ville de Gran en Hongrie > (lue le brave Charles de Mjansfeld aUfégeoit eu i5g3. Ils envoyèrent un corps de Tartàres pour insulter }e c^mp des Impériaux. Mansfeld éUài à table lorsqu'ils s'approchèrent. Ce vaillant capitaine, au ])riiit qu'il entend , sort de sa tente , et dit , en voyant Jes Taf tares ; « Hp ! ho ! voilà donc enfin le* a convives que j'attendois depuis si long-tenop» ? Je 5 pourrai donc aujourd'hui dîner au milieu de AlÇs <i eqnemis ? ^1 ^pnt« à cheval , fond sur ces tndpes, les bat illlpyîent dtner , et la ville se rend.

20. Thomais Morus, chancelier d'Angleterre, âjaUf refusé de recoonohre Hfvi VT.1J pour chef de l'upift anglicane , fut copidapnné i| avoir la tête traùch^. çîint aux pieds de l'échafàud, il appela un homme aucmelil dit : « Mon f^^T ami , je vous %\ appelé pojir m'aidert « monter, afin que vous puissiez vous vanter de m'av(»r « rendu le dernier servfce. » Ayant rais la tétp sitf le ))illot , et s'apercevant que sa barbe , qui étoit feif longue, dtoit étendue dételle sorte ([uele bourreau TaTiroit coupée en l'exécutant , il le pna de l'accoqiunodo'

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